Marc Jacobs

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Marc Jacobs

Marc Jacobs est un créateur de mode né en 1963 à New York. Il dirige sa propre marque et les lignes qui en découlent. Il est également directeur artistique de l'ensemble des collections Louis Vuitton jusqu'en 2013 ; après seize ans à la tête de la création artistique de la marque, il transforme celle ci d'un maroquinier de luxe à une marque de mode de premier plan. Marc Jacobs est membre du CFDA.

Biographie[modifier | modifier le code]

Marc Jacobs est né à New York dans un milieu aisé et il fut élevé par sa grand-mère paternelle dans son appartement de l’Upper West Side. Plus tard, malgré de nombreux séjours dans des hôtels huppés de Downtown, cet appartement restera sa résidence officielle jusqu’à ce qu’il le vende, après son installation à Paris.

Initié par sa grand-mère à la couture et au tricot, Marc Jacobs trouve sa voie très jeune et s’inscrivit à la High School of Art and Design (en). Pendant ses années de lycée, il obtient un emploi de magasinier le magasin Charivari qui, à l’époque, apparaît comme une boutique d’avant-garde pour avoir révélé certains créateurs belges comme Margiela ou Demeulemeester au marché américain. Il apprend alors à observer les gens et à apprécier les produits, ce qui renforce son désir de poursuivre une carrière de styliste. Sous les conseils de Perry Ellis (en), rencontré par hasard, il s’inscrit à la Parsons School of Design à New York[1]. Quatre ans plus tard, il présente son projet final : une collection de chandails oversize faits main, décorés de « smileys » rose vif. Un homme d’affaires est dans la salle, Robert Duffy. Vingt ans plus tard, leur collaboration dure toujours…

Marc Jacobs et Robert Duffy tentent immédiatement de se lancer ensemble, mais faute de partenaire financier sérieux, la plupart de leurs essais échouent. Pourtant ils commencent à avoir une réputation dans le milieu des acheteuses new-yorkaises et la cote du créateur ne fait qu’augmenter. En 1988, Marc Jacobs est placé aux commandes de la création de Perry Ellis, Robert Duffy accepte le poste de Président. La collaboration des deux hommes avec la maison est brève et fait désormais partie des légendes de la mode. En effet après une collection grunge, tendance à laquelle Marc Jacobs est très sensible, il est licencié[2]. Cela écarta Perry Ellis de la confection féminine et renvoya Marc Jacobs et Robert Duffy dans l’ombre. Mais la légende est née et les grandes prêtresses de la mode que ce soit au New-York Times au WWD ou chez Vogue étaient déjà conquises. Ce renvoi lui vaudra le Womenswear Designer of the Year Award du CFDA.

Le jour de ses trente et un ans, en 1994, Marc Jacobs fait son retour avec une collection spectaculaire, qu’il décrit au magazine WWD comme « un peu funk, un peu trash et un peu chic ». Il continue désormais à conjuguer ces trois caractéristiques tout en explorant des thèmes rétro avec une affinité particulière pour les années soixante-dix. Il veut représenter une jeunesse décontractée[2], chic et libérée de tout code.

Après quelques années d’errance, la carrière de Marc Jacobs est aujourd’hui[Quand ?] à son apogée. Preuve en est : l'un de ses derniers défilés, prenant place à l’ancienne armurerie de New-York fut ouvert en grande pompe par la Fanfare de Penn Station et les célébrités comme les rédactrices mode s’y sont ruées[réf. souhaitée].

Vuitton[modifier | modifier le code]

À l'aube des années 2000, il est recruté par l'entreprise Louis Vuitton et devient directeur artistique de l'ensemble des collections. Sous la direction d'Yves Carcelle, Marc Jacobs renouvelle totalement l'image un peu vieillissante du maroquinier, et ce, dès le tout premier défilé[3]. Il mélange inspirations américaines et européennes[3], fait entrer Stephen Sprouse (en), Takashi Murakami, pour des collections éphémères de sacs, Richard Prince pour l'inspiration d'une collection de vêtements[3]. Il rend hommage à Yves Saint Laurent et son emblématique défilé Opium[3]. Chez Vuitton, Marc Jacobs a sa garde rapprochée : son bras droit Julie de Libran, les stylistes Peter Copping ou Katie Grand[3]. Il organise des défilés à grand spectacle où les sacs côtoient les habits[3].

Le 1er octobre 2013, il annonce qu'il quitte Louis Vuitton[4] après seize années. Didier Grumbach souligne combien au cours de ces années les défilés de mode de la marque ont été spectaculaires[5]. Son dernier défilé pour Louis Vuitton sonne comme une rétrospective de sa carrière, ainsi qu'un hommage à d'autres créateurs de mode[6].


Aujourd'hui en plus de ses collections homonymes, dont LVMH possède des parts[4], Marc Jacobs, Marc by Marc Jacobs, une ligne plus décontractée, plus jeune et plus accessible, ainsi que Stinky Rat et Little Marc Jacobs pour le bébé et l'enfant.

Il fait aussi sensation avec ses campagnes contre le cancer de la peau qui mettent en scène des artistes nus avec des slogans tel que « protect the skin you’re in », « protect your largest organ ». De nombreux artistes y ont participé tels que Naomi Campbell, Christy Turlington et d'autres grands noms du mannequinat, mais aussi les actrices Eva Mendes et Winona Ryder, ainsi que Marc Jacobs lui-même. On notera aussi la participation de l'ex Spice Girls Victoria Beckham à la récente campagne Marc Jacobs, dans laquelle elle s'affichait dans des sacs et des boîtes à chaussures géantes, n'hésitant pas à tourner son personnage de fashionista en dérision.

Créations parfumées[modifier | modifier le code]

Marc Jacobs propose aussi une collection de parfums créés en partenariat avec les Parfums Coty. Il propose notamment chaque année une collection de parfums baptisée Splash (flacons 300 ml dans l'esprit des colognes d'antan). Parmi les parfums de la ligne Splash : Cotton, Rain, Ivy (lierre), Basil (basilic), Orange, Fig, etc. Certains de ces parfums sont des éditions limitées, chacun porte le nom d'une matière première ou d'un thème olfactif, délibérément minimaliste. En 2007, le designer lance le parfum Daisy ('marguerite' en anglais), un floral frais au bouchon en forme de marguerite. Le parfum a reçu de nombreux prix, notamment aux FiFi Awards ainsi qu'au Grand Prix du Parfum (sa version française).

Direction de l'entreprise[modifier | modifier le code]

Le groupe LVMH a nommé, en 2006, Bertrand Stalla-Bourdillon, Président Directeur Général de Marc Jacobs International.

Distinctions & exposition[modifier | modifier le code]

Il reçoit en 1990 le « prix du vêtement féminin » du Conseil des créateurs de mode américains, en 2002 celui du « vêtement masculin » et en 2009 le « prix international ». En 2012, le Musée des arts décoratifs de Paris lui consacre une exposition intitulée Louis Vuitton Marc Jacobs. Le , Frédéric Mitterrand lui remet les insignes de chevalier dans l'ordre des Arts et des Lettres.

En 2013, Marc Jacobs est désigné pour une création de nouvelles bouteilles et canettes pour Coca Cola Light.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Mark Tungate, Luxury World : The Past, Present and Future of Luxury Brands, Kogan Page, 2009, p. 205
  2. a et b Cally Blackman (trad. Hélène Tordo), 100 ans de mode [« 100 years of fashion »], Paris, La Martinière,‎ avril 2013, 399 p. (ISBN 978-2-7324-5710-9, présentation en ligne), « Les enfants terribles de la mode », p. 301
    « […] mais son approche radicale entrainera son licenciement de chez Perry Ellis. »
  3. a, b, c, d, e et f Fabrice Paineau, « Jacobs marque Vuitton », L'Express Styles, Groupe Express, no 3250,‎ 16 octobre 2013, p. 56 à 57 (ISSN 0014-5270)
  4. a et b AFP, « Marc Jacobs quitte Louis Vuitton », Next Mode, sur next.liberation.fr, Libération,‎ 2 octobre 2013 (consulté le 26 octobre 2013) : « L’information a également été confirmée à WWD par Marc Jacobs et son associé de longue date Robert Duffy. »
  5. Elvire von Bardeleben, « Didier Grumbach : « On sortait des défilés de Marc Jacobs tout à fait revigoré » », Next Mode, sur next.liberation.fr, Libération,‎ 2 octobre 2013 (consulté le 26 octobre 2013) : « Ce type de collaboration n’est jamais éternel. Le fait qu’elle ait duré seize ans est déjà exceptionnel ! »
  6. Joseph Ghosn, « La révérence de Marc Jacobs », Le Nouvel Observateur, no 2553,‎ 30 octobre 2013, p. 146 (ISSN 0029-4713)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles[modifier | modifier le code]

  • Thiébault Dromard, « Portrait : Marc Jacobs, directeur artistique de Louis Vuitton », Challenges, no 282,‎ 5 janvier 2012, p. 66 à 69 (ISSN 0751-4417, lire en ligne)
  • Louise Witt, « Marc Jacobs : L'agent provocateur de la mode », L'Express Styles, no 3165,‎ 29 février 2012, p. 80 à 85 (ISSN 0014-5270)

Liens externes[modifier | modifier le code]