Extincteur

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Extincteur au dioxyde de carbone (CO2)
Signalétique luminescente de sécurité-incendie. En cas de panne de courant dans un lieux normalement éclairés, le panneau reste visible et lisible dans le noir

Un extincteur est un appareil de lutte contre l'incendie capable de projeter ou de répandre une substance appropriée — appelée « agent extincteur » — afin d'éteindre un début d'incendie. On distingue les extincteurs exclusivement destinés aux sapeurs-pompiers de ceux destinés au grand public. Ces derniers se scindent en trois catégories : portatifs, mobiles et fixes.

Extincteurs portatifs[modifier | modifier le code]

Coupe d'un extincteur.
  1. Cylindre
  2. Poignée
  3. Tuyau
  4. Agent extincteur
  5. Étiquette
Fonctionnement d'un extincteur à pression permanente
Fonctionnement d'un extincteur à pression auxiliaire

L'extincteur contient un agent qui peut être projeté sur une flamme par l'action d'une pression interne. Cette pression est fournie par une pression permanente ou par la libération d'un gaz (dioxyde de carbone) contenu dans la cartouche.

Le recours à une cartouche de gaz (très souvent du dioxyde de carbone) facilite la vérification et la maintenance, mais aussi prévient toute déperdition. Il est cependant obligatoire de percer la cartouche avant l'utilisation de l'extincteur: la cartouche libère le gaz pour qu'il remplisse le corps métallique contenant l'agent extincteur. Une goupille protégée par un plomb marqué prévient l'utilisation accidentelle de l'appareil et garantit son intégrité.

Détail d'une goupille

Un tuyau muni d'un diffuseur approprié à chaque agent extincteur permet d'en diriger la vidange. Une poignée permet de porter l'extincteur et, sur les modèles à pression auxiliaire :

  • Soit de gérer la vidange de l'agent extincteur (la percussion est alors assurée par un percuteur séparé) ;
  • Soit de percuter la cartouche (la vidange est alors gérée par une autre poignée sur le diffuseur).

Sur les modèles à pression permanente, elle n'assure que la première fonction. Sur les modèles qui ne disposent pas de tuyau, le diffuseur est fixé sur l'extincteur. Certains constructeurs équipent leurs extincteurs d’un manomètre.

Un code de couleurs, peu suivi dans la pratique, se retrouve pour les extincteurs :

  • Extincteur à poudre : étiquette ou capuchon de fond jaune.
  • Extincteur à eau ou mousse : étiquette ou capuchon de fond bleu.
  • Extincteur au CO2 : étiquette ou capuchon de fond gris.

Il est à noter que les extincteurs équipant les automobiles ne sont pas conçus pour un usage domestique.

Les extincteurs portent une date de péremption — après laquelle ils risquent de ne plus être utilisables (en raison des fuites, du tassement de l'agent ou de la rouille) — et parfois une date de révision (voir #Cadre légal).

Agents extincteurs[modifier | modifier le code]

Un agent extincteur est un produit agissant sur le feu en s'opposant à la réaction de combustion.

La lecture de ce qui suit suppose la notion de classe de feux connue.

L'eau[modifier | modifier le code]

Schéma d'un extincteur à eau.
  1. Percuteur
  2. Poignée de percussion et de transport
  3. Emplacement de la goupille de sécurité
  4. Corps de robinet
  5. Sparklet (cartouche de gaz propulseur)
  6. Tube d'injection du gaz
  7. Tube plongeur
  8. Corps d'extincteur
  9. Buse
  10. Prolongement
  11. Gâchette
  12. Tuyau souple
Article détaillé : Lutte contre l'incendie > L'eau.

On ne rencontre quasiment pas d'extincteur à eau pure, en raison de sa faible efficacité en petites quantités. Cependant, il existe un appareil appelé Ifex 3000 qui projette des impulsions d'eau à très hautes pression et vitesse, mais qui ne partage aucun point commun avec les extincteurs classiques, sinon la portabilité.

Ainsi, les extincteurs à eau contiennent presque tous un additif. Ceux-ci sont des émulseurs, c’est-à-dire des produits qui abaissent la tension superficielle de l'eau (la goutte d'eau s'étale beaucoup plus), la rendant plus mouillante, plus pénétrante et donc plus efficace. De plus ils forment une pellicule étanche à la surface du combustible, l'isolant ainsi de l'air. La solution moussante obtenue est pour ces raisons également appelée « light water » (« eau légère » en anglais). Il s'agit du même mélange utilisé pour produire de la mousse, cependant la solution n'est ici pas mélangée à l'air. L'émulseur le plus rencontré est l'A3F ou AFFF (Agent Formant un Film Flottant). Il peut être en pré-mélange dans l'eau, ou dans un réservoir à l'intérieur de l'extincteur qui, au moment de la mise en pression de l'extincteur, se perce et libère l'additif dans l'eau. Dans la plupart des cas, cet agent est irritant et nécessite le rinçage des parties du corps qui ont pu y être exposées.

Leur efficacité est maximale sur les feux de classe A. Grâce à l'additif ils sont aussi utilisables sur les feux de classe B (liquides), bien que la mousse soit plus efficace et plus sûre.

Le diffuseur équipant ces extincteurs est généralement formé de dizaines de trous de l'ordre du millimètre, afin de pulvériser l'eau en gouttelettes microscopiques. Pour cette raison, on appelle souvent ces modèles des extincteurs à eau pulvérisée. Cette pulvérisation limite la portée du jet au mètre. Certains diffuseurs sont ainsi prolongés de 20-30 cm ou coudés.

On peut utiliser l'eau pulvérisée avec additifs en présence de courant d'une tension inférieure à 1 000 V. Composé de gouttelettes, le jet n'est pas conducteur. L'eau de ruissellement est en revanche conductrice. Si l'extincteur est défectueux, l'absence de pulvérisation peut induire un risque mortel.

Les extincteurs à eau sont sensibles à la rouille. Ils ont une durée de vie maximale de 20 ans malgré l’adjonction d’antirouille. Cela est surtout dû au choix de matériaux répondant à des impératifs commerciaux.

Il existe sur le marché des extincteurs à eau pressurisée à l'azote et/ou à air comprimé. Leur réservoir est en acier inoxydable et, pour répondre aux normes des assureurs, ils sont munis d'un manomètre. Ces normes proviennent de la N.F.P.A. et des U.L. pour l'Amérique du Nord. Les extincteurs doivent être inspectés régulièrement au moins une fois par an et subir une inspection visuelle tous les six mois.

La mousse[modifier | modifier le code]

Article détaillé : émulseur.

La conception et le contenu des extincteurs à mousse est identique à celle des extincteurs à eau avec additif. La solution est ici mélangée à l'air au niveau du diffuseur, qui se compose d'un simple tube mousse (un long tube doté d'une ouverture à son origine pour faire entrer l'air par l'effet Venturi) formant de la mousse à bas foisonnement (mousse lourde). La portée importante du jet demande (ou permet) de se tenir loin du liquide en feu pour éviter de le projeter et de l'étaler.

Il s'agit du seul agent capable d’éteindre proprement, sûrement et sans risque de réinflammation les feux de liquides (classe B). La mousse, en flottant, agit en isolant l'air de ces derniers. Ceci permet :

  • D'empêcher l'air d'alimenter le feu ;
  • De retenir les vapeurs du liquide pouvant s'enflammer ou causer une réinflammation : on peut ainsi couvrir de mousse une surface de manière préventive afin d'éviter tout risque d'inflammation.

Dans une moindre mesure, la mousse agit par refroidissement grâce à l'eau qu'elle contient. Ceci est surtout valable sur les feux de classe A.

Suivant l'additif utilisé et le foisonnement, ils peuvent agir sur les feux de classe A, bien que l'eau pulvérisée reste préférable en raison de sa plus grande capacité de refroidissement.

L'additif utilisé conditionne l'efficacité de la mousse sur les feux d'hydrocarbures ou sur les produits polaires (solubles dans l'eau). L'AFFF est particulièrement efficace sur les premiers, formant lors de la décantation de la mousse un film aqueux à leur surface. Sur les polaires, il a tendance à former un gel. Il s'agit de l'émulseur le plus rencontré dans les extincteurs.

La mousse est inutilisable sur des feux d'installations électriques, car elle est conductrice. Concernant la corrosion, les mêmes remarques que pour l'eau s'appliquent à la mousse.

Poudres[modifier | modifier le code]

Schéma d'un extincteur à poudre
  1. Percuteur
  2. Poignée de percussion et de transport
  3. Emplacement de la goupille de sécurité
  4. Corps de robinet
  5. Sparklet (cartouche de gaz propulseur)
  6. Tube de détassement
  7. Tube plongeur
  8. Corps d'extincteur
  9. Buse
  10. Gâchette
  11. Tuyau souple

Les extincteurs à poudre contiennent une poudre chimique qui agit de plusieurs manières, principalement en étouffant le feu et en isolant le combustible (voir plus bas). Elle n'a aucun pouvoir refroidissant.

Les extincteurs à poudre sont irrespectueux des biens de valeur. En effet, la poudre s’insinue partout, elle est abrasive et mélangée à l’eau elle devient fortement corrosive (notamment sur les circuits électriques). Afin de réparer les dégâts il existe des firmes spécialisées dans le nettoyage après l’utilisation d’extincteurs à poudre. Les nuages de poudre qu'ils provoquent réduisent beaucoup la visibilité du sinistre, et sont très fortement irritants. De plus, ils engendrent une forte déperdition de l'agent extincteur, car une partie n'atteint pas le foyer.

Ce sont les extincteurs qui éteignent le feu le plus rapidement, mais pas forcément d'une façon définitive. Sur les liquides (classe B), la poudre rend la réinflammation difficile mais pas impossible. Il est souvent nécessaire de consolider l'extinction par la mousse. La poudre est le seul agent extincteur efficace sur les feux de gaz (classe C) de grande ampleur.

On peut également noter que ce sont les seuls extincteurs utilisables à des températures négatives ainsi que pour l’électricité supérieure à 1 000 volts.

Les extincteurs à poudre ont une durée de vie qui dépend de la fréquence des recharges, utilisés dans le cadre de la lutte anti-incendie de base, leur durée de vie est d'au minimum 30 ans. Par contre ils sont sensibles aux vibrations qui tassent la poudre, l'empêchant de sortir correctement.

On distingue trois types de poudre[1] :

Poudres BC (feux de classes B et C)[modifier | modifier le code]

Elle est composée principalement de bicarbonate de sodium ou de bicarbonate de potassium (85-95 %) qui sous l'effet de la chaleur se décomposent en dégageant notamment du CO2. Ils ont également une action inhibitrice sur les réactions chimiques au sein de la combustion.

On leur adjoint souvent 1-12 % de mica muscovite (silicate de potassium et d'aluminium) ou de terre à foulon (silicate de magnésium et d'aluminium) pour rendre la poudre moins volatile.

Enfin on trouve un petit pourcentage de stéarates (de calcium notamment), de gel de silice et d'huile de silicone (polysiloxane méthylé et hydrogéné), afin d'éviter que la poudre ne s'agglomère sous l'effet de l'humidité. La plupart de ces poudres sont également dotées de pigments bleus ou violets pour les distinguer[2],[3].

Ils sont presque exclusivement destinés au secteur de l’automobile ou de l'industrie. Ils sont normalement incapables d’éteindre un feu dans un compartiment moteur, néanmoins il existe une technique spéciale qui consiste à « croquer » un coin du capot et à éteindre le feu par étouffement entre le jet et le capot.

Poudre ABC (feux de classes A, B et C)[modifier | modifier le code]

Elle est composée principalement (jusqu'à 95 %) de phosphate ou sulfate d'ammonium, de phosphate monoamonique ou de carbamate ou bicarbonate de sodium. Les sels d'ammonium, outre de dégager du CO2 et d'être de meilleurs inhibiteurs que ceux de sodium/potassium, ont la propriété de fondre sous l'effet de la chaleur et de former à la surface des solides une croûte les isolant de l'air[4],[5]. C'est ce qui rend cette poudre utilisable aussi bien sur les feux de classe A, B ou C.

On leur adjoint souvent 1-5 % de mica muscovite (silicate de potassium et d'aluminium) ou de terre à foulon (silicate de magnésium et d'aluminium) pour rendre la poudre moins volatile. Enfin on trouve des fractions d'huile de silicone (polysiloxane méthylé et hydrogéné) afin d'empêcher que la poudre ne s'agglomère sous l'effet de l'humidité. Certaines de ces poudres sont également dotées de pigments bleus ou jaunes[6].

Ce sont les extincteurs les plus polyvalents et les plus vendus.

Poudre D (feux de classe D)[modifier | modifier le code]

Elle est principalement composée (80-90 %) de carbonate ou chlorure de sodium et de phosphate de calcium. On lui ajoute quelques pourcents de stéarate de zinc ou de magnésium et parfois 1-5 % de mica muscovite (silicate de potassium et d'aluminium) ou de terre à foulon (silicate de magnésium et d'aluminium) pour rendre la poudre moins volatile, ainsi que du gel de silice pour éviter qu'elle ne s'agglomère[7]. On rencontre également de la poudre de ciment, du laitier, des grenailles de fonte qui aident à former une croûte en fondant.

On rencontre ce type de poudre dans des environnements spéciaux : industries, laboratoires, etc. bien que les transports et la construction utilisent de plus en plus de métaux inflammables. En raison du caractère très particulier des feux de métaux, la poudre D sert principalement à isoler le feu sous une croûte afin d'éviter sa propagation et dans le meilleur cas de l'étouffer. La composition de la poudre va ainsi dépendre du métal particulier à éteindre.

Gaz[modifier | modifier le code]

Dioxyde de carbone[modifier | modifier le code]

Schéma d'extincteur portatif de 2 kg au CO2.
  1. Valve anti-surpression
  2. Emplacement de la goupille de sécurité
  3. Tromblon
  4. CO2 gazeux
  5. CO2 liquide
  6. Tube plongeur
  7. Cylindre de CO2 (2 kg)

Le dioxyde de carbone (CO2) agit principalement par étouffement, en diminuant fortement la concentration d'oxygène alimentant le feu. Dans une très moindre mesure, il agit par refroidissement au vu de sa température de sortie de -78 °C ; sur de petits feux il peut également souffler la flamme (séparer le combustible du feu). Il est ainsi capable d'agir sur les trois côtés du triangle du feu.

Le gaz est stocké sous forme liquide à une pression permanente de 70 à 80 bar avec une valve de sécurité se déclenchant à 200 bar ; il est inodore, incolore (bien qu'il forme un nuage blanc en se condensant à la sortie de l'extincteur) et non toxique à faible dose. En raison de sa détente, le gaz sort à -78 °C, faisant courir des risques de gelures. Le diffuseur prend la forme d'un tromblon conique favorisant la détente du gaz et son guidage. Réalisé en caoutchouc, il permet d'être pris en main sans risque de gelure, contrairement aux parties métalliques de l'appareil. Les modèles de moins de 4-5 kg ne comportent généralement pas de tuyau et le tromblon est fixé directement dessus.

Schéma d'un extincteur portatif de 5 kg au CO2.
  1. Valve anti-surpression
  2. Emplacement de la goupille de sécurité
  3. Tuyau souple
  4. CO2 gazeux
  5. CO2 liquide
  6. Tube plongeur
  7. Cylindre de CO2 (5 kg)
  8. Buse
  9. Tromblon

Le CO2 est un gaz volatil ; plus lourd que l'air à température ambiante il devient plus léger dès 179 °C. Pour assurer une extinction complète, il est donc nécessaire de couvrir simultanément toute la surface en feu, car le gaz ne reste au mieux que quelques instants à son contact.

Un extincteur au dioxyde de carbone peut ainsi être utilisé selon le principe du « tout ou rien » : en cas de réussite le feu est complètement éteint, en cas d'échec il reprend avec la même intensité. Il est efficace sur les petits feux de liquides (classe B) avec une efficacité limitée lorsque le liquide en feu a atteint son point d'auto-inflammation : il se réenflamme spontanément après extinction ; le CO2 n'est vraiment efficace que sur les feux naissants. Il est efficace sur les petits feux de gaz (classe C) selon le principe énoncé. Il est utilisable sur les feux de solides (classe A) lorsque ceux-ci sont très peu épais (tissu, papier, etc.) et ne forment pas de braise. En revanche, la forte inertie thermique des feux de solides épais ou formant des braises le rend inefficace sur ce type de foyer.

Il se distingue par sa capacité à refroidir des appareils électriques en surchauffe (pour des tensions inférieures à 5 kV). L'opérateur doit cependant être attentif au risque d'explosion d'objets brutalement refroidis par le dioxyde de carbone. Les extincteurs à CO2 sont les seuls dont le tromblon, tant qu'il est sec, peut servir à séparer de la source d'électricité une victime en train de s'électriser. Le CO2 ne laisse aucun résidu et ne cause aucun dégât, ce qui en fait le seul agent utilisable dans un environnement informatique ou une cuisine par exemple. Cet extincteur est le plus lourd parmi les matériels d'extinction. Il est également très sensible à la chaleur, lors de l'utilisation et du stockage.

Halon[modifier | modifier le code]

Il existait auparavant une cinquième catégorie : celle des extincteurs dont le contenu appartient à la familles des halons ; famille qui est en voie de disparition. En effet ces gaz sont visés par le Protocole de Montréal qui est un accord international visant à réduire et à terme éliminer complètement les substances qui appauvrissent la couche d'ozone. Il a été signé actuellement par 191 pays et dont la Communauté économique européenne. Cette catégorie était fonctionnellement similaire, bien que nettement plus efficace que les extincteurs à CO2 car ils pouvaient être utilisés à une température bien plus élevée.

Autres gaz[modifier | modifier le code]

Des alternatives aux halons existent sur le marché :

Ces gaz sont principalement utilisés dans des installations fixes, pour protéger des lieux ne pouvant tolérer l'eau ou la poudre, comme des bibliothèques ou des datacenters.

Extincteurs mobiles[modifier | modifier le code]

Un extincteur mobile à poudre.

Les extincteurs de cette catégorie sont similaires dans leurs agents et leur fonctionnement aux extincteurs portatifs, mais ils disposent d'un plus grand volume d'agent extincteur (20 à 200 kg), ce qui accroît leur autonomie et leur efficacité. Ils sont montés sur un châssis muni de roues et disposent d'un tuyau beaucoup plus long, avec parfois une lance-pistolet. Leur cartouche de gaz est toujours externe.

On en trouve dans les aéroports, les entrepôts, les stations-services, etc.

Extincteurs fixes[modifier | modifier le code]

Cylindres d'argon dans un datacenter.

On trouve également des installations d'extinctions fixes. Elles sont composées d'une réserve d'agent extincteur (souvent sous pression permanente), d'une tuyauterie pour l'acheminer et d'un système de déclenchement automatique ou manuel.

On en trouve, à des échelles très différentes :

  • Dans des chaudières ;
  • Dans des compartiments moteurs ;
  • Dans des armoires électriques ;
  • Dans des datacenters ;
  • Dans des cuisines et leurs hottes ;
  • Dans des raffineries ou dans des dépôts pétroliers.

Cadre légal[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

Un certain nombre de textes législatifs, mais aussi de normes (à caractère non obligatoire) encadrent la disposition et la maintenance des extincteurs en France (cf liens externes ci-dessous). En ce qui concerne la maintenance, il faut se référer à l'arrêté du 20 mai 1963 modifié (article 19) qui impose des "vérifications périodiques nécessaires à leur maintien en bon état".

Des éléments relatifs aux vérifications périodiques à réaliser sur les extincteurs portatifs sont fournies par la norme NF S 61-919 (non obligatoire).

Les extincteurs doivent être contrôlés régulièrement par une société spécialisée. Ils ne doivent pas être mis à disposition après leur date de péremption.

  • Au moins tous les trois mois :
Vérification par le personnel habilité et formé (agent de sécurité incendie)
Vérification visuelle pour s’assurer que tous les appareils sont à leurs places prévue, parfaitement accessibles et en bon état extérieur.
  • Une fois par an :
Vérification par un technicien compétent ou personne/organisme agréé.
Vérification de la pression interne des extincteurs de type « permanent », poids de l’agent extincteur/sparklet, état des joints, état du corps et de l’agent extincteur, détassement des poudres, test du mécanisme, démontage, etc …
  • Tous les 1 à 5 ans : réépreuve par le service des mines des extincteurs à pression permanente (sous certaines conditions de pression[8]).
Extincteurs à gaz : à l’occasion du 1er rechargement qui a été effectué 5 ans après l’épreuve initiale.
Extincteurs à mélange halon/CO2 :
SI épreuve initiale < 10 ans : à l’occasion du 1er rechargement qui a été effectué 5 ans après l’épreuve initiale.
SI épreuve initiale > 10 ans : à l’occasion du 1er rechargement qui a été effectué 2 ans après l’épreuve précédente. Sinon, dans tous les cas : 1 à 5 ans.
  • À l'issue de la dixième année :
Réépreuve par le service des mines des extincteurs à pression permanente ; par rapport à la dernière épreuve.

Mode opératoire[modifier | modifier le code]

  1. L'utilisateur doit vérifier que la classe de l'extincteur est adapté au feu ;
  2. il enlève la goupille
  3. s'il s'agit d'un extincteur à pression auxiliaire, il percute la poignée pour libérer le gaz de la cartouche, en détournant le visage du flexible, et de la tête de l'extincteur;
  4. une brève pression sur la poignée d'éjection permet, à distance du foyer, de vérifier que l'extincteur fonctionne( une prise par les deux mains est souhaitable afin d'éviter un coup dû au recul de la lance) ;
  5. il s'approche du feu en se baissant (afin d'éviter les fumées et vapeurs chaudes), se présente de profil (afin de minimiser l'effet du rayonnement du feu, utilise le jet continu de l'extincteur comme protection, et de préférence le dos au vent, et attaque la base des flammes (il est important de se maintenir en protection derrière le jet de la lance pendant toute la durée de l'utilisation du matériel d'extinction).

La distance minimale à laquelle on attaque le feu dépend du type de feu et de l'agent extincteur. Dans le cas d'eau pulvérisée avec ou sans additif : 2 à 3 mètres. En cas de poudre BC ou ABC : 3 à 4 mètres. En cas de CO2 : 1 mètre. On se rapproche ensuite quand les flammes ont baissé d'intensité, pour finir l'extinction. Il doit rester à distance des sources électrique en raison du risque d'électrisation ; la distance de sécurité est de au moins 1 mètre pour 1 000 V de tension (soit 1 m pour le courant domestique, les extincteurs à eau pulvérisée sont d'ailleurs interdits sur les feux d'origine électrique si la tension est supérieure à 1 000 V).

L'extincteur doit être maintenu verticalement lors de son utilisation afin que ce soit le produit actif qui en sorte et non le gaz propulseur.

L'extincteur doit être rechargé après chaque utilisation, même si seule une petite partie de la charge a été utilisée : la cartouche de gaz étant percutée, le gaz va fuir au fur et à mesure et l'extincteur n'aura plus de pression (le produit ne sortira pas lors d'une future utilisation).

L'utilisation d'un extincteur en présence d'un feu de gaz : en présence d'un feu de gaz, la première intervention consiste à couper l'alimentation gaz en fermant une vanne de coupure pour autant qu'elle soit assez proche et accessible. Si on ne parvient pas à fermer la vanne d'alimentation, on risque de former un nuage explosif souvent plus dangereux que l'effet chalumeau du feu de gaz (jet fire). On peut alors utiliser un extincteur (à eau pulvérisée pour se protéger de la meilleure manière) dans le but d'atteindre la vanne d'arrêt pour la fermer et ensuite pour éteindre les feux résiduels.

Immolation de Rigzen Phuntsog le 16 mars 2011 (mort le lendemain). Pour arrêter le feu, un extincteur a été utilisé par la police chinoise ce qui est vivement déconseillé.

L'utilisation d'un extincteur est vivement déconseillée sur une personne dont les vêtements ont pris feu : les extincteurs au dioxyde de carbone présentent un risque de brûlure thermique non négligeable (le dioxyde de carbone sort à -78 °C du tromblon) pour la victime, quant aux extincteurs à poudre l'effet combiné des brûlures thermiques et de l'application de poudres irritantes n'est pas des plus heureux. Cependant lorsque des vêtements ont pris feu, il faut réduire les flammes rapidement pour limiter le plus possible l’étendue et la gravité des lésions du type brûlure thermique. Une couverture antifeu accrochée au mur est efficace pour éteindre ce type de feu : la personne dont les vêtements se sont enflammés peut l’utiliser elle-même, sans assistance extérieure, pour étouffer les flammes. On peut également employer dans de telles circonstances une douches portatives de secourisme semblables à des extincteurs (elles sont vertes alors que les extincteurs sont rouges) et qui contiennent de l'eau additionnée d'antiseptique, ou une douche fixe de premiers secours.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Extinction d'un feu d'essence à l'aide d'eau pulvérisée avec additif Light-water
Extinction d'une télévision à l'aide de CO2

Formation des utilisateurs[modifier | modifier le code]

Un extincteur est efficace si l'utilisateur en connait les caractéristiques et s'est familiarisé à sa manipulation. En effet, une utilisation impropre de l'extincteur est dangereuse et peut amplifier le risque (éparpillement du combustible, création d'un nuage de poussière susceptible d'exploser…).

L'utilisateur doit savoir différencier :

  • L'éclosion du feu qu'un extincteur peut combattre,
  • L'incendie constitué qui est du ressort des services de secours.

L'utilisation de l'extincteur n'est qu'un des moyens de réaction face à l'incendie. Il convient d'évaluer l'opportunité d'évacuer les locaux, de prévenir le centre de secours, de couper les énergies (gaz, électricité), la ventilation, climatisation ou toute autre installation technique avant de recourir à un extincteur.

En France, les règles de protection incendie des assureurs (marquage NFPA 704 ou certification APSAD par exemple) ou des textes règlementaires (comme le Code du Travail) exigent que tout ou partie des employés d'une entreprise reçoivent une formation à la manipulation des équipements de première intervention.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]