Détecteur et avertisseur autonome de fumée

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Un détecteur de fumée placé à l'entrée d'une chambre et du séjour.
Détecteur de fumée (gros plan).

Un détecteur et avertisseur autonome de fumée (abrégé en DAAF) est un élément de sécurité qui réagit à la présence de fumée ou de particules de vapeur dans l'air.

Il ne faut pas le confondre avec le détecteur de monoxyde de carbone que la fumée seule ne déclenche pas.

Techniques[modifier | modifier le code]

Détecteurs autonomes[modifier | modifier le code]

Les détecteurs et avertisseurs autonomes de fumée (DAAF) placés à des endroits "stratégiques", dans un lieu de vie, émettent une alarme sonore par un dispositif intégré lorsqu'il détecte une opacité[1], permettant d'alerter les occupants des lieux d'un début de combustion ou d'incendie. Ces objets peu onéreux peuvent sauver de nombreuses vies tous les ans et sont même obligatoires dans certains pays (France, Australie, Canada, etc.) dans toutes les constructions neuves.

Emplacements d'installation[modifier | modifier le code]

Pour une utilisation optimale, il est conseillé d'en mettre au moins un par étage, et d'en placer près des chambres et de la cuisine au minimum. La présence à l'intérieur de la cuisine peut induire des déclenchements intempestifs avec les simples vapeurs de cuisson. Il doit être placé au plafond, à environ 50 cm de l'entrée de la pièce à protéger.

En présence de fumeurs, il peut être utile d'en placer un dans la chambre, au plafond, à 50 cm des murs, près de l'entrée[2].

Détecteurs intégrés à un système de sécurité[modifier | modifier le code]

Dans le cas où les capteurs de détection d'incendie sont intégrés à un système de sécurité, permettant la gestion des incendies et accidents dans les locaux industriels, il sert uniquement de capteur transmettant l'information à une centrale de détection et de gestion, qui déclenche les alarmes prévues et éventuellement commande des systèmes de lutte contre les incendies :

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

Il existe 2 types de détecteurs : optiques ou par ionisation.

Détecteurs optiques[modifier | modifier le code]

Schéma d'une chambre optique de détecteur de fumée

Le détecteur possède une chambre optique avec une LED et une cellule photoélectrique placée perpendiculairement (voir schéma à droite). En l’absence de fumée, le faisceau lumineux émis par la diode parcourt la chambre optique sans toucher la cellule photoélectrique. Lorsque de la fumée est présente dans la pièce et pénètre dans la chambre optique du détecteur, les particules de fumées renvoient le faisceau lumineux dans toutes les directions (effet Tyndall), ce qui éclaire faiblement la cellule photoélectrique. Cette dernière transforme alors la lumière en un courant électrique qui est envoyé au circuit de l'alarme et l'active.

Détecteurs par ionisation[modifier | modifier le code]

Ce détecteur possède une chambre, composée de deux électrodes, dans laquelle est placé un matériau radioactif (généralement une pastille d'américium 241) émettant des rayons alpha. Une tension est appliquée aux bornes des électrodes ; un faible courant apparaît, du fait de l'ionisation de l'air de la chambre. Lorsque des particules de fumée y pénètrent, celles-ci captent une partie des rayons alpha, entraînant une diminution du courant qui déclenche l’alarme. Certains modèles plus perfectionnés comprennent une seconde chambre témoin (étanche) disposée en série.

En raison de la présence de matériel radioactif et de la possibilité de fuite de particules en cas de détérioration du dispositif, les détecteurs de fumée à chambre d'ionisation sont interdits en France depuis novembre 2011[4], le retrait complet des détecteurs installés étant prévu pour fin 2017. Début 2013, on comptait en France environ 7 millions de détecteurs de ce type[5].

Inconvénients[modifier | modifier le code]

  • Déclenchements si le détecteur est exposé à un flux d'air enfumé sans qu'il n'y ait départ d'incendie (par exemple fumée de cigarette).
  • Vigilance nécessaire pour éviter le déclenchement accidentel du dispositif (bougie, fer à repasser à vapeur, cigarette, etc.).
  • Accès au dispositif difficile (plafond).
  • Le prix peut varier de 10 à 60 euros.

Réglementation selon les pays[modifier | modifier le code]

Réglementation européenne[modifier | modifier le code]

Les détecteurs de fumée installés en Europe doivent être certifiés EN 54-7 Détecteurs de fumée. Ceci est vrai aussi pour tous les produits commercialisés dans l'Union européenne (UE)[6].

Dans les règles NFPA72 systèmes de détection d'incendie, le détecteur doit être marqué avec UL268 qui est la certification des détecteurs de fumée.

Les produits de détection d'incendie disposent d'une législation européenne EN54 Système de détection d'incendie et d'alarme est obligatoire pour la commercialisation et l'installation de ces produits dans tous les pays de l' Union européenne (UE).

Le EN54 : Partie 7 est obligatoire pour détecteur de fumée.

Le CEN Comité européen de normalisation a mis au point des normes européennes pour la libre circulation des marchandises dans les pays de l'Union européenne.

Le certificat EN54 est délivré pour chaque produit. Ce certificat doit être renouvelé chaque année.

Si le certificat EN 54 a plus d'un an à compter de la date d'émission. Cette certification a expiré et n'est pas un certificat valide.

Les fabricants de produits de détection d'incendie ne peuvent pas vendre ou installer des produits avec des certificats expirés dans n'importe quel pays de l'Union européenne (UE)[7],[8]

surface locale (m²) type de détecteur hauteur (m) Pente ≤ 20 ° Pente> 20 °
Sv (m) Dmax (m) Sv (m) Dmax (m)
SL ≤ 80 EN54-7 ≤ 12 80 6,6 80 8.2
SL> 80 EN54-7 ≤ 6 60 5,7 90 8.7
6 <h ≤ 12 80 6,6 110 9,6
SL ≤ 30 EN54-5 Classe A1 ≤ 7,5 30 4,4 30 5.7
EN54-5, la classe A2, B, C, D, F, G ≤ 6 30 4,4 30 5.7
SL> 30 EN54-5 Classe A1 ≤ 7,5 20 3,5 40 6.5
EN54-5 Classe A2, B, C, D, E, F, G ≤ 6 20 3,5 40 6.5
  • EN54-7, correspond à la détection / fumée photoélectrique.
  • EN54-5, correspond à détection thermique / température.
  • SL (m²) = Local Area.
  • Sv (m²) = m superficie maximale qui peut protéger un détecteur.
  • Dmax (m) = Distance maximale (Rayon du cercle du point de localisation du détecteur).
  • Un détecteur photoélectrique couvre 60 m2 et le détecteur de température 20 m3. La garde au sol est également important dans l'installation des détecteurs (Voir «hauteur d'étage")[9]

France[modifier | modifier le code]

Status en 2007[modifier | modifier le code]

En 2007, en France seuls 10,5 % des logements sont équipés d'appareils chargés de prévenir l'incendie, contre 95 % aux États-Unis par exemple[10]. L'installation d'un DAAF (détecteur avertisseur autonome de fumée) divise par 10 le risque d'être victime d'un incendie[11].

Des polémiques existent cependant sur leur efficacité. Alors que l'obligation de pose d'un détecteur avertisseur autonome de fumée (DAAF) était étudiée, selon l'Institut national de la consommation (INC), au banc d'essai, seuls deux appareils sur huit se sont révélés conformes, les autres n'ayant pas détecté la fumée ou ne l'ayant fait que tardivement. L'INC, dont une étude avait déjà en 2006 donné des résultats équivalents, a annoncé avoir saisi la Direction de répression des fraudes (DGCCRF) pour faire retirer du marché les produits ne fonctionnant pas[12]. L'INC note aussi que deux appareils non conformes portaient la marque NF qui, depuis le 1er mai 2007, doit figurer sur chaque détecteur vendu en France, accompagnée des lettres CE le cas échéant. L'INC sollicite « un programme de contrôles renforcés »[12].

Selon un article du quotidien français Le Monde en 2008, « la généralisation des détecteurs de fumée devrait permettre de sauver 400 à 500 vies par an et de réduire le nombre de personnes brûlées qui s'élève à 10 000 chaque année. Dans tous les pays où l'installation de détecteurs de fumées est obligatoire, on a constaté une diminution du nombre de décès de 50 %, car 70 % des victimes décédaient sans avoir pu être réveillées, car si un tiers seulement des incendies surviennent la nuit, ils sont à l'origine de 70 % des décès[13]. »

Loi pour l’équipement des logements[modifier | modifier le code]

Après avoir été repoussée durant des années[14], la loi no 2010-238 du [15] prévoit que ce dispositif sera obligatoire dans tous les logements (privés) d'ici le en France[16]. C'est à l'occupant (locataire ou proprietaire) que cette charge revient. En plus de cette obligation d'installation, les occupants seront responsables de l'entretien de leurs détecteurs[17].

En France, le CNMIS (Comité National Malveillance Incendie Sécurité)[18] est un organisme de certification qui est responsable de déterminer quels détecteurs peuvent obtenir la norme CE (norme CE EN 14 604 du 10 janvier 2011[19]). Le décret no 2011-36 du [20], initialement déposé par les députés Damien Meslot et Pierre Morange, rend obligatoire en France la mise en place de détecteurs de fumée dans les logements. Pour les ménages qui ne sont pas en règle en 2016, les assureurs pourront augmenter les primes[21].

En janvier 2012, l'association UFC-Que Choisir communique le résultat de ses essais (13 appareils conformes sur 14 testés)[22], à comparer aux tests catastrophiques réalisés en 2006 sur les produits de l'époque[23].

Autres pays[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. ou une ionisation de l'air ambiant
  2. La fumée de cigarette mais aussi la vapeur d'eau (d'un fer a vapeur par exemple) passant à proximité immédiate du détecteur de fumée peut déclencher la sirène
  3. En général les salles informatiques où la présence de personnel n'est pas permanente
  4. « arrêté interministériel du 18 novembre 2011 », sur Légifrance
  5. « Fiche pratique - retrait des détecteurs de fumée à chambre d'ionisation », sur INRS,‎ juin 2013
  6. (en) Fire detection and fire alarm systems - Published standards, sur le site cen.eu, consulté le 27 août 2013
  7. (en) Fire detection and fire alarm systems - Published standards, sur le site cen.eu
  8. (en) BS EN 54-11:2001, sur le site shop.bsigroup.com
  9. [PDF] Norma Espagnola, sur le site aenor.es
  10. L'incendie domestique : un mort par jour. Et pourtant 89.5% des français ne sont toujours pas équipés de DAAF!, sur le site firstalert.eu, consulté le 31 mars 2013
  11. Qu’est-ce qu’un détecteur de fumée, sur le site detecteurs2fumee.com
  12. a et b 60 millions de consommateurs - numéro 442, daté d'octobre 2009.
  13. Équiper les habitations de détecteurs de fumées, in Le Monde, 10 juin 2008.
  14. « Détecteurs de fumée - Encore repoussés », sur quechoisir.org, UFC-Que Choisir,‎ 20 mars 2009
  15. LOI n° 2010-238 du 9 mars 2010 visant à rendre obligatoire l'installation de détecteurs de fumée dans tous les lieux d'habitation, Legifrance.gouv.fr
  16. Installation des détecteurs d'incendie, sur le site vosdroits.service-public.fr du 3 février 2011, consulté le 19 novembre 2012
  17. Article L129-8, sur le site legifrance.gouv.fr, consulté le 6 octobre 2013
  18. Comité National Malveillance Incendie Sécurité Sur le site afocert.fr
  19. Décret 2011-36 du 10 janvier 2011, sur le site reglementation-environnement.com du 11 janvier 2011
  20. Décret n° 2011-36 du 10 janvier 2011 relatif à l'installation de détecteurs de fumée dans tous les lieux d'habitation, Legifrance.gouv.fr
  21. Immobilier : installer un détecteur de fumée devient obligatoire, Capital.fr, 12 janvier 2011
  22. « Détecteurs de fumée - Ne pas céder aux sirènes de la fausse sécurité ! », sur quechoisir.org, UFC-Que Choisir,‎ 26 janvier 2012
  23. Que Choisir Mensuel n°441 p28, octobre 2006.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]