Ligue communiste révolutionnaire (Belgique)

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Ligue Communiste Révolutionnaire
Présentation
Fondation 1971
Site web www.lcr-lagauche.org

Parti politique belge marxiste, la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR) est actif sous ce nom en Communauté française de Belgique et sous celui de Socialistische Arbeiderspartij (SAP, Parti ouvrier socialiste) en Communauté flamande. La LCR/SAP est la section belge de la IVe Internationale (Secrétariat unifié).

La LCR/SAP, appelée Parti ouvrier socialiste (POS) entre 1984 et 2006, est issue de la Ligue révolutionnaire des travailleurs (LRT/RAL), une importante organisation d'extrême gauche des années 1970. Elle a pour objectif de proposer et d'instaurer une alternative socialiste au système capitaliste et revendique pour cela l’auto-organisation de la classe ouvrière et celle des différents secteurs de lutte (jeunes, travailleurs, femmes, immigrés…).

Historique[modifier | modifier le code]

1971-1984 : de la Ligue révolutionnaire des travailleurs (LRT) au Parti ouvrier socialiste (POS)[1][modifier | modifier le code]

La Ligue révolutionnaire des travailleurs (LRT), Revolutionnaire arbeidersliga (RAL) en néerlandais, nait à Liège en mai 1971. Ses fondateurs proviennent de la Confédération socialiste des travailleurs (CST), regroupant le Parti wallon des travailleurs (PWT) et l’Union de la gauche socialiste (UGS). Dès sa création, la LRT se veut être la section belge de la IVe Internationale.

Dans les années 1970, elle est devenue une des organisations marxistes les plus actives de Belgique. La Jeune garde socialiste (JGS), son organisation de jeunesse, est très présente au Limbourg, auprès des mineurs en grève. Les trotskistes jouent aussi un rôle primordial dans les autres « grèves sauvages » qui vont ensuite se multiplier dans la plupart des grandes entreprises du pays. La LRT a comme objectif d’unifier les étudiants et les travailleurs dans un large mouvement anticapitaliste. Elle est à la base des principales mobilisations lycéennes et étudiantes des années post-68.

À travers ces mobilisations, la LRT va réussir à renforcer sa structuration interne et se renforcer sur le plan militant. Son influence sur la gauche radicale belge et sa mouvance sympathisante est évidente. Plusieurs intellectuels et autres personnalités importantes de Belgique deviennent de véritables « compagnons de route » de la LRT. Cependant, elle va connaître plusieurs scissions au cours de son histoire, avec le départ, en 1973, de membres bruxellois qui vont ensuite fonder le Groupe marxiste internationaliste (GMI), notamment mené par Guy Desolre. L’année suivante, des militants de sa section de Mouscron fondent à leur tour une nouvelle organisation, Libération populaire. À Bruxelles, dix ans après Mai 68, la LRT se réunit lors de son quatrième congrès national et constate l’échec de la stratégie qui devait conduire à la révolution. La déception est importante auprès de beaucoup de militants issus de la génération 68, parmi lesquels se trouve un certain Frank Vandenbroucke, le futur ministre socialiste flamand au gouvernement fédéral et aujourd’hui au gouvernement de la Région flamande. Plusieurs militants arrêtent le militantisme révolutionnaire. La LRT adopte alors un « tournant ouvriériste ». Le retour dans les usines est préconisé pour participer aux combats syndicaux et recruter des ouvriers. Des établis de la LRT se font engager dans plusieurs grandes entreprises.

Sur le plan électoral, la LRT, dès les années 1970, a participé à des alliances avec d’autres forces politiques, comme le Parti communiste belge (PCB) ou le Groupe politique des travailleurs chrétiens (GPTC). Lors des élections législatives de 1981, la LRT s’y présente en cartel avec Pour le socialisme (PLS), une organisation qualifiée alors de « mao-centriste ».

En février 1984, lors de son septième congrès, organisé à Anvers, la Ligue révolutionnaire des travailleurs change de nom et devient le Parti ouvrier socialiste (POS) du côté francophone et le Socialistische arbeiderspartij (SAP) du côté néerlandophone.

1984-2005 : du Parti ouvrier socialiste (POS) à la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR)[modifier | modifier le code]

À partir de 1991, le POS/SAP ne présente plus de listes sous ses propres couleurs aux élections mais est présent via des alliances électorales, notamment avec d'autres forces de gauche (Parti communiste, par exemple), d'extrême gauche ou écologistes. Aux élections communales de 2000, la LCR obtient plusieurs conseillers municipaux, dont notamment un à Anderlues (liste « Gauche ») et deux à Herzele[2]. En octobre 2006, la LCR maintient tous ses élus.

Fin 2005, le POS/SAP décide de changer partiellement de nom : il s'appellera désormais Ligue Communiste Révolutionnaire du côté francophone du pays, en référence à sa consoeur française.

Aujourd'hui : Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR) et Socialistische arbeiderspartij (SAP)[modifier | modifier le code]

D'aspect beaucoup plus modeste que par le passé, la LCR/SAP conserve toutefois quelques particularités.

Contrairement aux partis communistes qui ne sont pas à majorité trotskiste, la LCR/SAP reconnaît le droit de tendance. Par ailleurs, elle encourage fortement ses membres à militer dans d'autres organisations : syndicats, associations, comités unitaires… Ainsi, si son audience électorale est très réduite, elle a une certaine influence sur le mouvement social en Belgique, et particulièrement sur le mouvement altermondialiste.

La LCR/SAP édite les mensuels La Gauche (en français) et Rood (Rouge, en néerlandais). La Gauche a été fondé en 1956 dans le but d'unir la gauche socialiste, à l'époque où la section belge de la IVe Internationale agissait clandestinement au sein du parti (PSB) et du syndicat (FGTB) socialistes.

En 2005, la LCR/SAP participe à l'initiative Une Autre Gauche.

En 2009, une organisation autonome des jeunes en solidarité politique avec la LCR/SAP est créée à Bruxelles, les Jeunes anticapitalistes (JAC)[3].

Pour les élections de juin 2010, la LCR participe à l'initiative du Front des Gauches.

En 2014, elle s'engage dans un rassemblement électoral en Wallonie et à Bruxelles, PTB-GO!, avec le Parti du Travail de Belgique, le Parti Communiste et des personnalités indépendantes de la gauche critique[4]. En Flandre, elle présente ses propres candidates et candidats, défendant un programme LCR/SAP, sur les listes PVDA+.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Texte extrait et résumé de La gauche radicale en Belgique francophone (1963-2004) – Impact électoral, politique et social, de Manuel Abramowicz, mémoire FOPES-UCL (Faculté ouverte en politique économique et sociale de l’Université Catholique de Louvain), Louvain-La-Neuve, 2004, 422 pp.
  2. Article sur les élections communales de 2006 sur le site du Journal du mardi
  3. http://www.anticapitalisme.be
  4. http://www.lcr-lagauche.org/go-go-go-les-listes-ptb-go-gauche-douverture/

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]