Elsie Reford

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Portrait d'Elsie Reford

Elsie Reford est née le 22 janvier 1872 à Perth (Ontario, Canada) et décédée le 8 novembre 1967 à Montréal (Québec) a été la créatrice des Jardins de Métis situés à Grand-Métis, à l'est de Rimouski, dans la région du Bas-Saint-Laurent.

Biographie[modifier | modifier le code]

Elsie Reford, née Mary Elsie Stephen Meighen[1], a grandi à Montréal. Elle était la deuxième de trois enfants de Robert Meighen[2] et Elsie Stephen. Issue d'une famille fortunée, son père était président de la compagnie Farine Five roses (Lake of the Woods Milling Company), la plus importante entreprise de moulins à farine de l’Empire britannique et sa mère était la sœur de George Stephen, un baron du chemin de fer[3].Les parents tenaient à ce que leurs enfants reçoivent une bonne éducation. Après ses études à Montréal, Elsie partit suivre des cours à Dresde, en Allemagne et à Paris, si bien qu’elle parlait couramment allemand et français lorsqu’elle revint à Montréal, prête à faire son entrée dans la société.

Le 12 juin 1894, elle épousa Robert Wilson Reford[4] . Ils eurent deux fils, Bruce en 1895 et Eric en 1900.

En 1902, ils se firent construire une maison sur la rue Drummond à Montréal. Ils étaient tous deux passionnés de plein air et ils passaient plusieurs semaines par année dans une cabane de rondins de bois, qu’ils avaient construite au Lac Cariboo, au sud de Rimouski. À l’automne, ils chassaient l’orignal, le cerf, la perdrix et le canard. Ils revenaient en hiver pour faire du ski et de la raquette. Elsie Reford avait appris jeune à monter les chevaux et aimait beaucoup faire de l’équitation pendant des heures. Elle aimait, bien sûr, la pêche au saumon, sport où elle excellait.

Séjours à la Villa Estevan[modifier | modifier le code]

Grâce à son oncle, George Stephen, elle a pu pratiquer la pêche au saumon sur la rivière Mitis, où ce dernier a construit son camp de pêche, Estevan Lodge (Villa Estevan), situé à Grand-Métis. La Villa Estevan avait une vue imprenable sur le fleuve Saint-Laurent et donnait accès à plus de 4 kilomètres de fosses à saumons, le long de la rivière Mitis. Ayant quitté le Canada pour l’Angleterre, Stephen prête cette villa à Elsie Reford, pendant plusieurs étés et finalement lui en fait don en 1918.

Implication sociale[modifier | modifier le code]

À l’époque, Elsie Reford était connue pour son engagement civique, social et politique. Elle se consacrait à des activités philanthropiques, en particulier pour le Montreal Maternity Hospital et fut l’une des principales responsables de la création du Women’s Canadian Club of Montreal, le premier club de femmes au Canada. Elle jugeait important que les femmes participent aux débats sur les grands problèmes d’actualité, « quelque chose qui aille au-delà du simple bavardage ». Proche d'Albert Grey, gouverneur général du Canada de 1904 à 1911, elle fut amenée à collaborer à l’organisation des fêtes du tricentenaire de la ville de Québec en 1908. Cet événement fut l’un de ceux qui lui permirent de nouer des liens avec la communauté canadienne-française.

Pendant la Première Guerre mondiale, elle rejoignit ses deux fils en Angleterre et travailla comme bénévole au ministère de la Guerre à traduire des documents de l’allemand à l’anglais. Après la guerre, à son retour à Montréal, elle soutient activement les infirmières de Victorian Order of Nurses, les œuvres du Montreal Council of Social Agencies et l’action politique de la National Association of Conservative Women.

Le jardinage[modifier | modifier le code]

En 1926, à l’âge de 54 ans, Elsie Reford a été opérée de l’appendicite et pendant sa convalescence, son médecin lui a déconseillé la pêche, car il craint qu’elle n’ait plus la force de regagner la rive. « Pourquoi ne pas vous mettre au jardinage! », lui a-t-il demandé, estimant sans doute qu’il s’agit là d’un passe-temps plus indiqué pour une convalescence d’un certain âge. Elsie a donc entrepris d’élaborer les jardins autour de Estevan Lodge (Villa Estevan) et d’en superviser la construction. Il lui faudra dix ans pour construire ce domaine couvrant plus de 20 hectares.

Elsie Reford devra surmonter de nombreuses difficultés pour mener à bien son projet. La première, ce sont les allergies qui la clouent au lit, parfois plusieurs jours. Le deuxième obstacle tient à la propriété elle-même. Estevan est avant tout un camp de pêche : le site a été choisi parce qu’il est proche d’une rivière à saumon et qu’il offre un point de vue spectaculaire, mais pas pour la qualité de ses sols.

Pour corriger les défauts de la nature, Elsie fabrique un terreau pour chacune des plantes qu’elle choisit, avec de la tourbe et du sable qu’elle fait venir des fermes avoisinantes. Cet échange sourit aux agriculteurs locaux, confrontés aux difficultés de la Grande Dépression. Dès cette époque, les jardins créent de l’emploi dans une région où, aujourd’hui encore, le chômage est élevé. Le génie d’Elsie Reford comme horticultrice tient à la connaissance qu’elle a développé des besoins des plantes.

Avec les années, elle est devenue une spécialiste des plantes. Vers la fin de sa vie, Elsie Reford est en mesure de conseiller d’autres jardiniers; elle publie des articles dans les revues de la Royal Horticultural Society et de la North American Lily Society. Elsie Reford n’est pas une architecte paysagiste et n’a jamais étudié la conception de jardins.

En tant que collectionneuse, elle sait apprécier l’art, mais elle n’a jamais prétendu être elle-même artiste. Sa collection a suscité l’intérêt des historiens de l’art et des collections canadiennes, surtout l’œuvre de La Madone aux fuseaux (Madonna of the Yarnwinder), parfois identifié comme la Reford Madonna, soit une œuvre maintenant reconnue comme ayant été faite par Leonardo Da Vinci et son atelier qu’elle possédait de 1928 jusqu’à sa vente en 1971.

Elsie Reford a fait l’objet de quelques articles et livres écrits par Alexander Reford, son arrière-petit-fils, notamment Le Paradis d’Elsie et Elsie’s Paradise (Les Éditions de l'Homme, 2004) et Belles de Métis et Treasures of the Reford Gardens (Les Éditions de l'Homme, 2006).

Reportages[modifier | modifier le code]

Elle fut aussi l’objet de trois documentaires, le premier: Elsie Reford, Sa vie, son jardin, à la radio anglaise de Radio-Canada[5]. CBC Radio a aussi diffusé Elsie’s Garden, dans la série Ideas, Histoires oubliées par Les Productions Vic Pelletier et Il était deux fois un jardin de Philippe Baylaucq.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Jardins de Métis, Les guides des jardins du Québec, Éditions FIDES, texte d'Alexander Reford, traduction d'Albert Beaudry.
  • Alexander Reford (photogr. Louise Tanguay), Le Paradis d'Elsie Reford : Les Jardins de Métis, Montréal, Les Éditions de l'Homme,‎ 2004, 177 p. (ISBN 2-7619-1920-3)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les Amis des Jardins de Métis, « Histoire d'Elsie Reford », sur jardinsdemetis.com/francais/
  2. Dictionnaire Bibliographique du Canada en ligne, « Robert Meighen », sur biographi.ca
  3. Jardins de Mmétis - Histoire - Elsie Reford et sa famille
  4. Dictionnaire Bibliographique du Canada en ligne, « Robert Wiliam Reford », sur biographi.ca
  5. Réalisation : Josée Bouchard et Alison Cook, « Elsie Reford, sa vie, son jardin (document audio: 54 min. », sur radio-canada.ca

Liens externes[modifier | modifier le code]