Denys le Petit

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Denys.

Denys le Petit, ou Dionysius Exiguus, (environ 470 - environ 540) est un moine connu pour avoir calculé l’Anno Domini ou ère vulgaire, utilisée comme ère par le calendrier grégorien. Il s'attribua lui-même le surnom de Exiguus (« le petit ») en signe d'humilité intellectuelle.

Denys le Petit


Biographie[modifier | modifier le code]

Denys le Petit, est originaire de la province romaine de Scythie mineure (correspondant à l’actuelle Dobroudja, région du Nord-Est de la Bulgarie et de l'Est de la Roumanie, située entre le Danube et la Mer Noire) et serait d’ascendance arménienne (cependant son ami et disciple Cassiodore dit de lui dans son De divinis Lectionibus, c. xxiii qu'il serait né scythe). Il faisait partie de la communauté des moines scythes concentrée à Tomis (l'actuelle Constanţa).

Il vient à Rome vers 500, y est fait abbé d'un monastère, s'acquiert une grande réputation par ses ouvrages sur la discipline ecclésiastique et la chronologie, et meurt en 540.

On a de lui des recueils de Canons apostoliques (publiés pour la 1re fois en 1628, in-8, par Justel) ; de Décrétales (dans la Bibliothèque du droit canon) ; des versions latines des ouvrages de Pacôme le Grand et autres Pères de l'Église.

Il a été chargé par le chancelier papal Bonofatius de concevoir une méthode pour déterminer la date de Pâques selon la « Règle alexandrine », telle qu’édictée au Ier concile de Nicée :

Pâques est le dimanche qui suit le quatorzième jour de la lune qui atteint cet âge au 21 mars ou immédiatement après.

À cette époque, il était coutumier de compter les années en utilisant le début du règne de l'empereur Dioclétien, connu pour avoir déclenché la dernière persécution de chrétiens dans l'Empire romain (Ère des Martyrs).

En l'an 525 Dionysius Exiguus introduisit notre ère en l'employant dans son tableau de Pâques. De cette manière il fonda l'usage de compter les années à partir de l'incarnation (25 mars) et la naissance (25 décembre) de Jésus-Christ, qu'il plaça à l’année 753 de Rome (c'est-à-dire l'année -1 du calendrier actuel). Des études historiques – dont celle du règne d'Hérode le Grand – montrent qu'il a commis une erreur d'au moins quatre ans. Denys confirma la périodicité de 532 ans pour le retour de Pâques au même jour du même mois, qu'il fit débuter à l'année même de l’incarnation. Cette période de 532 ans correspond au produit de 19 ans (cycle de Méton) par 4 (pour tenir compte des années bissextiles) et par 7 (pour les jours de la semaine, pâques devant tomber obligatoirement un dimanche) qui était déjà connu des chrétiens d'Alexandrie, mais qu'on appelle depuis, d’après le nom de Denys, période dionysienne.

À noter que Denys le Petit utilise pour ses calculs un calendrier sans année zéro, car ce dernier ne sera connu de l'Occident Chrétien que par sa découverte en Espagne par Gerbert d'Aurillac.

La présence du mot latin nulla, qui signifie aucun, dans la troisième colonne de son tableau de Pâques donne l’impression que Dionysius Exiguus connaissait le concept de zéro. Cependant, rien ne permet de déduire que son nulla était un zéro authentique ; en tout cas il ne l'a pas utilisé dans ses calculs. On dut attendre le IIe millénaire avant que l'on pût disposer du nombre zéro. De plus, même pour une civilisation connaissant le nombre zéro, par exemple comme résultat de l'opération « 2-2 », son utilisation dans le cadre d'une numérotation ne va pas forcément de soi.

Postérité : le calcul du temps[modifier | modifier le code]

Durant l'époque carolingienne, il semble que l'on eût encore coutume de compter les années à partir du début du règne de l'empereur (Charlemagne et ses successeurs).

Le moine Bède le Vénérable, au VIIIe siècle, développa la science du calcul du temps, que l'on nomma comput (du latin computare, calculer).

L'usage de compter les années à partir de la naissance de Jésus-Christ ne commença à se généraliser que vers l'an mil.

Le calendrier grégorien commença à remplacer le calendrier julien en 1582.

Aujourd'hui, l'Institut de mécanique céleste et de calcul des éphémérides[1] utilise les formules du comput grégorien pour calculer la date de Pâques.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Les textes de Denys le Petit ont été publiés dans le tome 67 de la Patrologie latine de Jacques Paul Migne

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Riché, Les Grandeurs de l'an mille, éditions Bartillat, 1999.
  • De temps en temps, Histoires de calendriers, sous la direction éditoriale de Claude Naudin, Tallandier / Historia, Centre Historique des Archives Nationales, 2001.
  • Cet article comprend des extraits du Dictionnaire Bouillet. Il est possible de supprimer cette indication, si le texte reflète le savoir actuel sur ce thème, si les sources sont citées, s'il satisfait aux exigences linguistiques actuelles et s'il ne contient pas de propos qui vont à l'encontre des règles de neutralité de Wikipédia.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]