Damian Pettigrew

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Damian Pettigrew

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Nationalité Drapeau du Canada Canadienne
Profession Réalisateur, scénariste, auteur
Films notables Fellini, je suis un grand menteur
Balthus de l'autre côté du miroir
Métamoebius

Né au Québec, Damian (Damien) Pettigrew est un auteur, scénariste et réalisateur canadien installé en France depuis 1990, connu pour ses long-métrages documentaires sur Balthus, Federico Fellini et Jean Giraud.

Distribué en salle dans quinze pays[1], son film Fellini, je suis un grand menteur a reçu le Rockie Award pour le meilleur documentaire au Festival international des médias de Banff et a été nommé pour le Prix Arte aux Prix du cinéma européen en 2002.

Biographie[modifier | modifier le code]

La mère de Pettigrew était psychologue pour enfant, formée par Anna Freud à Hampstead en 1947. Son père, J.F. Pettigrew, fut le premier chirurgien canadien à diagnostiquer la coarctation de l'aorte en 1953[2].

Diplômé de littérature anglaise à l'Université Bishop's, il poursuit ses études supérieures (art et littérature) à Oxford et Glasgow. En Écosse, son choix de carrière est bouleversé par la découverte des films du réalisateur écossais Bill Douglas : il décide de suivre des cours de cinéma à Paris (IDHEC). À la Cinémathèque française, il rencontre Brion Gysin et Steve Lacy et fréquente leur cercle d'artistes. Si les films de Pettigrew sont influencés par la technique du cut-up de Gysin, son lien d'amitié avec Samuel Beckett marquera profondément son esthétique épurée[3].

En 1983, Pettigrew a lancé le projet d’une nouvelle version de Film (1965) mettant en vedette Klaus Kinski, avec Beckett pour consultant et Raoul Coutard comme directeur de la photographie[4]. Malgré son accord, Kinski n’a pas pu se rendre disponible. Beckett suggéra ensuite Jack Lemmon pour le rôle. Le projet fut abandonné quand l’acteur américain expliqua qu'il se sentait incapable de rivaliser avec Buster Keaton qui avait incarné les rôles de O et E en 1965. Avec Beckett et Pettigrew en 1984, l'acteur David Warrilow initie Take 2, mais la mort du dramaturge en 1989 laisse la suite de Film inachevée[5].

Chaque année, il consacre trois semaines près du lac Memphrémagog dans le Cantons de l'Est de Québec[3].

Œuvre cinématographique[modifier | modifier le code]

Spécialiste de l’œuvre de Federico Fellini, son portrait du maestro, Fellini, je suis un grand menteur, a gagné le prestigieux Rockie Award au Festival de Banff en 2002. Distribué en salle dans plus de quatorze pays, le film a été salué par la critique aussi bien aux États-Unis (New Yorker, New York Times, Los Angeles Times, Newsweek International, St Louis Post-Dispatch) qu’en Europe (Le Monde, Le nouvel Observateur, Libération, Les Inrockuptibles, Le Figaro, Les Cahiers du Cinéma, le Herald (Glasgow), le Telegraph (Londres), Corriere della Sera, l’Unità, El País) mais encore au Brésil, en Australie et au Japon[6]. Le film a établi sa réputation de « réalisateur de longs métrages documentaires d’un contrôle extraordinaire »[7]. Les interviews furent publiées à New York en 2003 sous le titre, I'm a Born Liar: A Fellini Lexicon avec 125 illustrations et une préface de Tullio Kezich, le biographe de Fellini.

Ses documentaires incluent des portraits de Eugène Ionesco et Jean Giraud. Son film, Balthus de l'autre côté du miroir, une étude du peintre français controversé, a été tourné en Super 16 durant douze mois en Suisse, Italie, France et dans la région des Moors en Angleterre. Plusieurs fois primé, le film a été honoré aux côtés des œuvres de Jean Renoir, Marcel Carné et Jean Vigo lors d’un cycle de films classiques diffusés au Musée Ludwig à Cologne en septembre 2007.

Une rétrospective de son œuvre cinématographique a eu lieu au Centre des arts d’Enghien-les-Bains du 5 octobre 2011 au 28 mars 2012[8]. En 2011, L’Âge d’or du cinéma européen publie son entretien avec Ingmar Bergman qui eut lieu à l’automne 2003 sur l'île de Fårö. Le réalisateur suédois y analyse ses affinités avec l'œuvre de Samuel Beckett[9].

Entre 2007 et 2011, il a suivi la carrière d’Allain Leprest dans un long-métrage documentaire conçu en étroite collaboration avec le poète-chanteur[10]. Le film devrait sortir en salle en 2014[11].

En 2010, Pettigrew a réalisé Métamoebius, un essai cinématographique sur le dessinateur français Moebius coproduit par la Fondation Cartier et CinéCinéma. La même année, ARTE France a diffusé L’histoire d’Irène, basée sur la tradition du cabaret durant la Deuxième Guerre mondiale à travers le parcours des stars Bernard et Irène Hilda, Micheline Presle et Henri Salvador[12].

Entre 2010-2011, il a écrit et réalisé Inside Italo, un docu-fiction sur Italo Calvino pour Arte France en coproduction avec l'Office national du film du Canada et le Ministero per i Beni e le Attività Culturali à Rome[13]. Le film mêle des archives de la RAI, la BBC et l’INA à la mise en scène entre Calvino interprété par l’acteur Neri Marcorè et le critique littéraire Pietro Citati qui fut l'ami de l'écrivain du Baron perché. La version de 52 minutes intitulée, Dans la peau d'Italo Calvino, a été diffusé sur Arte en décembre 2012 et sur Sky Italia en octobre 2013[14].

Pettigrew dirige actuellement un long-métrage documentaire sur Carolyn Carlson. Conçu avec des séquences en 3D, le film se concentre sur la création de plusieurs œuvres majeures de la chorégraphe américaine y compris Synchronicity (2012), Dialogue avec Rothko (2013) et Woman in a Room (2013) avec l'étoile russe Diana Vichneva[15].

En développement[modifier | modifier le code]

Deux long-métrages de fiction sont en cours de développement : Les Ténèbres avec Tim Roth et Eriq Ebouaney[16], d'une part et Beckett, tiré de son expérience avec Samuel Beckett, d'autre part.

Filmographie sélective[modifier | modifier le code]

Auteur-Réalisateur[modifier | modifier le code]

  • Take 2 avec Samuel Beckett (1984-89)
  • Fellini ou l'amour de la vie (1993)
  • M. Gir et Mike S. Blueberry (1999)
  • Trois leçons balthusiennes (2007)
  • L'histoire d'Irène (2009)
  • Fellini : '' en Six mémos (2009)
  • Ionesco : Autour du 'Roi se meurt' avec Michel Bouquet (2009)
  • Métamoebius : Giraud-Moebius, métamorphoses (2010)
  • La Trilogie romaine :
  • Allain Leprest - La machine à y croire (2014)
  • Carolyn Carlson - Inside-Outside (2015)
  • Jean-Jacques Annaud (2015)

Scénariste[modifier | modifier le code]

  • Les Yeux de ma maîtresse (2005 - avec l'aide du CNC)
  • Dans la peau d'Italo Calvino (2010-11)
  • Les Ténèbres (2013)
  • Beckett (2013)

Producteur[modifier | modifier le code]

  • Ionesco : Conversations autour d'une caméra (les entretiens Ionesco)
  • Fellini, je suis un grand menteur (les entretiens Fellini)
  • Dans la peau d'Italo Calvino (les entretiens Calvino)
  • Metamoebius (les entretiens Moebius)
  • Allain Leprest (les entretiens)
  • Jean-Jacques Annaud (les entretiens)
  • Carolyn Carlson

Art vidéo[modifier | modifier le code]

  • 40RO (2013)
  • Marlène (2013)
  • 5 Voix 4 Visages (2013)

Citations[modifier | modifier le code]

  • Un cinéaste ne doit jamais supposer qu'il est supérieur à son sujet. Je constate que même le sujet le plus simple reste une énigme. Les meilleurs documentaires de création non seulement évoquent cette énigme, mais l'ingère dans un processus qui rend visible l’invisible[17].
  • Italo Calvino a dit que l'artiste révèle cette parcelle de vérité cachée au fond de tout mensonge. L'impératif de l'artiste est de créer une fiction suprême, un mensonge qui, paradoxalement, révèle une vérité. C'est précisément ce genre de paradoxe que Calvino et Fellini adoraient[17].
  • L'un des sujets clés, pour moi, est une étude de l'individu par rapport à la foule et au pouvoir. Un essai documentaire sur la psychologie des foules permettrait d'éviter tout commentaire (c’est devenu la folie de discours secondaires dans de nombreux documentaires) et s'appuiera entièrement sur l'image et le son. Idéalement, il essaierait de nous fournir de nouveaux concepts sur la nature de la société, sur la violence et la bestialité politique de notre temps qui est lié à la façon dont les médias sont devenus un fléau de mots et d’images dénués de substance. C'est un fléau qui infecte nos vies et, par conséquent, l'histoire des nations avec tout ce qui est sensationnel, hasardeux, et confus[17].
  • D’une façon synchronistique, le terme de Jung si cher à Carolyn Carlson, son art est en phase avec la démarche de Hölderlin : « Poétiquement, l’homme demeure sur cette terre. » Après le siècle de tous les fascismes, voici le brave new world de l’ère numérique dont les bombes seront greffées à l’intérieur du corps dans un détournement du mot spirituel que Malraux n’aurait jamais imaginé. Pour Carlson, la question n’est plus, « Comment vivre ensemble ? » mais plutôt « Comment vivre poétiquement notre demeure ? »[18]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Les données de cette section sont issues à la fois du site IMDb[19] et du site officiel de Fellini, je suis un grand menteur[20].

Récompenses et sélections[modifier | modifier le code]

Grand Premier Prix de l'UNESCO

Prix de la Meilleure Image - Festival International du film sur l'art de Lausanne

  • 1997 pour Balthus de l'autre côté du miroir

Sélection officielle - 8e Festival international du documentaire de Marseille (Vue sur les docs)

  • 1997 pour Balthus de l'autre côté du miroir

Sélection officielle - 56e Festival international du film d'Édimbourg

Nomination Prix Arte - Meilleur Documentaire - Prix du cinéma européen

  • 2002 pour Fellini, je suis un grand menteur

Coup de Cœur - 13e Festival international du documentaire de Marseille (Vue sur les docs)

  • 2002 pour Fellini, je suis un grand menteur

Prix Rockie - Meilleur Documentaire sur les Arts - Festival international des médias de Banff

  • 2002 pour Fellini, je suis un grand menteur

Sélection officielle - 1e Panorama du film européen du Caire - Cairo Panorama of the European Film

  • 2004 pour Fellini, je suis un grand menteur

Sélection officielle - Toronto Jewish Film Festival (sélectionné dans 10 festivals internationaux)

  • 2010 pour L'histoire d'Irène

Sélection officielle - 14e Festival littéraire international de Montréal Metropolis bleu

  • 2012 pour Dans la peau d'Italo Calvino

Bibliographie sélective[modifier | modifier le code]

Œuvres écrites[modifier | modifier le code]

  • Fellini, Federico et Pettigrew, Damian :
    • (fr) Fellini, je suis un grand menteur, Paris, L'Arche, 1994. (ISBN 2-85181-340-4)
    • (de) Fellini, Ich bin ein großer Lügner, Frankfurt, Verlag der Autoren, 1995. (ISBN 3-88661-156-6)
    • (pt) Fellini, eu sou um grande mentiroso, Rio de Janeiro, Nova Fronteira, 1995.
    • (en) "Fellini: Creation and the Artist" in Projections 4, London, Faber and Faber, 1995. (ISBN 0-571-17363-2)
    • (fr) "Fellini et l'entretien avec Damian Pettigrew" in Cahiers Jungiens de Psychanalyse, Paris, no 104, 2002.
    • (it) Fellini, sono un gran bugiardo, prefazione di Tullio Kezich, Roma, Elleu, 2003. (ISBN 88-7476-122-8)
    • (en) I'm a Born Liar: A Fellini Lexicon, preface by Tullio Kezich, New York, Harry N. Abrams, Inc., 2003. (ISBN 0-8109-4617-3)
    • (pt) Federico Fellini. Sou um grande mentiroso. Uma conversa com Damian Pettigrew, Lisbonne, Fim de Século, 2008.
  • Calvino, Italo et Pettigrew, Damian :
    • (en) The Paris Review Interviews - The Art of Fiction, No. 130, Issue 124, Fall 1992.
    • (it) Sogno e delirio. Il Calvino segreto. La Repubblica, p. 24-25, 10 septembre 1995.
    • (it) Uno scrittore pomeridiano. Intervista sull'arte della narrativa a cura di William Weaver e Damien Pettigrew con un ricordo di Pietro Citati, Roma, Minimum Fax, 2003. (ISBN 88-87765-86-3)
  • Beckett, Samuel et Pettigrew, Damian :
    • (en) Beckett: Conversations on Cinema, New York, Harry N. Abrams, Inc., 2014.
    • (fr) Beckett : Conversations sur le cinéma, sous la direction de D. Pettigrew, Paris, L'Arche, 2014.

Ecrits sur le cinéma[modifier | modifier le code]

Entretiens online[modifier | modifier le code]

Sur Pettigrew[modifier | modifier le code]

Damian Pettigrew de Germain Adriaan (Brev Publishing, 2012) (ISBN 978-613-9-64832-0)

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le documentaire est fondé sur les derniers entretiens filmés du maestro par Pettigrew en 1992. Selon le distributeur MK2 International, le film a été « sélectionné dans plus de quarante festivals internationaux, y compris Edimbourg, Moscou, Amsterdam, Toronto et Montréal, distribué en salles dans quinze pays et vendu aux chaines du monde entier ». Consulté le 31 mars 2013.
  2. Radio France Interview de Pettigrew par Caroline Caldier, 4 mai 2003. Consulté le 31 mars 2013.
  3. a et b Entretien Caldier-Pettigrew sur Radio France.
  4. Confirmant le projet, Beckett écrit: « Pettigrew connait mon œuvre et a la passion de bien faire. » In No Author Better Served: The Correspondence of Samuel Beckett and Alan Schneider (ed. Maurice Harmon, Cambridge: Harvard University Press, 1998), 442-443.
  5. La correspondance de Pettigrew avec le dramaturge irlandais et David Warrilow autour de ce projet (accord de S. Beckett, 20.1.83) est archivée à l'Université d'Emory à Atlanta sous la direction de Lois Overbeck et Martha Fehsenfeld. Voir The Correspondence of Samuel Beckett Project, Emory University.
  6. IRS-RSI Compilation des critiques internationales. 25 août 2011.
  7. Citation de David Denby dans The New Yorker, le 21 avril 2003. Consulté le 31 mars 2013.
  8. Le documentaire à l'honneur au Centre des Arts d'Enghien-les-Bains. Consulté le 27 mars 2013.
  9. Pettigrew, “Notes prises durant un déjeuner avec Bergman” in L’Âge d’or du cinéma européen, 75.
  10. Pure People Adieu au poète. Consulté le 27 mars 2013.
  11. La machine à y croire Documentaire sur Leprest. Consulté le 1er avril 2013.
  12. Dans Le Monde, Renaud Machart a écrit : « Trente-cinq minutes exemplaires : une réalisation simple, adroite, mêlant archives et interviews récentes ». Consulté le 28 mars 2014.
  13. Cinecittà News. Consulté le 1er avril 2013.
  14. Dans Le Monde, Hélène Delye a décrit le film comme « passionnant… original, inventif et très abouti ». Jean-Baptiste Gournay du Nouvel Observateur a précisé « qu’il fallait bien cette approche multifocale pour saisir un auteur aussi complexe ». Consulté le 28 mars 2013.
  15. Portrait & Cie News
  16. L'Express. Consulté le 28 avril 2013.
  17. a, b et c Izquotes.com Consulté le 28 mars 2013.
  18. France Culture Pettigrew à propos de Carolyn Carlson.
  19. (fr+en) Awards, Internet Movie Database. Consulté le 29 mars 2013
  20. « Pettigrew », sur Fellini: I’m a Born Liar (consulté le 29 mars 2012)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles et interviews en ligne[modifier | modifier le code]