Col de la Bonette

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Col de la Bonette
Image illustrative de l'article Col de la Bonette
Col de la Bonette vu sur la route montant depuis vallée de l'Ubaye.
Altitude 2 715[1] m
Massif Mercantour
Coordonnées 44° 19′ 37″ N 6° 48′ 25″ E / 44.327, 6.807 ()44° 19′ 37″ Nord 6° 48′ 25″ Est / 44.327, 6.807 ()[1]
Pays Drapeau de la France France
Vallée Vallée de l'Ubaye
(nord-ouest)
Vallée de la Tinée
(sud-est)
Ascension depuis Jausiers Saint-Étienne-
de-Tinée
Déclivité moy. 6,7 % 6,2 %
Déclivité max. 9 % 10 %
Kilométrage 23,8 km 26,7 km
Accès route D64 route D64
Fermeture hivernale octobre à mai

Géolocalisation sur la carte : Alpes-de-Haute-Provence

(Voir situation sur carte : Alpes-de-Haute-Provence)
Col de la Bonette

Géolocalisation sur la carte : Alpes-Maritimes

(Voir situation sur carte : Alpes-Maritimes)
Col de la Bonette

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Col de la Bonette

Le col de la Bonette est un col de montagne à 2 715 mètres d'altitude, où la route passe pour relier la vallée de l'Ubaye à celle de la Tinée. Le col de la Bonette se situe entre la cime de la Bonette (2 860 m) et la cime des Trois Serrières (2 753 m). Une bonne partie de la route entre Jausiers et Saint-Étienne-de-Tinée est située en zone protégée du Parc national du Mercantour.

Jadis, cette voie stratégique n'était qu'un chemin muletier ; il est élargi dès 1832, mais la route actuelle ne fut achevée qu'en 1964.

Accès[modifier | modifier le code]

La route du col de la Bonette passe par le faux col de Restefond (2 656 m) et quelques mètres en dessous du col de Restefond (2 680 m) sans toutefois l'emprunter[2]. Pour cette raison, on parle parfois du col de la Bonette-Restefond, les deux cols étant situés à proximité l'un de l'autre.

La route est fermée en hiver. Il s'agit d'une route communale sur le versant des Alpes-de-Haute-Provence (au nord), depuis son abandon par l'armée, qui l'entretenait jusque-là, et d'une départementale sur celui des Alpes-Maritimes (au sud) avec une déclivité de 8 %.

Altitude[modifier | modifier le code]

Il existe une controverse sur le fait que la route de la Bonette soit, comme il est indiqué au pied du col[3], la plus haute d'Europe.

Le col de la Bonette culmine à 2 715 m, il existe donc trois cols routiers alpins dont les altitudes sont supérieures à celui-ci : les cols de l'Iseran (2 764 m), du Stelvio (2 757 m) et Agnel (2 744 m). En revanche, depuis le col, une route permet de faire le tour de la cime de la Bonette (2 860 m). Cette route est appelée (improprement car ce n'est pas un col) col de la Cime de la Bonette et son point culminant atteint 2 802 m[4],[5],[6], ce qui en fait la route goudronnée la plus haute de France.

Vue en direction du col.

Ce n'est cependant pas le point le plus élevé accessible en voiture dans les Alpes. La plus haute route goudronnée est le portail sud du tunnel de la Ötztaler Gletscherstraße (2 829 m), en Autriche, dans la région de Sölden. Cette route est plus large que celle de la Bonette, mais aussi plus raide. Elle est à péage, ouverte à la circulation publique et conduit à deux centres de ski d'été, avec restaurants, grands parkings et centres commerciaux. La piste menant à l'observatoire astronomique situé au sommet du pic de Châteaurenard dans le Queyras atteint 2 990 m reste accessible à des voitures de tourisme (mais elle n'est pas goudronnée). De nombreux endroits situés dans des stations de ski permettent également à des véhicules tout-terrain d'atteindre des altitudes élevées. Par exemple, il est possible d'atteindre un point proche du Grand Col (2 935 m) au-dessus de la station des Arcs 2000 en véhicule tout-terrain. En Italie, la route du col Sommeiller, situé à la frontière franco-italienne au-dessus de Bardonèche, atteint les 3 000 m[7]. Le col du Jandri, 3 151 m, est également accessible aux véhicules tout-terrain à partir des Deux Alpes.

La route la plus haute d'Europe hors Caucase est celle menant de la station de ski de Pradollano vers le sommet du Pico Veleta (3 398 m) dans la Sierra Nevada, non loin de la ville de Grenade dans le sud de l'Espagne[8], mais elle n'est pas ouverte aux automobiles. Les plus hautes routes praticables recensées sont le col de Suge (Suge La, à l'ouest de Lhasa) 5 430 m et le col de Semo (Semo La) 5 565 m entre Raka et Coqen au Tibet.

Vue en direction de vallée de Tinée

Histoire[modifier | modifier le code]

La route est classée route impériale le par l'empereur Napoléon III.

Sur les deux versants subsistent les ruines de différents ensembles militaires appartenant à la ligne Maginot des Alpes, qui témoignent des tensions passées entre la France et l'Italie. Le camp des Fourches a ainsi été occupé jusqu'à la Seconde Guerre mondiale.

Cyclisme[modifier | modifier le code]

Vue sur la montée.

Tour de France[modifier | modifier le code]

Le , le Tour de France passe pour la quatrième fois de son histoire au col de la cime de la Bonette, lors de la 16e étape entre Cuneo et Jausiers. C'est le Sud-Africain John-Lee Augustyn qui est passé en tête au sommet, avant de connaître une impressionnante chute dans la descente et de laisser la victoire à Cyril Dessel. Il a en effet dû attendre la voiture de son directeur sportif, n'ayant pas pu récupérer son vélo. L'Espagnol Federico Bahamontes est passé en tête en 1962 et en 1964, le Britannique Robert Millar pour l'édition de 1993. Le cycliste écossais détient d'ailleurs le record de l'ascension par Jausiers avec une ascension effectuée en 1 h 05[9]. Il s'agit du record d'altitude pour le Tour de France et il a été classé en 1re catégorie lors des deux premiers passages, puis hors catégorie depuis 1993[10].

Profil de l'ascension[modifier | modifier le code]

Vue sur le col de la Bonette depuis la cime de la Bonette

Par le versant nord depuis Jausiers, l’ascension est longue de 23,8 km à 6,7 % si on continue sur la cime de la Bonette. Le premier kilomètre est sans difficulté mais c’est après une première série d’épingles à une moyenne proche de 6,5 % que l’on atteint le hameau de Lans plus haut. Plus loin, la pente s’accentue avec une deuxième série de lacets et des moyennes proches de 8 %. Peu après, on atteint le chalet de Halte 2000. Comme son nom l’indique, on franchit très bientôt la barre des 2 000 mètres d’altitude. À ce niveau, on rentre dans une large partie composée de pâturages. Le kilomètre qui suit affiche une moyenne de 8,7 % avec des virages en épingle. On parvient alors à un court replat à 5,1 % avant que la route ne se redresse aussitôt par une quatrième série de courts et pentus virages en épingles dont un raidard à 12 % pour parvenir au petit lac des Essaupres à 2 305 mètres d’altitude, après 16 km de montée. Arrivé ici, on bénéficie à nouveau d’un court replat dont il faut profiter pour souffler car les deux kilomètres suivants affichent 9,4 puis 7,9 % avec des « coups de cul » et de nouvelles épingles pour parvenir à l’ancienne caserne militaire de Restefond. Quelques hectomètres plus loin, on aperçoit la cime de la Bonette et les ultimes kilomètres de l’ascension. Les pâturages laissent place à la caillasse et d’anciens blockhaus au bord de la route. Il est possible à ce niveau de rejoindre le col de la Moutière (2 454 m). Les deux kilomètres précédant le col de la Bonette (2 715 m) sont plus faciles, proches de 3,5 % mais la plupart des cyclistes continuent jusqu’à la cime et ses 2 802 m. Le dernier kilomètre pour y arriver est nettement plus difficile. Bref, ce versant alterne les petits raidards difficiles et des portions plus faciles.

Le versant sud, depuis Saint-Étienne-de-Tinée, grimpe sur une distance d'environ 26 km. La partie entre Bousiéyas et le camp des Fourches est composée d’une large série de lacets. Les derniers hectomètres présentent une pente à plus de 12 %.

La descente est particulièrement technique en raison des nombreux virages en épingle.

Galerie[modifier | modifier le code]

Versant nord[modifier | modifier le code]

Versant sud[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Éric Fransceschi, « Cinq mois au col de la Bonette », Le Monde magazine, no 10,‎ 21 novembre 2009, p. 40-45 (ISSN 0395-2037)
  • Daniel Friebe et Pete Golding, Sommets mythiques : Cyclisme, les 50 cols incontournables d'Europe, GEO,‎ 2012, 224 p. (ISBN 978-2-8104-0296-0), p. 208-211