Château de Montfort (Côte-d'Or)

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Château de Montfort
Image illustrative de l'article Château de Montfort (Côte-d'Or)
Façade Sud du château de Montfort
Période ou style Forteresse médiévale
Type Château fort
Début construction XIIIe siècle
Destination initiale Défense et résidence seigneuriale
Destination actuelle Tourisme et restauration
Protection Logo monument historique Classé MH (1925)
Coordonnées 47° 35′ 33″ N 4° 19′ 30″ E / 47.5925, 4.325 ()47° 35′ 33″ Nord 4° 19′ 30″ Est / 47.5925, 4.325 ()  
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne
Département Côte-d'Or
Commune Montigny-Montfort

Géolocalisation sur la carte : Bourgogne

(Voir situation sur carte : Bourgogne)
Château de Montfort

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de Montfort

Le château de Montfort est un château fort du XIIIe siècle, situé sur la commune de Montigny-Montfort dans le département de la Côte-d'Or. Cette forteresse est perchée sur un plateau rocheux à 317 mètres d'altitude dominant les trois vallées du Dandarge, de la Ronce et de la Louère. Le château à l'architecture unique a connu d'illustres propriétaires et hébergea le Saint Suaire de nombreuses années.

Localisation, accès[modifier | modifier le code]

Sur la route départementale D 980 entre Semur-en-Auxois11 km) et Montbard4 km) ; autoroute A6 sortie 23 Bierre-lès-semur direction Montbard.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le Moyen Âge[modifier | modifier le code]

  • C'est au XIe siècle (vers 1075) qu'un premier château aurait été édifié par Bernard de Montfort, un proche des ducs de Bourgogne dont le château le plus proche était à une dizaine de km, à Montbard.

La Renaissance[modifier | modifier le code]

  • La petite fille de Pierre de Bauffremont, Philiberte se maria avec Jean de Chalon prince d'Orange. Mais, après la mort de Jean de Chalon, Philibert son fils refusa de rendre hommage au roi de France pour sa principauté d'Orange et se mit au service de Charles Quint. Le Château est alors mis sous séquestres par François Ier à partir de 1521.
  • Le 19 mai 1547, Guillaume Ier d'Orange-Nassau obtiendra la levée des séquestres sur le château. Sa fille, Emélia d'Orange-Nassau (Amélie) après une succession difficile avec ses sœurs, obtient le château où elle entreprend d'importants travaux de réhabilitations.

XVIIe et XVIIIe siècles[modifier | modifier le code]

  • Le 14 février 1688, les petites filles d'Amélie d'Orange-Nassau vendent le château de Montfort pour 62 000 livres à François Michel Le Tellier marquis de Louvois, secrétaire d'état de la guerre de Louis XIV.
  • En 1691, à la mort de François Michel Le Tellier son fils Louis François Marie Le Tellier marquis de Barbezieux lui succède. Puis en 1701 sa fille Marie Margdelaine épouse du duc d'Harcourt hérite du château et des terres de Montfort.
  • Le 31 mai 1731, le duc et la duchesse d'Harcourt revendent la baronnie de Monfort à Frédéric de La Forest pour 100 000 livres. Seuls seigneurs qui feront du château leur résidence principale.

Du XIXe siècle à nos jours[modifier | modifier le code]

  • Le 18 août 1817, une descendante de la famille de La Forest cède le château, pour seulement 1 200 francs à Jean Baptise Lefaivre, ancien domestique au château.

Dès lors, seules les terres du domaine seront exploitées, le château, lui tombera en ruines dans l’indifférence totale.

  • En 1985, les ruines du château sont rachetées par Jean Marie Fériès et son épouse, qui entreprirent leurs réhabilitations.
  • En 1996, l'association MONS FORTI prit la relève de M. et Mme Fériès.
  • En 2011, le château de Montfort est cédé par Mme Fériès pour l'euro symbolique à la commune de Montigny-Montfort. L'association continue son action de restauration, de sauvegarde et d'animation.


Blasons des anciens seigneurs et barons de Montfort

Classement[modifier | modifier le code]

50 Le château fort de Montigny-Montfort, a été inscrit à l'Inventaire supplémentaire des monuments historiques, par un arrêté du 30 décembre 1925.

L'architecture[modifier | modifier le code]

47° 35′ 33″ N 4° 19′ 30″ E / 47.5925, 4.325 ()

Photos du château de Montfort

Construit sur un plateau rocheux à 317 mètres d'altitude il domine les trois vallées du Dandarge, de la Ronce et de la Louère.

  • Il était constitué à l'origine de sept tours dont trois semi-octogonales donnant sur une vaste basse-cour, ceinte de remparts et de tours semi-circulaires ouvertes à la gorge.
  • Passé un profond fossé et le pont-levis, le château développait une cour intérieure pavée, entourée de vastes bâtiments nobles : salle des gardes voûtée 12 x 18,5 mètres, salle seigneuriale, 10x24 mètres, chapelle, appartements, caves…

Aujourd’hui, du château seuls subsistent :

  • l’imposante muraille Sud de 30 mètres de haut et ses 3 tours semi-octogonales dont celle appelée « tour Amélie » qui possède deux belles salles voûtées très bien restaurées, en croisée d’ogive avec clé de voûte.
  • le puits de 28 mètres de profondeur, la salle des gardes et ses trois imposants départs de colonne, la cour intérieure pavée…
  • mais également les remparts de la basse-cour et le pigeonnier.

L’association[modifier | modifier le code]

Aujourd’hui le site est entièrement géré par l’association MONS FORTI (loi 1901). Depuis 1996, forte de ses 220 adhérents celle-ci s'efforce de restaurer, d’embellir et d’animer le site.

Le site est ouvert gratuitement pour des visites guidées sous réservation, voir le site Internet du château en lien externe.

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Le Saint Suaire à Montfort[modifier | modifier le code]

Saint Suaire de Turin, 1898

Le linceul arrive à Montfort par la famille de Vergy propriétaire du château de Montfort au XVe siècle.

Cette famille serait entrée en possession de cette relique grâce à Othon de la Roche, croisé bourguignon de la quatrième croisade, qui l'aurait pris pendant le sac de Constantinople en 1204. L’existence de cette relique reste secrète dans cette famille jusqu’au milieu du XIVe siècle. L'arrière-petite-fille d'Othon de la Roche, Jeanne de Vergy, épouse Geoffroi de Charny en 1340.

Geoffroy de Charny fait le vœu d’édifier une collégiale et d’y déposer le suaire en remerciement à la Sainte-Trinité, à laquelle il attribuait la réussite de son évasion des prisons anglaises. La collégiale est achevée en 1353, Geoffroy de Charny meurt à la bataille de Poitiers (16 septembre 1356), le linceul est déposé à Lirey (Aube) en 1357 par son fils.

Le linceul demeure à Lirey jusqu'en 1360. À cette date, l'évêque de Troyes Henri de Poitiers interdit les ostentations, considérant que le linceul doit être faux. Jeanne de Vergy prend peur et met alors le linceul en sécurité dans son château fortifié de Montfort, il y restera 28 ans jusqu'à son décès en 1388. Son fils redonne aux chanoines de Lirey la relique en 1389. Craignant pour la conservation du linceul, pendant la Guerre de Cent Ans les chanoines de Lirey, le confient en 1418 à Marguerite de Charny, petite-fille de Geoffroy de Charny qui le plaça à nouveau dans son château de Montfort. Puis il sera déplacé à Saint-Hippolyte (Doubs), un fief de son mari, Humbert de Villersexel.

À la mort d'Humbert de Villersexel en 1438, les chanoines de Lirey se pourvurent en justice pour forcer son épouse à restituer la relique, mais celle-ci refusa et exposa le linceul à chacun de ses voyages notamment à Liège, Genève, Annecy, Paris, Bourg-en-Bresse, Nice.

Le 13 septembre 1452, elle vend la relique à Anne de Lusignan, épouse du duc Louis Ier de Savoie, contre le château de Varambon. Le Linceul est dès lors conservé dans une nouvelle église, la Sainte-Chapelle de Chambéry, élevée à la dignité de collégiale par le pape Paul II. En 1464, le duc accepte de verser une rente aux chanoines de Lirey contre l'abandon des poursuites. Quant à Jeanne de Charny, elle décède le 7 octobre 1460 et est "excommuniée au-delà de la mort".

Depuis 1578, il se trouve à Turin, où les Ducs de Savoie ont transféré leur capitale en 1562.

Sources[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article sources utilisées pour la rédaction de cet article :

  • Renée et Michel PAQUET, La seigneurie de Montfort en Auxois au fil des siècles, Edition JC Dan Partners,‎ 3e édition Mai 2004 (ISBN 978-2-9515440-0-0) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • MONS FORTI, Bulletin n°14 de l'association MONS FORTI,‎ 2010 (ISSN 1291.6692) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Wikipédia article sur le Saint Suaire.

Notes et références[modifier | modifier le code]


Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]