Brit Ha'birionim

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Brit Ha'birionim (L'alliance des brigands ou Alliance des voyous) est le nom d'un groupe sioniste fondé en 1931 par les radicaux du parti sioniste Révisionniste.

Birionim (brigands, voyous, ceux qui refusent d'obéir à la loi) est le nom péjoratif donné par les rabbins du Talmud aux zélotes juifs, appelés aussi sicaires, qui n'hésitaient pas, pendant la révolte des juifs (69-73) à assassiner leurs coreligionnaires considérés comme trop modérés dans la lutte contre les Romains.

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1928, trois hommes entrent au Parti révisionniste. Ils viennent de la gauche sioniste, mais se sont retourné contre elle, et affichent maintenant des sympathies fascistes. Ce sont le journaliste Abba Ahiméir, le poète Uri Zvi Greenberg et le médecin et écrivain Yehoshua Yevin.

Ils organisent rapidement une faction radicale et fascisante au sein du parti de Palestine. Les trois hommes rêvent d’une organisation de « chefs et de soldats ».

Les troubles arabes et anti-juifs de 1929 leur donnent une audience grandissante. Le Parti révisionniste a triplé ses voix par rapport à 1929 aux élections internes à l’OSM (environ 21 % des voix). La pente est ascendante, et elle l’est aussi pour les plus radicaux des révisionnistes.

Leur groupe contrôle bientôt Hazit Ha’am, le journal de la section ouvrière du parti, dans lequel ils développent leurs thèses.

Ahiméir fait bientôt figure d’idéologue marquant du parti en Palestine (qui n’est qu’une section du parti, et pas la plus importante), et influence fortement le Betar. Officiellement il soutient Jabotinsky. Plus discrètement, il le critique, considérant qu’il n’y a plus guère de différence entre lui et la gauche.

En 1931, sa faction s’organise au sein d’un association secrète et indépendante de la direction du parti, « Brit Ha’Birionim ». Elle entend lutter contre trois ennemis :

  • la gauche sioniste ;
  • les Arabes ;
  • le Royaume-Uni, qui n’en fait pas assez contre les Arabes, et commence à fixer certaines limites à l'immigration juive.

En secret, les Birionim récupèrent des armes et préparent des attentats, qui n’auront finalement pas lieu.

Jabotinsky et le parti critiquent leur radicalisme (dont ils ne perçoivent pas l'ampleur), mais refusent de rompre.

En 1932, au cinquième congrès du parti, Ahiméir propose de transformer le parti révisionniste en un parti autoritaire. Jabotinsky déclare : « je considère comme néfaste tout mouvement qui nie le principe d’égalité entre les citoyens […] c’est bien pourquoi je vous considère, Ahiméir, comme un adversaire politique ».

À l’inverse, quelques mois plus tard, lors du conflit interne avec les « modérés » du Parti révisionniste qui s’inquiètent de la volonté affichée par Jabotinsky de quitter l’OSM, Jabotinsky s’appuie sur son aile droite pour dissoudre la direction du parti, organiser de nouvelles élections internes, et affirmer ses vues.

Au début 1933, Ahiméir déclare dans Hazit Ha’am qu’il y a du bon en Hitler, à savoir la « pulpe anti-marxiste ». Jabotinsky est furieux, mais se refuse de nouveau à rompre.

Le 16 juin 1933, le directeur du département politique de l’Agence juive, le socialiste Haïm Arlozorov, est assassiné dans des circonstances troubles (encore aujourd’hui, personne ne sait qui a assassiné Arlozorov). Le matin même, Hazit Ha’am avait lancé une attaque très violente contre lui « le peuple juif a toujours su juger comme il se doit ceux qui vendent son honneur et sa foi. Cette fois encore, il saura trouver la réponse adéquate à cette saloperie qui se fait au grand jour » (un accord d’émigration passé entre l’Agence juive et le Troisième Reich pour l’émigration des juifs allemands, accord dont Arlozorov était le négociateur).

Rapidement l’enquête britannique se dirige vers les Birionim. Ahiméir est jugé. Il est acquitté du meurtre, mais les documents trouvés chez lui le font condamner à 18 mois de prison pour incitation à la révolte contre le régime mandataire. La gauche accuse les Birionim de complot fasciste. Après avoir hésité, Jabotinsky engage le parti révisionniste dans la défense acharnée de Ahiméir.

L’affaire Arlozorov et le soutien des révisionnistes à leur aile extrémiste auront deux conséquences :

  • La disparition des Birionim, qui ne s’en relèveront pas. La tentation fasciste a été contenue au sein du parti.
  • La haine tenace de la gauche pour les révisionnistes. Peu aimés (Ben Gourion avait traité Jabotinsky de « Vladimir Hitler » en 1932), ils deviennent maintenant à ses yeux un ramassis d’assassins factieux et de terroristes.

La rupture est totale, la scission approche.

En août 1933, les élections du XVIIIe congrès de l’OSM (à Prague) sont dominées par les attaques de la gauche contre le « péril fasciste » révisionniste. Le Parti révisionniste perd 1/3 de ses voix, et n’obtient que 14 % des suffrages. Le Bloc de la gauche, dirigé par le Mapaï, obtient 44 % des voix et s’affirme comme la tendance dominante de l’OSM.

Pour en savoir plus, voir le chapitre qui leur est consacré dans l'article sur le Parti révisionniste.

Notes et références[modifier | modifier le code]