Briquet

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Briquets variés
Briquets variés

Un briquet est un dispositif pyrotechnique autonome, destiné à produire une flamme. Le carburant utilisé est stocké au sein d'un réservoir, et le comburant est le dioxygène présent dans l'air. Le briquet est destiné à être transportable facilement : ainsi sa taille, hors objets de collection, lui permet d'être tenu dans une main. On distingue dix types principaux de briquets, en fonction du combustible employé.

Le briquet à silex en acier[modifier | modifier le code]

Assortiment de briquets à silex en aciers.
Briquets à silex, Bretagne fin XVIIIe siècle.

Une méthode très ancienne pour faire du feu, encore utilisée de nos jours est d'utiliser un briquet en métal, frappé contre un éclat de silex à bords tranchants. Les morceaux d'acier arrachés par le silex se mettent à brûler dans l'air et la gerbe d'étincelles ainsi créée pourra communiquer sa chaleur à un initiateur (amadou, mèche de coton trempée dans une solution de chromate de plomb ou de salpêtre) pour démarrer la combustion. Ce même principe était utilisé par les premiers fusils.

Ces briquets prennent plusieurs formes : briquet rotatif, horloge-briquet, pistolet-briquet[1].

Briquets modernes[modifier | modifier le code]

Briquets électriques[modifier | modifier le code]

Son modèle est imaginé en 1874 par Gaston Planté : son « briquet de Saturne » est constitué d'une pile fournissant un courant électrique qui fait rougir un fil de platine[1].

Briquets à essence[modifier | modifier le code]

Allumage d'un briquet à essence Zippo.

Les briquets à essence sont répandus, et conviennent à tous types d'usage. Démocratisés grâce entre autres aux soldats de la Première Guerre mondiale[2],[3],[4] et à l'invention à la fin du XIXe siècle de la pierre à briquet par Carl Auer von Welsbach.

Les briquets à essence présentent une large autonomie et sont rechargeables. Le combustible employé, souvent de l'essence F ou de l'alcool à brûler, imbibe une mèche par capillarité. Un ressort presse une pierre à briquet contre la molette. En actionnant la molette avec le pouce, on produit une gerbe d'étincelles qui allume les vapeurs du combustible. La flamme, de grande taille, résulte d'une combustion incomplète : elle est jaune-orangé, et produit des vapeurs noirâtres.

Briquets à amadou[modifier | modifier le code]

Briquet à amadou moderne

Version moderne où la mèche de coton / chromate de plomb est allumée par l'étincelle d'une molette acier et pierre à briquet. La perle d'acier fixée à la mèche par une chainette sert, en tirant sur la mèche, a étouffer le feu après usage.

Briquets à gaz[modifier | modifier le code]

Un briquet à gaz jetable.

Le briquet à gaz est une invention française (de Henry Pingeot). C'est Marcel Quercia, directeur de la firme Flaminaire (Bic, Flamagas) qui lance les premiers modèles, un de table et un autre de poche nommés respectivement le Gentry et le Crillon en 1948.

Les briquets à gaz sont les plus courants : produits en quantité industrielle dès les années 1960, notamment par le fabricant Cricket et plus tard BiC, ils consistent pour la plupart à provoquer l'ignition d'un gaz inflammable, souvent du butane, de la même manière que pour les briquets à essence décrits plus haut. Ces briquets classiques, bon marché, entrent en concurrence avec les deux autres types de briquets à gaz.

Briquets automatiques[modifier | modifier le code]

Les automatiques provoquent la production d'une étincelle via un dispositif électronique. Une simple pression sur un bouton poussoir suffit à relâcher le gaz combustible et à provoquer une étincelle.

Briquets tempête[modifier | modifier le code]

Les briquets tempêtes tirent leur nom de l'invention de marins, pour qui les vents et les éléments, lorsqu'ils sont en mer, empêchent l'ignition du gaz combustible du fait de sa dispersion. Contrairement à l'opinion populaire, le butane contenu dans les briquets tempêtes n'est pas à une pression très élevée. Les briquets à l'épreuve du vent font un meilleur mélange du combustible avec l'air, et parfois, font passer le mélange air-butane à travers un catalyseur, ce qui provoque une combustion complète du carburant, avec une flamme bleutée. La chaleur ainsi dégagée peut avoisiner les 1 200 °C à 1 500 °C. La flamme initialement bleue peut être teinte en rouge ou en vert en vaporisant sur son passage un filament de métal (par exemple, du cuivre pour une obtenir une flamme verte).

Briquets pneumatiques[modifier | modifier le code]

Ils sont composés d'un cylindre et d'un piston dont l'extrémité inférieure est une logette qui permet d’accueillir un initiateur. Le piston est muni d'un joint graissé (caoutchouc, cuir, filasse) pour assurer l'étanchéité lors du déplacement du piston dans le cylindre. Lorsqu'on appuie fortement et rapidement sur le piston, l'air enfermé dans le cylindre est comprimé et sa température augmente (compression adiabatique). Cet échauffement est suffisant pour atteindre la température d'auto-inflammation dans l'air de substances telles que le tissu carbonisé ou l'amadou. Un briquet pneumatique permet d'obtenir une braise en un seul geste vif. Il faut ensuite retirer rapidement le piston afin de permettre à l'initiateur embrasé de ce consumer dans l'air et d'allumer un autre combustible.

Briquets solaires[modifier | modifier le code]

Le briquet solaire fonctionne par concentration de la lumière du soleil sur un point précis, il nécessite l'utilisation d'un miroir concave ou d'une lentille. Il existe des briquets solaires depuis fort longtemps, on trouve un brevet pour un appareil dit briquet solaire en 1878[5] et un autre brevet pour un briquet solaire en 1885[6].

Différents briquets solaires en plastiques ont été mis sur le marché à partir de 1970[7],[8]. Actuellement le briquet solaire se décline sur la base d'un miroir parabolique en aluminium à l'intérieur d'une coque, celui-ci présente un intérêt indéniable, absence totale de mécanisme, combustible, mèche, pierre, etc., et un inconvénient majeur, le briquet solaire ne peut pas fonctionner par temps couvert[8] et la nuit.

Portugal[modifier | modifier le code]

Au Portugal, l'usage et la simple détention de briquets nécessita une licence entre 1937 et 1970[9]. Ce décret-loi 28219[10] de novembre 1937 fut institué sous la dictature d'Antonio Salazar, afin de soutenir les fabricants locaux d'allumettes[réf. souhaitée]. Les contrevenants s'exposaient à une amende de 250 escudos (la somme était doublée pour les fonctionnaires et les militaires). Le décret ne fut abrogé qu'en mai 1970[réf. souhaitée].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b G. Angerville, Les Briquets, La Science illustrée, n°816, juillet 1903
  2. Autour du tabac de Pierre Faveton, aux éditions Ch. Massin page 88.
  3. la folie des briquets de Juan Manuel Clarck aux éditions Flammarion.
  4. La légende du briquet de Ad et Alice Van Weert aux éditions du collectionneur.
  5. Bulletin des lois de la République franç̜aise, Volume 19 (publié en 1880) - brevet no 124590
  6. (fr) « Bulletin des lois de la République franç̜aise, Volume 34 (publié en 1887) », sur gallica.bnf.fr
  7. (fr) « Musée de Paléontologie humaine de Terra Amata », sur www.musee-terra-amata.org
  8. a et b (fr) « C'est la saison du briquet solaire in Libération du 1er juillet 2004 », sur www.liberation.fr
  9. (pt) « Já naqueles tempos os cigarros “queimavam” »
  10. [PDF] (pt) « direcção-geral das contribuições e impostos - decreto-lei 28219 », sur dre.pt,‎

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]