Jetable

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Un produit jetable est un produit (un bien de consommation) qui n'est pas destiné à être gardé. C'est donc un objet à usage unique.

Il existe généralement des versions non jetables de ces produits, plus résistantes, lavables, ou (le cas échéant) dont le réservoir est prévu pour être rechargé. L'intérêt d'une version jetable est d'être plus économique à la production, car plus simple à fabriquer ou utilisant des matériaux moins coûteux.

Histoire[modifier | modifier le code]

Serges Latouche, estime qu'il y a aussi une dimension anthropologique sous-jacente, et pas seulement d'intérêt commercial au caractère non durable de nombreux biens commercialisés. Elle serait liée à une propension des êtres humains à la dépense voire au gaspillage. Cette propension est selon lui aujourd’hui utilisée et encouragée par la publicité, alors que certains courants de pensée (puritanisme notamment) défendaient plutôt un système basé sur la durabilité et limitant le gaspillage, même aux États-Unis d'où les stratégies de marketing basées sur le jetable semble avoir émergé[1].

L'Amérique du Nord aurait en effet inauguré dès les années 1850 un système commercial basé sur des produits jetables avec des cols et manchettes de papier jetables destinés aux représentants.
En 1903, 8 ans après avoir déposé un brevet pour un rasoir de sécurité à lame interchangeable (1895)[2], l'entreprise Gillette Company commercialise des rasoirs à lames interchangeables (brevetées en 1904 par le canadien d'origine française King Camp Gillette). L'utilisateur n'était pas invité à jeter le rasoir, mais à changer les lames (interchangeable et pouvant être aiguisées). L'année suivante, en 1906, Gilette se lance dans la fabrication de lames interchangeables à bas coût, et donc plus facilement jetables.
L'entreprise BiC tablera également sur la commercialisé de nombreux produits jetables, dont le stylo à bille Bic Cristal en 1950.
À la fin des années 1960, en Amérique du Nord, la publicité suscite un engouement pour les robes en papier, lancées en 1966 par l’entreprise américaine Scott Paper Company qui cible, avec cet article publicitaire, une société contemporaine du consommable et du jetable.
À partir des années 1970, un grand nombre de produits sont vendus à bas prix, avec des pratiques publicitaires encourageant le changement constant (« si vous voulez changer changez de Kelton » a été l'un des slogans d'une marque de montre).

Ce concept est parfois rapproché de ceux de « l'usure morale », de la mode qui rend les objets rapidement surannés et d'un design soutenus par un marketing basés sur une obsolescence planifiée théorisé par Bernard London aux États-Unis, voire sur une obsolescence programmée.

Au début des années 1950, l’ambiguïté des relations entre industrie et qualité/durabilité est traitée par un Film anglais ; L'homme au complet blanc, dans lequel un ingénieur invente un textile inusable et ne se salissant pas, qui rapidement se retourne contre lui, alors que certaines entreprises (magnats du textile) et les ouvriers (via leurs syndicats) cherchent à l'empêcher de développer son invention qu'ils considèrent comme menaçant leur industrie.

Dans quelques cas (secteurs réglementés et contrôlées par les États, pour des raisons de sécurité), les produits sont nettement plus sûrs et solides aujourd’hui qu'autrefois, c'est le cas par exemple des automobiles et des armes. Dans le cas de l'automobile, Serges Latouche fait constater que cette durabilité est néanmoins contournée, par la publicité qui encourage à changer de voitures plus souvent, et même par des primes à l'achat et des primes d'État (« primes à la casse ») destinées à soutenir l'industrie automobile dans les pays riches déjà très équipés où la marché stagne.

Selon Benoît Hamon, ministre délégué à l’économie sociale et solidaire et à la consommation :« L’obsolescence des appareils est quasiment pensée au départ par les opérateurs pour favoriser le renouvellement. Or, acheter un appareil qui est destiné à être totalement démodé un an plus tard pose d’autant plus question lorsque le constructeur a lui-même organisé cette obsolescence. Cela constitue un sujet de travail et de préoccupation. Je mettrai en garde et essaierai de lutter contre cette obsolescence programmée dans le domaine du numérique. »[3]

Exemples de produits jetables[modifier | modifier le code]

Barbecue à usage unique
  • Le Matériel de cuisine est utilisé en restauration (Vaisselle en plastique, avec une production de couverts jetables estimée à 50 milliards de pièces en Chine[4]) comme dans les entreprises ou par les particuliers « touillettes » à café, Barbecue jetable…

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Serges latouche, Bon pour la casse, les déraisons de l'obscolescence programmée. Ed : Les liens qui libèrent, 2012-10-03, 100 pp.
  2. Extrait de étude de cas : Gillette, Marketing stratégique
  3. 60 Millions de consommateurs, Interview de Benoît Hamon donnée au magazine 60 Millions de consommateurs, 12 septembre 2012
  4. « CHINE • A table ! 50 milliards de couverts jetables », Courrier international,‎ 17 novembre 2011 (lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

À l'opposé[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]