Chromate de plomb(II)

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Chromate de plomb
Chromate de plomb(II)
Identification
Nom IUPAC Chromate de plomb
Synonymes

jaune de chrome
orange de chrome

No CAS 7758-97-6
No EINECS 231-846-0
No RTECS AJ9625000
InChI
Apparence poudre cristalline jaune à orange-jaune[1]
Propriétés chimiques
Formule brute CrO4PbPbCrO4
Masse molaire[2] 323,2 ± 0,1 g/mol
Cr 16,09 %, O 19,8 %, Pb 64,11 %,
pKa 0,3
Propriétés physiques
fusion 844 °C[1]
Solubilité dans l'eau à 25 °C : 0,000058 g·l-1[1],
soluble dans l'acide nitrique
Masse volumique 6,3 g·cm-3[1]
Point d’éclair 270 K
Pression de vapeur saturante 141 hPa (20 °C)
Précautions
Directive 67/548/EEC
Toxique
T
Dangereux pour l’environnement
N



Transport
-
   3288   
SIMDUT[3]
D2A : Matière très toxique ayant d'autres effets toxiques
D2A,
SGH[4]
SGH08 : Sensibilisant, mutagène, cancérogène, reprotoxiqueSGH09 : Danger pour le milieu aquatique
Danger
H351, H360Df, H373, H410,
Composés apparentés
Autres composés
Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.

Le chromate de plomb, ou jaune de chrome, de formule PbCrO4, est une poudre cristalline utilisée comme pigment jaune (colorants pour matières plastiques, peinture, encre d'imprimerie et papeterie). Il s’obtient par réaction de l’acétate de plomb sur le bichromate de potassium. Le rouge de chrome, le jaune orangé de chrome et le jaune citron de chrome sont quelques-uns des pigments obtenus à partir du chromate de plomb. Comme il contient du plomb et du chrome, le chromate de plomb est toxique.

Sous l'action de la chaleur, on obtient une poudre rouge ou orange d'oxyde de plomb PbO et de trioxyde de chrome (CrO3).

En milieu basique, le chromate de plomb, après dissolution partielle, forme un complexe:

PbCrO4 + 4 OH-   →   [Pb(OH)4]2- + CrO42-

Peinture[modifier | modifier le code]

Chromate de plomb(II), Collection historique de colorant de l'université technique de Dresde (Allemagne)

Ce pigment industriel, utilisé pour la première fois par les impressionnistes, noircit au cours du temps. Une étude sur des micro-échantillons de peinture de Van Gogh analysés aux rayons X de l'ESRF de Grenoble révèle en 2011 le processus chimique : les rayons UV du soleil provoquent une réaction chimique de réduction du chrome (de Cr6+ à Cr3+) sur une profondeur de un à trois micromètres de la peinture, ce qui altère sa couleur.

Van Gogh mélangeait de la peinture blanche à son jaune pour le rendre plus lumineux. Or ce pigment blanc contient comme éléments chimiques le baryum et le soufre qui accélèrent cette réduction, d'où un brunissement plus rapide de sa peinture[5].

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d CHROMATE DE PLOMB, fiche de sécurité du Programme International sur la Sécurité des Substances Chimiques, consultée le 9 mai 2009
  2. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  3. « Chromate de plomb » dans la base de données de produits chimiques Reptox de la CSST (organisme québécois responsable de la sécurité et de la santé au travail), consulté le 23 avril 2009
  4. Numéro index 082-004-00-2 dans le tableau 3.1 de l'annexe VI du règlement CE N° 1272/2008 (16 décembre 2008)
  5. Tristan Vey, Pourquoi le jaune de Van Gogh perd de son éclat, Le Figaro, 14 février 2011