Bataille de Roliça

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Bataille de Roliça
Batalha da Roliça.jpg
Informations générales
Date 17 août 1808
Lieu Roliça (Portugal)
Issue Victoire anglo-portugaise, retraite stratégique française
Belligérants
Drapeau de l'Empire français Empire français Drapeau du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande Royaume-Uni
Flag Portugal (1707).svg Royaume de Portugal
Commandants
Henri François Delaborde Arthur Wellesley de Wellington
Forces en présence
4 000 Français 14 000 Britanniques
1 700 Portugais
Pertes
700 morts ou blessés 487 morts ou blessés
Guerre d'indépendance espagnole
Batailles
Modèle:Insurrection espagnole (1808)

La bataille de Roliça fut la première bataille livrée par l'armée britannique pendant la Guerre d'Espagne (et du Portugal). Elle se déroula le 17 août 1808 près du village de Roliça au Portugal, et opposa les Britanniques du général Arthur Wellesley de Wellington, aux Français du général Henri Delaborde.

Contexte[modifier | modifier le code]

Dans les mois qui suivirent l'occupation du Portugal, Napoléon entreprend la conquête et le contrôle de l'Espagne. Il rencontra beaucoup de résistance, mais celle-ci est désorganisée, même quand elle se montre efficace. À la fin de juillet les Espagnols rencontrent les Français une douzaine de fois, gagnant, ou au moins ne perdant pas, sept de ces affrontements. La victoire la plus spectaculaire eut lieu en Espagne du sud le 23 juillet 1808, quand le général Castaños encercle et force 18 000 soldats français du général Dupont à capituler à la bataille de Bailén. Le 30 juillet, le général Loison massacre la population, hommes, femmes et enfants, d'Évora. Ces deux évènements ont des répercussions sur les relations des deux nations avec les troupes britanniques.

Le 30 juillet, Wellesley reçoit une lettre de Castlereagh, ministre de la Guerre, l'informant que les forces du général Jean-Andoche Junot comptent plus de 25 000 hommes. Castlereagh exposait ses plans pour augmenter l'armée britannique au Portugal de 15 000 hommes. Le général John Moore devrait arriver avec l'armée depuis la Suède, et une autre force serait envoyée depuis Gibraltar. Le commandement de cette force agrandie passerait à Sir Hew Dalrymple, un vieux général de 60 ans qui n'avait vu de service actif que dans les années 1793-1794 et dans la campagne désastreuse de Flandre, en ce moment gouverneur de Gibraltar. Dalrymple serait secondé par Sir Harry Burrard de Lymington, et assisté par cinq autres généraux, tous supérieurs en grade à Wellesley. L'ambitieux général Wellesley espère provoquer un évènement pendant qu'il commande encore l'armée au Portugal.

Il débarque ses troupes du convoi de l'amiral Cotton dans la baie de Vagos à l'embouchure du Rio Mondégo[1]. Wellesley a choisi ce point de débarquement car des étudiants de l'université de Coimbra en ont occupé le fort, en faisant ainsi le point de débarquement le plus sûr de toute la côte jusqu'à Lisbonne. Le débarquement des 9 000 hommes avec leur équipement sous les ordres de Wellesley, avec les 5 000 supplémentaires rencontrés au large du Portugal dure du 1er au 8 août. Quelques barges de débarquement chavirent dans la barre. Quelques soldats périssent noyés. Ce sont les premières pertes britanniques dans la Péninsule.

L'armée se met en route le 10 août pour une marche de 20 km par une chaleur étouffante et un chemin sableux jusqu'à Leiria. Wellesley arrive le 11 et commence bientôt à discuter avec le général Freire, commandant des 6 000 soldats portugais, au sujet de l'intendance et de la meilleure route à prendre pour Lisbonne. Wellesley choisit la route en bord de mer, proche de ses sources d'approvisionnement, avec 1 700 Portugais sous le commandement du colonel Trant, un officier britannique au service de l'armée portugaise.

En fait, ils suivent un corps de l'armée française sous le commandement du général Delaborde, que Junot a envoyé pour harceler et retenir les Britanniques, jusqu'à ce que ses forces soient en position de s'opposer aux troupes anglo-portugaises.

Le 14 août les Britanniques atteignent Alcobaça et font mouvement vers Óbidos. Là, l'avant-garde britannique, principalement le 95eRifle (fusiliers)[2] rencontre des sentinelles de l'arrière-garde française. Les 4 000 Français font face aux alliés trois fois plus nombreux.

Le champ de bataille[modifier | modifier le code]

Le village de Roliça est situé au centre d'un fer à cheval constitué par des collines très pentues, de 1,6 km de large et 3,3 km de profondeur. L'ouverture du fer à cheval est orientée vers le nord-est en direction d'Obidos, là où le 95e a rencontré les Français. Les collines autour d'Obidos et de Roliça sont bien boisées[3].

Les Français commencent la journée en se plaçant au nord de Roliça, adossés au terrain plus élevé, leur permettant ainsi de bloquer ou de protéger les routes du sud vers Lisbonne. Sur les hauteurs à environ 1,6 km au sud du village, où les Français font leur premier repli, il y a quatre défilés, ou vallons conduisant vers les nouvelles positions françaises. Le terrain en contrebas des collines est herbeux, mais de gros blocs de rocher et les flancs abrupts[4] des vallons rendent une attaque en formation impossible.

Forces en présence[modifier | modifier le code]

L'armée britannique est constituée de six brigades sous les généraux Hill, Ferguson, Nightingale, Bowes, Crawfurd et Fane avec les Portugais sous les ordres du colonel Trant et 50 cavaliers formant l'aile droite, et devant contourner l'aile gauche française. Les généraux Ferguson et Bowes avec trois compagnies de fusiliers et un peu d'artillerie doivent forcer la droite française contre l'arrivée possible du général Loison. Les généraux Nightingale, Crawfurd et Fane avec le reste des Portugais, de l'artillerie et de la cavalerie poussent au centre.

Les Français sous les ordres de Delaborde, comprennent cinq bataillons, dont un suisse et cinq canons.

La bataille[modifier | modifier le code]

Wellesley arrive à Obidos le 16 août et part pour Roliça le 17. Au début de la bataille, Delaborde occupe une position au nord-nord-ouest du village de Roliça. Wellesley tente de manœuvrer ses forces en tenaille sur chacun des flancs de la position française. Cela peut être tenté car l'armée anglo-portugaise surclasse les effectifs des Français à trois contre un.

Il envoie le colonel Trant vers l'ouest et une force plus importante sous les généraux Ferguson et Bowers avec 6 canons vers l'est, pendant qu'il fait une démonstration de force au centre, à grand bruit, pour faire diversion. Wellesley commence à manœuvrer à 9 heures du matin, mais en général averti, dès les premiers affrontements, Delaborde retire ses troupes sur le sommet de la colline.

À ce moment, le colonel Lake du 29e régiment d'infanterie, placé dans le centre commet l'erreur d'escalader un vallon vers la position française, et arrive derrière Delaborde. Cela lui coûte la vie ainsi qu'à la plupart des hommes du 29e, mais déclenche la charge des Britanniques qui l'emportent largement en nombre. Le combat est rude avec Delaborde qui espère des renforts de Loison. Jusque vers 16 heures, il repousse trois assauts des Britanniques. À ce moment Wellesley atteint le sommet de la colline et Ferguson arrive en franchissant les collines à l'est. Le général Delaborde se retire en bon ordre avec l'aide efficace de sa cavalerie jusqu'à ce que la discipline de ses troupes ne se brise en déclenchant la fuite. Sans cavalerie, les Britanniques abandonnent la poursuite. Les Français parviennent à Montachique près de Torres Vedras.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Les Britanniques ont perdu 487 hommes dont plus de la moitié du [[29e régiment d'infanterie|29e régiment d'infanterie]] <span class="indicateur-langue" title="Équivalent de l’article « 29e régiment d'infanterie » dans une autre langue">(en).

Les Français ont perdu 700 hommes et trois de leurs canons. Delaborde est blessé.

Le lendemain Wellesley apprend qu'un renfort de 4 000 soldats arrivés d'Angleterre est au large de la côte. Il couvre leur débarquement plutôt que de poursuivre Delaborde.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir l'article Viriatus cité dans les sources en lien externe. Même pour ceux qui ne lisent pas le portugais, cet article offre de nombreuses illustrations et cartes permettant de situer le contexte stratégique de la bataille.
  2. Les troupes de l'époque sont principalement armées de mousquets, arme à canon lisse, beaucoup plus facile à recharger que le fusil, qui avec son canon rayé, offre une meilleure précision et une plus grande portée. Napoléon lui-même a refusé d'équiper ses voltigeurs de fusils. Les Britanniques par contre équipent des unités entières de fusils. Ces troupes sont principalement chargées de harceler l'ennemi avant le contact avec les troupes de ligne, visant à désorganiser l'ennemi en abattant en priorité officiers et sous-officiers, Les "Rifles" se distinguent par leur habit vert sombre, alors que tous les autres soldats Britanniques portent une tunique rouge. Ils peuvent ainsi harceler l'ennemi en restant hors de portée des mousquets. L'armée portugaise est réorganisée à partir de 1809 avec une large participation des Britanniques, elle inclut alors des unités de Caçadores (chasseurs) équipées du fusil britannique.
  3. Voir Lien externe: Rolica 17 aout 1808 qui donne une bonne cartographie du champ de bataille
  4. Voir Lien externe: qui montre le caractère abrupt des flancs des vallons

Sources[modifier | modifier le code]

Documents graphiques des liens externes provenant de www.napoleon-series.org

Liens externes[modifier | modifier le code]

Lien externe:Viriatus Batalha de Roliça

Lien externe:Carte de la Bataille

Lien externe:photographie de l'un des vallons