John Moore (militaire britannique)

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John Moore
Portrait, huile sur toile, de Sir John Moore (1761–1809) par Sir Thomas Lawrence (1769–1830)
Portrait, huile sur toile, de Sir John Moore (1761–1809) par Sir Thomas Lawrence (1769–1830)

Naissance
à Glasgow, Écosse
Décès (à 58 ans)
à la bataille de La Corogne, Espagne
Mort au combat
Origine Écosse Écosse
Allégeance Royaume de Grande-Bretagne Royaume de Grande-Bretagne
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Arme British Army
Grade Général
Années de service 17761809
Conflits Guerre d'indépendance des États-Unis
Guerre d'indépendance espagnole
Distinctions Ordre du Bain
Famille John Moore (son père)
Graham Moore (son frère)

Sir John Moore, né le à Glasgow et tué le à la bataille de La Corogne, est un général de l'armée britannique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et jeunesse[modifier | modifier le code]

Fils de John Moore, médecin et écrivain écossais, il fait ses études au lycée de Glasgow, mais à l'âge de onze ans, il accompagne son père et le duc d'Hamilton en voyage en France, en Italie, en Allemagne, et en Suisse où il séjourne à Genève pendant deux ans, durant lesquels il poursuit son éducation.

Carrière militaire et politique 1776-1790[modifier | modifier le code]

John Moore rejoint l'armée britannique en 1776 comme enseigne au le 51e fantassin alors basé à Minorque. Son frère cadet Graham Moore servira lui dans la Royal Navy et parviendra au grade d'Admiral. En 1778, il prend part pour la première fois à l'action pendant la guerre d'indépendance des États-Unis d'Amérique en tant que lieutenant dans le 82e sous les ordres de Douglas Hamilton (8e duc d'Hamilton). En 1783, il retourne en Grande-Bretagne et en 1784 il est élu au Parlement représentant de Lanark, Selkirk, Peebles et Linlithgow, siège qu'il occupera jusqu'en 1790.

En 1787, il est nommé commandant et joint brièvement le 60e avant de retourner au 51e. En 1791, son unité est assignée au Méditerranée et il est impliqué dans la campagne de Corse et est blessé à Calvi. Il est nommé adjudant-général par le général Charles Stuart. Des divergences entre Moore et le nouveau vice-roi britannique en Corse conduisent à son rappel et à une affectation en Indes occidentales sous les ordres de Ralph Abercromby.

En Irlande en 1798[modifier | modifier le code]

En 1798, il est fait major-général et réprime la rébellion républicaine qui fait rage en Irlande. Son intervention personnelle marque un tournant à la bataille de Foulksmills le 20 juin et il reprend le contrôle de la ville de Wexford avant l'impitoyable général Gérard Lake, qui écrase la rébellion avec une extrême brutalité. Moore se tient en dehors de la plupart des exactions.

Méthode d'enseignement militaire[modifier | modifier le code]

En 1799, dans l'expédition à Egmont-op-Zee, il commande une brigade qui est défaite et il est lui-même sérieusement blessé. Une fois rétabli, il mène le 52e régiment pendant la campagne d'Égypte.

Il rentre en Angleterre en 1803 pour commander une brigade au camp de Shorncliffe près de Folkestone, où il établit un système de formation innovant et plus humain pour l'époque, qui produit les premiers régiments permanents d'infanterie légère.

1803-1808, guerre contre la France[modifier | modifier le code]

Quand il apparaît clairement que Napoléon projette une invasion de l'Angleterre, Moore est nommé responsable de la défense de la côte de Douvres à Dungeness. C'est à son initiative que les tours de Martello sont construites (complétant la redoute de Shorncliffe déjà construite), d'après un modèle qui l'avait impressionné en Corse, où la tour de Mortella, avait offert une résistance particulièrement coriace aux forces terrestres et maritimes britanniques.

Il recrute une milice d'environ 340 000 volontaires pour défendre le Sud des Downs au cas où des troupes d'invasion parvenaient à traverser les défenses régulières. En 1804 Moore est adoubé et promu lieutenant-général. En 1806 il est reprend du service actif en Méditerranée et en Baltique pour aider les Suédois en 1808. Il rentre en Angleterre lorsque des désaccords surgissent entre lui et Gustave Adolphe de Suède.

1808-1809, guerre d'indépendance espagnole[modifier | modifier le code]

Moore prend le commandement des forces britanniques dans la péninsule ibérique alors que Burrard, Dalrymple et Wellesley sont rappelés à Londres pour répondre des termes honteux de la convention de Sintra permettant aux Français de quitter le Portugal, non comme des vaincus, mais avec équipement[1] et leur "biens personnels"[2] à bord de navires de la flotte britannique.

Quand Napoléon arrive en Espagne avec 200 000 hommes, Moore doit battre en retraite vers les ports d'embarquement de La Corogne et de Vigo. Il établit une position de défense sur les collines en dehors de la ville, mais il est mortellement blessé à la bataille de La Corogne, le 16 janvier 1809. Bien que « ... frappé dans son sein gauche et l'épaule par un boulet de canon, qui brise ses côtes, son bras, lacère son épaule et la totalité de son côté gauche et poumons », il reste conscient durant les longues heures de son agonie, s'enquérant même de l'état de santé de ses officiers : « Est-ce que le colonel Graham et mes aides de camps sont saufs ? ».

Il est inhumé sur les remparts de la ville. L'enterrement est célébré par Charles Wolfe qui composera en 1816 son poème : L'enterrement de Sir John Moore après La Corogne (The Burial of Sir John Moore after Corunna).

Hommages et postérité[modifier | modifier le code]

Tombe de John Moore dans les jardins de San Carlos à La Corogne
Monument à la mémoire de John Moore à Glasgow sa ville natale.

Quand les Français prennent la ville, Soult ordonne la construction d'un monument au-dessus de sa tombe[3]. Dans la Cathédrale Saint-Paul de Londres, un monument rappelle sa mémoire, ainsi qu'une statue érigée sur le George Square, dans sa ville natale de Glasgow, et qu'une statue équestre à Cheriton dans le Kent. Des salles portent encore son non au High School of Glasgow et au Queen Victoria School', à Dunblane.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Y compris l'artillerie et les chevaux
  2. Provenant en grande partie des exactions commisent sur la population portugaise
  3. Le monument a été reconstruit et rendu plus permanent en 1811

Sources[modifier | modifier le code]