Abraxas (religion)

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Abraxas (grec : Αβραξας), Abrasax, ou encore Abracax, est un terme gnostique, utilisé notamment par Basilide, qui désigne les 365 émanations du dieu suprême. Ce serait en effet une transcription altérée d'un cryptogramme d'origine hébraïque, dont l'interprétation isopséphique renvoie à 365[1]. Le terme se retrouve gravé sur des amulettes ou des talismans qu'on appelle abraxas par métonymie[2]. Pour les chrétiens orthodoxes le terme désigne un démon[3].

Origines[modifier | modifier le code]

Selon Jacques Basnage, Abraxas tire son origine des Égyptiens, car on a trouvé un grand nombre d’amulettes sur lesquelles est représenté Harpocrate assis sur son lotus avec un fouet à la main, et le mot abrasax[4].

Ce serait un cryptogramme d'origine hébraïque, écrit initialement sur deux lignes ABRA / XAS, qui lues en boustrophédon hébraïque, font ARBA / XAS, c'est-à-dire : « Que Dieu (ARBA) protège (XAS) »[1].

Représentations[modifier | modifier le code]

Il apparaît sous la forme d'une chimère avec une tête de coq, des serpents à la place des pieds et un fouet à la main. D'autres prétendent qu'il se montre avec une tête de lion ou encore de roi portant une couronne[5].

Significations[modifier | modifier le code]

Plusieurs interprétations du terme existent[4],[6].

Les basilidiens, hérétiques du IIe siècle, auraient utilisé le terme pour désigner l'ensemble des éons, émanations divines, sortes de génies ou anges, qui présidaient aux 365 cieux[6]. D'autres interprètent le terme comme étant le dieu suprême, mais ce n'est pas conforme à la doctrine de Basilide[4],[6].

Le terme abraxas composé de sept lettres fait référence dans le système gnostique aux sept planètes[3] (et par extension aux sept archanges, aux sept péchés, aux sept jours, etc.) Décomposées selon le système grec de numérotation (A=1, B=2, R=100, X=60, S=200), puis additionnées, les sept lettres du terme donnent le nombre de jours du cycle annuel, soit 365[3],[6]. Par une logique semblable à celle de la Grande Année, il pourrait être le symbole de la totalité de la Création, du cosmos et de la Connaissance (gnosis).

Selon Saint Jérôme, Abraxas correspondrait au nom mystique et caché de Mithra ou du Soleil, dont la somme des lettres, en grec (αβραξας), donne le nombre 365 correspondant aux jours d'une année solaire[1].

Utilisations[modifier | modifier le code]

  • La formule magique abracadabra proviendrait du terme abraxas[7].
  • La représentation et le terme d'abraxas furent utilisés comme contre-sceau par l'Ordre des Templiers afin de signer les missives confidentielles et/ou secrètes[7].
  • Dans Le Livre rouge de Carl Gustav Jung (dans les Sept Sermons aux Morts notamment), l'Abraxas est principe efficient, la divinité suprême ou la notion même de divinité, située au dessus d'Hélios (le bien) et du Diable (le mal), ni bonne ni mauvaise, et à peine différenciée du Plérôme.
  • En littérature, Hermann Hesse exploite le sujet dans son œuvre Demian. Il le définit comme une divinité ayant la tâche de concilier l'élément divin et l'élément démoniaque, à l'opposé du Dieu biblique qui lui ne reflète que la partie noble et lumineuse de la Vie.
  • Dans Le Septième Templier d'Eric Giacometti et Jacques Ravenne, le mot Abrax, ou « Abraxas » et sept de ses possibles significations sont mentionnées dans le chapitre 22, page 222. Dans cet ouvrage, Abrax serait la clé d'une énigme, afin de trouver le secret des Templiers.
  • L'ouvrage d'Hugo Pratt intitulé Fable de Venise (p. 26 et p. 45) expliquerait la quête du héros au sujet de ce symbole relié à l'émeraude du roi Salomon.
  • Abraxas et la doctrine basilidienne servent de base au manga Sanctum.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Définitions lexicographiques et étymologiques de « abraxas » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales.
  2. Entrée « Abraxas » dans le Dictionnaire de l'Académie française, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales.
  3. a, b et c (en) Rosemary Guiley, The Encyclopedia of Angels, Infobase Publishing,‎ 2004 (lire en ligne), p. 5.
  4. a, b et c Diderot et d’Alembert, L’Encyclopédie, 1re éd.,‎ (lire sur Wikisource).
  5. Bernard de Montfaucon, L'antiquité expliquée et représentée en figures,‎ 1722 (lire en ligne)
  6. a, b, c et d Léger Noël, Dictionnaire mnémonique universel de la langue française,‎ 1857 (lire en ligne), p. 528
  7. a et b Thierry Leroy, Les Templiers, légendes et histoire, Editions Imago,‎ (lire en ligne), p. 50-51.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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