2e régiment de chasseurs parachutistes

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2e régiment de chasseurs parachutistes
Insigne de béret SAS en tissu
Insigne de béret SAS en tissu

Période 1943 – 1946
Pays Drapeau de la France France
Branche Armée de Terre
Type Infanterie parachutiste
Rôle Infanterie
Devise Qui ose gagne

Le 2e régiment de chasseurs parachutistes est une des unités françaises les plus décorées de la Seconde Guerre mondiale. Il est la seule unité terrestre à avoir obtenu la fourragère rouge au cours de ce conflit avec six citations à l'ordre de l'armée[1], le sous-marin Casabianca cumulant également 6 citations à l'ordre de l'armée et donc la même fourragère.

Connue dans l'armée britannique sous le nom de 4th SAS, cette unité fera l'objet du film Le Bataillon du ciel réalisé en 1947 par Alexander Esway d'après le livre de Joseph Kessel.

Création et différentes dénominations[modifier | modifier le code]

  • 1er juillet 1943 : création du 1er bataillon d'infanterie de l'air
  • 1er novembre 1943 : 4e bataillon d’infanterie de l’air
  • 1er avril 1944 : renommé 4e régiment SAS ou 2e régiment de chasseurs parachutistes pour les Français
  • 30 septembre 1946 : dissolution du régiment[2].

Historique des garnisons, campagnes et batailles[modifier | modifier le code]

Garnisons successives[modifier | modifier le code]

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Constitution de l'unité[modifier | modifier le code]

Le 1er bataillon d'infanterie de l'air (1er BIA) est constitué le 1er juillet 1943 au camp d'Old Dean à Camberley à partir de volontaires et des 1re et 2e compagnies d'infanterie de l'air[3] dont la création remonte au 15 septembre 1940[4].

Le bataillon, intégré aux forces aériennes françaises libres, est confié au commandant Fourcaud. Il compte alors 398 hommes répartis en quatre compagnies.

L'unité est renommée 4e bataillon d’infanterie de l’air le 1er novembre 1943 et passe aux ordres du commandant Bourgoin, un manchot amputé du bras droit en février 1943 lors d'une mission reconnaissance en Tunisie. Le 4e BIA est joint au 3e BIA du commandant Chateau Jobert au sein d'une demi-brigade commandée par le lieutenant colonel Durand.

Il est à noter que de nombreux volontaires français suivront une formation parachutiste à l'école des troupes aéroportées de la 1re Brigade indépendante de parachutistes polonais à Largo, en Écosse, où 244 brevets polonais seront délivrés[5].

En avril 1944, les BIA, qui ont rejoint en décembre 1943 leurs homologues britanniques et belges au sein de la brigade SAS de l'Army air corps, prennent la dénomination de régiments : les 3e et 4e BIA deviennent respectivement les 3rd et 4th SAS Regiments pour les Britanniques et les 3e et 2e régiments de chasseurs parachutistes pour les Français.

Les opérations de Bretagne[modifier | modifier le code]

Insigne du 3e bataillon du 2e RCP

Dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, quatre sticks SAS (36 hommes) respectivement aux ordres des lieutenants Marienne, Déplante, Botella et Deschamps, embarquent dans deux quadrimoteurs Short Stirling de la RAF à destination de la Bretagne. Les deux premières équipes sont parachutées sur le secteur de Plumelec, à 15 km du Maquis de Saint-Marcel, Morbihan. Les deux autres en forêt de Duault dans les Côtes-d'Armor. Leur mission est d'établir des bases de guérilla dont les noms de code sont respectivement opération Dingson et opération Samwest.

Pendant les mois de juin et juillet, les paras SAS mènent une vie de coureurs des bois. Tantôt, ils attaquent brutalement et se replient, tantôt ils se terrent pour mieux intervenir lors d'une occasion favorable. L'ennemi et les miliciens sont au comble de l'exaspération. Ils torturent et tuent tous ceux qui sont suspects. Le 12 juillet à l'aube, agissant par ruse, un groupe de Feldgendarmes accompagnés par des miliciens s'infiltre jusqu'au PC du Lieutenant Marienne à Kerihuel, Plumelec où 18 hommes : parachutistes, maquisards et fermiers, sont abattus à la mitraillette puis atrocement mutilés. Enfin, lorsque le 3 août, les blindés US du général Patton atteignent Rennes, ils font cesser les odieux massacres. Le 4e régiment SAS (ou 2e RCP), a perdu (tués, blessés, prisonniers) 23 officiers et 195 hommes sur 50 officiers et 500 hommes (77 sont morts pour la Libération de la Bretagne). Leur mission est remplie au-delà de toute espérance.

Les dernières opérations[modifier | modifier le code]

Le combat SAS a parfois des conclusions imprévues. À Montceau-les-Mines, un groupe de parachutistes et une poignée de FFI, font croire à des forces ennemies très supérieures en nombre que l'effectif d'une division les encercle. Aussitôt, ils récupèrent 500 prisonniers, des chars et des canons. À la fin de la campagne, le 3e RCP a perdu 80 des siens sur un effectif de 400 hommes. Il a à son actif 5 500 ennemis mis hors de combat, 1 400 prisonniers environ et 382 véhicules divers.

A Noël 1944, les parachutistes SAS, opèrent dans les Ardennes, dans le cadre de la contre-offensive de l'opération Von Runstedt. Les hommes du 4e régiment SAS (2e RCP) livrent la chasse aux commandos de Skorzeny. Depuis août, les survivants du 2e RCP ont reçu en hommage du Roi George VI le droit au port du béret lie de vin.

Le 7 avril 1945, les deux RCP (770 hommes) sont parachutés aux Pays-Bas (Opération Amherst).

L'après guerre[modifier | modifier le code]

Le 1er août 1945, les 3e et 4e régiments SAS, pour les Français 2e et 3e RCP, sont transférés vers l'armée de terre. Ils vont bientôt fusionner pour former un unique 2e RCP qui s'installe à Tarbes. Le 2 octobre 1945, le général britannique Calvert commandant de la brigade SAS, leur rend visite et leur remet leurs fanions ainsi qu'un chapeau de Napoléon et un de Wellington, signe de l'amitié et de la fraternité d'armes.

Le 2e RCP est dissout le 30 septembre 1946, ses effectifs sont ventilés entre le 1er RCP et le 1er RICAP tandis que son drapeau est confié à la demie brigade SAS d'Indochine, qui deviendra le 1er RPIMa et conservera les décorations du 2e RCP.

Traditions[modifier | modifier le code]

Devise[modifier | modifier le code]

Who dares wins en français Qui ose gagne

Insigne[modifier | modifier le code]

Drapeau[modifier | modifier le code]

Il porte, cousues en lettres d'or dans ses plis, les inscriptions suivantes[6]:

Chant[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Chefs de corps[modifier | modifier le code]

  • Capitaine Coulet : 1942 (1er BIA)
  • Capitaine Lambert : 1943 (1er BIA)
  • Chef de bataillon Fourcaud : juillet 1943 (1er BIA)
  • Commandant Bourgoin : novembre 1943 (4e BIA)
  • Commandant Puech-Samson : novembre (2e RCP)
  • Lieutenant-colonel de Bollardière : 1er août 1945 (2e RCP)
  • Colonel Reynier : 1945 (2e RCP)

Faits d'armes faisant particulièrement honneur au régiment[modifier | modifier le code]

Personnalités ayant servi au sein du régiment[modifier | modifier le code]

  • Lucien Neuwirth : député français, il est considéré comme le « père de la pilule » avec sa proposition de loi sur la régulation des naissances adoptée en 1967. Engagé au 4e bataillon d’infanterie de l’air en 1943, il combat en Bretagne puis est parachuté en Hollande où il réchappe, miraculeusement, au peloton d’exécution.

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Collectif, Histoire des parachutistes français, Société de Production Littéraire, 1975.
  • Henry Corta, Marie Chamming's, Joseph Jégo, Noël Créau et Philippe Reinhart, Qui ose gagne (France-Belgique 1943-1945, les parachutistes du 2e RCP / 4th SAS), Service historique de l'armée de terre,‎ 1997, 296 p. (ISBN 978-2863231036)
  • Henry Corta, Les Bérets Rouges, Amicale des Anciens Parachutistes S.A.S.,‎ 1952, 329 p.
  • Pierre Dufour, Chasseurs Parachutistes 1935-2005, éditions Lavauzelle, 2005 - (ISBN 2.7025.1287.9[à vérifier : ISBN invalide]).
  • Roger Flamand, Paras de la France libre, Éditions Presses de la Cité, 1976 - (ISBN 978-2-258-00036-0).
  • Olivier Porteau, L’Action combinée du 2e régiment de chasseurs parachutistes et de la Résistance bretonne dans le dispositif stratégique de l’opération Overlord, in Patrick Harismendy et Erwan Le Gall (dir.), Pour une histoire de la France Libre, Presses Universitaires de Rennes, 2012, p.107-123
  • David Portier, Les Parachutistes SAS de la France Libre 1940-1945, Éditions Nimrod, septembre 2010
  • Olivier Porteau, Esquisse d’un bilan réévalué de l’action des parachutistes français en Bretagne : mission militaire et/ou politique ? , En Envor, revue d'histoire contemporaine en Bretagne, n°2, été 2013, article en ligne.
  • Serge Vaculik, Béret rouge - Scènes de la vie des commandos parachutistes S.A.S., Éditions Arthaud, 1952.
  • Franck Segrétain, Opération Amherst, avril 1945 le raid des 2e etv3e RCP sur les pays bas. Revue Ligne de front n° 24, mai-juin 2010. (ISSN 1953-0544)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. In Chasseurs Parachutistes 1935-2005 page 295.
  2. Ces dates proviennent pour la plupart du livre de Pierre Dufour, Chasseurs Parachutistes 1935-2005 pages 16
  3. La 1re CIA, créée par la capitaine Bergé, s'est notamment illustrée en Crète, Tunisie et Libye ce qui lui vaudra une citation à l'ordre de l'armée aérienne - In Chasseurs Parachutistes 1935-2005 page 31.
  4. In Chasseurs Parachutistes 1935-2005 pages 28 et 36.
  5. (fr) http://www.commando-air.fr/87.html
  6. Décision n°12350/SGA/DPMA/SHD/DAT du 14 septembre 2007 relative aux inscriptions de noms de batailles sur les drapeaux et étendards des corps de troupe de l'armée de terre, du service de santé des armées et du service des essences des armées, Bulletin officiel des armées, n°27, 9 novembre 2007
  7. Décoration remise le 11 novembre 1944 des mains du général de Gaulle, sous l'Arc de Triomphe à Paris - Cf. article sur le site Ordre de la Libération.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]