Sérent

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Sérent
L'église paroissiale Saint-Pierre.
L'église paroissiale Saint-Pierre.
Blason de Sérent
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Morbihan
Arrondissement Vannes
Canton Malestroit
Intercommunalité Communauté de communes du Val d'Oust et de Lanvaux
Maire
Mandat
Alain Marchal
2014-2020
Code postal 56460
Code commune 56244
Démographie
Gentilé Sérentais, Sérentaises
Population
municipale
3 024 hab. (2011)
Densité 51 hab./km2
Population
aire urbaine
16 453 hab.
Géographie
Coordonnées 47° 49′ 26″ N 2° 30′ 16″ O / 47.8238888889, -2.5044444444447° 49′ 26″ Nord 2° 30′ 16″ Ouest / 47.8238888889, -2.50444444444  
Altitude Min. 15 m – Max. 156 m
Superficie 59,67 km2
Localisation

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Liens
Site web http://www.serent.fr/

Sérent [serɑ̃] est une commune française, située dans le département du Morbihan en région Bretagne.

Géographie[modifier | modifier le code]

Sérent se trouve à 30 km à l'est de Vannes et à 70 km à l'ouest de Rennes.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de Sérent est basé sur la racine pré-celtique *ser qui, selon E. Negre aurait signifié "couler, se mouvoir rapidement et violemment". Cette racine a, la plupart du temps donné leurs noms à des cours d'eau, Sérent et le Sérentin - ruisseau dans le bassin duquel la ville est implantée - sont donc intimement liés étymologiquement[1].


Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire et Antiquité[modifier | modifier le code]

Deux des onze urnes cinéraires trouvées dans la nécropole protohistorique de Boquidet à Sérent et contenant les ossements de défunts (Musée d'histoire et d'archéologie de Vannes)

Des vestiges mégalithiques, tombelles, sépultures, chambres souterraines et plus spécifiquement la nécropole hallstattienne de Boquidet, lieu-dit de Sérent, y attestent une présence humaine très ancienne. La découverte, entre autres, de dix urnes cinéraires intactes sur onze en 1932 à Boquidet et étudiées en 2005 ont permis un éclaircissement notable sur les pratiques funéraires en Bretagne à l'âge du fer et plus précisément aux VI-Ve siècle b.p.[2]

Moyen-Âge[modifier | modifier le code]

La première allusion à Sérent date de la fin du IXe siècle dans le cartulaire de Redon. En effet, le premier écrit connu mentionne Billy de Sérent, qui donna une terre à l'Abbaye Saint-Sauveur de Redon, en 857. Puis, une terre située sur la paroisse de Sérent est donnée en 878 à l'abbaye de Redon par un certain Bertwall. Vers 1030, c'est un nommé Ratfred qui donne à l'abbaye de Redon la terre de Brois (ou de La Brousse)[3]. La Terre de Sérent ou de La Chapelle en Sérent a été érigée en Baronnie banerette en 1318 par Jean III, duc de Bretagne en faveur d'Olivier II, sire de La Chapelle, maréchal de Bretagne[4]. 1351, Jehan de Sérent, seigneur de Sérent participa au combat des Trente sous les ordres de Beaumanoir, chef local des blésistes (parti de Charles de Blois prétendant au trône de duc de Bretagne lors de la guerre de succession).

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Révolution française[modifier | modifier le code]

La commune connut une histoire mouvementée lors de la Révolution où l'opposition entre Chouans et « Bleus » (Républicains) ravagea les campagnes, il en fut de même durant la "petite chouannerie". Sérent était au moment de la Révolution au cœur de la zone contrôlée par les Chouans de Georges Cadoudal auxquels elle fournissait hommes et vivres de bon ou de mauvais gré. Comme dans toute l'aire géographique concernée par la chouannerie, à Sérent et autour les notables étaient majoritairement républicains, les aristocrates; les paysans et autres membres des basses-classes étaient bien souvent soit sympathisants du mouvement chouan[5], soit chouans eux-mêmes. l'Armée catholique et royale du Morbihan était même composée d'une colonne dite "colonne de Sérent" qui, avec celle de Bignan et celle de Pleugriffet composait la légion de Bignan. Cette colonne de Sérent était commandée par le lieutenant-colonel Maturin Le Goësble, major de la légion, la 1re Compagnie de Sérent avait pour capitaine Joseph Guého, la 2e Compagnie était, elle, dirigée par le capitaine Guillaume Guimard, des Sérentais [6]. Quant aux notables, trois d'entre eux périrent assassinés par les Chouans de Pierre Guillemot dit le Roi de Bignan - donc probablement par des Chouans sérentais - soit pour avoir commandé la traque des prêtres réfractaires Noël Briend et Pierre Mahieux, soit pour avoir empêché leurs actions, soit pour ces deux raisons; il s'agit de Mathurin Gloux, juge de paix par intérim puis membre du comité de surveillance républicain, de François Marie Vincent Loaisel, juge de paix de Sérent tous deux tués en 1795 et de Mathurin Mouée,officier municipal de Sérent, "massacré avec des sabres ou des haches " en 1801[5]. Au début du XXe siècle l'industrie des carrières d'ardoises se développa considérablement, laissant encore aujourd'hui de profondes traces dans le massif de Pinieux.

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

La Seconde guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Lors de la Seconde Guerre mondiale, le maquis de Saint-Marcel (18 juin 1944), haut lieu de la Résistance, était en fait situé essentiellement sur la commune de Sérent autour de la ferme de La Nouette. Sérent eut donc à déplorer les exactions de l'occupant (en grande majorité des soldats géorgiens engagés dans l'armée allemande).

La Légende de la Drague de Sérent[modifier | modifier le code]

La tradition veut qu'au Xe siècle, une bête énorme dévorait femmes et enfants puis se retirait dans le bois de La Salle, situé près du bourg et qu'elle était souvent vue buvant dans l'étang qui s'y trouvait. Un jour, le seigneur de Sérent rassembla ses vassaux, les nobles et les autres, pour traquer et éliminer le monstre qu'on nommait la Drague et parvint à le tuer lui-même. Pour remercier et faire honneur à leur seigneur, ses vassaux décidèrent d'une procession le jour de la Saint Pierre, patron de la paroisse et le dimanche suivant.

Dans cette cérémonie, la Drague était une sorte de bannière prenant la forme d'un énorme serpent ou dragon, de 7 mètres cinquante de long, 2 mètres cinquante de large et 4 mètres cinquante de haut d'après l'abbé Cillart, composée de bois, d'osier et de mauvaises tapisseries ornées d'écussons du seigneur. Il s'agissait d'un rituel très précis : le jour de la Saint Pierre, le seigneur de Sérent "faisait courir la Drague", en la faisant porter par une douzaine de personnes puis l'un de ses vassaux, choisi l'année précédente en faisait de même. Le dimanche suivant, le même vassal prenait pour l'occasion le titre de duc et revêtu d'un manteau, ganté et éperonné, il faisait à son tour promener la drague en la précédant, monté sur un cheval caparaçonné, comme s'il venait de livrer un combat à la bête et de la mettre à mort. Après la grande messe et les vêpres, la procession faisait trois fois le tour du cimetière de Sérent et à chaque tour, devant la porte principale, un sergent disait à haute voix : "Gric da Molac, se garde qui voudra de la guivre qui va courir, Gric da Molac !"[7]. "Gric da Molac" signifie "Silence à Molac", symbole à la fois de paix et d'autorité. La devise complète des seigneurs de Molac était "En bon espoir, gric à Molac"[8]. Les aînés de la Maison de La Chapelle étant à la fois barons de Molac et barons de Sérent[4], on comprend mieux le lien qui unissait ces deux paroisses dans cette coutume. À cette occasion, le seigneur de La Salle devait fournir la farine, le bassin et le bois nécessaires à la préparation d'une bouillie préparée par le "duc" de l'année précédente. Cette bouillie était ensuite servie aux pauvres à La Salle, là où la tradition situait la mort de la bête.

Blasonnement[modifier | modifier le code]

Blason ville fr Sérent (Morbihan).svg

Les armoiries de Sérent se blasonnent ainsi :


D’or à trois quintefeuilles de sable.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1977 2001 Roger Gatinel DVD commerçant boucher
2001 2014 Alain Marchal DVG maître d'œuvre
2014 - Alain Marchal "Expérience et renouveau à l'écoute des Sérentais" maître d'œuvre retraité
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 3 024 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 600 2 025 2 708 2 754 2 890 2 927 2 826 2 875 3 120
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
3 102 3 042 3 066 2 927 2 913 2 956 3 126 3 087 3 134
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
3 112 3 137 3 074 2 902 3 048 3 050 2 898 2 739 2 608
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
2 503 2 445 2 399 2 565 2 686 2 716 2 913 3 024 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[9] puis Insee à partir de 2004[10].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

La chapelle Sainte-Suzanne.
  • Le manoir de Tromeur (XVe-XVIe siècle), propriété de Jean de Sérent. La seigneurie avait au XIVe siècle un droit de haute, moyenne et basse justice. Puis le manoir est successivement la propriété des familles Delhoaye (Symon Delhoaye en 1427), Hingant (en 1436), d'Avaugour (Julien d'Avaugour en 1536), Francheville (en 1630), Collobel du Bot-Langon (en 1664), Brébian (à la Révolution), Kergoët, Gazeau des Boucheries, La Vallée et Givry. Il est remanié en 1740 par J.F de Collobel et de l'édifice primitif, ne subsistent qu'un portail et une tour qui abrite un escalier. Le corps de logis date du XVIIIe siècle. Au XIXe siècle, la distribution intérieure du manoir est divisée en deux avec la construction d'un escalier desservant la partie nord du manoir. Côté sud, des chambres sans caractère particulier sont aménagées. On y trouve un puits et un colombier ;
  • Le manoir de la Villegros (XVIIe siècle): la propriété successive des familles Le Blaye ou Blay (au XVe-XVIe siècle, Eon Le Blay en 1464 et en 1481, Raoul Le Blay ou Le Bloy en 1536), Bruban (en 1639), Beaucamp, Maitrot de Varenne (en 1812), Kerarmel, La Villetanet et Buteau. On y trouve une chapelle privée dédiée à Saint-Joseph qui date de 1636. Un bâtiment supplémentaire est ajouté au manoir au XIXe siècle ;
  • Le château de La Salle (XVIIe siècle) : il possédait autrefois un droit de haute justice. Propriété de Renaud de la Salle en 1427, de Thébaud de la Salle en 1464, et du sieur de Carné en 1536. Il était la propriété de la baronnie de Sérent qui le conserve jusqu'au XVIIIe siècle. Il devient ensuite la propriété de la famille Guerri, conseiller au Parlement de Bretagne. Ce château est acquis à la Révolution par le comte de Cramezel de Kerhué ou Kerhoué, puis par le vicomte Charles de Couëssin et ses descendants (les familles Kowalski et Pellegrin). Le domaine possède un logis principal du XVIIe siècle partiellement reconstruit au XIXe siècle (vers 1820). Il possède un puits, une chapelle privée et un calvaire. Travaux : chapelle reconstruite fin XIXe siècle (avec remploi de matèriau XVIe siècle ; logis du XVIIe siècle ; partiellement reconstruit fin XIXe siècle, croix fin XIXe siècle dans le style du XIXe ;
  • Le manoir de Bohurel (1613 inscription de construction) : Siège de l'ancienne seigneurie du Bot-Hurel, avec droit de moyenne justice, ayant appartenu successivement aux familles Bohurel (en 1360), Guillaume Le Voyer et Johannet Heraud (en 1427), Jehan Guillart (en 1464), et Antoine Juzel (en 1536), Jean de Luxembourg et dame Raoulette Cado son épouse (en 1604), Le Goesche, sieur de Réron (en 1770), Le Corre, Omez (depuis 1975). Le manoir est restauré au XVIIIe siècle. Incendié en 1944 et partiellement reconstruit à cette époque ;
  • Le château de La Houletière : siège de l'ancienne seigneurie de La Ville-Raix ou Ville-Rée qui possédait un droit de haute, moyenne et basse justice. Propriété successive des familles Sérent XIVe siècle, Guillaume des Forges (en 1460), Louis du Val (en 1536), Jean des Prés de La Bourdonnaye (en 1660) et de l'abbé de Brignac (en 1770).
  • Le Château de La Rivière : siège de l'ancienne seigneurie de La Rivière ayant appartenu à une branche cadette de la famille de Sérent, propriété de Geoffroy de Sérent en 1464 et de François de Sérent en 1536. Il possédait autrefois une chapelle privée [11] ; un cromlech se situe non loin du château, il a un diamètre de 2,70 mètres ; les sept pierres qui le composent ont, en moyenne, 70 cms de hauteur.
  • Le château de Rohéan (XVe siècle), en ruine vers 1840. Siège de l'ancienne seigneurie de Rohéan avec droit de moyenne justice ayant appartenu successivement aux familles Callac (Guyon Callac en 1464 ; la famille Callac est aussi mentionnée en 1513), Le Carné, seigneurs de Castelan-Rohéan (en 1680), du Bot, Boisset (en 1770). Au XXe siècle, Mlle de Brellé fit don de la demeure à l'évêché qui le revendit vers 1914 à la famille Payen. Il devient en 1919, la propriété de la famille Briand ;
  • Le manoir de La Ville-Quélo[11]. Siège d'une ancienne seigneurie ayant un droit de haute justice et appartenant à la famille de Sérent en 1770. On mentionne Guillaume de Lanvaux et Hervé Vaillant en 1427, et le sieur de Brignac en 1536. Il possédait autrefois une chapelle privée.
  • Le calvaire Sainte-Suzanne (XVIe siècle) son fût central - encadré par quatre colonnes coiffées de sphères - figure l'agonie du Christ ; ce calvaire comporte un large soubassement précédé d'un autel et dominé par cinq balustres étagés.
  • La chapelle Sainte-Suzanne et ses fresques ;
  • La chapelle Saint-Symphorien (XVIe-XVIIe siècle), située au village de Couesboux. Elle est de forme rectangulaire et dotée d'un vaisseau unique avec lambris de couvrement.
  • L'ancienne chapelle Notre-Dame, reconstruite au XIXe siècle au village des Broussettes.
  • La croix de Le Croizo (XIIIe-XIVe siècle). Elle est fichée dans une dalle de granit ;
  • La croix sculptée des Prescles, découverte en 1944 ;
  • Les moulins à eau de la Salle, de Tromeur, de Brévent, de Marzac, de la Ville-Baud, de la Vallée, du Rhun ;
  • Les moulins à vent des Coëts, de la Bourdonnaye, de Pinieux, de Brambily.

Entreprise de la commune[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • LECORNEC, Joël, Un souterrain de l'âge du Fer à Treviet en Sérent, Annales de Bretagne, no 79, 1, 1972, p. 99-102.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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