Opérations SAS en Bretagne

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Opérations SAS en Bretagne
Informations générales
Date 5 juin - août 1944
Lieu Bretagne
Issue Victoire alliée
Belligérants
Flag of Free France 1940-1944.svg Forces françaises de l'intérieur
Drapeau de la France libre France libre
Flag of German Reich (1935–1945).svg Allemagne
Commandants
Flag of the United Kingdom.svg Roddy Mac Leod
Flag of Free France 1940-1944.svg Pierre Bourgoin
Flag of Free France 1940-1944.svg Pierre Sicaud
Flag of German Reich (1935–1945).svg Wilhelm Fahrmbacher (XXVe)
Flag of German Reich (1935–1945).svg Général Koltitz (LXXIVe)
Forces en présence
Flag of Free France 1940-1944.svg 2e RCP/4th SAS (450 hommes)

Flag of Free France 1940-1944.svg 3e RCP/3rd SAS (82 hommes)
Flag of Free France 1940-1944.svg Résistance intérieure française

Flag of German Reich (1935–1945).svg XXVe corps d'armée
Flag of German Reich (1935–1945).svg LXXIVe corps d'armée
Flag of German Reich (1935–1945).svg2e division aéroportée
Flag of German Reich (1935–1945).svg 3e division aéroportée
Flag of German Reich (1935–1945).svg 5e division aéroportée
(85 000 hommes)
Naval Ensign of Russia.svg Futurs éléments de l'Armée Vlassov[1]
Bezen Perrot.gif Bezenn Perrot
Flag of the collaborationist French Militia.svg Milice française
Pertes
SAS : 77 morts
200 blessés, qq prisonniers
FFI : 116 morts, qq blessés, prisonniers, déportés
Opération Overlord (Seconde Guerre mondiale)
Batailles
2e campagne de France

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Les opérations SAS en Bretagne furent des opérations menées par des SAS français en Bretagne à partir de la nuit du 5 au 6 juin 1944, en soutien au débarquement de Normandie pendant la Seconde Guerre mondiale. Le but de ces commandos était d'empêcher les troupes allemandes présentes en Bretagne de rejoindre le nouveau front ouvert en Normandie. Ce furent les premières troupes alliées engagées sur le territoire français dans le cadre de l'opération Overlord. Ces opérations se terminèrent lorsque l'avance alliée permit de libérer la majeure partie du territoire breton, en août 1944, à l'exception des ports de Brest, de Lorient et de Saint-Nazaire.

Description des opérations[modifier | modifier le code]

Contexte[modifier | modifier le code]

En janvier 1942 en Égypte, le major britannique Stirling, fondateur et chef des SAS, intègre à son unité, le L detachment of the SAS Brigade, les parachutistes de la France libre de la 1re Compagnie d'Infanterie de l'Air du capitaine Bergé. Ces hommes sont alors chargés d'effectuer des missions de sabotage et de harceler les forces de l'Axe en Crête, en Libye et en Tunisie. De retour en Grande-Bretagne en avril 1943, deux bataillons voient finalement le jour en novembre : le 3e Bataillon d'Infanterie de l'Air (BIA) sous le commandement du capitaine Pierre Chateau-Jobert, surnommé Conan , et le 4e BIA dirigé par le commandant Pierre-Louis Bourgoin surnommé « le manchot »[2]. Finalement, ces deux unités de parachutistes français sont intégrées au sein de la brigade SAS placée sous le commandement du général Roddy McLeod (remplaçant de Stirling, capturé) sous les dénominations de 3rd SAS et 4th SAS.

Buts et moyens[modifier | modifier le code]

Lorsque la Normandie est choisie comme lieu de débarquement, il est vital pour la réussite de l'opération que les Allemands ne renforcent pas rapidement le front. L'opération Fortitude a pour but de faire croire aux Allemands que le débarquement en Normandie n'est qu'une diversion, et qu'un second débarquement est prévu dans le Pas de Calais, afin que les troupes allemandes stationnées dans le Nord de la France et en Haute-Normandie y restent. Pour prévenir le risque que les troupes allemandes stationnées en Bretagne (principalement surtout des supplétifs ukrainiens ou russes) ne rejoignent rapidement le front normand, les Alliés décident que la nuit précédant le débarquement, une partie des SAS français seront larguées en Bretagne afin d'y mener des opérations de sabotage et de guérilla.

Les SAS français, s'appuyant sur la Résistance locale, doivent mener une guérilla contre les troupes allemandes, et des opérations de sabotage des voies et des moyens de communication. Les 85 000[3],[4] soldats allemands et troupes supplétives, soit huit divisions, doivent être bloqués en Bretagne pendant toute la bataille de Normandie.

Pour cela, à J-1, quatre sticks SAS, respectivement aux ordres des lieutenants Marienne, Déplante, Botella et Deschamps, embarquent dans deux quadrimoteurs Short Stirling de la RAF à destination de la Bretagne. Ils sont largués deux à deux dans le sud et le nord de la péninsule bretonne afin de préparer le terrain pour d'autres parachutages qui suivront les jours suivants.

Les deux premières équipes sont donc parachutées le 6 juin à 0 H 30 dans le Morbihan près de Plumelec à 15 km du maquis de Saint-Marcel, pour établir une base et armer les résistants locaux ; les deux autres sont « droppés » en forêt de Duault dans les Côtes-d'Armor. Leur mission est d'établir des bases de guérilla dont les noms de code sont respectivement Dingson et Samwest.

Les opérations[modifier | modifier le code]

Zone d'opérations du 4th SAS en Bretagne

Opération Samwest[modifier | modifier le code]

Sous le commandement des lieutenants Deschamps et André Botella[5], 18 commandos français du 4th SAS français furent parachutés près de la forêt de Duault dans les Côtes-du-Nord, à une trentaine de kilomètres de Guingamp. La première phase de la mission consistait à établir une base sûre dans la péninsule bretonne, nom de code Samwest, près de Saint-Brieuc, et d'entrer en contact avec la Résistance locale, puis établir des zones de parachutage et d'atterrissage pour le bataillon. Jusqu'au 11 juin, 114 SAS français furent parachutés sur Samwest. En se rendant compte du potentiel de la Résistance locale, il fut décidé de l'intégrer aux opérations de guérilla contre les troupes allemandes.

Le 12 juin, l'armée allemande passe à l'assaut du rassemblement, mais obtint seulement la dispersion des SAS et résistants formés. Une partie des dispersés rejoignit Dingson.

Opération Dingson[modifier | modifier le code]

Un premier groupe de 18 commandos (sticks des lieutenants Marienne et Déplante) avait été parachuté près de Plumelec, dans le Morbihan, non loin de Vannes. Leur but était d'établir la base Dingson où seront parachutés ensuite d'autres SAS. Immédiatement après leur parachutage, ils durent combattre des troupes supplétives allemandes (des Ukrainiens et Géorgiens de l'armée Vlassov). Une heure plus tard, le caporal Émile Bouétard, un Breton, la première victime du début de l'opération Overlord[2], fut blessé près de Plumelec, puis achevé (dès 1942, Hitler avait demandé que les commandos SAS faits prisonniers soient exécutés[2]). Marienne avait également perdu dans l'opération ses radios. Jusqu'au 18 juin, 160 soldats français du 4th SAS (dont son commandant, Bourgoin, auquel les Anglais offrirent un parachute tricolore) furent parachutés sur la base Dingson installée au maquis de Saint-Marcel[6],[7].

Un grand stock de matériel fut aussi parachuté chaque nuit sur la zone de largage (DZ ou drop zone) « Baleine » (située comme le P.C. à la ferme de la Nouette, sur la commune de Sérent), y compris, peu avant l'attaque allemande, quatre jeeps et des mitrailleuses. Mais les jeeps atterrirent en partie dans les arbres, et les mitrailleuses furent endommagées : la puissance de feu de l'escadron motorisé s'en trouva amoindrie. Une partie des survivants de Samwest avait alors rejoint la base Dingson ainsi que quelques cooneys parties venus se réarmer. La défense allemande locale attaqua le maquis le 18 juin. Les pertes, côté français furent d'une trentaine de victimes, les Allemands achevant les blessés. Après la bataille, les troupes allemandes, aidés de collaborateurs français, traquèrent les survivants, SAS et maquisards[8].

Opération Cooney parties[modifier | modifier le code]

58 parachutistes répartis dans 18 sticks de 3 à 5 hommes furent parachutés dans la nuit du 7 au 8 juin dans le cadre de l'opération Cooney Parties. Largués en différents endroits de la Bretagne et sans comité d'accueil, ils étaient essentiellement chargés du sabotage du réseau ferré breton, ainsi que du réseau électrique et de celui de communication, en parallèle des opérations Samwest et Dingson. Ces 18 sticks, leur mission remplie, devaient rejoindre, quelques jours plus tard, les bases Dingson ou Samwest, pour se réarmer, encadrer des maquisards ou participer à d'autres missions de sabotage. À la suite du démantèlement de Samwest le 12 juin, des équipes rejoignirent Dingson, d'autres restèrent sur place, prenant contact avec la population civile, encadrant des résistants en plus petit nombre et continuant leurs actions de sabotage.

Opération Lost[modifier | modifier le code]

L’opération Lost fut le parachutage de sept SAS dans la nuit du 22 au 23 juin au-dessus de la Bretagne, à la suite de la dispersion de la base Dingson (Saint-Marcel). Le major britannique Carry Elwes fut chargé de reprendre contact avec le commandant Bourgoin, afin d'informer le commandement allié, sans nouvelles depuis la bataille de Saint-Marcel. Cette mission impliquait également le retour en Grande-Bretagne d'un officier français chargé de rendre compte. L'équipe radio, dirigée par le sergent Marty, fut chargée de rejoindre le capitaine Marienne, afin de remplacer son équipe disparue. Le lieutenant Fleuriot et son stick furent chargés de veiller à la sécurité du groupe.

Opération Grog[modifier | modifier le code]

Cette opération débuta le 13 juin à la suite de la dispersion de la base Samwest. Le capitaine Déplante quitte le secteur de Saint-Marcel et est chargé de monter la base "Grog" dans les environs de Pontivy. Cette base doit assurer le recueil des éléments dispersés provenant de "Samwest" aux ordres du Capitaine Leblond qui n'ont pu rejoindre Saint-Marcel, et assurer la formation et l'armement des bataillons FFI du secteur.

Opération Derry[modifier | modifier le code]

Cette opération, complètement indépendante des précédentes, fut conduite par la 2e compagnie du 3rd bataillon SAS du commandant Chateau-Jobert, du 5 au 18 août 1944. Elle avait pour but de préparer la libération du Finistère, en prévision de l'avance alliée. Ce squadron, aux ordres du capitaine Sicaud, et réparti en 5 sticks, fut parachuté dans la nuit du 4 au 5 août. Sur les 82 hommes engagés, 4 furent tués et 3 furent blessés.

Réactions des Allemands[modifier | modifier le code]

Militaires allemands effectuant des interrogatoires de civils sur la place du marché, en Bretagne.

Outre les tentatives d'encerclement des bases Samwest et Dingson, les Allemands traquèrent les résistants et les parachutistes. Le 12 juillet notamment, aidés par un groupe de collaborateurs affiliés à la Gestapo, les Allemands découvrent et surprennent le PC de Pierre Marienne à Kerihuel, un hameau de Plumelec. Le capitaine Marienne et 17 de ses hommes (6 parachutistes, 8 résistants et 3 fermiers locaux) furent exécutés à l'aube, de façon sommaire. Ils multiplièrent les représailles contre les prisonniers, mais aussi contre la population locale accusée de soutenir les commandos et la Résistance.

Fin des opérations[modifier | modifier le code]

Plan de la progression alliée en Bretagne - 1er au 12 août 1944

En août 1944, les Américains réussirent avec la percée d'Avranches à pénétrer en Bretagne. L'insurrection générale fut déclenchée par la Résistance, et la Bretagne rapidement libérée, à l'exception des ports forteresses : Brest, Lorient et Saint-Nazaire. Sur les 450 SAS engagés du 4e bataillon SAS, 70 ont été tués et 197 blessés. Les FFI qui y avait pris part, encadrés par les SAS, avaient aussi subi de sérieuses pertes : 116 morts dont 30 dans le maquis de Saint-Marcel. Une partie de ces forces forma, dès 1944, le 41e RI dont le drapeau porte l’inscription « Saint Marcel 1944 ». Les SAS, du 3rd comme du 4th, rejoignirent Vannes, où ils se regroupèrent. Ceux du 3rd retournèrent en Angleterre par la Normandie, en prévision d'un 2nd parachutage en France. Le 4th SAS (ou 4e bataillon de l'infanterie de l'air (BIA)) devenu le 2e régiment de chasseurs parachutistes en avril 1944, et fut envoyé sur un autre théâtre d'opérations, la Loire : ce fut l'opération Spencer qui put débuter fin août après la réception le 5 août à Locoal-Mendon, de 10 planeurs Waco contenant chacun une jeep et 3 SAS, ce qui augmentait considérablement la mobilité et la puissance de feu des parachutistes[9],[10],[11]. Le 3rd SAS (3e BIA) changera également de nom, et deviendra le 3e régiment de chasseurs parachutistes.

Inspirations[modifier | modifier le code]

Différents films ou téléfilms se sont inspirés de ces opérations pour leur scénario :

  • Le Jour le plus long (The Longest Day, 1962) : une scène du film montre des SAS français en action, intervenant avant les parachutages américains sur le Cotentin. 3 parachutistes SAS atterrissent près d'une résistante qui agite une lampe. L'un d'eux qui porte une croix de Lorraine sur sa manche, lui demande s'ils sont en retard (en français dans la version anglaise du film). La résistante les guide ensuite vers un résistant qui les attend sur une ligne de chemin de fer. Les SAS tuent 2 soldats allemands de garde et sabotent la voie. L'explosion fait dérailler un train.
  • le 16 à Kerbriant (1971), feuilleton de Michel Wyn, avec Louis Velle en officier allemand, Tsilla Chelton en résistante et Jean-Pierre Castaldi en sergent parachutiste SAS. Ce feuilleton en noir et blanc rend bien l'atmosphère de l'été 1944 en Bretagne. Le débarquement aérien des parachutistes français à partir du 6 juin et la bataille de Saint Marcel annoncent la libération tant espérée.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Contributions des forces spéciales aux missions d'interdiction et de fixation stratégiques : l'exemple des SAS en Bretagne.
  2. a, b et c François Malye, Une Bataille de Corsaires, Le Point, p. 70, no 1916, 4 juin 2009.
  3. Biographie du colonel Bourgoin sur le site Ordre de la Libération
  4. Biographie du colonel Bourgoin sur le site de l'Assemblée Nationale
  5. Voir le récit du lieutenant SAS André Botella, http://joseph.lohou.perso.sfr.fr/Callac-de-Bretagne/botellarecit.html
  6. Musée des parachutistes à Pau (64) "Camp d'Astra".
  7. Henry Corta (1921-1998), lieutenant parachutiste SAS : les bérets rouges (1952), amicale des anciens parachutistes SAS,
  8. Corta et al. Reinhart
  9. Photos aux archives départementales du Morbihan
  10. Lucien Neuwirth, Mais, après tout… (Ma guerre à 16 ans), Actes Sud, 1994.
  11. Leroux 1990, p. 505

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Olivier Porteau, « Esquisse d’un bilan réévalué de l’action des parachutistes français en Bretagne : mission militaire et/ou politique ? », En Envor, revue d'histoire contemporaine en Bretagne,‎ été 2013
  • Olivier Porteau, L’Action combinée du 2e régiment de chasseurs parachutistes et de la Résistance bretonne dans le dispositif stratégique de l’opération Overlord, in Patrick Harismendy et Erwan Le Gall (dir.), Pour une histoire de la France Libre, Presses Universitaires de Rennes, 2012, p. 107-123 (isbn=|978-2-7535-1734-9)
  • Pierre Montagnon, Histoire des commandos:1944-1945, éditions Pygmalion
  • David Portier, Les parachutistes SAS de la France libre 1940-1945, Nimrod, 2010
  • Anthony Cave Brown, La guerre secrète, Le rempart des mensonges, Le Jour "J" et la fin du IIIe Reich, Paris, éditions Pygmalion/Gérard Watelet,‎ avril 1984, 469 p. (ISBN 285-704-098-9)
    Chapitre IV. - L'insurrection française. l'intervention victorieuse des maquis contre la division das Reich, pp. 289 à 303.
  • Henry Corta, Les Bérets Rouges, Amicale des Anciens Parachutistes S.A.S.,‎ 1952, 329 p.
  • Marie Chamming's, J'ai choisi la tempête, Éditions France-Empire,‎ 1998, 324 p. (ISBN 9782704808199)
  • Henry Corta, Marie Chamming's, Joseph Jégo, Noël Créau et Philippe Reinhart, Qui ose gagne (France-Belgique 1943-1945, les parachutistes du 2e RCP / 4th SAS), Service historique de l'armée de terre,‎ 1997, 296 p. (ISBN 978-2863231036)
  • Henri Deplante, La liberté tombée du ciel, Editions Ramsay,‎ 1977, 250 p. (ISBN 2859560157)
  • Colonel Roger Flamand, Paras de la France libre, Presse de la cité,‎ 1976, 316 p. (ISBN 2-258-00036-X)
  • Roger Leroux, le Morbihan en guerre 1939-1945, Imprimerie de la manutention Mayenne,‎ 1990, 671 p. (ISBN 2-85554-042-9)