Érythritol

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Érythritol
Érythritol
Identification
Nom IUPAC (2R,3R)-butane-1,2,3,4-tétrol
Synonymes

méso-érythritol
érythrite
tétrahydroxybutane

No CAS 10030-58-7
149-32-6
188346-77-2
No EINECS 205-737-3
No E E968
SMILES
Apparence Solide blanc inodore,
non hygroscopiques et thermostables[1]
Propriétés chimiques
Formule brute C4H10O4  [Isomères]
Masse molaire[2] 122,1198 ± 0,0051 g/mol
C 39,34 %, H 8,25 %, O 52,41 %,
Propriétés physiques
fusion 121 °C sous 1 bar
ébullition 329 à 331 °C sous 1 bar
Solubilité Soluble dans l'eau (100 g·l-1 à 20 °C),
légèrement soluble dans l'éthanol,
insoluble dans l'oxyde de diéthyle[1].
Masse volumique 1,45 g·cm-3 (20 °C)
Précautions
Directive 67/548/EEC
Irritant
Xi



Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.

L'érythritol (ou tétrahydroxybutane, ou érythrite) est un polyol (ou sucre alcoolisé) découvert en 1874. C'est un édulcorant naturel que l'on trouve dans les fruits, les aliments fermentés ou la sauce au soja. Il possède un pouvoir sucrant inférieur au sucre (de 60-80 % à poids égal)[1], mais présente deux avantages : il contient moins de calories que le sucre de table (0,2 kcal/g), et ne cause pas de caries. Il peut être produit à partir du glucose en fermentant celui-ci avec des levures appropriées dans des solutions aqueuses.

Source[modifier | modifier le code]

L'érythritol est naturellement présent dans divers algues et lichens, libre ou à l'état de diester de l'acide orsellique. On l'extrait de Roccella tinctoria ou de Roccella fuciformis, qui sont des lichens dits à orseille. Il est aussi présent dans de nombreux fruits communs et produits fermentés tels que[3] :

Structure et propriétés[modifier | modifier le code]

Structure[modifier | modifier le code]

L'érythritol est un polyol qui ressemble au xylitol, mais avec un atome de carbone en moins. Il possède quatre fonctions alcool. Il est le composé méso (R,S) du butane-1,2,3,4-tétrol, diastéréoisomère du thréitol. C'est un composé de formule : CH2OH-CHOH-CHOH-CH2OH et sa masse molaire est de 122,1 g/mol.

Propriétés physiques[modifier | modifier le code]

L'érythritol est un corps polymorphe qui se présente sous une forme cristalline blanche qui fond à 121 °C. Il forme de gros prismes pyramidaux.

L'érythritol est très soluble dans l'eau (100 g·l-1 à 20 °C) mais moins que le saccharose. Les solutions aqueuses sont peu conductrices.

Comme il n'est pas hygroscopique (il n'attire pas l'humidité), il conduit, en cas de cuisson, à des produits qui ont tendance à se dessécher si un autre composé hygroscopique, n'entre pas dans leur composition.

Lors de sa dissolution dans l'eau l'érythritol engendre une réaction endothermique. Le même effet se produit en bouche lors de la consommation de cristaux d'érythritol ce qui provoque une sensation de froid (frais).

Goût frais[modifier | modifier le code]

Les cristaux d'érythritol engendrent un effet de froid lorsqu'ils fondent dans la bouche à cause de la réaction endothermique, cette impression est renforcée éventuellement par des saveurs à base de menthe (pseudo-chaleur). Cet effet rafraîchissant est similaire à celui du mannitol et du sorbitol, mais inférieur à celui du xylitol qui est le plus prononcé parmi les polyols[4]. Pour cette raison, l'érythritol est utilisé comme édulcorant de friandises « rafraîchissant l'haleine ».

Propriété édulcorante[modifier | modifier le code]

L'érythritol possède une saveur sucrée très vive qui tend à s'estomper plus vite que celle du saccharose et son pouvoir sucrant est moins intense, de 0,6-0,8 à poids égal[5].

L'érythritol possède une synergie avec les autres édulcorants et la propriété intéressante de pouvoir masquer certains effets indésirables comme l'amertume et le goût métallique d'autres produits.

Non cariogène[modifier | modifier le code]

L'érythritol ne favorise pas la carie dentaire, il est considéré comme non cariogène, il ne subit pas de la part des bactéries buccales une fermentation suffisante pour abaisser le pH de la plaque dentaire à des niveaux propres à contribuer à une érosion de l'émail dentaire[6].

Métabolisme[modifier | modifier le code]

Depuis longtemps l'érythritol est utilisé dans les cures de régime. Il passe dans le flux sanguin au niveau de l'intestin grêle, il est presque excrété en totalité dans l'urine. Comme l'érythritol est absorbé en grande partie avant d'arriver dans le gros intestin, il ne présente pas les effets laxatifs observés, par exemple, après une grande consommation d'autres polyols, et la plupart des consommateurs d'érythritol ne constatent pas d'effets secondaires. Comme il n'est pas dégradé il n'apporte pas ou peu de calorie (0,2 calorie par gramme).

Cette absorption s'effectue d'une manière bien spécifique et unique, les autres polyols n'étant pas absorbés de cette manière, directement dans le corps.

Un effet laxatif peut cependant être constaté en cas de consommation excessive de grandes quantités d'érythritol. Ceci se produit si le produit n'a pas le temps d'être complètement absorbé. Les bactéries ne digèrent pas facilement l'érythritol qui n'occasionne pas de ballonnements contrairement aux maltitol, sorbitol et lactitol.

Utilisation[modifier | modifier le code]

La directive européenne 2006/52/CE permet l'utilisation de l'érythritol (E968) comme édulcorant au même titre que les autres polyols, sans limite d'utilisation (Quantum satis)[7]. Ce produit est utilisé dans l'industrie alimentaire comme exhausteur de goût, support, humectant, stabilisant, épaississant, agent de charge et séquestrant[5],[7].

Il est souvent utilisé en mélange avec du sucralose, à haut pouvoir sucrant afin de pallier son faible pouvoir sucrant lors d'utilisation pour remplacer du sucre et depuis peu, à de la stévia à très haut pouvoir sucrant.

Cet effet de rafraîchissement est mis à profit dans les barres de chocolat glacées, les chewing-gums ou les friandises. Mélangé à des graisses solides comme l'huile de noix de coco, le beurre de cacao ou de vache, l'effet de rafraîchissement tend à renforcer, de façon défavorable, l'aspect graisseux du produit. Ceci est très net dans le cas des barres de chocolat à l'érythritol.

Pour éviter cet effet de rafraîchissement non recherché, on ajoute très souvent de l'inuline à l'érythritol car ce composé se dissout avec un apport de chaleur, sans cristalliser. Malheureusement des quantités importantes d'inuline occasionnent des ballonnements, pour les personnes non habituées à en consommer. D'autres produits sont utilisés avec l'érythritol : l'isomalt pour sa faible chaleur de dissolution négative et la glycérine qui possède une chaleur de dissolution positive, une hygroscopie modérée et une forme liquide qui ne cristallise pas.

Production[modifier | modifier le code]

La production industrielle de l'érythritol est obtenu par la fermentation de farine (blé et/ou maïs) par l'enzyme hydrolysate et par une levure osmophilique (Moniliella pollinis ou Trichosporonoides megachilensis). Le mélange est stérilisé, puis filtré avant purification sur résine échangeuse d'ions, charbon actif, ultrafiltration et cristallisation[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Parlement européen et Conseil de l'europe, « Directive 2008/60/CE établissant des critères de pureté spécifiques pour les édulcorants pouvant être utilisés dans les denrées alimentaires. », Journal officiel de l’Union européenne, no L 158,‎ 18/06/2008, p. 17-40 (résumé, lire en ligne).
  2. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  3. (en) Goossens J, Gonze M. Nutritional properties and applications of erythritol: Advances in Sweeteners. 1996, Bodmin, Blackie A&P, pp. 150-186.
  4. (en) R Steagall & L O’Brien Nabors, « Polyols: Beyond Sweet Taste », sur www.foodproductdesign.com,‎ 10/01/2007 (consulté en 18 juin 2008)
  5. a, b et c (en) JECFA, WHO, « ERYTHRITOL », Monograph de la FAO, sur www.fao.org,‎ 2006 (consulté en 16 mai 2008), p. 1-2 [PDF]
  6. (en) Kawanabe J, Hirasawa M, Takeuchi T, Oda T & Ikeda T, « Noncariogenicity of erythritol as a substrate », Caries Res., vol. 26, no 5,‎ 1992, p. 358-62 (résumé)
  7. a et b Parlement européen et Conseil de l'europe, « Directive 2006/52/CE du Parlement européen et du Conseil du 5 juillet 2006 », Journal officiel de l'Union européenne, no L 204,‎ 26/07/2006, p. 10-22 (lire en ligne). [PDF]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]