Hermann Höfle

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Hermann Julius Höfle
Naissance
Salzbourg, (Autriche)
Décès (à 51 ans)
Vienne, (Autriche)
Origine Autriche
Allégeance SS
Arme SS
Grade Sturmbannführer
Années de service 1933-1945
Conflits Seconde Guerre mondiale

Hermann Julius Höfle, né le à Salzbourg et mort le à Vienne, est un membre du parti nazi et un SS-Sturmbannführer[a]. En 1942, il est nommé par Odilo Globocnik chef de l'état-major spécial de l’Aktion Reinhard.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse en Autriche[modifier | modifier le code]

En , Höfle s'inscrit au parti nazi autrichien et, quelque temps après, entre dans la SS. Dans la vie civile, il exerce d’abord le métier de mécanicien d’entretien pour automobiles puis de chauffeur de taxi. En 1935, il s'engage dans l'Allgemeine-SS. Mais il est arrêté pour agitation politique et emprisonné à Salzbourg de à .

Le Troisième Reich à partir de 1938, la guerre et l'extermination[modifier | modifier le code]

L'Autriche est annexée par le Troisième Reich en . Après avoir dirigé une unité SS, il rejoint début 1939 la SS-Verfügungstruppe (la future Waffen-SS) puis participe à la campagne de Pologne en 1939 ; il intègre à Nowy Sacz une milice nazie locale (Selbstschutz). En , il supervise des camps de travail pour Juifs près de Lublin pour le projet Bug-Graben, réseau de fossés anti-chars sur la ligne de démarcation à l'Est. En 1941, il est à Mogilev en Biélorussie où il s'occupe de constructions. Début 1942, il devient chef d'état-major (Hauptabteilung) et commandant en second de l’Aktion Reinhard sous les ordres d'Odilo Globocnik et organise depuis la caserne Julius Schreck — quartier général à Lublin — toutes les déportations des Juifs du Gouvernement général de Pologne vers les camps d'extermination de Treblinka, Bełżec, Majdanek et Sobibor. Il est aussi responsable de la formation, l'organisation et l'affectation des effectifs. Chaque membre SS doit ainsi signer le serment de secret suivant :

Télégramme de Höfle sur le nombre total de déportés pour une période de quinze jours (zusammen 23 611) et le nombre total au (zusammen 1 274 166 dont Lublin-Majdanek 24 733, Bełżec 434 508, Sobibor 101 370, Treblinka 713 555[b]).

« Le SS Hauptsturmführer Höfle chef du bureau principal de l'opération Reinhard des SS et du chef de la police dans le district de Lublin m'a parfaitement informé et donné les ordres suivants/ 1/je ne dois en aucune circonstance donner à quiconque, en dehors du personnel de l'opération Reinhard, d'informations verbalement ou par écrit sur le processus, les actions ou les évènements concernant les évacuations des Juifs. 2/ je suis informé que le processus d'évacuation des Juifs est un dossier classé document secret du Reich. 3/je suis informé qu'il est strictement interdit de prendre des photographies dans les camps de l'opération Reinhard, je suis conscient des responsabilités que m'impose la tâche que l'on m'a confiée. Je jure de les respecter au maximum de mon information et de ma conscience. Je suis informé que mon devoir de garder le secret se prolonge même après avoir quitté le service[2]. »

Höfle en personne procède à la sélection des déportés dans la gare ferroviaire de Naleczow, soit vers les ghettos de transit (Opole Lubelskie, Konskowola, Deblin) soit vers les camps d'extermination. Au mois de , il participe activement à l'action Erntefest (fête de la moisson), l'assassinat de tous les Juifs des camps de travail dans le district de Lublin. Il quitte Lublin et commande quelque temps un bataillon SS au camp de Sachsenhausen puis est affecté en Hollande et à Bruxelles[3]. Il rejoint Globocnik à Trieste.

Après-guerre : la fuite en Europe[modifier | modifier le code]

À l'arrivée des Alliés, lui et Globocnik se cachent dans un chalet d'alpage près de Weissensee en Carinthie. Ils sont capturés par des hussards britanniques (le Queen's own 4th hussards) le . Interrogé, il est relâché et recouvre la liberté. En 1948, le gouvernement polonais engage des poursuites contre lui. Mis au courant, il se cache en Italie puis revient en Autriche en et entre illégalement en Allemagne où il se fait arrêter. Il donne son identité mais n'est pas inquiété. Il obtient des papiers ouest-allemands puis finit par accepter de travailler pour l'organisation « Gehlen », une agence de renseignements de l'armée américaine pour l'Europe. Pendant cinq mois, il est payé 100 DM par mois pour cette activité.

Arrestation et suicide[modifier | modifier le code]

Il est finalement arrêté à Salzbourg en 1962, transféré en à Vienne dans l'attente de l’instruction de son procès. Mais le , Höfle se pend dans sa cellule.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Grade équivalent à commandant en France.
  2. Le document comporte une erreur de frappe car y est inscrit le nombre 71 355 pour Treblinbka, or, c’est bien le nombre 713 555 qui permet de reconstituer le total de 1 274 166 sur l’année 1942. Ce document est une transcription d’un télégramme de Höfle à Eichmann à Berlin qui a été décrypté par les services spécialisés britanniques quatre jours après sa transmission le  ; il est reproduit dans un article de Peter Witte et Stephen Tyas publié en 2001 dans Holocaust and Genocid Studies[1].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Peter Witte et Stephen Tyas, « A New Document on the Deportation and Murder of Jews during "Einsatz Reinhard" 1942 », Holocaust and Genocid Studies, Oxford Journals, vol. 15, no 3,‎ , p. 468-486 (lire en ligne [PDF]).
  2. Itzhak Arad, Belzec, Sobibor, Treblinka, The operation Reinhard death camps, Bloomington Indiana University press, p. 18-19.
  3. Joseph Poprzeczny Odilo Globocnik, Hitler's man in the East, chez l'auteur, 2004, p. 106 (ISBN 978-0-7864-1625-7).

Annexes[modifier | modifier le code]