Ghettos de Biélorussie pendant la Seconde Guerre mondiale

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les oblasts de Biélorussie
Biélorussie-carte des villes

Les Ghettos de Biélorussie pendant la Seconde Guerre mondiale - au nombre de 327 (répertoriés) - sont des quartiers urbains situés dans la zone de la République socialiste soviétique de Biélorussie occupée par les Allemands, vers lesquels les Juifs furent déportés de force et maintenus dans un état d'isolation totale de la population non-juive.

Cette isolation était un des aspects de la politique de la «Solution finale de la question juive » de laquelle résulta l'extermination de 600 000 à 800 000 Juifs de Biélorussie par les forces d'occupation allemandes.

La liste qui suit (en français) représente environ 10 % du nombre total de ghettos, soit : 30 par rapport au total de 327 répertoriés dans la liste en langue russe, (Liste des ghettos en Biélorussie pendant la Shoah (ru)). Ce sont toutefois (sauf exception) les ghettos les plus importants en nombre de victimes.

Le total des victimes juives indiquées ghetto par ghetto dans cette liste, représente environ 360 000 personnes. Un nombre aussi important de victimes est répertorié également dans les 290 autres ghettos. La liste qui suit reprend les ghettos les plus importants ou, pour les plus petits, les ghettos dont les articles existent en français.

La liste a été établie sur la base de données des archives de la République de Biélorussie, leur séparation par oblast provient des archives de la Fédération de Russie (en russe : ГАРФ), mais également d'autres sources. Le territoire concerné est celui de l'actuelle Biélorussie et la population concernée est la population juive. La période concernée est celle de la Shoah, de 1941 à 1944[Note 1],[Note 2],[Note 3],[Note 4].

Certains de ces ghettos ont été le théâtre de soulèvements contre les Allemands, souvent au moment où ceux-ci avaient planifié leur anéantissement.

Les dates de création de ces ghettos correspondent le plus souvent au début de l'automne 1941. Les destructions les plus tardives datent de l'automne 1943. Les chiffres repris comme victimes dans la liste qui suit comprennent à la fois les victimes juives mortes de faim, d'épuisement, de maladie, d'exactions et de sévices divers durant les deux années d'occupation, mais aussi les victimes de massacres organisés sous le nom d'« aktion » pendant la durée de vie du ghetto. Il faut encore ajouter les victimes exécutées lors de la destruction du ghetto à des dates s'échelonnant de 1942 à la fin de 1943.

Comparativement à la taille du pays, le nombre de ghettos créés en Biélorussie est très important si on le compare au nombre de ghettos créés en République socialiste fédérative soviétique de Russie et en République socialiste soviétique d'Ukraine. En Russie leur nombre s'éleva à 41 et en Ukraine à 440 ghettos.

Cela provient du fait que très rapidement la Biélorussie et l'Ukraine (pour sa partie occidentale) se retrouvèrent à l'arrière de la ligne de front et des combats, en zone d'occupation. Tandis qu'en Russie se trouvaient et la ligne de front qui était instable et des territoires auxquels les forces allemandes n'eurent jamais accès [1]. L'écart provient également du fait que la population juive de Biélorussie et de l'Ouest Ukrainien était plus importante en pourcentage par rapport au reste de la population que celle des autres régions d'URSS. Les habitants des régions situées plus au nord ont aussi disposé de plus de temps pour s'enfuir vers l'intérieur de l'URSS, que ceux qui étaient en première ligne au sud, face à l'avancée rapide de l'opération Barbarossa.

Historiographie[modifier | modifier le code]

La publication de données relatives aux pays de l'ex-URSS depuis son effondrement et l'ouverture des archives dans les pays devenus indépendants ont considérablement élargi les connaissances des historiens. La grande alya de l'URSS et celle de Biélorussie ont amené de nouveaux chercheurs, qui par la connaissance des langues de ces régions, ont pu exploiter la vaste documentation et donc réévaluer considérablement les sujets traités[2].Parmi ceux-ci il faut citer Leonid Smilovitski originaire de la région de Gomel et vivant en Israël.

Voblast de Brest (53 ghettos)[modifier | modifier le code]

Ghettos du Voblast de Brest (Брестская область) :

  • Ghetto de Baranavitchy (Барановичское гетто) (12 000 personnes)
  • Ghetto de Biaroza (Берёзовское гетто) (8 000 personnes)
  • Ghetto de Brest (Biélorussie) (Брестское гетто) (17 500 personnes)
  • Ghetto du raïon de Brest (Biélorussie) ou de Damachava (Гетто в Брестском районе ou Домачевское гетто) (20 000 personnes)
  • Ghetto de Kamianets (Гетто в Каменце) (5 000 personnes)
  • Ghetto de Pinsk (Пинское гетто) (17 000 personnes)
  • Ghetto de Proujany (Пружанское гетто) (10 000 personnes)
  • Ghetto de Stoline (Столинское гетто)
  • Ghetto de Lakhva (Лахва) (1 946 personnes)

Voblast de Vitebsk (83 ghettos)[modifier | modifier le code]

Ghettos du Voblast de Vitebsk (Витебская область) :

  • Ghetto de Vitebsk (Витебское гетто) (20 000 personnes)
  • Ghetto de Hlybokaïe (Глубокское гетто) (8 000 personnes)
  • Ghetto d'Orcha (Оршанское гетто) (5 000 personnes)

Voblast de Gomel (40 ghettos)[modifier | modifier le code]

Ghettos du Voblast de Gomel (Гомельская область) :

  • Ghetto de Gomel (Гомельское гетто) (10 500 personnes)

Voblast de Grodno (48 ghettos)[modifier | modifier le code]

Voblast de Grodno ou en biélorusse Voblast de Hrodna (Гродненская область) :

Voblast de Minsk (68 ghettos )[modifier | modifier le code]

Voblast de Minsk (Минская область) :

  • Ghetto de Baryssaw (Борисовское гетто) (9 000 personnes)
  • Ghetto de Vileïka (Вилейское гетто) ( 6 972 personnes)
  • Ghetto de Kletsk (Гетто в Клецке) (7 000 personnes)
  • Ghetto de Minsk (Минское гетто) (80 000 personnes)
  • Ghetto de Niasvij (Несвижское гетто) (5 200 personnes)
  • Ghetto de Sloutsk (Слуцкое гетто) (18 000 personnes)
  • Ghetto de Kapyl (Копыльское гетто) (3 500 personnes)

Voblast de Moguilev (35 ghettos)[modifier | modifier le code]

Voblast de Moguilev (Могилёвская область) :

Chiffres[modifier | modifier le code]

31 ghettos sont répertoriés ci-dessus sur un total de 327. Le total des victimes renseigné dans cette liste s'élève à environ 360 000 personnes. Dans les 296 autres ghettos plus petits, le total des victimes atteint des chiffres au moins aussi élevés.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. . En vertu du Pacte germano-soviétique ou Pacte Molotov-Ribbentrop la moitié orientale de la Pologne fut cédée par les Allemands à l'URSS après l'occupation de la Pologne par les troupes allemandes en septembre 1939. Deux ans plus tard, quand l'Allemagne attaqua la Russie (au mépris de ce traité appelé aussi Traité de non-agression entre l'Allemagne et l'Union soviétique) en juin 1941, les troupes nazies opéraient donc en territoire biélorusse en URSS et non plus en Pologne, au moins aux yeux des Soviétiques et des Allemands. Cette partie de la Pologne constitue la partie occidentale de l'actuelle Biélorussie et de l'ancienne République soviétique socialiste de Biélorussie. Plus tard, après la dissolution de l'URSS en 1990, cette république de Biélorussie devint indépendante sans modification de frontières. Seuls des territoires proches des frontières, tels que ceux de la région de Bialystok ont fait l'objet de modifications frontalières depuis 1939. Suivant le tracé de la Ligne Curzon cette région de Bialystok a finalement été rattachée à la Pologne après les accords de la Conférence de Yalta. Le ghetto important qui exista à Bialystok durant ces années 1941-1944 est donc habituellement rattaché aux listes de ghettos polonais. Tandis que le ghetto de Grodno par exemple ou celui de Brest, tous deux proches des frontières polonaises se trouvent dans la liste qui suit, du fait que ces villes font partie de la Biélorussie depuis septembre 1939 en vertu des accords
  2. (Le nombre de Juifs tués dans le ghetto est indiqué entre parenthèses)
  3. (les noms de villes et régions indiqués entre parenthèses sont en langue russe, toutefois la traduction française des villes reprend parfois le nom biélorusse)
  4. Le terme oblast de la langue russe désignant une unité administrative de type «région» est l'équivalent en Biélorussie et en langue biélorusse de voblast

Références[modifier | modifier le code]

  1. (ru)Ilia Altman Holocauste et résistance juive sur le territoire de l'URSS/ http://jhist.org/shoa/hfond_111.htm /Гетто в России
  2. Ivan Jablonka et Annette Wieviorka : "Nouvelles perspectives sur la Shoah" Idées PUF.2013. (ISBN 978-2-13-061927-7)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (ru) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en russe intitulé « Гетто в Белоруссии в период Холокоста » (voir la liste des auteurs).
  • (fr) Ivan Jablonka et Annette Wieviorka : "Nouvelles perspectives sur la Shoah" Idées PUF.2013. (ISBN 978-2-13-061927-7)
  • (ru)ouvrage:Справочник о местах принудительного содержания гражданского населения на оккупированной территории Беларуси 1941-1944, guide sur les emplacements d'extermination des populations dans la Biélorussie occupée de 1941 à 1944.
  • (ru)Ouvrage:Винница Г. Р.:Холокост на оккупированной территории Восточной Беларуси|10|332-344 (G.Vinnitsa : La Shoah en Biélorussie).
  • (ru)ouvrage|auteur=Черноглазова Р. А., Хеер Х.|заглавие=Трагедия евреев Белоруссии в 1941— 1944 гг.: сборник материалов и документов|издание=Изд. 2-е, испр. и доп.|lieu=Minsk|éditeur=Э. С. Гальперин|год=1997|страницы=127-137|страниц=398| (ISBN 985627902X)|тираж=1000
    • (trad : R.A Khier : La tragédie des Juifs de Biélorussie 1997).
  • (ru)Ilia Altman И. А. Альтман Холокост и еврейское сопротивление на оккупированной территории СССР. Учебное пособие для студентов высш. учеб, заведений, Фонд «Холокост», 2002, (trad : Ilia Altman. La Shoah dans les territoires occupés de l'URSS.)

Articles connexes[modifier | modifier le code]