Four crématoire

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Four crématoire au Japon

Un four crématoire ou four de crémation est un four permettant de réduire en cendres le corps des hommes et des animaux. Il est situé généralement dans un crématorium.

Le four est chauffé entre 850 °C et 1 200 °C lors d’une crémation. Celle-ci dure près d’une heure trente. Les résidus sont les composés minéraux du corps essentiellement sels de calcium, d'où l'expression de restes calcinés. Dans le cas d'un humain, les "cendres" sont remises à la famille, dans une urne.

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire, Antiquité[modifier | modifier le code]

On rencontre en Europe sous l'Antiquité deux traditions funéraires, l'enterrement dans une tombe qui est la pratique très majoritaire commune aux Celtes, aux Romains, mais aussi hors d'Europe aux anciens Égyptiens et aux Hébreux, et une tradition plus rare d'incinération venant d'Extrême-Orient que l'on trouve, sans être exclusives, chez les anciens Grecs et les Germains, et hors d'Europe chez les Mongols et les Hindous.

Un four crématoire datant du IIe siècle a été mis au jour en 1966 près des thermes gallo-romains de Mackwiller, dans le Bas-Rhin en France[1].

La pratique de l'incinération a complètement disparu d'Europe pendant tout le Moyen Âge et les Temps Modernes.

Période moderne et contemporaine[modifier | modifier le code]

Illustration d’un four crématoire de la fin du XIXe siècle.
Four crématoire pour les animaux

La crémation des morts est réapparue en Europe au XIXe siècle dans les pays protestants, notamment en Allemagne, et en France sous la Troisième République pour les athées.

En France, le Conseil municipal de Paris, autorise en 1885, l’établissement au cimetière de l’Est – actuel cimetière du Père-Lachaise – d’un four crématoire destiné à l’incinération des débris humains provenant des amphithéâtres de dissection et des corps non réclamés dans les hôpitaux ainsi que les ossements humains trouvés dans des fouilles[2].

Utilisation dans les camps de concentration allemands[modifier | modifier le code]

S'il existait des fours crématoires dans la plupart des camps de concentration nazis pour brûler tous les cadavres, ce n'était pas seulement par crainte des épidémies de typhus[3]. Dans les camps d'extermination nazis, ils étaient utilisés pour la destruction des corps et la disparition des traces[4].

Ils sont ainsi devenus le symbole de la Shoah. Devant le four, une première équipe tond les cadavres, pour en récupérer les cheveux, puis une seconde arrache les dents en or ou les alliances. Chaque jour, le IIIe Reich récupère 8 à 10 kg d'or dentaire. Les cadavres brûlent en vingt minutes. À Auschwitz, les cendres sont transportées par camion jusqu'à la Vistule toute proche, où elles sont dispersées dans le fleuve[5].

On peut se faire une idée de leur rendement par une lettre du 28 juin 1943 du bureau central de construction d'Auschwitz, chargé de la réalisation des crématoires : l'ingénieur Rudolf Jährling, de la société Topf und Söhne qui fournissait les fours crématoires à Auschwitz, transmet le résultat de ses calculs au SS-Generalmajor Hans Kammler, soit une capacité de crémation des cinq crématoriums d'Auschwitz de 4 756 personnes par jour à raison de 24 heures de travail par jour, cohérente avec les chiffres donnés par les historiens sur le nombre de personnes gazées à Auschwitz[6],[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Hatt Jean-Jacques. Mausolée et four crématoire gallo-romains à Mackwiller (Bas-Rhin). In: Gallia. Tome 25 fascicule 1, 1967. p. 75-85.
  2. Conseil municipal de Paris. Rapports et documents. Année 1885. Paris, Imprimerie municipale, 1886.
  3. (en) Robert Jan Van Pelt, The Case for Auschwitz: Evidence from the Irving Trial, Indiana University Press, (ISBN 0-253-34016-0), p. 122-125.
  4. Yves Ternon, Histoire de la médecine SS ou le mythe du racisme biologique, Casterman, , partie 2, chap. III (« Les technocrates de l'extermination »), p. 131.
  5. Philippe Aziz, Les médecins de la mort, vol. 2 : Joseph Mengele ou l'incarnation du mal, Famot, , p. 132-133.
  6. L'historien Robert Jan van Pelt a donné la référence précise de ce document : Bischoff to Kammler, 28 June 1943, Osobyi Moscow, ms.502/1–314; USHRI Washington, microfilm RG 11.001M.03–41 (The Case for Auschwitz: Evidence from the Irving Trial, Robert Jan Pelt, Indiana University Press, 2002, p. 517, note 81).
  7. Source : Site de la firme Topf und Söhne.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Sur les autres projets Wikimedia :