Tom Gutt

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Tom Gutt
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Tom Gutt, né le à Woking (Angleterre) et mort le à Bruxelles, est un écrivain et éditeur belge.

Il est considéré comme l'élément le plus représentatif et le plus actif de la deuxième génération du surréalisme en Belgique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Tom Gutt est le petit-fils du ministre des Finances Camille Gutt. Il naît en Angleterre où s'est réfugiée sa famille durant la guerre, avant de regagner Bruxelles en 1945. En 1958 il rencontre Marcel Mariën et Paul Nougé et en 1959 Mariën en fait l'acteur principal de son film L'Imitation du cinéma, pamphlet antireligieux dont la projection est interdite en France. Il fonde en 1960 la revue et les éditions Après Dieu, puis en 1963 la feuille Vendonah, d'après le nom, supposé signifier « celui qui bouscule tout sur son passage », d'un Indien dans le film La Splendeur des Amberson d'Orson Welles d'après le roman de Booth Tarkington (29 numéros de mai 1963 à décembre 1964). La même année Gutt réalise un tract (Un ton plus bas !) contre une conférence de Marc Eemans, ancien collaborateur et perturbe quelques jours plus tard une deuxième conférence. Plusieurs autres tracts suivent, notamment Haut les mains contre le Mouvement d'Action civique, d'extrême droite, Épode à la boue 3 dans lequel les signataires refusent d'accomplir leur service militaire et Le vent se lève qui prend la défense d'une œuvre exposée par Roger Van de Wouwer (une Vénus de Milo portant une bande hygiénique) (Canonne, p. 200-201 et 204). Il est alors l'acteur principal de « la reconstitution d'un groupe surréaliste en Belgique » (Canonne, p. 204).

Avocat au barreau de Bruxelles à partir de 1964, Tom Gutt devient l'intime de Louis Scutenaire et d'Irène Hamoir et fonde en 1968 la collection Une Passerelle en papier, en octobre 1972 la revue Le Vocatif (250 numéros en décembre 1987). Il œuvre alors décisivement en tant qu'éditeur à la reconnaissance des poètes de la première génération du surréalisme belge, Scutenaire et Irène Hamoir mais aussi Nougé, Goemans, Marcel Lecomte, Mariën, Paul Magritte, publiant simultanément de nombreux ouvrages, souvent illustrés par sa femme Claudine Jamagne. En 1974 Tom Gutt et Claudine Jamagne ouvrent à Ixelles la galerie La Marée, du nom de la boutique du poissonnier dont elle occupe les lieux, où sont exposés les œuvres de Mariën, Gilles Brenta, André Stas, Max Servais, Roger Van de Wouwer, Robert Willems ou Adrien Dax.

Sous le pseudonyme de « Thomas Rien », Tom Gutt publie en 1985 sous le signe des éditions « Frappez au Miroir » (titre d'une plaquette de Scutenaire parue en 1939 avec des dessins de Magritte) Cette mémoire du cœur. Fragments pour un Monte-Cristo suite et fin. Dans ce roman-collage de 430 pages Gutt achève à sa façon l'ouvrage de Dumas en faisant intervenir, sous des noms assez transparents, certains de ses proches, notamment Scutenaire (Jean-Louis Centurion), Nougé (Paul Pneu), Magritte (Dimanche), Mariën (Emène), Roger van de Wouwer (Roger du Veneur), Jacques Wergifosse (Jacques Lavergefausse), Gilles Brenta (Gil Brentasse), Michel Thyrion (Michel Latire).

Tom Gutt s'associe à plusieurs tracts : Ne pas tendre la main (1989) contre la « fatwa » lancée contre Salman Rushdie, Cela s'est passé près de chez vous (1989) et Le Marchand des temples (1990) contre le peintre Somville, Tombola du soir (1990) contre le critique Jan De Decker, Saint-Pol Roux (1991) contre le peintre Marc Eemans, Une Porte veuve de clenche et Le Trille de la truie (1991) contre l'écrivain Nadine Monfils, La Franchise (1992) à l'occasion d'une saisie des œuvres de Jan Bucquoy, La Selle frantôme (1992) contre la critique Danièle Gillemon[1].

Tom Gutt réalise par ailleurs plusieurs expositions d'objets et collages (1975, 1978 et 1987 avec des préfaces de Scutenaire et d'Irène Hamoir, à la galerie Isy Brachot, 1989, 1991 avec une préface d'Irène Hamoir). Il est en 1994 l'exécuteur testamentaire d'Irène Hamoir pour le legs « Irène Scutenaire-Hamoir » aux musées royaux des beaux-arts de Belgique dans lequel figurent notamment les nombreuses œuvres de Magritte (plus d'une vingtaine de peintures, d'une vingtaine de gouaches, d'une quarantaine de dessins, etc.) qui étaient aux murs de leur maison de la rue de la Luzerne. Il meurt en 2002. Le livre de Xavier Canonne Le Surréalisme en Belgique, 1924-2000, publié à Bruxelles en 2006 et à Paris en 2007, est dédié « À la mémoire de Tom Gutt qui soufflait sur les braises » et présente de nombreuses reproductions de ses objets.

Jugement[modifier | modifier le code]

« Son gang et lui, c'est de très loin ce qu'il y a de meilleur dans le sillage du bateau surréaliste. »

— Louis Scutenaire, lettre à José Vovelle, avril 1968, cité dans Xavier Canonne, Le surréalisme en Belgique, 1924-2000, Fonds Mercator, Bruxelles, 2006 ; Actes Sud, Paris, 2007, p. 206

Bibliographie sélective[modifier | modifier le code]

  • Projet de réforme de la lettre A entaché d'erreurs alphabétiques, Éditions Après Dieu, Bruxelles, 1959.
  • Bucolque, [publié anonymement], couverture d'Yves Bossut, Bruxelles, 1959.
  • Art poétique, en collaboration avec Jean Wallenborn, Éditions Après Dieu, Bruxelles, 1960.
  • Les Grandes invasions, en collaboration avec Jean Wallenborn, couverture d'Yves Bossut, Éditions Après Dieu, Bruxelles, 1960.
  • Souvenirs de l'être, [signé : d'Orbach], frontispice d'Yves Bossut, Éditions Après Dieu, Bruxelles, 1961.
  • À la mémoire du givre, dessin d'Yves Bossut, Éditions Après Dieu, Bruxelles, 1963.
  • Chroniques du dégel, Éditions Après Dieu, Bruxelles, 1964.
  • Eudores, avec trois dessins d'Yves Bossut, Éditions Après Dieu, Bruxelles, 1966.
  • Treize pétales treize sépales, illustrations de Marc Moulin, Éditions Après Dieu, Bruxelles, 1967.
  • Ambages, dessins d'Yves Bossut, Marc Moulin et Roger van de Wouwer, Bruxelles, 1967.
  • Devoirs de vacances, [en collaboration avec Michel Thyrion et Jean Wallenborn], deux dessins d'Yves Bossut, Bruxelles, 1968.
  • L'Ordre alphabétique (1967-1970), douze dessins de Roger van de Wouwer, prière d'insérer de Louis Scutenaire, Bruxelles, 1970.
  • Le Pain perdu (1968-1970), dessins d'Yves Bossut, Bruxelles, 1970.
  • L'Œuf de la pluie, dessins d'Yves Bossut, 1970.
  • La Partie remise [publié anonymement], Leyden, 1971.
  • Choix de poèmes dans Christian Bussy, Anthologie du surréalisme en Belgique, Gallimard, Paris, 1972.
  • Un Mal héréditaire, précédé de "Le Séton" par Louis Scutenaire, Bruxelles, 1972.
  • La Désertion permanente, un dessin et soixante dix culs de lampe de Claudine Jamagne, Bruxelles, 1973.
  • Les Aventures d'un paysage, Les Lèvres nues, Bruxelles, 1973.
  • Le Coup d'État dans l'eau, Hommage à Pizzetta, Bruxelles, 1973.
  • Clins, vint vignettes de Claudine Jamagne, Les Lèvres nues, Bruxelles, 1975.
  • Les Travaux forcés, Bruxelles, 1975.
  • Tiens ma main, frontispice de Claudine Jamagne, Bruxelles, 1975.
  • Le Double Sens, images de Marcel Mariën, Les Lèvres Nues, Bruxelles, 1976.
  • Le Champ de la Mer morte, neuf dessins de Claudine Jamagne, Bruxelles, 1976.
  • Le Secrétaire perpétuel, précédé de Scribain de voyage, quatre dessins de Claudine Jamagne, Bruxelles, 1977.
  • Manèges, dessins de Robert Willems, Brassa, Bruxelles, 1977.
  • Fenêtres de blé, avec vingt-huit fenêtres de Colette Deblé, Bruxelles, 1978.
  • Presque rien, Éditions de l'Orycte, Sigean, 1979.
  • Le Voyeur myope, illustrations de Marcel Mariën, Les Lèvres nues, Bruxelles, 1987.
  • Cette mémoire du cœur, Fragments pour un Monte-Cristo suite et fin, [sous le pseudonyme de Thomas Rien], Frappez au miroir, Bruxelles, 1985, 438 p.
prix triennal du roman de la Communauté française de Belgique 1988
  • Repli des actions, dessins de Gilles Brenta, Bruxelles, 1986.
  • Chansons pour Zaza, Bruxelles, 1989.
  • Avec si peu de poudre (1989-1990), dix dessins de Claudine Jamagne, Bruxelles, 1990.
  • Lieder, lavis de Colette Deblé, Les marées de la nuit, Morlanwelz, 1990.
  • La Soupe au poids, vingt-cinq images de Gilles Brenta, Les trois petits cochons, Bruxelles, 1999.
  • L'Arrêt, Les trois petits cochons, Bruxelles, 2001.
  • L'Avenir du charbon, L'ami pirate, Bruxelles, 2001.
  • L'Arrière-chant, Bruxelles, 2002.
  • Les Grands retours, en collaboration avec Jean Wallenborn, Les trois petits cochons, Bruxelles, 2002.
  • Jadis est notre camarade, quatre images de Gilles Brenta, Bruxelles, 2002.
  • La Queue et les seins, quinze dessins de Claude Galand, Les trois petits cochons, Bruxelles, 2003.

Sur les peintres[modifier | modifier le code]

  • Yves Bossut, 1967.
  • La Main souveraine (Roger van de Wouwer), Les Éditions de la Serfouette, Anvers, 1968.
  • Claudine Jamagne, Dominique Libert, galerie La Marée, Bruxelles, 1975.
  • Gilles Brenta, galerie La Marée, Bruxelles, 1976.
  • Gilles Brenta, "Bien entendu", galerie La Marée, Bruxelles, 1980.
  • Gilles Brenta, Café des Arts, Namur, 1983.
  • Gilles Brenta, galerie La Marée, Bruxelles, 1987.
  • Gilles Brenta, galerie FMR, Bruxelles, 1989.
  • Gilles Brenta, "De la déroute de la déroute", galerie Simonson, Bruxelles, 1990.
  • Gilles Brenta, "Sans se retourner", chez Aline Jaffe, Paris, 1990.
  • Gilles Brenta, "Jadis est notre camarade", Les Trois Petits Cochons, Bruxelles, 2002.

Sur Tom Gutt[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : Source utilisée pour la rédaction de l’article

  • Tom Gutt, textes d'Yves Bossut, Michel Thyrion, Claudine Jamagne, Galerie La marée, Bruxelles, 1975.
  • Tom Gutt, textes d'Irine et Louis Scutenaire, Galerie Isy Brachot, Bruxelles, 1978.
  • Tom Gutt, textes de Louis Scutenaire et Irine, Galerie Isy Brachot, Bruxelles, 1987.
  • Tom Gutt, texte de Jean Wallenborn, Galerie Simonson, Bruxelles, 1989.
  • Tom Gutt, texte d'Irène Hamoir, Michel Thyrion, Jean Wallenborn, Librairie Gérard Crucis, Bruxelles, 1991.
  • Irène, Scut, Magritte & C°, Bruxelles, Musées royaux des beaux-arts de Belgique, 1996, 558 p. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Philippe Dewolf, Tom Gutt tel qu’en lui-même, sans relâche et sans relève, dans Europe, "Les surréalistes belges", n° 912, Paris, avril 2005 (p. 207-214) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Xavier Canonne, Le Surréalisme en Belgique, 1924-2000, Fonds Mercator, Bruxelles, 2006 (ISBN 90-6153-659-6); Actes Sud, Paris, 2007, 352 p (ISBN 9782742772094) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Christian Bussy, Les surréalistes au quotidien : petits faits vrais, préface d'Olivier Smolders, Bruxelles, Les impressions nouvelles, 2007 (ISBN 978-2-87449-028-6)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Xavier Canonne, Le surréalisme en Belgique, 1924-2000, Bruxelles, 2006 et Paris, 2007, p. 296-297

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]