Thomas Ier de Constantinople

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Thomas Ier de Constantinople
St thomas de constantinople.jpg
Fonction
Patriarche de Constantinople
Biographie
Naissance
Date inconnueVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Activité
Autres informations
Religion
Étape de canonisation
Prélat (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Thomas Ier de Constantinople (en grec : Θωμάς Α΄) est patriarche de Constantinople de 607 à 610. Le patriarche Saint Thomas de Constantinople fut en poste pendant la première décennie du VIIe siècle ; soit de 607-610. Sa date de naissance demeure inconnue, mais sont patriarcat débute le jusqu'à son décès survenu le , quelque temps après avoir contracté une maladie inconnue a cette époque. On se souvient surtout de Thomas pour sa réaction à un présage inquiétant en Asie Mineure qui est apparu pendant son mandat de patriarche. Il vécut sous le règne de l’empereur Maurice et l’empereur Phocas, mais aussi sous le patriarcat de Jean le Rapide et Cyriacus[1]. Après la mort du saint patriarche Cyriacus (595-606), saint Thomas fut élevé sur le trône patriarcal en 607 par l’empereur byzantin largement contesté Phocas (602-610). Le saint se préoccupa de toutes les manières possibles des besoins spirituels de son troupeau. Le titre de patriarche est donné à l’archevêque orthodoxe de Constantinople. Saint Thomas, patriarche de Constantinople, fut d'abord prêtre. Plus tard, sous le saint patriarche Jean IV (582-595), il fut nommé « sakellario » dans la Grande Église d’Hagia Sophia à Constantinople[1]. On suppose donc généralement que les sakellarios ont dirigé la « trésorerie ». Du moins un terme avec le sens apparent de « trésorerie » ou plus spécifiquement d'argent. Malgré l'origine du terme, les sakellariois du début de la période byzantine (Ve-VIIe) siècle ne sont pas directement liés aux questions financières. Ils semblent plutôt liés à la cour impériale, portant des titres judiciaires tels que spatharios ou koubikoularios, alors que certains titulaires de la charge se voyaient confier des tâches nettement non financières: l'empereur Héraclius (610-641) nommait le sakellario ; Theodore Trithyrius pour commander une attaque contre les Arabes, tandis qu'un autre sakellario a mené l'examen de Maxime le Confesseur sous Constant II (641–668).

Une période trouble[modifier | modifier le code]

Après la mort de l’empereur Justinien en 565, l’empire est dans un état extrêmement précaire. En effet, les conflits de succession ne cessent de survenir. Justinien (527-565) sera suivi de Justin II (565-578) qui sera suivi par Tibère II Constantin (578-582) qui sera suivi de Maurice (582-602). Maurice sera renversé par Phocas (602-610) qui sera lui-même renversé à son tour par Héraclius (610-641).[1] De 565 à 610, l’Empire byzantin change d’administration impériale à six reprises. De plus, la pentarchie va se voir morcelée progressivement[2].  C’est-à-dire que l’union des cinq évêques les plus importants de l’église chrétienne ; l’évêque de Rome (le pape), l’évêque de Constantinople, l’évêque d’Antioche, l’évêque de Jérusalem et l’évêque d’Alexandrie sera brisée. Finalement, seul le patriarche de Constantinople va demeure dans l’Empire[3]. Cela va débuter avec la prise d’Alexandrie par Héraclius ainsi que par Jérusalem par les Arabes.

De plus, l’on  peut observer une réduction des villes, et même en voir plusieurs disparaitre. En effet, la peste bubonique fait rage dans les cités de l’Europe et Constantinople n’y fait pas exception.[1] De puis 541, c’est-à-dire la période Justinienne, celle-ci frappe tous les 20 ans jusqu’en 767. La peste s’ajoute aux phénomènes météorologiques de 535-536 qui va marque les siècles à suivre. En effet, une éruption volcanique va propulser de la  cendre dans l’atmosphère ce qui aura pour effet de masquer, en partie, la lumière du soleil[4]. Le changement climatique de 535-536 aura de lourdes conséquences sur la population byzantine. Les conséquences de ces évènements seront des récoltes agricoles très faibles ainsi qu’une famine généralisée. De plus, un épais brouillard a aussi pue être observé dans le Moyen-Orient et l’Europe. L’on peut donc comprendre l’évènement qui entoure la nomination de Patriarche St-Thomas par Phocas ainsi que les contestations sociales dues à la famine et à la situation dépérissant à Constantinople et dans l’Empire byzantin en général.

Le présage de Saint-Thomas[modifier | modifier le code]

St thomas de constantinople.jpg

Pendant le patriarcat de Saint Thomas, un présage inquiétant est apparu dans le pays de Galatie en Asie Mineure. Les lourdes croix portées lors des processions de l'église ont commencé à trembler et à se frapper les unes contre les autres. Le clairvoyant aîné, saint Théodore Sykeotes, a expliqué le sens de cet augure[5]. Il a dit que des désaccords et des catastrophes attendaient l'Église et que l'État était en danger d'invasion barbare[6]. En entendant cela, le saint devint terrifié et demanda à Saint Théodore de prier pour que Dieu prenne son âme avant que ses prédictions ne se réalisent. Les invasions en question seront celles des Arabes au sud-est et des Bulgares au nord. Après la mort du saint patriarche Thomas en 610, des troubles ont commencé dans l'Église. Le successeur de saint Thomas, le patriarche Sergius (610-638), tomba dans l’hérésie monothélite. Par le biais de la dispensation de Dieu, une guerre éclata avec la Perse, qui s’avéra douloureuse pour Byzance. Les régions grecques d'Asie Mineure ont été complètement dévastées, Jérusalem est tombée et la Croix du Seigneur qui a créé la vie a été capturée et emmenée en Perse. Ainsi, tous les malheurs présumés par le patriarche St-Thomas lors de la procession de l'église se sont produits.

En conclusion, le règne du patriarche Thomas 1er fut assez cour et très peu fournie en évènement. Il est principalement reconnu pour son présage de l’envahisseur barbare. Par contre, les circonstances autour de la nomination du saint Patriarche Thomas en 607 sont assez tumultueuses. En effet, l’Empire byzantin à cette période est morcelé par les conflits internes, mais aussi aux conflits externes. Heureusement pour le saint patriarche Thomas 1er, ça prière sera exaucé et la maladie aura raison de lui en 610, avant même le début des invasions barbares. L’Église orthodoxe honore sa mémoire le par le biais de festins et de banquet chaque année[1].

Thomas devient patriarche le , trois mois après la mort de son prédécesseur. Il meurt lui-même le [7].

Thomas le Patriarche a été canonisé par l'Église orthodoxe. Sa fête est célébrée le 21 mars par les Églises qui suivent le calendrier julien et le 3 avril par celles qui utilisent le calendrier grégorien.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Serbian Orthodox Church - St Thomas, Patriarch of Constantinople », sur www.serbianorthodoxchurch.net (consulté le 20 avril 2019)
  2. (en) « St. Thomas the Patriarch of Constantinople », sur oca.org (consulté le 20 avril 2019)
  3. H. S. Sivan, « Byzantium: The Bridge from Antiquity to the Middle Ages », History: Reviews of New Books, vol. 30, no 3,‎ , p. 125–126 (ISSN 0361-2759 et 1930-8280, DOI 10.1080/03612759.2002.10526168, lire en ligne, consulté le 20 avril 2019)
  4. Cyril Mango, « Septime Sévère et Byzance », Comptes-rendus des séances de l année - Académie des inscriptions et belles-lettres, vol. 147, no 2,‎ , p. 593–608 (ISSN 0065-0536, DOI 10.3406/crai.2003.22583, lire en ligne, consulté le 20 avril 2019)
  5. Bernard Charbonnel, « Préface de la deuxième édition », dans Éducation thérapeutique, Elsevier, (ISBN 9782294704673, lire en ligne), viii–ix
  6. Cécile Morrisson, « Chapitre XI. Monnaie et finances dans le monde byzantin (1204-1453) », dans Le monde byzantin III, Presses Universitaires de France, (ISBN 9782130520085, lire en ligne), p. 181
  7. Venance Grumel, Traité d'études byzantines, « I. La Chronologie : Patriarches de Constantinople », p. 435.

Lien externe[modifier | modifier le code]