Joseph II de Constantinople

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Le patriarche Joseph II.

Joseph II de Constantinople (en grec : Ιωσήφ Β΄ ; né vers 1360, mort à Florence en 1439) fut patriarche de Constantinople de 1416 à 1439.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né en 1360, Joseph est généralement considéré comme un fils illégitime d'Ivan Chichman, tsar de Bulgarie, et d'une noble grecque de la famille des Philanthropènes[1]. Une autre hypothèse, considérant que la parternité d'Ivan Chichman serait trop précoce, en fait un fils d'Ivan Alexandre[2].

On ne connait rien de sa jeunesse avant qu'il ne devienne moine au Mont Athos. Il est nommé métropolite d'Éphèse en 1393, année de la destruction du royaume de Bulgarie, et deux ans après la conquête de la ville par les Ottomans. Vitalien Laurent voit dans cette promotion l'appui de son demi-frère Alexandre, devenu musulman et qui avait été nanti d'un fief en Anatolie[3], mais aussi l'influence de l'empereur Manuel II Paléologue qui souhaitait se rapprocher de la tante de Joseph, Tamara, donnée comme épouse au sultan Mourad Ier en 1375.

Malgré son manque d'instruction séculière et la faiblesse de ses connaissances théologiques, il est élu patriarche de Constantinople le [4]. En 1422, il a une première conférence avec Antoine de Messine, envoyé du Pape Martin V, sur les possibilités d'union des deux Églises.

Le , il quitte Constantinople avec l'empereur byzantin Jean VIII Paléologue, 23 évêques métropolitains et d'innombrables savants et des théologiens pour assister au concile général[5]. La délégation arrive à Venise le 8 février suivant et se rend à Ferrare pour l'ouverture du concile, le . Le 9 juin, après de longues négociations[6]. Il accepte de vive voie et par écrit le principe de l'union qui doit être entérinée au concile de Florence, dont la première réunion se tient le [7].

Bien qu'à Florence, il ait été cantonné dans le Palazzo Ferrantini, il est représenté dans les fresques de Benozzo Gozzoli dans la chapelle des Mages du Palazzo Medici-Riccardi, qui célèbre l'entrée dans la ville des dignitaires byzantins.

Joseph II, âgé de près de 80 ans et malade, meurt à Florence le [8]. Sa disparition cause un grand émoi parmi les participants au concile, car il était un « fervent partisan de l'union entre les Églises ». L'empereur Jean VIII propose le métropolite de Nicée Basilius Bessarion, présent à Florence, comme successeur. Ce dernier, conscient des difficultés à venir auprès des populations grecques, refuse mais obtient le cardinalat du Pape. Il a finalement comme successeur à la tête de l'Église de Constantinople Métrophane II, qui est nommé par l'empereur Jean VIII Paléologue en raison de ses sentiments pro-unioniste.

La tombe de Joseph II, située dans l'église du couvent dominicain de Santa Maria Novella à Florence, existe encore, avec un portrait en fresque élaborée dans un style pseudo-byzantin.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Vitalien Laurent, « Les origines princières du patriarche de Constantinople Joseph II († 1439) », dans Revue des études byzantines, tome 13, 1955, p. 131-134.
  2. Ivan Dujčev, « À propos de la biographie de Joseph II, patriarche de Constantinople », dans Revue des études byzantines, tome 19, 1961, p. 333-339.
  3. Gouverneur ottoman d'Éphèse et de Smyrne jusqu'à sa mort en 1419 dans une expédition contre une secte hérétique turque de la presqu'île de Karaburun.
  4. Ivan Djuric, Le Crépuscule de Byzance, Maisonneuve & Larose, Paris, 1996 (ISBN 2-7068-14097-1[à vérifier : ISBN invalide]), p. 187.
  5. Ivan Djuric, op. cit., p. 305.
  6. Selon Ivan Djuric, « le patriarche Joseph II était généralement soumis pendant le concile à l'influence de l'empereur et à ses idées sur l'union, bien qu'il n'entendît pas grand-chose aux disputes théologiques, il défendait malgré tout avec ardeur sa propre autorité du moins quand il s'agissait de la forme et de la prééminence ».
  7. Ivan Djuric, op. cit., p. 322.
  8. Ivan Djuric, op. cit., p. 323.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]