Tesson (Charente-Maritime)

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Tesson
Tesson (Charente-Maritime)
Le bourg de Tesson.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Charente-Maritime
Arrondissement Saintes
Canton Thénac
Intercommunalité Communauté de communes du canton de Gémozac et de la Saintonge Viticole

Pays de Saintonge romane

Maire
Mandat
Gérard Bouton
2014-2020
Code postal 17460
Code commune 17441
Démographie
Gentilé Tessonnais
Population
municipale
1 014 hab. (2015 en diminution de 2,41 % par rapport à 2010)
Densité 84 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 37′ 55″ nord, 0° 39′ 11″ ouest
Altitude Min. 34 m
Max. 58 m
Superficie 12,13 km2
Localisation

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Tesson est une commune du sud-ouest de la France, située dans le département de la Charente-Maritime (région Nouvelle-Aquitaine).

Ses habitants sont appelés les Tessonnais et les Tessonnaises[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune de Tesson se situe dans le centre du département de la Charente-Maritime, en région Nouvelle-Aquitaine, dans l'ancienne province de Saintonge.

Appartenant au midi de la France - on parle parfois de « midi atlantique » - [2], au cœur de l'arc atlantique, elle est partie intégrante du Grand Sud-Ouest français, et est parfois également incluse dans un Grand Ouest aux contours plus flous.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Tesson
Thénac Préguillac
Rioux Tesson Berneuil
Saint-Simon-de-Pellouaille Villars-en-Pons

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous les formes Tecione, Tectione et Tezone entre 1085 et 1095 (chartes en latin de l’abbaye de Saint Florent, près de Saumur)[3], Thessac (liste des paroisses de l’archiprêtré de Pons du diocèse de Saintes figurant dans les pouillés (inventaire de bénéfices ecclésiastiques) de 1648 et 1683)[4].

Il s'agit d'une formation toponymique gallo-romane, basée sur le gaulois tasgos, tascos, taxos « blaireau » continué par le bas latin taxo, ionis « blaireau » et l'ancien français taisson ou tesson, dont le dérivé taxonaria a donné tasnière, taisnière, puis tanière en français moderne. Il est suivi du suffixe de présence gallo-roman -ŌNE, d'où une forme initiale gallo-romane *TAXIONE, ayant régulièrement évolué en Tesson. Les premiers habitats se seraient donc édifiés dans un endroit où des blaireaux avaient coutume d'aménager leurs tanières.

Il existe cependant une hypothèse alternative qui considère que le toponyme Tesson est le nom d'une ancienne villa gallo-romaine appartenant à un certain Tessius[5] ou Thessius[6]; suivi du même suffixe gallo-roman de présence -ŌNE, d’où en bas latin Tessione(m) « domaine de Tessius ».

En revanche, les toponymistes ne prennent pas en compte la forme rapportée Thessiac qu'ils considèrent sans doute comme fautive ou se rapportant à un autre lieu.

Histoire[modifier | modifier le code]

Situé sur la route du bronze entre Merpins (près de Cognac) et la côte atlantique, le territoire actuel de la commune de Tesson a été habité depuis une longue période. Dans le hameau le Maine au lieu dit les Bouillées ont été découverts en 1876 des éléments d'une tombe à char [7] avec des armes et outils préhistoriques, dont un poignard anthropoïde d’apparat (le haut de la poignée a la forme d’un corps humain) datant de 150 av. J.-C. Il est conservé au musée d’archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye.

Au Moyen Âge, le village est situé sur la route des pèlerinages de Saint Jacques de Compostelle. Deux étranges sculptures en haut relief figurant, l’une un pèlerin, l’autre un brigand armé d’une hache, des deux côtés du fronton de l’église romane du village (édifiée à la deuxième moitié du XIIe siècle) rappellent cette époque.

Au début du XVIe siècle, la seigneurie de Tesson appartint à la famille Gombaud, puis passa aux Brémond puis aux Guinot.

Tesson connaît au XVIIIe siècle une renommée lorsque Étienne Guinot, seigneur de Tesson, titré marquis de Monconseil en 1729, lieutenant général des armées du Roi en 1748, se retira sur ses terres en 1760 après une belle carrière militaire. Il y (re)construit l’un des plus beaux châteaux de la région saintongeaise, démoli au XIXe siècle, et fit édifier dans le bourg des halles, toujours visibles, afin que Tesson puisse accueillir des foires et des marchés, ainsi qu’un hospice.

C’est au XVIIIe siècle aussi que débute l’exploitation des carrières. La belle pierre de taille de Tesson, très réputée et utilisée pour la construction notamment de maisons et demeures dans la commune et loin ailleurs dans le département, connut longtemps une activité florissante. L’exploitation cessa en 1960 et la rue, ou route, des Carrières permet d’en retrouver la trace des entrées.

Tesson profite au XIXe siècle du développement de la production des eaux de vie de Cognac, en particulier sous le Second Empire. Plusieurs belles maisons de maître du bourg et de fermes excentrées datent de ce siècle. En contrepartie la surface consacrée à l’exploitation des céréales diminue et, du fait aussi, évidemment, de la concurrence des minoteries industrielles, les nombreux moulins à vent (14 dénombrés en 1820), dont l’emplacement est reflété dans la toponymie de plusieurs lieux-dits de la commune, sont désaffectés voire pour la plupart détruits. Il n’en subsiste que deux.

Au début de la Troisième République, Tesson, qui a atteint un pic démographique en 1866 (762 habitants, contre 573 en 1806), souffre comme les autres communes viticoles des Charentes de l’impact de la crise du phylloxéra (1875). Touchée aussi dans sa jeune population par les victimes de la Première Guerre mondiale, elle ne dépassera ce niveau de 1866 qu’à la fin des années 1980.

L’ouverture de la ligne de chemin de fer Saintes-Mortagne-sur-Gironde en 1894 qui traverse le bourg - avec un arrêt (face à la boulangerie actuelle) qui était encore visible jusqu’aux années 2000 - fut néanmoins un élément positif qui rapproche le bourg de Saintes. La ligne sera fermée en 1947.

En 1938 la commune est incluse dans l’aire de production du cru dit Fins Bois de la région délimitée pour la production du cognac, par le décret du 13 janvier 1938 qui a entériné les aires des six crus de cognac en fonction des caractéristiques des sols, ce qui marque un avantage comparatif pour Tesson par rapport à des communes voisines plus à l’ouest ou plus au sud qui sont seulement dans l’aire Bons Bois.

Depuis le début des années 1980 la commune connaît un regain démographique grâce au maintien ou à la création de commerces et services (boulangerie, boucherie, restaurant, épicerie multiservices…) et à de nouveaux lotissements et constructions individuelles qui lui permettent de profiter notamment de la proximité de la ville de Saintes. En 2008, elle franchit le seuil des 1 000 habitants.

Administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Mairie.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1977 2014 Guy Boireaud DVG  
2014 en cours Gérard Bouton DVG[8] Retraité

Région[modifier | modifier le code]

À la suite de la réforme administrative de 2014 ramenant le nombre de régions de France métropolitaine de 22 à 13, la commune appartient depuis le à la région Nouvelle-Aquitaine, dont la capitale est Bordeaux. De 1972 au , elle a appartenu à la région Poitou-Charentes, dont le chef-lieu était Poitiers.

Démographie[modifier | modifier le code]


L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[9]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[10].

En 2015, la commune comptait 1 014 habitants[Note 1], en diminution de 2,41 % par rapport à 2010 (Charente-Maritime : +2,83 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
716643573643638632643657681
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
663727762707717721694651673
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
672683645561550603601584566
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
5605575467057588129669881 010
2013 2015 - - - - - - -
9951 014-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[11] puis Insee à partir de 2006[12].)
Histogramme de l'évolution démographique

Personnage célèbre[modifier | modifier le code]

La pertinence de cette section est remise en cause. Considérez son contenu avec précaution. Améliorez-le ou discutez-en. (février 2015)
Article détaillé : Étienne Guinot de Monconseil.

L'intitulé de cette section est au singulier car il n’y a qu’un seul personnage notoire : le marquis Étienne Louis Antoine Guinot de Monconseil (1695-1782)[13], seigneur de Tesson, ainsi que de Thénac, Courcoury et Rioux, qui fut l'un des plus illustres Saintongeais du XVIIIe siècle.

Il est né en septembre 1695 (selon les sources, le 13 ou 15 voire le 16) soit dans la paroisse Saint-Pierre de Saintes, soit au château de Tesson, dans une famille de noblesse alors très proche de ses origines et dont la devise était Pro Deo et rege. Elle avait ajouté à son nom de Guinot celui de sa terre de Monconseil qu’elle possédait à Thenac.

En 1708, à 13 ans, il fait ses débuts à Versailles, à la Cour de Louis XIV, où il est nommé page à la Petite Ecurie du Roi (9 mai 1708). Il eut la maladresse, un soir, de mettre un début de feu à la perruque du roi avec un chandelier, alors que ce dernier sortait de l’appartement de Madame de Maintenon ; Louis XIV lui pardonna. Mais Guinot en gardait encore, soixante-dix ans après, le souvenir aigu, comme en atteste le journal de Henriette Lucy Dillon[14], la femme de l’un de ses petits-fils, le Marquis de la Tour du Pin.

En 1713, à 18 ans, il entre chez les Mousquetaires du Roi. En 1717, il est nommé enseigne puis lieutenant au régiment des Gardes françaises. Pendant la Régence, il joue et gagne beaucoup à la roulette et au biribi, ce qui lui permet d’acheter en 1722 pour 40 000 livres - en s’endettant aussi malgré tout - la charge de colonel du régiment de Lionne. Ce régiment prit officiellement le nom de son nouveau colonel en 1723 mais aussi le surnom, vu les origines de son acquisition, de Royal Biribi.

Monconseil rejoignit en Alsace son régiment qui, par ordre du Roi, était chargé de veiller à la sécurité de l’ex-Roi de Pologne, Stanislas Leczinski, alors en exil à Wissembourg. Il y rencontra Cécile Thérèse Pauline de Rioult de Curzay (1707-1787), dame d’honneur de l’ex-reine de Pologne, une belle et intelligente jeune femme, fort spirituelle et bien en vue qu’il épousa en novembre 1725.

Nommé le mois de son mariage (novembre 1725) introducteur des ambassadeurs et des princes étrangers auprès du roi de France, charge dont il se démit en 1730, il eut ensuite une belle carrière militaire, participant à de nombreuses campagnes entrecoupées de longs séjours en Saintonge, notamment en son château de Tesson. Brigadier puis inspecteur général d’infanterie en 1734, il fut fait en 1748 lieutenant-général des armées du Roi (équivalent de général de division). En 1751 il est nommé commandant pour Sa Majesté (gouverneur) à Colmar en Haute-Alsace.

Outre sa bravoure et ses qualités personnelles, les nombreuses relations et intrigues, parfois galantes, de son épouse ont favorisé son brillant parcours. Elle restait à la Cour et en Île-de-France, menant joyeuse vie et donnant des fêtes très courues dans le pavillon de Bagatelle près de Paris, dont elle obtint la jouissance en 1747.

Elle parvint en 1729 à obtenir du Roi qu’il érige, pour son époux, les terres de Courcoury, Tesson et Monconseil en « marquisat de Guinot », avec le consentement préalable de Louis de Lorraine, prince de Pons, suzerain de ces terres. Malgré les termes explicites de la charte royale, il fut constamment appelé par la suite, y compris dans les actes officiels et notariés, « Marquis de Monconseil », ce qui était sans doute plus euphonique que Marquis de Guinot. Bien qu’il en portât le nom toute sa vie, il vendit sur ses vieux jours la terre de Monconseil à Thénac non sans avoir auparavant tenté réparer la demeure appelée le Grand Logis, démolie et rebâtie au XIXe siècle.

Cependant le commandant de Colmar avait une conception bien trop extensive de ses prérogatives et eut du mal à s’entendre avec les notables alsaciens. À la suite d'une lourde bévue en 1763, par ordre du Roi, il dut à 68 ans quitter l’Alsace et se retirer sur ses terres de Saintonge.

Avant de s’établir définitivement dans son pays natal il y avait heureusement étendu ses domaines par l’achat de terres. Il avait aussi entrepris d'importants travaux, dont un hôtel à Saintes en 1738 (actuel musée Dupuy-Mestreau, 4 rue Monconseil), qu’il décida de faite agrandir en 1767, ainsi qu'à partir de 1735 la construction du château de Tesson. D’après les archives, il reflétait l'influence de l’architecte Germain Boffrand.

Le reste de son existence, Guinot partagea son temps entre son château de Tesson et son hôtel particulier à Saintes où il résidait les trois mois d’hiver. Dans les dernières années de sa vie assez solitaire, il apprécia la compagnie fréquente de son gendre, le comte de la Tour du Pin, qui avait un commandement dans la région de Saintes. Il aimait aussi les visites assez régulières que lui rendait à Tesson le fils de ce dernier, son petit-fils, le jeune Frédéric Séraphin, qui vivait à Paris et deviendra plus tard ambassadeur et pair de France.

Il fit plusieurs œuvres charitables et fondations pieuses. En 1773 il décida d’établir des foires et des marchés à Tesson sous la halle qu’il fait bâtir à cet effet avec ses deniers ; il acheta aussi une maison pour servir de presbytère et loger le vicaire. En 1777 outre un don de 3 000 livres pour acheter la maison et le jardin sur lesquels fut construite l'école de chirurgie de Saintes (rue Saint-Vivien), il fonda au bourg de Tesson une maison de charité (ancien hospice) pour procurer aux pauvres habitant ses terres de Tesson, Rioux, Thénac et Courcoury, « les secours dont ils manquent dans leurs maladies ». La maison dont la façade est abrite l’actuel office notarial, fut confiée aux religieuses de la congrégation de la Sagesse, à laquelle il assura une rente à cet effet. Les sœurs étaient aussi chargées de l’éducation et de l’instruction des enfants de la paroisse.

Il mourut au château de Tesson le 14 octobre 1782 à 10 heures du matin. L’enterrement eut lieu le lendemain et il fut inhumé dans l’église de Tesson, dans la petite chapelle de transept, au sud, consacrée à Notre Dame. Sa veuve, qui avait alors dû pour des raisons financières quitter Bagatelle en 1770, mais était demeurée en Île-de-France, prit un deuil théâtral. Elle ne vint pas pour autant ni à Tesson ni en Saintonge.

Son gendre, le comte de la Tour du Pin, marié avec sa fille aînée, se chargea de régler la succession. Le comte continua à résider en Saintonge et fit de nombreux et longs séjours au château de Tesson (il portait d’ailleurs le titre de vicomte de Tesson). Il devint en 1787 commandant en chef pour les provinces de Poitou, d’Aunis et de Saintonge et fut député de la noblesse de Saintonge aux Etats Généraux de 1789. Il fut guillotiné en 1794 après avoir été le dernier ministre de la guerre de Louis XVI.

En revanche, c’est à l’autre fille du Marquis, la Princesse d’Hénin (1750-1824), que l’on doit la plaque commémorative de marbre blanc sous une croix noire qui fut apposée sur le mur est du transept de l’église de Tesson, le 15 octobre 1807 soit 25 ans après l’inhumation. Elle commanda cette plaque lors d’un passage à Tesson où elle s’était arrêtée en compagnie de Gérard de Lally-Tollendal, (1751-1830) fils légitimé de Lally-Tollendal, cet officier français d’origine irlandaise rendu responsable de la défaite française à Pondichéry en janvier 1761, condamné à mort et exécuté en 1766. La Princesse et Gérard de Lally étaient amants et amis depuis longtemps. La plaque évoque les bienfaits de Monconseil au cours de sa vieillesse édifiante mais sans le nommer, « car son testament le défendait ». Elle y est encore.

Monuments et lieux remarquables[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Grégoire[modifier | modifier le code]

Église Saint-Grégoire.

Illustrant la transition entre l'art roman et le gothique en Saintonge, l'Église Saint-Grégoire de Tesson actuelle fut édifiée pendant la deuxième moitié du XIIe siècle et classée monument historique en 1910 [15].

Elle est consacrée à Saint Grégoire, en l’occurrence Grégoire Ier dit le Grand, comme en atteste une charte de 1085 de l’Abbaye de Saint Florent près de Saumur[3]. Cette charte en latin transcrit le don fait à cette abbaye par un « Constantin le Gras, noble chevalier de Pons », qui avait fait construire l’église primitive consacrée à « Saint Grégoire, pape ».

La façade (côté ouest) comporte un portail en plein cintre encadré par deux arcs aveugles. Les voussures sont ornées de pointes de diamant. Au niveau supérieur, une élégante colonnade se termine par un fronton triangulaire. Aux deux angles du fronton, en haut-relief, deux étranges sculptures représenteraient l’attaque d’un pèlerin de Saint-Jacques-de-Compostelle avec, à gauche, un pèlerin et, à droite, un brigand armé d’une hache.

À la croisée du transept des faisceaux de colonnes sont collés aux angles pour recevoir une croisée d’ogives (début XIIIe siècle), là où une coupole était initialement prévue, voire a peut-être existé. Le mur Sud de la nef a été percé, sous deux arcs formerets, de deux ouvertures, l’une en forme de trèfle, l’autre en forme de lune.

Le clocher actuel est un ajout qui date de 1892.

La cloche de bronze, don de Jean de Brémond, seigneur de Tesson, daterait de 1583. À l’intérieur, sur le mur Est du transept, une plaque de marbre (100 cm x 50 cm) rappelle les bienfaits du marquis de Monconseil (1695-1782), la célébrité de la commune.

La croix hosannière[modifier | modifier le code]

Croix hosannière.

À côté de l'église, à l’emplacement de l’entrée de l’ancien cimetière (dont toute autre trace a disparu), est implantée une croix hosannière du XVe siècle. Toute simple, cette petite croix en pierre [15] repose sur un support à trois degrés ornés d’un motif géométrique, fixé sur une colonne quadrilobée et moulurée. À la base, un socle à deux niveaux soutient l’ensemble.

Les croix hosannières servaient notamment le dimanche des Rameaux, où l'on commémorait par une procession l'entrée du Christ à Jérusalem. Après lecture du passage de l’Évangile de saint Matthieu rapportant les faits, les fidèles passaient à tour de rôle devant la croix de pierre en jetant à ses pieds du buis béni en proclamant "Hosanna" (sauve-nous, je t'en prie en hébreu). Le buis béni était d'ailleurs aussi appelé hosanne dans les Charentes.

La halle[modifier | modifier le code]

La halle de Tesson.

En 1773 le marquis de Monconseil, seigneur de Tesson, décide l’établissement de foires et marchés ; il confie au charpentier Pierre Fabvre la construction de cet espace couvert, en forme de passage reliant la route principale à la place de l’Église. La halle[15], très bien conservée, est une galerie s’appuyant au sud sur un muret et au nord sur un mur, surmontée par une charpente en bois reposant sur une dizaine de piliers. Elle est recouverte de tuiles canal.

Jusqu’au début des années 1960, une foire mensuelle s’y tenait encore le quatrième lundi de chaque mois ; elle demeure utilisée lors de la brocante annuelle (en juin), organisée par le foyer rural de la commune.

Ancien hospice[modifier | modifier le code]

C'est maintenant le bâtiment dont l’office notarial, séparé de l’avenue Saint-Grégoire par un petit jardin attenant à la Halle, occupe le levant.

Édifié en 1777 à l’extrémité de l’allée conduisant au château, ce bâtiment [15] fut à l’origine la maison de charité construite par Monconseil pour les pauvres malades de ses quatre paroisses. Il avait assuré une rente annuelle de 1 000 livres aux religieuses de la Sagesse pour les soins à y donner. Pour un total évalué à 17 000 livres dans une convention passée avec la congrégation de la Sagesse (approuvée par lettres patentes de Louis XVI en novembre 1776), il finança, outre la construction, le mobilier, le linge, le matériel médical pour quatre lits, l’hospice en contenant seize. Les sœurs étaient aussi chargées de l’éducation religieuse et de l’instruction des enfants. L’établissement fut fermé lors de la Révolution.

L'ancien château de Tesson[modifier | modifier le code]

Au lieu-dit "le château" de la commune, il n’existe plus de château proprement dit mais il en subsiste de nombreuses traces. En fait, deux châteaux ont précédé à cet endroit la demeure bourgeoise (1920) à deux niveaux [15] située dans l’axe de l’allée bordée d’arbres qui la relie à l’église du bourg.

Jusqu’au milieu du XVIIIe siècle s’y trouvait un logis noble flanqué de tours dont les substructions profondes ont été retrouvées et démolies en 1914 [16].

Mais à partir de 1735, Monconseil dont Tesson était le centre de son marquisat tout récemment créé (1729), entreprit la construction d’un nouveau château plus vaste, dans le style de l’époque et reflétant davantage ses titres et sa fortune. Le nouveau château de Tesson [16], considéré à l’époque comme l’un des plus magnifiques de la région, se composait de trois pavillons à un étage reliés entre eux par des corps de logis un peu en retrait.

Le pavillon central, plus important, était couvert d'une toiture "en dôme"; sa pièce centrale était un vaste salon qui occupait toute la hauteur, selon le modèle dit à l'Italienne. Le rez-de-chaussée comportait deux vastes cheminées et une galerie circulaire entourait ce salon au niveau du premier étage, auquel on accédait par un escalier de pierre à double révolution. Au nord se trouvait la cour d’honneur et au sud fut créé et planté un parc à la française fermé de murs. A l’est et à l’ouest se trouvaient deux cours latérales entourées de divers bâtiments d’habitation ou de servitude. Ceux de la cour de l’ouest abritaient la cuisine, la chapelle, les laiteries. Ceux de la cour de l’est comprenaient entre autres des remises et les écuries ainsi qu’à l’angle extérieur le plus proche du château (partie appelée dans le passé le « petit château ») des logements et appartements pour notamment l’aumônier, le secrétaire et le personnel de maison.

Le domaine fut percé de trois avenues : la première conduit toujours en droite ligne (1,5 km environ) à l’église au centre du bourg ; la seconde allait vers Rioux et la troisième vers Pons. Elles avaient leur carrefour devant une large douve en hémicycle bordée de balustres que franchissait un pont de pierre (éléments toujours visibles) conduisant à la cour d’honneur.

On connaît assez bien le mobilier grâce à l'inventaire établi en 1782 après le décès de Monconseil par le notaire saintais Bironneau [17] qui se trouvait être le précédent secrétaire et toujours ami du marquis. Il fait état dans les chambres de lits dits à l'Impériale ou à la Duchesse, l'un couvert de satin broché couleur jonquille, des meubles, des tapisseries, des portières, des tableaux dont comme personnages représentés un Louis XV, un Grand Dauphin, un David triomphant et un Louis XIV dans le salon Bleu près de la salle à manger, et quatre paysages. Pour autant, le marquis s’étant retiré dans quelques pièces seulement, de nombreuses autres n’étaient plus que des débarras ou abritaient des meubles très ordinaires.

A la mort du marquis, son gendre, le comte de la Tour du Pin (marié avec sa fille aînée), qui avait un commandement en Saintonge puis, à partir de 1787, pour toutes les provinces de Poitou, d’Aunis et de Saintonge, fit de nombreux et longs séjours au château de Tesson (il portait d’ailleurs le titre de vicomte de Tesson). « Il y faisait toutes ses affaires publiques, y recevait beaucoup de monde » et avait « considérablement augmenté et embelli le mobilier » [14]. Député de la noblesse de Saintonge aux Etats Généraux, il le quitta en 1789.

Pendant la Terreur, le château, placé sous scellés, vit le petit-fils de Monconseil être caché au péril de sa vie par l’ancien maître d’hôtel du marquis, Grégoire Baudry [14]. Le mobilier fut lui vendu aux enchères et le château saccagé et pillé. En 1797, le petit-fils Frédéric Séraphin, rentré d’émigration (notamment aux États-Unis), constata [14] que les portes étaient souvent sans serrures, les murs sans boiseries et les cuisines sans fourneaux.

Le château qui continuait à se délabrer (toitures également) passa ensuite (1837) à l’arrière-petit-fils du Marquis de Monconseil, Aymar de la Tour du Pin, qui se résolut vers 1857 à faire abattre le logis. Le domaine fut ensuite revendu et/ou partagé à plusieurs reprises. Le site du château et une partie du domaine (à l’ouest) finirent d’ailleurs par être rachetés avant la Première Guerre mondiale par des descendants de Grégoire Baudry. C’est cette famille qui fit édifier la demeure que l’on voit actuellement à l’emplacement de l’ancien pavillon central.

A l’est, dans les anciennes dépendances, se situe le domaine viticole dit « Château Guynot » [18]. On y trouve une cave voûtée du château datant du XVIIIe siècle. Dans la partie des vestiges de l’ancien parc rattachée à ce domaine on peut aussi y voir une glacière dont le marquis avait découvert l’utilité à Versailles (boissons rafraîchies, sorbets et conservation des aliments) ; elle servit aussi à la médecine (maison de charité du bourg). Les remises à voitures et la haute grange symétrique seraient également de cette époque.

Le souci de Chadennes[modifier | modifier le code]

Souci est la manière dont on appelait une dépression ou cavité naturelle d’origine karstique qui draine et absorbe les eaux de pluie. Le souci de Chadennes s’ouvre au nord du bourg, après le lieu-dit Chadennes, à l’ouest de la route de Saintes. L’entonnoir du souci, de près de 10 mètres de diamètre, donne accès à des galeries souterraines.

Cette curiosité a donné naissance à une légende [19]qui met en scène un seigneur de Tesson amoureux de la châtelaine de Rioux qui disparut noyée dans la Charente le jour de leurs noces. Et son corps ne fut pas retrouvé. Ayant recours, contre une bourse pleine d'or, aux services de la sorcière de Chadennes pour retrouver sa bien-aimée, il descendit dans le gouffre, muni par elle, de deux noix qui étaient censées, lorsqu’elles étaient frappées l’une contre l’autre, produire une vive clarté pour le protéger de tout danger. Selon la sorcière, c'était une entrée des enfers. A une certaine profondeur, il entendit son épouse l’appeler et elle le suivit. Mais c’était en fait un vampire. Utilisant ses deux noix magiques, il réussit à éblouir le monstre qui se réfugia dans les profondeurs du souci. Le seigneur de Tesson fit alors jeter des rochers dans le souci pour empêcher les imprudents d'aller jusqu'aux enfers. Ce qui rend compte du fait qu'on ne peut plus descendre désormais aussi loin, même si l'on est spéléologue, dans le souci.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Les gentilés de Charente-Maritime
  2. Louis Papy, Le midi atlantique, atlas et géographie de la France moderne, Flammarion, Paris, 1984
  3. a et b Chartes Saintongeaises de l’Abbaye Saint Florent in tome IV (1877) de la Société des Archives Historiques de la Saintonge et de l’Aunis
  4. Etude de Charles Dangibeaud sur le pouillé de 1683 publiée dans le tome XLV (1914) de la Société des Archives Historiques de la Saintonge et de l’Aunis.
  5. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Paris, Librairie Guénégaud, (ISBN 2-85023-076-6), p. 673a
  6. Jean-Marie Cassagne et Stéphane Séguin, Origine des noms de villes et villages de Charente-Maritime, St-Simon de Pellouaille Paris, Editions Bordessoules, (ISBN 978-2-913471-06-1), p. 315
  7. La Tombe à char de Tesson par A. Duval, J. Gomez de Soto et C. Perrichet-Thomas in Archéologie pontoise n° 78 (1987)
  8. https://www.lemonde.fr/aquitaine-limousin-poitou-charentes/charente-maritime,17/tesson,17441/elections/
  9. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  10. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  11. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  12. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
  13. cf. La Saintonge mystérieuse et insolite par Robert COLLE aux Editions Rupella 1976 (pages 254 à 256)
  14. a b c et d Journal d’une femme de cinquante ans (1778-1815) par la Marquise de la Tour du Pin, publié par son arrière-petit-fils, le colonel comte Aymar de Liedkerke-Beaufort - Librairie Chapelot - Paris (1913)
  15. a b c d et e Patrimoine des communes de Charente maritime tome 1 (Canton de Gémozac- Commune de Tesson ; pages 266 to 268), Editions Flohic 2002
  16. a et b Etude de Léon Bouyer « Une intrigante et son mari au XVIIIe siècle», publiée en 36 parties de novembre 1918 à avril 1920 dans La Nouvelle Revue
  17. cité dans L'Architecture civile et militaire en Aunis et Saintonge au XVIIIe siècle' par Monique Moulin, La Rochelle, Éditeur Quartier Latin, 1972
  18. Domaine de Château Guynot
  19. cf. Légendes et contes d'Aunis et de Saintonge par Robert COLLE aux Editions Rupella 1975 (pages 116 à 121)

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