Langues en Inde

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Langues en Inde
Carte des langues parlées en Inde.
Carte des principales langues parlées en Inde.

Langues officielles Gouvernement central : hindi, anglais
États et territoires : anglais, assamais, bengali, gujarati, hindi, kannada, kokborok, konkani, malayalam, manipuri, Marathi mizo, népalais, odia, ourdou, pendjabi, tamoul, télougou
Langues principales Langue maternelle (%, 2001)[1] :
  41
  8
  7
  7
  6
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  4
  4
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  3

Les langues en Inde sont très diverses et appartiennent à plusieurs familles linguistiques.

Le recensement de 2001 a comptabilisé 234 langues maternelles dans le pays, dont 122 langues importantes[2]. 77 % des Indiens parlent une langue indo-aryenne (dont la plus parlée du pays, l'hindi, est la langue maternelle de 422 millions d'Indiens, soit 41 % de la population[1]), 20 % une langue dravidienne[3]. Les autres familles représentées sont les langues austroasiatiques, sino-tibétaines et tai-kadai ainsi que quelques isolats[4]. L'anglais, langue du colonisateur britannique, est parlé en première ou seconde langue par 12 % de la population.

La langue officielle du gouvernement central est l'hindi. La Constitution prévoyait que l'anglais cesse d'être langue officielle après 15 années mais, face à la protestation des États non hindiphones, le Parlement a adopté une loi qui maintient son statut de langue seconde. En outre, 22 langues sont listées dans la Huitième Annexe de la Constitution.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les langues d'Inde du Sud appartiennent à la famille dravidienne, indigène du sous-continent indien[5]. Le proto-dravidien était parlé en Inde au 4e millénaire avant J.-C. et a commencé à se désintégrer en diverses branches autour du 3e millénaire[6]. Les langues dravidiennes sont classées en quatre groupe : langues du Nord, du Centre (kolami, parji), du Centre-Sud (télougou, kui) et du Sud (tamoul, kannada)[7].

Les langues du Nord font partie de la branche indo-iraniennes de la famille indo-européenne. Elles ont évolué au Moyen Âge à partir de l'indo-aryen via le prakrit et l'apabhramsha. On distingue trois étapes : le vieil indo-aryen de 1500 avant J.-C. à 600 avant J.-C., le moyen indo-aryen (600 avant J.-C. à 1000 après J.-C.) et le nouvel indo-aryen (entre 1000 et 1300) à partir duquel émergent les langues indo-aryennes modernes[8].

Le persan a été introduit en Inde par les Ghaznavi et d'autres dynasties turco-afghanes comme langue de cour. Le persan a ainsi influencé l'art, l'histoire et la littérature indienne pendant plus de 500 ans, aboutissant à une persanisation de nombreuses langues, notamment dans le domaine lexical. En 1837, l'anglais a remplacé le persan comme langue administrative et, au XIXe siècle, un mouvement hindi a entrepris de remplacer le vocabulaire persan par un vocabulaire dérivé du sanskrit[9],[10].

Ainsi, l'hindoustani — dont l'hindi et l'ourdou sont deux registres — est très influencé par le sanskrit, le persan et l'arabe[11],[12].

Statistiques[modifier | modifier le code]

Nombre de langues[modifier | modifier le code]

Le premier recensement officiel des langues de l'Inde a été effectué par George Abraham Grierson entre 1898 et 1928. Dans le Linguistic Survey of India, il reporte un total de 179 langues et 544 dialectes[13]. Ces chiffres sont toutefois sujets à caution en raison des définitions ambiguës de « langue » et « dialecte » mais également des données partielles venant d'Inde du Sud[13],[14].

La publication Ethnologue, Languages of the World de SIL International a listé 461 langues en Inde, 447 pratiquées et 14 éteintes[15],[16].

Le People's Linguistic Survey of India, une institution de recherche privée, a compté 66 alphabets différents et 780 langues dans une étude nationale[17].

Le Anthropological Survey of India a compté 325 langues utilisées dans 5 633 communautés[18].

Enfin, le recensement indien — qui utilise sa propre terminologie en distinguant entre des « langues » subdivisées en « langues maternelles » —a compté en 2001 234 langues maternelles identifiables[19] dont 29 ont plus d'un million de locuteurs natifs[20].

Locuteurs[modifier | modifier le code]

Nombre de locuteurs dont la langue citée est la langue maternelle (recensement de 2001)[1]
Langue Locuteurs Pourcentage
Hindi 422 048 642 41,03
Bengali 83 369 769 8,11
Télougou 74 002 856 7,19
Marathi 71 936 894 6,99
Tamoul 60 793 814 5,91
Ourdou 51 536 111 5,01
Gujarati 46 091 617 4,48
Kannada 37 924 011 3,69
Malayalam 33 066 392 3,21
Odia 33 017 446 3,21
Pendjabi 29 102 477 2,83
Assamais 13 168 484 1,28
Maithili 12 179 122 1,18
Santali 6 469 600 0,63
Kashmiri 5 527 698 0,54
Népalais 2 871 749 0,28
Sindhi 2 535 485 0,25
Konkani 2 489 015 0,24
Dogri 2 282 589 0,22
Manipuri 1 466 705 0,14
Bodo 1 350 478 0,13
Sanskrit 14 135 négligeable

Liste des principales langues[modifier | modifier le code]

Langues indo-aryennes[modifier | modifier le code]

Hindi et ourdou[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Hindoustani, Hindi et Ourdou.

L'hindi et l'ourdou sont considérés comme deux registres d'une même langue, l'hindoustani : elles se différencient par l'écriture (dévanagari pour l'hindi et une adaptation de l'alphabet arabe pour l'ourdou) et leurs vocabulaires savants, tirés du sanskrit en hindi et du persan et de l'arabe en ourdou.

L'hindi est la langue la plus parlé en Inde, avec 422 millions de locuteurs, soit 41 % de la population, principalement dans le Nord du pays. Les États hindiphones forment ainsi ce qu'on appelle la « Hindi Belt ». Il s'agit de la langue officielle du gouvernement central, l'anglais étant deuxième langue officielle. L'hindi compte de nombreux dialectes : le khariboli de la région de Delhi forme l'hindi standard. Les dialectes sont regroupés en une zone centrale, couvrant notamment l'Uttar Pradesh, le Chhattisgarh, la majorité du Madhya Pradesh et l'Haryana, une zone ouest proche du rajasthani et une zone est autour du bihari.

L'ourdou est principalement présent dans les régions où les musulmans forment une importante part de la population, notamment l'Inde du Nord, le Maharashtra, le Télangana, l'Andhra Pradesh et le Karnataka.

Bengali[modifier | modifier le code]

Le bengali est parlé principalement au Bengale-Occidental ainsi que dans une partie des États du Nord-Est. Il s'écrit avec son propre alphasyllabaire et connait une situation de diglossie entre la shadhubhasha, la langue littéraire, et la choltibhasha.

Le bengali connait une littérature très riche, notamment issu de la Renaissance du Bengale dont un des auteurs emblématiques est Rabindranath Tagore. L'hymne national indien, Jana Gana Mana, est écrit en bengali.

Marathi[modifier | modifier le code]

Journaux en Marathi à Mumbai.

Le marathi est la langue officielle du Maharashtra, État formé en 1960 sur une base linguistique. Le marathi s'écrit avec l'alphabet devanagari, comme l'hindi, mais possède plusieurs particularités telles que la distinction entre « nous » exclusif et inclusif ou l'existence d'un genre neutre.

Le marathi est la langue du courant de « littérature dalit », né en 1958 et inspiré des leaders dalits Jyotiba Phule, Bhimrao Ramji Ambedkar ou Baburao Bagul[21].

Autres langues indo-aryennes[modifier | modifier le code]

Livre ancien en pendjabi.

Parmi les principales autres langues indo-aryennes :

Langues dravidiennes[modifier | modifier le code]

Télougou[modifier | modifier le code]

Le télougou est la langue officielle de l'Andhra Pradesh et du Télangana, ainsi que de la ville de Yanaon. Écrit avec son propre alphasyllabaire, le télougou est une langue dravidienne mais qui a beaucoup emprunté au sanskrit.

On considère que le règne de Krishna Deva Raya (XVIe siècle, dans le royaume de Vijayanagara, est l'âge d'or de la littérature télougou. À partir du XVIIIe siècle, au sein de l'État d'Hyderabad, le télougou est également influencé par le persan.

Tamoul[modifier | modifier le code]

Le tamoul est la langue officielle du Tamil Nadu et du Nord du Sri-Lanka.

Autres langues dravidiennes[modifier | modifier le code]

Autres langues[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (en) « Scheduled Languages in descending order of speaker's strength - 2001 », sur CensusIndia.gov.in (consulté le 23 mars 2017)
  2. (en) « Abstract of speakers’ strength of languages and mother tongues –2001 », sur CensusIndia.gov.in (consulté le 23 mars 2017)
  3. (en) « Family-wise grouping of the 122 Scheduled and Non-Scheduled Languages -2001 », sur CensusIndia.gov.in (consulté le 23 mars 2017)
  4. (en) Christopher Moseley, Encyclopedia of the World's Endangered Languages, Routledge, (ISBN 978-1-135-79640-2, lire en ligne)
  5. (en) Burjor Avari, India: The Ancient Past: A History of the Indian Sub-Continent from C. 7000 BC to AD 1200, Routledge, (ISBN 9781134251629, lire en ligne)
  6. (en) Mikhail Sergeevich Andronov, A Comparative Grammar of the Dravidian Languages, Otto Harrassowitz Verlag, (ISBN 9783447044554, lire en ligne)
  7. (en) Bhadriraju Krishnamurti, The Dravidian Languages, Cambridge University Press, (ISBN 0521771110)
  8. (en) Yamuna Kachru, Hindi, John Benjamins Publishing, coll. « London Oriental and African language library », (ISBN 90-272-3812-X, lire en ligne), p. 1
  9. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées KachruKachru2008.
  10. (en) Paul R. Brass, Language, Religion and Politics in North India, iUniverse, (ISBN 978-0-595-34394-2, lire en ligne), p. 129
  11. (en) Manisha Kulshreshtha et Ramkumar Mathur, Dialect Accent Features for Establishing Speaker Identity: A Case Study, Springer Science & Business Media, (ISBN 978-1-4614-1137-6, lire en ligne), p. 16
  12. Robert E. Nunley, Severin M. Roberts, George W. Wubrick et Daniel L. Roy, The Cultural Landscape an Introduction to Human Geography, Prentice Hall, (ISBN 0-13-080180-1, lire en ligne) :

    « ... Hindustani is the basis for both languages ... »

  13. a et b (en) Aijazuddin Ahmad, Geography of the South Asian Subcontinent: A Critical Approach, Concept Publishing Company, , 123–124 p. (ISBN 978-81-8069-568-1, lire en ligne)
  14. (en) Naheed Saba, Linguistic heterogeneity and multilinguality in India: a linguistic assessment of Indian language policies, Aligarh, Aligarh Muslim University, , 61–68 p. (lire en ligne), « 2. Multilingualism »
  15. (en) « Ethnologue: Languages of the World (Seventeenth edition) : India », Dallas, Texas, SIL International, (consulté le 15 décembre 2014)
  16. Ethnologue : Languages of the World (Seventeenth edition) : Statistical Summaries. Retrieved 17 December 2014.
  17. (en) Singh, Shiv Sahay, « Language survey reveals diversity », The Hindu,‎ (lire en ligne)
  18. (en) Paula Banerjee, Sabyasachi Basu Ray Chaudhury, Samir Kumar Das et Bishnu Adhikari, Internal Displacement in South Asia: The Relevance of the UN's Guiding Principles, SAGE Publications, (ISBN 978-0-7619-3329-8, lire en ligne), p. 145
  19. (en) « Census Data 2001 : General Note », Census of India (consulté le 11 décembre 2014)
  20. (en) Ruediger Wischenbart, The Global EBook Market: Current Conditions & Future Projections, "O'Reilly Media, Inc.", (ISBN 978-1-4493-1999-1, lire en ligne), p. 62
  21. (en) Nalini Natarajan et Emmanuel Sampath Nelson, Handbook of twentieth-century literatures of India, Greenwood Publishing Group, (ISBN 0-313-28778-3, lire en ligne), « Chap 13: Dalit Literature in Marathi by Veena Deo », p. 363