Samuel Flatto-Sharon

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Samuel Flatto-Sharon
Plato sharon.jpg
Samuel Flatto-Sharon.
Fonction
Membre de la Knesset
-
Biographie
Naissance
Décès
Nom dans la langue maternelle
שמואל פלאטו-שרוןVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Samuel Sheibitz
Nationalités
Activités
Autres informations
Parti politique
Développement et Paix (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Condamné pour
Pots-de-vin (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web

Samuel Flatto-Sharon (hébreu : שמואל פלאטו-שרון), dit Samy Flatto-Sharon (né Samuel Sheibitz le à Łódź et mort le [1] à Ramat Gan) est un homme d'affaires et homme politique franco-israélien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Samuel Flatto-Sharon, fils de Joseph et Esthera Flatto, est né en Pologne. Déguisé en fillette de 7 ans, il réussit à fuir son pays natal au début de l'Occupation allemande et gagne Paris. 40 membres de sa famille, son père inclus, meurent dans l'holocauste. Il fréquente le lycée à Paris et Strasbourg et il rejoint la ligue de la Jeunesse Communiste en 1945.

Il fait fortune dans le recyclage du papier, des chiffons, de la ferraille et des métaux, ce qui lui a valu le surnom de « Roi des chiffonniers de Paris » par les médias. À 21 ans il se lance dans le secteur de l'immobilier et élargit ses affaires notamment dans les papeteries, la restauration, les discothèques et les cabarets… Avant d'en liquider une bonne partie pour se lancer dans le pétrole et l'exploitation forestière et les métaux précieux en Afrique.

Ses affaires notamment dans l'immobilier prennent une envergure internationale et deviennent de plus en plus ambitieuses, il multiplie les investissements dans de grands projets un peu partout, Paris, New York, Rio de Janeiro, Caracas, Tel-Aviv etc.

Émigration vers Israël[modifier | modifier le code]

En 1972, il effectue son aliyah, fuyant la justice qui l'accuse d'avoir dissimulé 60 millions de dollars, il quitte la France et part s'installer en Israël[2]. En 1975, Michel Poniatowski, ministre de l'intérieur, lance un mandat d'arrêt international contre lui[3].

Il achète une villa à Savyon et se lance immédiatement dans les affaires en Israël. Il entreprend un partenariat avec l'homme d'affaire Avraham Pilz, avec qui il crée le Dizengoff Center, qui est le premier centre commercial d'Israël.

Il pourrait être à l'origine du conflit entre Tany Zampa et Jacky Imbert, deux parrains du crime organisé marseillais. En effet selon Roger Chiotti, un voyou français interrogé dans une affaire à Rome, Zampa extorquait de l'argent à Flatto-Sharon et se rendait des services mutuelles[4]. Imbert, en compagnie de Roland et Serge Cassone et d'Henri Bernasconi, un ancien de la bande de Zampa auraient profité d'une absence de Zampa pour mettre à l'amende Flatto-Sharon[5]. Enlevé à Paris et emmené dans le coffre d'une voiture en Suisse, Sharon aurait vider le contenu d'un de ses coffres suisse pour un montant de 8 millions de frcs[6]. À son retour, Sharon met au courant Zampa qui demande à Imbert de le rembourser. Chiotti explique que « Il faut comprendre que les raisonnements de ces personnes finissent toujours par la même conclusion : tuer quelqu'un »[7].

Le 1er février 1977, Imbert fait l'objet d'une tentative d'assassinat dont il ressort grièvement blessé mais vivant. C'est le début en France de ce que la police française va appeler « le guerre de cent ans » qui se terminera en 1987.

Carrière politique en Israël[modifier | modifier le code]

Pour éviter de se faire extrader, Samuel Flatto-Sharon décide de se lancer en politique et de se faire élire député à la Knesset pour bénéficier de l'immunité parlementaire en 1977[8]. Il crée un parti indépendant, Développement et Paix. Il fait une campagne populiste de droite en parlant mal l'hébreu et en lisant des fiches. Il explique clairement que sa candidature ne se justifie que pour échapper à la justice française. Son parti fait 2 % aux élections et gagne deux sièges. Mais comme sa liste ne comprend qu'un candidat, c'est à dire lui-même, un seul siège est pris. Son élection a surpris de nombreux commentateurs politiques. Les analystes expliquent que son élection est dû aux sentiments antifrançais suite au refus de la France d'extrader Abou Daoud, recherché en Israël pour le massacre des athlètes israéliens aux Jeux Olympiques de Munich en 1972. Élu, il participe au vote d'une loi en 1978 interdisant l'extradition de citoyens israéliens[9].

Il perd aux élections législatives de 1981 et de 1984[10].

Le 8 août1984, il est condamné en Israël à trois mois de prison pour fraude électorale pour sa campagne de 1977[8]. Il est soupçonné d'avoir acheté des voix en promettant des appartements à de jeunes couples, des maisons à d'autres à prix réduit et d'avoir embauché sur ses propres moyens des dizaines de milliers de personnes et de les avoir conduites aux urnes[11],[12]. La sentence se change en travail d'intérêt général dans les locaux de la police. Il trie des fiches[13].

Affaires judiciaires[modifier | modifier le code]

Samuel Flatto-Sharon a été condamné 36 fois en France dont une à 10 ans de prison par contumace en 1979[2] pour fraude fiscale, détournements et abus de confiance, chèques sans provision et pots-de-vin[14].

Après avoir perdu son siège à la Knesset en 1981, Sharon reprend ses affaires. Lui et sa femme deviennent des célébrités connus pour leurs fêtes dans leur luxueuse villa de Savyon en compagnie de hommes d'affaire et d'autres célébrités. Le gouvernement français continu à maintenir un madat d'arrêt international à son encontre, ce qui fait qu'il sort rarement d'Israël. Au début des années 1990, après avoir apprit qu'Interpol n'émettait plus de mandat d'arrestation contre lui, Sharon s'envole pour l'Italie pour un voyage d'affaire. Il est arrêté à son arrivé à Rome. Faisant face à une possible extradition vers la France, il s'échappe déguiser en femme. En 1995, il déclare avoir réglé ses dettes fiscales envers la France pour un montant de 60 millions de francs et met ainsi fin à 23 procès[15].

Samuel Flatto-Sharon est impliqué dans plusieurs affaires de criminalité financière, notamment la faillite frauduleuse en 1995 de la société papetière JOB, surnommé l'opération « Gecco » par les médias et une fraude à l'assurance et fraude électorale entre autres. En 1998, il est mis en accusation par la justice d'Israël pour être soupçonné d'avoir mis le feu à une collection de peintures de Mikhaïl Chemiakine dans le but de toucher la police d'assurance d'une valeur de 10 millions $ dans l'auditorium de Mann à Tel-Aviv. Un témoin l'accuse. Il fait trois jours de prison et il est sujet à deux semaines d'assignation à domicile[16].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Disparition d’un personnage “haut en couleurs”: Samuel Flatto-Sharon s’est éteint » sur lphinfo.com (consulté le 7 décembre 2018)
  2. a et b [1], sur ladepeche.fr, 7 mars 2007
  3. « Shmuel Flatto-Sharon, 68 ans, est poursuivi par sa réputation d'escroc. Elu un temps à la Knesset, il défraye toujours la chronique. Un homme très recherché. », sur liberation.fr, 12 mars 1998
  4. https://books.google.fr/books?id=tiDMBAAAQBAJ&pg=PT28&lpg=PT28&dq=Samuel+Flatto-Sharon+jacky+imbert&source=bl&ots=npoK7pacyu&sig=ACfU3U1nPs46zYzPEjKBDt5s09lMnOz_1A&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwiDjteiroDgAhWy1-AKHRa7B7YQ6AEwCnoECAUQAQ#v=onepage&q=Samuel%20Flatto-Sharon%20jacky%20imbert&f=false
  5. http://grandbanditisme.canalblog.com/archives/2016/09/08/34295184.html
  6. https://books.google.fr/books?id=tiDMBAAAQBAJ&pg=PT28&lpg=PT28&dq=Samuel+Flatto-Sharon+jacky+imbert&source=bl&ots=npoK7pacyu&sig=ACfU3U1nPs46zYzPEjKBDt5s09lMnOz_1A&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwiDjteiroDgAhWy1-AKHRa7B7YQ6AEwCnoECAUQAQ#v=onepage&q=Samuel%20Flatto-Sharon%20jacky%20imbert&f=false
  7. https://books.google.fr/books?id=tiDMBAAAQBAJ&pg=PT28&lpg=PT28&dq=Samuel+Flatto-Sharon+jacky+imbert&source=bl&ots=npoK7pacyu&sig=ACfU3U1nPs46zYzPEjKBDt5s09lMnOz_1A&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwiDjteiroDgAhWy1-AKHRa7B7YQ6AEwCnoECAUQAQ#v=onepage&q=Samuel%20Flatto-Sharon%20jacky%20imbert&f=false
  8. a et b « Shmuel Flatto-Sharon, 68 ans, est poursuivi par sa réputation d'escroc. Elu un temps à la Knesset, il défraye toujours la chronique. Un homme très recherché. », sur liberation.fr, 12 mars 1998
  9. http://www.flattosharon.co.il/BRING%20BACK%20FLATTO-SHARON.html
  10. http://www.flattosharon.co.il/BRING%20BACK%20FLATTO-SHARON.html
  11. https://www.liberation.fr/portrait/1998/03/12/shmuel-flatto-sharon-68-ans-est-poursuivi-par-sa-reputation-d-escroc-elu-un-temps-a-la-knesset-il-de_232859
  12. https://www.nytimes.com/1984/06/28/world/israel-court-orders-candidate-to-begin-a-bribery-jail-term.html?n=Top%2fReference%2fTimes%20Topics%2fSubjects%2fE%2fEthics
  13. https://www.liberation.fr/portrait/1998/03/12/shmuel-flatto-sharon-68-ans-est-poursuivi-par-sa-reputation-d-escroc-elu-un-temps-a-la-knesset-il-de_232859
  14. https://www.liberation.fr/portrait/1998/03/12/shmuel-flatto-sharon-68-ans-est-poursuivi-par-sa-reputation-d-escroc-elu-un-temps-a-la-knesset-il-de_232859
  15. https://www.liberation.fr/portrait/1998/03/12/shmuel-flatto-sharon-68-ans-est-poursuivi-par-sa-reputation-d-escroc-elu-un-temps-a-la-knesset-il-de_232859
  16. https://www.liberation.fr/portrait/1998/03/12/shmuel-flatto-sharon-68-ans-est-poursuivi-par-sa-reputation-d-escroc-elu-un-temps-a-la-knesset-il-de_232859

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]