Stanislas Dehaene

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Stanislas Dehaene est un psychologue cognitiviste et neuroscientifique français né le à Roubaix.

Ses principaux domaines de recherche concernent les bases cérébrales de l'arithmétique et de la numération, la lecture et la conscience, thématiques qu'il explore au moyen d'expériences de psychologie cognitive et par l'imagerie cérébrale (imagerie par résonance magnétique fonctionnelle, magnétoencéphalographie et électroencéphalographie).

Biographie[modifier | modifier le code]

Ancien élève du lycée privé Sainte-Geneviève puis de l'École normale supérieure (1984-1988), Stanislas Dehaene est titulaire d'une maîtrise en mathématiques de l'UPMC (1985)[1] et d'un doctorat en psychologie de l'EHESS (1989)[2]. Il rédige sa thèse La comparaison des petits nombres : représentation analogique et processus attentionnels sous la direction de Jacques Mehler, ce dernier ayant été l'un des rares promoteurs des sciences cognitives en France[3]. Parallèlement, il travaille avec Jean-Pierre Changeux sur des modèles de fonctions neurobiologiques comme le chant des oiseaux. En 1992, il part chez Michael Posner se former aux techniques d'imagerie cérébrale.

Il est un des chercheurs en psychologie cognitive les plus influents (voir publications dans google scholar [1]), élu membre de l’Académie des sciences le , et est nommé professeur au Collège de France à la chaire de psychologie cognitive expérimentale[4]. Stanislas Dehaene est directeur de l'unité de neuroimagerie cognitive, unité mixte INSERM-CEA à NeuroSpin[5] dans l'Essonne.

Depuis le , il préside le conseil scientifique de l'Éducation nationale[6], créé à l'instigation de Jean-Michel Blanquer, dont il est considéré comme l'« éminence grise »[7]. Ce conseil scientifique, mis en place par le ministre de l'Éducation nationale est chargé d'éclairer ses décisions[8],[9],[10] concernant les apprentissages, et la pédagogie à mettre en place pour favoriser ces apprentissages[11]. Il explique que le travail se concentrera principalement sur les sciences cognitives en lien avec les apprentissages, et non sur les neurosciences[12].

Depuis le 18 avril 2018, il enseigne à l'École polytechnique[13].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Il est l'époux de Ghislaine Dehaene-Lambertz[14].

Travaux[modifier | modifier le code]

Les travaux de Stanislas Dehaene, qui exploitent conjointement les méthodes de la psychologie cognitive et de l’imagerie cérébrale[n 1], portent sur les architectures cérébrales de l'arithmétique de la lecture, du langage parlé, et l’accès d’informations à la conscience[16], ce qui l'a amené à s’intéresser à la dyscalculie et à la dyslexie[17]. Il a popularisé les recherches en sciences cognitives sur ces sujets dans trois livres : La Bosse des maths, Les Neurones de la lecture et Le Code de la conscience[n 2].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • (en) Numerical Cognition, Oxford : Blackwell, 1993 (ISBN 1-557-86444-6)
  • La bosse des maths, Odile Jacob, 2010 (ISBN 9782738125248) (1re edition 1996)
  • Le Cerveau en action. L'imagerie cérébrale en psychologie cognitive. Paris : Presses universitaires de France, Paris, 1997 (ISBN 2-13-048270-8)
  • (en) The Number Sense, New York : Oxford University Press, 1997 (ISBN 0-19-511004-8)
  • (en) The Cognitive Neuroscience of Consciousness, London : MIT Press, 2001 (ISBN 0-262-54131-9)
  • (en) From Monkey Brain to Human Brain. A Fyssen Foundation Symposium, avec Jean-René Duhamel, Marc D. Hauser, and Giacomo Rizzolatti, MIT Press, 2005 (ISBN 0-262-04223-1)
  • (de) Im Auge des Lesers, Transmedia Zurich : Hans-Werner Hunziker, 2006 (ISBN 978-3-7266-0068-6)
  • Les Neurones de la lecture, Odile Jacob, 2007 (ISBN 978-2-7381-1974-2)
  • Vers une science de la vie mentale, leçons inaugurales du Collège de France, Paris : Fayard, 2007 (ISBN 2-213-63084-4)
  • (en) Reading in the Brain, Penguin Viking, 2009
  • Apprendre à lire - Des sciences cognitives à la salle de classe, Odile Jacob, 2011, ouvrage collectif sous la direction de Stanislas Dehaene (ISBN 978-2-7381-2680-1)
  • (en) Consciousness and the Brain: Deciphering How the Brain Codes Our Thoughts. Viking Adult, 2014. (ISBN 978-0-670-02543-5)
  • Le Code de la conscience, Odile Jacob, Oj. Sciences, 2014, (ISBN 978-2738131058)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « Dehaene, par ses travaux, démontre donc l'existence d'un patrimoine cérébral commun à l'humanité. Là encore, un résultat lourd de conséquences[15]. »
  2. Florian Cova, « Le code de la conscience », Sciences humaines, no 267 « Inégalités : pourquoi elles s'accroissent, comment les combattre ? »,‎ (lire en ligne) :

    « Introspection : [...] la psychologie cognitive l’a réintroduite, mais en tant que phénomène méritant d’être expliqué plutôt que comme méthode[18]. »

Références[modifier | modifier le code]

  1. Université Pierre et Marie Curie - UPMC, « Stanislas Dehaene, lauréat du Grand Prix Inserm 2013. », sur UPMC, (consulté le 1er janvier 2018).
  2. Dehaene, Stanislas, « La comparaison des petits nombres : représentation analogique et processus attentionnels », http://www.theses.fr/,‎ (lire en ligne).
  3. (en) « CV S.Dehaene », Collège de France,‎ , p. 1 (lire en ligne).
  4. « Compte rendu de l’ouvrage de Stanislas Dehaene, les neurones de la lecture, introd. Jean-Pierre Changeux, Ed. Odile Jacob, 2007. Sylvie Ferrando, Octobre 2007 », sur le relais d’information sur les sciences de la cognition, UMS 3332 (consulté le 29 juin 2013).
  5. Unité de neuroimagerie cognitive.
  6. « Installation du conseil scientifique de l'éducation nationale », sur education.gouv.fr.
  7. Pierre Ropert, « Cinq idées que défend Stanislas Dehaene, l'éminence grise de Jean-Michel Blanquer », sur France Culture, (consulté le 14 janvier 2018).
  8. Marie-Estelle Pech et Caroline Beyer, « Blanquer et Dehaene : "Notre approche de l'éducation nous permet de dépasser les faux clivages" », sur Le Figaro, (consulté le 14 janvier 2018).
  9. Florence Rosier, « Stanislas Dehaene, des neurosciences aux sciences de l’éducation », sur Le Monde, (consulté le 14 janvier 2018).
  10. Elena Sender, « Stanislas Dehaene, les neurosciences et l'école », sur Sciences et Avenir, (consulté le 14 janvier 2018).
  11. Sébastien Leroy, « Stanislas Dehaene nouveau président du conseil scientifique de l'éducation », sur La Voix du Nord, (consulté le 14 janvier 2018).
  12. « Stanislas Dehaene : "Nous n'allons pas faire d'IRM à tous les écoliers" », sur France Inter, (consulté le 14 janvier 2018).
  13. DCOM, « École Polytechnique - Accueil site de l'Ecole Polytechnique », sur www.polytechnique.edu (consulté le 22 mai 2018)
  14. Nathalie Devisalles, « Il démystifie la bosse des maths. Stanislas Dehaene, 32 ans, est neuropsychologue et mathématicien », sur Sciences et Avenir, .
  15. « Stanislas Dehaene, le défricheur du cerveau », sur Le Point, (consulté le 29 juin 2013).
  16. « Notice biographique », sur l'Académie des sciences.
  17. « L'apport de l’imagerie cérébrale », sur l'INSERM (consulté le 29 juin 2013).
  18. « En tant que méthode, l'introspection n'est guère digne de confiance. »

    — S. Dehaene dans Le code de la conscience, Odile Jacob, (ISBN 9782738169044, lire en ligne)

    .
  19. Cécile Guérin, « Stanislas Dehaene, le boss des maths », Le Monde, 28 avril 1999.
  20. Note de nomination sur le site du Saint-Siège
  21. Fiche personnelle sur le site du Collège de France
  22. Décret du 31 décembre 2010 publié au JORF du .
  23. « Le cerveau est préorganisé pour la lecture », sur Le Monde, .
  24. HEC, « Stanislas Dehaene, Professeur Honoris Causa d’HEC Paris » (consulté le 20 septembre 2015).
  25. « Prize Winners 2014 ».

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]