Songhaï (langue)

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Songhaï
soŋay, sonxay
Pays Mali, Niger, Bénin, Burkina Faso, Nigeria, Algérie
Classification par famille
Codes de langue
ISO 639-2 son
ISO 639-5 son
IETF son
Glottolog song1307
Carte
Langues songhaï.svg
Localisation des langues songhaï

Le songhaï (soŋay en songhaï) ou sonrhaï[1] est une langue nilo-saharienne parlée par 3 millions de locuteurs dans plusieurs pays d’Afrique de l'ouest.

Répartition géographique[modifier | modifier le code]

Le songhaï est caractérisé par un faisceau de dialectes, parlés en grande partie le long du fleuve Niger à l'ouest dans le delta intérieur au Mali, au Nord du Burkina Faso (Falagountou), dans la partie occidentale du Niger, au nord-ouest du Nigeria et dans le nord du Bénin, d'une proche isolement autour des montagnes de Hombori au sud de Tombouctou, plus à l'est dans la région d'Agadez à l'ouest du massif de l'Aïr et dans les oasis d'Ingall, vers la fin du XIXe siècle un dialecte songhaï appelé Emgadesi a été parlé dans la ville d'Agadez. Enfin, plus au Nord dans les oasis de Tabelbala (en Algérie), on parle une langue qui est songhaï en structure mais, en grande partie arabe et berbère dans son lexique.

Classification[modifier | modifier le code]

Le songhaï est classé dans la famille nilo-saharienne. Le rapport du songhaï avec les autres langues de cette famille est cependant contesté et certains le rapprochent des langue mandé (appartenant à la famille des langues nigéro-congolaises) avec lesquelles il partage de fortes similarités.

Variétés[modifier | modifier le code]

La base de données linguistique Glottolog possède une famille nommée « Songhay » et classe ses les variétés comme suit (les dialectes sont indiqués entre parenthèses)[2] :

  • Songhaï de l'Est :
    • hombori senni (en) (djenne chiini, marensé), parlé aux alentours de Hombori au Mali ;
    • tondi songway kiini (en), parlé dans plusieurs villages près de Kikara (en) au Mali, à 120 km à l'ouest de Hombori ;
    • koyraboro senni, parlé le long du fleuve Niger des environs de Rharous jusqu'à la frontière nigérienne ;
    • zarma-kaado-dendi :
      • dendi, parlé au nord du Bénin et dans quelques zones frontalières avec ce dernier au Niger et Nigéria ;
      • zarma (kaado), parlé dans le sud-ouest du Niger et également près de la frontière avec ce pays dans le nord-est du Burkina Faso et dans l'ouest du Nigeria ;
  • Songhaï du Nord-Ouest :

La base de données linguistique Ethnologue, Languages of the Worldne reconnait pas le tagdal comme une langue songhaï à proprement parler, mais comme un mélange de songhaï et de touareg[3] et propose quant à elle un classement légèrement différent (les codes ISO 639-3 des variétés sont indiqués entre crochets)[4] :

songhaï :

  • [kcy]: korandjé
  • songhaï du Nord :
    • [dsq]: tadaksahak
    • [twq]: tasawaq
  • songhaï du Sud :
    • [ddn]: dendi
    • [hmb]: hombori senni
    • [khq]: koyra chiini
    • [ses]: koyraboro senni
    • [tst]: tondi songway kiini
    • [dje]: zarma

Notes[modifier | modifier le code]

  • Songhaï/zarma, est un nom régional, bien qu'une langue nationale au Mali et au Niger. Si, pour diffuser des émissions en cette langue, la radio Diffusion du Mali utilise le nom songhaï, la radio Voix du Sahel du Niger utilise toujours le nom zarma, alors qu'ils ne font référence qu'à la même langue.
  • Langue de commerce, et langue d'instruction au niveau primaire dans quelques écoles expérimentales à Gao (Mali).
  • Le songhaï est parlé par un quart de la population du Niger, 17 % de la population du Mali, et 4 % de la population du Bénin.
  • Le songhaï a connu son apogée au Moyen Âge, plus particulièrement au moment de l'expansion de l'empire songhaï, il est devenu langue d'administration et langue véhiculaire des commerçants.

Exemples[modifier | modifier le code]

Le Songhaï se prononce comme il s'écrit, ou plutôt s'écrit comme il se prononce. Ceci inclut les longueurs vocaliques marquées par des lettres doublés. On notera tout de même une exception pour les pluriels qui peuvent se terminer par ey ou ay mais se prononcent toujours ey. Aussi, on ne double pas les lettres en fin de mots monosyllabiques.

Français Songhaï
terre laabou
le sol/le sable laabo
ciel beena
en haut beené
eau hari
fleuve issa
feu nouna ou danji
village koara ou koyra ou kawiyé
homme aru ou aruboro
femme woy ou woyboro ou waybora
mère ɲaa ou gna
père baba
grand-père kayi ou kaga
manger ŋaa ngwa
boire haŋ
grand beeri ou béro
petit kacca (Gao) ou kayna (être petit) ou katcha
nuit cijib ou ccini ou tchidjin
viens kaa
pars koye
jour han ou zaari
marché et semaine habou / hebu(Gao) ou hebo

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. On écrit souvent songhaï mais on devrait, en accord avec la règle actuelle pour l'Afrique de l'ouest, écrire sonxay[réf. nécessaire]
  2. Glottolog code « song1307 ».
  3. (en) Fiche langue du tagdal (code «tda») dans la base de données linguistique Ethnologue.
  4. (en) « Songhai », sur ethnologue.com.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • A. Dupuis-Yacouba, Essai pratique de méthode pour l'étude de la langue songoï, 1917, Paris.
  • A. Prost, La langue soney et ses dialectes, 1956, Dakar.
  • M. C. Charles & J. M. Ducroz, Lexique songay-français, parler kaado du Gorouol, 1976, Paris.
  • Robert Nicolaï, Les dialectes du songhay, 1981, Paris.
  • Robert Nicolaï & Petr Zima, Songhay, 1997, Munich - Newcastle, Lincom Europa.
  • Jeffrey Heath, Grammar of Koyraboro (Koroboro) Senni, the Songhay of Gao, 1999, Cologne, Rüdiger Köppe Verlag.

Classification[modifier | modifier le code]

  • Lionel Bender, The Nilo-Saharan Languages: A Comparative Essay, 1997, München.
  • D. Creissels, « De la possibilité de rapprochements entre le songhay et les langues Niger-Congo (en particulier Mandé). », dans Nilo-Saharan, Th. Schadeberg, M. L. Bender eds., pp. 185–199.
  • Christopher Ehret, A Historical-Comparative Reconstruction of Nilo-Saharan, 2001, Köln.
  • Joseph Greenberg, The Languages of Africa (International Journal of American Linguistics 29.1)., 1963, Bloomington, Indiana, Indiana University Press.
  • P. F. Lacroix, « L'ensemble songhay-jerma: problèmes et thèmes de travail », 1969, Actes du 8e Congrès SLAO, Abidjan, pp. 87–99.
  • H. G. Mukarovsky, « Zur Stellung der Mandesprachen », Anthropos 61:679-88, 1966.
  • Robert Nicolaï, « Sur l'appartenance du songhay », 1977, Annales de la faculté des lettres de Nice, 28, pp. 129–145.
  • Robert Nicolaï, Préliminaires su l'origine du songhay (matériaux, problématique et hypothèses), 1984, Berlin.
  • Robert Nicolaï, Parentés linguistiques (à propos du songhay), Paris, CNRS 1990 (ISBN 2-222-04425-1).
  • Robert Nicolaï, La force des choses ou l'épreuve 'nilo-saharienne': questions sur les reconstructions archéologique et l'évolution des langues, SUGIA 13, Köln, Rüdiger Köppe Verlag, 2003 (ISBN 3-89645-099-9).

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]