Silent Hill (jeu vidéo)

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Silent Hill
Image illustrative de l'article Silent Hill (jeu vidéo)

Éditeur Konami
Développeur Konami CE Tokyo
Concepteur Keiichiro Toyama

Date de sortie PSOneIcons-flag-jp.png 4 mars 1999
Icons-flag-us.png 31 janvier 1999
Icons-flag-eu.png 1er août 1999
[1]
PSNIcons-flag-us.png 10 septembre 2009
Icons-flag-eu.png 19 mars 2009
Genre Survival horror
Mode de jeu Un joueur
Plate-forme PlayStation, PlayStation Network
Média CD-ROM
Langue Anglais sous-titré
Contrôle DualShock

Évaluation SELL : 16+

Silent Hill est un jeu vidéo de type survival horror développé par Konami CE Tokyo et édité par Konami en 1999 sur PlayStation. Réputé pour avoir révolutionné le jeu d'horreur par son approche psychologique[2] de la peur, le titre de Keiichiro Toyama a connu un succès international. Il marque les débuts d'une longue série de jeux qui s'est poursuivie jusqu'en 2012. Christophe Gans en a réalisé l'adaptation cinématographique en 2006.

Silent Hill possède une identité souvent jugée plus aboutie que d'autres titres de l'époque, comme ceux de la série concurrente Resident Evil[réf. nécessaire]. Les idées originales de gameplay, la mise en scène ingénieuse (positionnement des caméras, expressivité des personnages...), la bande-son maîtrisée d'Akira Yamaoka[3] et le scénario recherché (rappelant L'Échelle de Jacob d'Adrian Lyne auquel le jeu emprunte un bon nombre d'éléments visuels, certains films de David Lynch ou encore l'univers de H. P. Lovecraft[réf. nécessaire]) font de cette production une œuvre notoire de la cinquième génération de console.

Scénario[modifier | modifier le code]

Depuis que le développement économique de Silent Hill, station balnéaire reculée, a atteint sa maturité, la population est en proie à une triste apathie, d'autant plus marquée par le tragique incendie survenu sept ans auparavant. Harry Mason est le père de Cheryl, petite fille aux cheveux d'un noir profond, discrète et réservée, qu'il a trouvé environ 7 années auparavant sur le bord d'une route menant à Silent Hill avec sa femme, décédée depuis. Les vacances d'été étant arrivées, Harry en bon père, tient à faire plaisir à sa petite fille en l'emmenant en vacances. Il cède aux supplications de Cheryl quant au lieu de destination, à savoir l'emmener à Silent Hill, malgré son étonnement, ne lui ayant jamais parlé ni de son adoption ni de la ville.

Le trajet vers Silent Hill est long, la nuit tombe. Sur la route aux abords de la ville, Harry croise un motard de la police qui les dépasse et disparait ; plus loin, la moto est sur le bas-côté, son pilote a disparu. À peine Harry tourne-t-il la tête vers elle que les phares de son véhicule illuminent une silhouette devant lui. Par réflèxe, il tourne violemment le volant pour se déporter sur la droite, quitte la route et plonge dans l'épaisse végétation qui borde la chaussée. Lorsque la voiture s'arrête, Harry a depuis longtemps perdu connaissance.

Quand il reprend ses esprits, Cheryl a disparu. Submergé par la panique, Harry s'extirpe de son véhicule avec une seule idée en tête : retrouver Cheryl. À l'extérieur, il est frappé par le froid glacial et l'épais brouillard[2], traversé par de gros flocons de neige hors saison qui recouvre la ville de Silent Hill. Harry cherche de l'aide des yeux mais la ville semble déserte. Quand il croit voir sa fille errant dans les rues, il la suit jusqu'à une allée où il découvre des corps mutilés sur des grillages rouillés alors que la nuit tombe en un instant. Il perd conscience après être attaqué par des monstres et se réveille dans un dinner devant Cybil Bennett, la motarde qu'il a croisé avant d'entrer dans la ville. Policière de la ville voisine de Brahms, elle est aussi perdue que lui mais accepte de l'aider à retrouver Cheryl et lui confie une arme. Harry retourne explorer la ville, suivant des messages laissés sur les feuilles du carnet à dessins de Cheryl qui le mènent à l'école, où il replonge, après qu'une sirène retentisse au loin, dans un monde absurde envahi par des monstres et où les murs deviennent des grillages rouillés marqué d'un étrange symbole ésotérique. Ses pas le mènent vers l'adolescente qu'il a manqué de renverser, mais elle disparait aussitôt qu'il la voit. Alors que le jour revient et que le monde revient à la normale, Harry se rend à l'église de la ville où il rencontre la mystérieuse Dahlia Gillespie, qui lui explique que la jeune fille est responsable de cette montée des ténèbres sur la ville, qui sera achevée quand le symbole sera complètement rempli, à moins que Harry n'utilise le Flauros, un étrange objet, contre la fillette, ce qui sauverait sa fille. Harry poursuit sa route qui le mène à l'hôpital Alchemilla, où il rencontre le Dr Kaufmann, aussi perdu que lui devant les monstres, et l'infirmière Lisa Garland, qui dit ne rien savoir des événements car elle a perdu connaissance et s'est réveillée dans ce monde déformé.

Harry continue d'explorer la ville et finit par découvrir l'existence d'un trafic de drogue, la White Claudia, autour de la zone touristique de Silent Hill, dans lequel serait impliqué l'Ordre, un culte local. En arrivant au parc d'attractions de la ville, Harry retrouve Cybil, possédée par un parasite ; le joueur peut la sauver ou non. Plus tard, Harry retrouve la jeune fille du début, qui est piégée par le Flauros. Dahlia réapparait, satisfaite de son plan : elle a manipulé Harry pour capturer l'esprit, une manifestation de l'esprit de sa fille Alessa, car il était le seul à pouvoir l'approcher. Harry s'évanouit et se réveille dans le « Nowhere », une dimension où la logique et les lois physiques n'existent plus. Il y retrouve Lisa, qu a compris qu'elle était morte et donc rien de plus qu'un esprit ; elle commence à se transformer et Harry prend la fuite. Grâce au journal intime de Lisa et aux dernières explications de Dahlia, Harry comprend ce qu'il s'est passé dans la ville sept ans auparavant : au cours d'un rituel de l'Ordre, Dahlia a mis le feu à sa maison dans laquelle se trouvait Alessa, espérant ainsi permettre la naissance du Dieu de son culte, mais le rituel a échoué, laissant Alessa, rendue immortelle par le pouvoir du Dieu, marquée de sévères brûlures dont s'est occupée Lisa, contrainte par le Dr Kaufmann. Au cours du rituel, l'âme d'Alessa a resisté et s'est finalement scindée en deux parties, l'une devenant l'esprit d'Alessa hantant la ville et l'autre devenant Cheryl. Quand elle a compris, Dahlia a jeté un sort permettant le retour de Cheryl dans la ville afin de terminer le rituel et Alessa a tenté de la repousser grâce à son symbole. Ce plan a échoué et Dahlia peut réunir les deux parties de l'âme pour donner naissance à son dieu.

Le dénouement du jeu dépend de deux actions du joueur au cours de la partie : s'il a sauvé Cybil ou non, et s'il a fait en sorte que le Dr Kaufmann récupère une bouteille d'Aglaophotis, un liquide rouge permettant de repousser les démons.

  • s'il n'a rien fait, Alessa tue Dahlia avant d'attaquer Harry et de se faire tuer à son tour. Cheryl remercie alors Harry et on découvre que tout le jeu n'est qu'un délire dans l'agonie de Harry, qui meurt dans sa voiture ;
  • si Cybil est en vie mais que Kaufmann n'est pas là, Alessa disparait et Cybil convainc Harry de prendre la fuite ;
  • si Kaufmann est en possession de l'Aglaophotis, il apparait au cours du rituel et, se sentant trahi par Dahlia, utilise la substance pour expulser le dieu du corps d'Alessa, créant l'Incubus. Après que Harry tue le monstre, Alessa revient et engendre un bébé, nouvelle réincarnation d'Alessa et Cheryl, qu'elle confie à Harry avant de lui permettre de fuir. Kaufmann tente de le suivre mais il est rattrapé par l'esprit de Lisa qui l'emmène dans les ténèbres avec lui ; cette fin est considérée comme canonique dans la continuité des jeux, avec la mort de Cybil
  • une fin bonus est disponible après avoir fini le jeu une première fois, où Harry finit enlevé par des extraterrestres.

Personnages[modifier | modifier le code]

  • Harry Mason
  • Cheryl Mason
  • Cybil Bennett
  • Alessa Gillespie
  • Dahlia Gillespie
  • Dr. Michael Kaufmann
  • Lisa Garland

Système de jeu[modifier | modifier le code]

Le joueur contrôle Harry Mason et évolue avec une caméra à la troisième personne. Il peut explorer la ville, combattre les monstres et doit résoudre des énigmes pour progresser. Le jeu n'a aucun HUD et le joueur voit la santé et l'inventaire du personnage par un menu dédié. Au cours du jeu, il est possible de récupérer armes à feu et armes blanches, mais le personnage n'étant pas formé au combat, il perd son souffle après une course trop longue et a du mal à viser. Si le joueur utilise une manette DualShock, les vibrations de la manette peuvent indiquer la santé du personnage.

Le personnage évolue constamment dans un brouillard opaque[2], dans la pénombre ou dans le noir (dans le Silent Hill du passé dont les monstres sont plus présents et plus forts), qui ne lui permettent pas d'appréhender ce qui va survenir. Au début de l'aventure, Harry trouve et emmène avec lui un récepteur radio[2]. L'appareil est utile pour détecter la présence des monstres[2] (son grésillement se fait plus important au fur et à mesure qu'une créature se rapproche) mais il tend aussi à rendre la progression plus stressante. Harry dispose également d'une lampe de poche[2], elle aussi à double tranchant, car si elle permet d'éclairer le décor ou de visualiser la carte des lieux, elle attire aussi les créatures.

La progression du joueur peut être vue par des cartes, récupérables dans chaque zone et complétées au fur et à mesure de l'exploration (impasses, objectifs à atteindre...)

Développement[modifier | modifier le code]

Un nouveau courant du jeu d'horreur[modifier | modifier le code]

L'arrivée de Silent Hill marque une nouvelle approche du genre. Jusqu'à présent, le survival horror était surtout représenté par Resident Evil de Shinji Mikami, le jeu qui a popularisé le genre[3]. Alors que ce dernier est davantage tourné vers l'action et la peur panique, Silent Hill a apporté une dimension plus psychologique[2] qui mise sur les émotions et la psychanalyse. L'atmosphère oppressante repose beaucoup sur la mise en scène (bande-son, cadrages, 3D temps réel) et sur les aspirations ésotériques du scénario.

Aspects techniques[modifier | modifier le code]

Le brouillard omniprésent dans les environnements extérieurs est utilisé pour compenser la distance d'affichage, limitée par la puissance de la console.

Références culturelles[modifier | modifier le code]

De nombreuses références littéraires sont utilisées dans l'univers de la ville. Les monstres de Silent Hill et certains objets utilisés pour les énigmes sont basés sur des livres lus par Alessa, notamment Le Monde perdu d'Arthur Conan Doyle ou Les Aventures d'Alice au pays des merveilles[4],[5].

Certains noms de personnages sont inspirés de personnes réelles : le prénom de Cheryl Mason vient de l'actrice Sheryl Lee, le nom de famille de Lisa Garland vient de Judy Garland[6]. Le nom de Michael Kaufmann fait référence aux producteurs de Troma Entertainment, Michael Herz et Lloyd Kaufman. Les personnages d'Alessa et Dahlia devaient originellement s'appeler "Asia" et "Daria", comme l'actrice Asia Argento et sa mère Daria Nicolodi[7]. Les prénomes de Harry et Cheryl étaient à la base "Humbert" et "Dolores", en référence aux personnages du livre Lolita de Vladimir Nabokov, mais les membres américains de l'équipe ont considéré que ces prénoms n'étaient pas assez banals[6].

Les noms des objets sont tirés d'ouvrages de plusieurs religions : le liquide rouge Aglaophotis repoussant les démons, qui serait tiré d'une herbe médicinale, tire son nom d'une herbe similaire mentionnée dans la Kabbale ; le "Sceau de Métatron" tire son nom de Métatron, celui du "Flauros" vient d'un démon éponyme de l'Ars Goetia cité dans le Lemegeton, un livre de magie cité dans les écrits du Roi Salomon[8]. Des objets et noms sur les portes de la dimension "Nowhere" viennent d'éléments occultes symbolisant l'intérêt de Dahlia pour la magie. Parmi les noms, on trouve les noms des esprits olympiens Ophiel, Hagith, Phaleg et Bethor, cités dans des livres de magie noire (comme l'Arbatel) et supposément maîtres de planètes. Selon Owaku, l'utilisation de noms évoquant des planètes symbolisait l'entrée dans une partie plus profonde de l'âme d'Alessa[5].

Équipe de développement[modifier | modifier le code]

Akira Yamaoka compose les musiques et dirige l'environnement sonore du jeu.
  • Doublage :
    • Harry Mason : Michael G
    • Cybil Bennett : Susan Papa
    • Dahlia Gillespie : Liz Mamorsky
    • Dr. Michael Kaufmann : Jarion Monroe
    • Cheryl Mason/Alessa Gillespie : Sandra Wane
    • Lisa Garland : Thessaly Lerner

Différences entre les versions du jeu[modifier | modifier le code]

Les versions américaines présentent une petite différence avec les versions japonaise et européenne. On peut y affronter des enfants-zombies dans l'école, ce qui n'est pas le cas dans les autres versions. Cette censure s'explique en grande partie par le problème de la moralité car ces scènes sont très choquantes et parmi les plus violentes psychologiquement puisqu'il vous faut frapper ces écoliers-zombies. Ces enfants-zombies ont toutefois été intégrés dans l'adaptation cinématographique du jeu.

Réception[modifier | modifier le code]

Silent Hill (jeu vidéo)
Presse papier
Média PlayStation
Consoles + (FR) 92 %[9]
Famitsu (JP) 34 / 40
Joypad (FR) 8 / 10[10]
Presse numérique
Média PlayStation
GameSpot (US) 8.2 / 10
IGN (US) 9 / 10
Jeuxvideo.com (FR) 19 / 20[11]
Agrégateurs de notes
Média PlayStation
GameRankings 84,99 %[12]
Metacritic 86 / 100[13]

Silent Hill a été bien reçu par la critique, considérant que la réponse de Konami à Resident Evil se démarquait suffisamment de son rival, par la création d'une peur basée sur l'ambiance plus que sur la panique et son travail sur le son. Les limitations du moteur 3D et le travail d'acteur sur les dialogues ont cependant été pointés parmi les critiques négatives.

« Comment un jeu truffé d'énigmes bancales aux graphismes plutôt moyens parvient-il à dégager une ambiance aussi flippante ? »
« Silent Hill est une petite perle de l'aventure/action. Ce jeu possède un vrai style et regorge de trouvailles. »
« Un titre aussi fantastique que dérangeant. À ne pas mettre entre toutes les mains. »

En 2014, Marcus insiste sur le côté malsain du jeu, en faisant une des références du genre[2]

Adaptation cinématographique[modifier | modifier le code]

Silent Hill est une adaptation cinématographique du jeu réalisée par Christophe Gans, admirateur de la série[réf. nécessaire]. Sorti le 26 avril 2006 en France, le film se base sur l'histoire de Silent Hill tout en empruntant des éléments à Silent Hill 2 (esthétique, personnages), à Silent Hill 3 héros de sexe féminin et à Silent Hill 4: The Room (angles de vue).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. SCEE Press office, consulté le 5 mai 2008.
  2. a, b, c, d, e, f, g et h Marcus (ill. Guillaume Lapeyre, photogr. Raoul Dobremel, mise en couleurs Julien Nido), Nos Jeux vidéo 90-2000 : De la raquette de Pong au racket dans GTA, l'irrésistible ascension des jeux vidéo, Hors Collection, coll. « Nostalgie / Nostalgie illustré »,‎ , 1e éd. (1re éd. 2014), 260 × 260 mm, broché, 142 p. (ISBN 978-2-258-11049-6, notice BnF no FRBNF44203686, présentation en ligne), partie 1, « La PlayStation, le retour du jeu cool ! », p. 12
  3. a et b Silent Hill: la peur virtuelle porte son nom., Francois Bliss de la Boissiere, Overgame, 13 juillet 1999.
  4. (ja) Silent Hill 3 公式完全攻略ガイド/失われた記憶 サイレントヒル・クロニクル, NTT Publishing Co., Ltd,‎ , 26–27 p. (ISBN 4-7571-8145-0), « Silent Hill Creature Commentary »
  5. a et b (ja) Silent Hill 3 公式完全攻略ガイド/失われた記憶 サイレントヒル・クロニクル, NTT Publishing Co., Ltd,‎ , 106–107 p. (ISBN 4-7571-8145-0), « XVII: The Star – Motif »
  6. a et b (ja) Silent Hill 3 公式完全攻略ガイド/失われた記憶 サイレントヒル・クロニクル, NTT Publishing Co., Ltd,‎ (ISBN 4-7571-8145-0), « Silent Hill Character Commentary », p. 24
  7. (ja) Silent Hill 3 公式完全攻略ガイド/失われた記憶 サイレントヒル・クロニクル, NTT Publishing Co., Ltd,‎ (ISBN 4-7571-8145-0), « Silent Hill Character Commentary », p. 25
  8. (ja) Silent Hill 3 公式完全攻略ガイド/失われた記憶 サイレントヒル・クロニクル, NTT Publishing Co., Ltd,‎ (ISBN 4-7571-8145-0), « V: The Hierophant - Key Items », p. 91
  9. Toxic (Pierre Koch) et Niiico (Nicolas Gavet), « Test PlayStation - Silent Hill », Consoles +, no 90,‎ , p. 130.
  10. Elwood (François Tarrain) et Gollum (Julien Chièze), « Test - Silent Hill », Joypad, no 88,‎ , p. 128.
  11. Kornifex (Olivier Laumonier), « Test : Silent Hill », sur Jeuxvideo.com,‎ (consulté le 7 août 2015).
  12. (en) « Silent Hill for PlayStation », sur GameRankings (consulté le 7 août 2015)
  13. (en) « Silent Hill for PlayStation Reviews », sur Metacritic (consulté le 7 août 2015)

Liens externes[modifier | modifier le code]