Serge Lancen

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Serge Lancen (Paris, - ) est un pianiste et un compositeur français.

Il a étudié au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris où il obtient le 1er prix de composition en 1949. L'année suivante, il obtient le 2e prix de Rome avec la cantate Bettina.

Serge Lancen est né à Paris le 5 novembre 1922 dans une famille où on était médecin de père en fils. Son père dirige le service de rhumatologie de l’hôpital Saint-Antoine. Dès son plus jeune âge Serge est attiré par la musique en écoutant sa mère jouer des airs classiques (Bach, Mozart, Beethoven, Chopin etc.) au piano. Tous ces compositeurs classiques influenceront Lancen plus tard. Sa mère est non seulement une bonne pianiste, mais également une artiste peintre de talent et son père avait joué du violon dans un orchestre symphonique d’amateurs. Le jeune Serge ne se lasse pas d’écouter les concerts symphoniques qui passent à la radio et se met très tôt à étudier le piano. Avant d’atteindre son cinquième anniversaire, il compose une berceuse, qui sera éditée ultérieurement, que sa mère note minutieusement car le petit Serge ni sait ni lire ni écrire la musique. Lorsqu’il a huit ans, il étudie le solfège et le piano avec un professeur.

A quinze ans, il a déjà écrit assez de musique pour piano pour donner un récital entier. Ce concert a lieu au Rudolf Steiner Hall à Londres en 1937.

Plus tard, il étudie le piano avec Marguerite Long et Lazare Lévy et la composition avec Noël Gallon et Tony Aubin. En 1950 il obtient un “Prix de Rome”, la plus prestigieuse des récompenses pour un jeune compositeur. D’autres prix de composition suivront dont plusieurs prix musicaux de la Communauté Radiophonique de Langue Française, de l’Union Européenne de la Radiodiffusion et de la SACEM. Serge Lancen aborde tous les genres et écrit de la musique de chambre, des oeuvres pianistiques, des ballets, un opéra de chambre commandé par la Radio et de la musique symphonique. Son style tout à fait original est néanmoins nettement influencé par les grands classiques qu’il a tant écoutés lors de sa jeunesse. Parmi ses premières compositions symphoniques citons le Concertino pour Piano (1949), le Concerto pour Piano (1951) et la Symphonie Légère (1955).

Serge Lancen

et l’orchestre d’harmonie.

Rien ne laisse prévoir qu’il deviendra un des grands compositeurs français du 20ème siècle dans le domaine des orchestres d’harmonie. En effet, il a grandi dans un milieu musical complètement orienté vers le piano et les cordes. Les solistes qu’il a entendus quand ses parents l’emmenaient chaque dimanche au concert étaient toujours des pianistes ou des violonistes. Pour lui, les vents n’avaient fonction qu’entourés du son des cordes et il était donc prédestiné à une carrière de compositeur purement symphonique. Mais le sort en décide autrement. L’un de ses anciens camarades de conservatoire, un clarinettiste nommé Désiré Dondeyne, devient chef de la Musique des Gardiens de la Paix de la Préfecture de Police de Paris en 1954. Comme Dondeyne veut enrichir le répertoire original contemporain, il compose un grand nombre d’oeuvres mais incite également tous ses anciens condisciples à écrire pour orchestre d’harmonie. Assistant à quelques concerts de cette formation parisienne, Serge Lancen est impressionné par la splendide sonorité de l’orchestre d’harmonie avec sa masse de clarinettes, de saxophones et de saxhorns. Il avouera plus tard, que c’est avant tout l’union sonore massive de l’orchestre à vents qui l’a attiré et l’a fasciné pour le restant de ses jours. Pour le symphoniste Lancen, le registre aigu de l’orchestre d’harmonie manquera toujours de volume et de puissance, mais les inventions d’Adolphe Sax donnent des couleurs exceptionnelles et naturelles aux registres moyens et graves. Ainsi, Serge écrit en 1960 une Marche de concert qui est orchestrée par Dondeyne car il est confronté aux difficultés causées par les nombreux instruments transpositeurs dans l’orchestre d’harmonie. Un voyage aux Etats-Unis d’Amérique inspire Lancen qui écrit sa Manhattan Symphony (1961-1962) destinée à l’orchestre d’harmonie et en confie encore l’orchestration à Désiré Dondeyne. Il en fait de même pour sa Symphonie de Noël (1964) et sa suite Festival à Kerkrade (1966) également des pièces pour orchestre d’harmonie. Serge Lancen découvre le Concours Mondial pour Orchestres à Vents qui se tient tous les quatre ans depuis 1950 à Kerkrade, petite ville frontière au Sud des Pays-Bas. Serge en devient un invité de marque lorsque sa Manhattan Symphony est imposée en 1ère division en 1966. Ces liens étroits avec le concours “WMC Kerkrade” ne seront plus jamais rompus. En 1970, la renommée Banda Primitiva de Lliria y interprète la Mini Symphony en concert, tandis que l’harmonie des mines DSM joue la Manhattan Symphony. En 1974, il interprète son Parade Concerto avec la Musique de la Marine Royale Néerlandaise, cette prestation faisant l’objet d’un enregistrement discographique. Cap Kennedy fait fureur comme morceau imposé en première division en 1978. En 1981, sa Festival Rhapsody, commande des organisateurs du concours, est imposée en deuxième division. Quatre ans plus tard, toujours à Kerkrade, Serge joue son Concerto de Paris avec l’Orchestre d’harmonie du Conservatoire de Maastricht, sous la direction de Jan Van Ossenbruggen, ce concert étant enregistré par la télévision néerlandaise. Serge Lancen a également été très souvent au programme des concerts de gala donnés par les plus prestigieux orchestres d’harmonie professionnels à Kerkrade. Après le Festival à Kerkrade en 1967, Serge Lancen estime qu’il a acquis la maturité nécessaire pour orchestrer lui-même pour orchestre d’harmonie. La Mini Symphonie (1967) peut être considérée comme sa première oeuvre totale pour harmonie. Puis, toujours fasciné par l’unique palette sonore, Lancen continue à écrire régulièrement pour orchestre d’harmonie, encouragé par son éditeur néerlandais Pieter Jan Molenaar, qui avait été touché par la Manhattan Symphonie lors de sa création par la Musique des Gardiens de la Paix le 29 avril 1962 à Argentan. Obsession (1969), commande de la Radiodiffusion Française pour un concours européen est primé. Puis il y a l’oeuvre maîtresse Cap Kennedy (1969-1970) un poème symphonique dont la réputation dépasse rapidement les frontières. Parmi les nombreuses compositions pour orchestre d’harmonie (une soixantaine au total) citons encore les tableaux symphoniques Le Mont Saint-Michel (1976), le poème symphonique commandé par l’Etat français, Le Chant de l’Arbre (1979-1980) et Mascarade (1985) pour quintette de cuivres et orchestre d’harmonie, créé le 20 juillet 1987 à Boston, lors de la conférence mondiale de la WASBE.

Serge Lancen était présent lors de la création de cette organisation internationale (World Association for Symphonic Bands and Ensembles) à Manchester en juillet 1981 et la soutiendra longuement. De 1985 à 1991 il fait partie du comité directeur mondial et y représente la France. Hormis, Mascarade déjà citée et créée à Boston en 1987, plusieurs oeuvres de Lancen sont créées ou interprétées lors des différentes conférences de la WASBE. Festival à Kerkrade est interprété par l’Harmonie Municipale du Havre, sous la direction de Claude Decugis, à Skien, Norvège le 14 juillet 1983 ; la Symphonie de l’Eau est créée par la Musique de la Police Nationale, sous la direction de Pierre Bigot, à Kortrijk (Belgique), le 17 juillet 1985 ; L’Ouverture pour un matin d’Automne est jouée par l’Orchestre Sénior des Pays-Bas, sous la direction de Henk van Lijnschooten à Kerkrade aux Pays-Bas le 20 juillet 1989, ainsi que la Manhattan Symphony interprétée par la Musique de l’Air de Paris sous la direction de François-Xavier Bailleul le 21 juillet 1989 toujours lors de la conférence à Kerkrade; la Sonate Concertante pour clarinette et orchestre d’harmonie est jouée par le Lier Concert Band avec MarcVertessen à la clarinette le 14 juillet 1993 à Valencia, Espagne et le Concerto pour Hautbois par le même ensemble (rebaptisé Concert Band voor Vlaanderen) le 8 juillet 1997 à Schladming en Autriche.

Serge Lancen a composé plusieurs concertos avec accompagnement d’orchestre d’harmonie. Tout d’abord, il y a les deux concertos pour piano. Parade Concerto (1971) créé le 6 avril 1972 par Pierre Nimax au piano et l’Harmonie Municipale d’Esch-sur-Alzette (Luxembourg), sous la direction de Georges Wagner. Serge Lancen interprète souvent ce concerto, notamment en 1973 avec le United States Air Force Band dirigé par Jan Molenaar à Washington ; il l’avait enregistré en 1971 avec la Koninklijke Militaire Kapel des Pays-Bas sous la direction de Anne Posthumus. Le Concerto de Paris est créé par le compositeur et la Koninklijke Militaire Kapel, sous la direction de Jan van Ossenbruggen le 25 novembre 1983 à Zaandam, à l’occasion du cinquantenaire de la firme Molenaar. Puis, il y a des concertos pour divers instruments solos et orchestre d’harmonie. Dédicace (1974) pour saxo alto solo et orchestre d’Harmonie est créé par Jaques Desloges et la Musique de la Police Nationale, direction Michel Mériot, lors du 4ème Congrès Mondial du Saxophone à Bordeaux en 1974. En dehors des concertos déjà mentionnés, il y a également des concertos pour trombone (1988), pour cor (1991) et pour harpe (1990). Toutes ces oeuvres pour instruments solos et orchestre d’harmonie ont été enregistrées par l’Orchestre d’Harmonie du Conservatoire du Brabant (Pays-Bas) sous la direction de Jan Cober : “Masterpieces for Band 3” (Molenaar MBCD 31.1016.72) et “Masterpieces for Band 11” (Molenaar MBCD 31.1040.72). Il est intéressant de savoir que le Concerto pour Hautbois (1991) est en fait une nouvelle version du Concerto pour Harmonica et orchestre symphonique (1954), composé à la demande du virtuose Larry Adler qui l’a créé, sous la direction de Rudolf Schwarz au Town Hall à Birmingham, Grande Bretagne en 1954.

Le compositeur a toujours montré une préférence pour ses œuvres religieuses. La première dans le genre est le Poème œcuménique (1975) basé sur des textes tirés de la Bible (dont les Psaumes 8, 23, 100 et 150), de divers livres de prières dans leur langue originale (Latin, Français, Slavon, Hébreu) et de prières intimes. Le final est un hymne de Fraternité écrit par Roger Thirault. Cette oeuvre religieuse, créée en la Cathédrale Notre-Dame de Laon le 12 octobre 1975, est écrite pour orchestre Symphonique et/ou orchestre d’Harmonie, solistes et choeurs. La deuxième composition religieuse est la Missa Solemnis (1985) 32”50 pour solistes, choeurs et orchestre d’harmonie ; elle est dédiée au Pape Jean-Paul II et créée par l’Harmonie Royale de Thorn, direction Jan Cober en la Basilique Notre-Dame de Maastricht le 27 mai 1989. Puis, le Te Deum (1991) pour ténor, baryton, choeur d’hommes et orchestre d’harmonie de chambre (14 vents), dédié au cardinal de Paris, Monseigneur Lustiger. Enfin, il y a le Credo (1994) pour choeur mixte et orchestre d’harmonie, commandé pour être inclus à la “Missa Solemnis”, qui fut créé en l’Eglise des Françaises à Bolzano (Italie) le 19 mars 1995 par les choeurs et la Musikkapelle de Zwölfmalgreien de Bolzano, direction Markus Silbernagl.

Parmi les dernières compositions pour orchestre d’harmonie de Serge Lancen il faut mentionner Zwiefache Symphonique (1994), Hymne aux Musiciens (1995), Jour de Fête (1995), Jubilé (1996) et la cantate pour soliste, choeur mixte, choeur d’enfants et orchestre d’harmonie Espaces Harmoniques (1995), commande de la ville de Blois pour la commémoration du diocèse. Cette oeuvre est créée en la Basilique Notre-Dame de la Trinité de Blois (1997) sous la direction de Vincent Ries. C’est à cette époque que l’état de santé de Serge Lancen devient de plus en plus fragile. Il ne compose plus et vit paisiblement entouré des soins affectueux de son épouse Raphaëlle. Il s’éteint paisiblement le dimanche 10 juillet 2005 et repose désormais au cimetière du Montparnasse à Paris, la ville qu’il aimait tant.

Tous ceux qui ont eu le bonheur de côtoyer Serge Lancen ont été touchés par sa distinction, sa délicatesse, sa simplicité, sa vision équilibrée et son honnêteté. D’ailleurs on retrouve aisément toutes ces caractéristiques dans ses compositions. Ce n’est pas sans raison que ce “gentleman de la musique d’harmonie française” était reçu partout à bras ouverts, car Serge et son épouse Raphaëlle se sont déplacés d’innombrables fois pour assister à des répétitions, des concerts, des enregistrements, des concours et des créations dans de nombreux pays. Partout ils étaient bien accueillis car tout le monde appréciait l’amabilité et la simplicité de ce grand maître qui avait un grand respect pour les musiciens amateurs et qui le lui rendaient fort bien.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Orchestre symphonique :

  • 1964 Charlot
  • 1965 Triptyque
  • 1968 En route pour Monte-Carlo
  • 1968 Fifres en fête
  • 1969 Symphonietta
  • 1981 Comptine et Chanson, œuvres écrites pour les 70 ans d'Alfred Loewenguth et ses 50 ans de carrière
  • 1993 Jeunes archets

Orchestre d'Harmonie :

  • 1961 Manhattan Symphony
  • 1964 Symphonie de Noël
  • 1967 Mini-symphonie
  • 1967 Festival à Kerkrade
  • 1969 Obsession
  • 1970 Cap Kennedy
  • 1970 Hymne à la musique
  • 1971 Ouverture texane
  • 1975 Marche pour un anniversaire
  • 1976 Ouverture triomphale
  • 1976 Rhapsodie sur des thèmes bretons
  • 1976 Rhapsodie sur des thèmes normands
  • 1977 Suite pastorale
  • 1979 Bocage
  • 1979 Trianon
  • 1979 Versailles
  • 1983 Scandinave
  • 1984 Divertimento
  • 1984 Symphonie de l'eau
  • 1984 Marche nuptiale
  • 1990 éveil
  • 1990 Hymne au soleil
  • 1993 Cinquantième
  • 1993 Symphonie joyeuse
  • 1993 Zwiefache symphonique
  • 1995 Hymne aux musiciens
  • 1998 Jour de fête

Concertos :

  • 1954 Concerto pour harmonica
  • 1962 Concerto pour flûte et orchestre
  • 1962 Concerto pour contrebasse
  • 1966 Concerto pour violon
  • 1968 Concerto champêtre pour harpe et orchestre
  • 1971 Parade Concerto pour piano et orchestre d'harmonie
  • 1974 Concerto Rhapsodie pour piano et orchestre
  • 1982 Concerto de Paris pour piano et orchestre d'harmonie
  • 1985 Concerto pour violon et contrebasse
  • 1987 Concerto pour contrebasse et orchestre
  • 1987 Concerto pour trombone
  • 1988 Concerto pour harpe
  • 1989 Sonate concertante pour clarinette et orchestre d'harmonie
  • 1990 Concerto pour cor
  • 1991 Concerto pour hautbois
  • 1992 Concerto pour saxophone alto et orchestre

Source[modifier | modifier le code]

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