Marguerite Long

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Marguerite Long
Description de l'image Marguerite Long.jpg.

Naissance
Nîmes, Drapeau de la France France
Décès (à 91 ans)
Paris, Drapeau de la France France
Activité principale Pianiste, pédagogue
Formation Conservatoire de Paris
Maîtres Antonin Marmontel
Enseignement Conservatoire de Paris
Élèves Samson François, Pierre Barbizet, Setrak, Lucette Descaves, Bruno Leonardo Gelber, François Cholé, Harry Datyner, Éliane Richepin, Ventsislav Yankoff, Claude Kahn, Bernard Deberdt
Conjoint Joseph de Marliave

Répertoire

Marguerite Marie Charlotte Long, née à Nîmes le et morte à Paris le , est une pianiste et pédagogue française.

Pianiste de renommée internationale, elle excella dans le répertoire français de l'époque moderne, mais aussi dans Chopin et les romantiques. Elle fonde avec Jacques Thibaud le concours international Long-Thibaud.

Biographie[modifier | modifier le code]

Marguerite Long naît à Nîmes le [1]. Elle est la fille de Pierre Long et Anna Théron. Sa sœur aînée, Claire, est nommée à l'âge de 17 ans professeur de piano au Conservatoire de Nîmes [2].

Théodore Dubois, professeur au Conservatoire de Paris, la remarque au cours d'une de ses tournées au Conservatoire de Nîmes, alors que celle-ci n'a que 12 ans. Grâce à lui, elle sera admise au Conservatoire de Paris. Après avoir obtenu un premier prix de piano à l'âge de quinze ans, elle devient l'élève d'Antoine-François Marmontel.

Le , elle débute en concert à Paris, à 19 ans. Sa carrière est cependant ralentie par le peu de goût des milieux bourgeois de l'époque pour les solistes virtuoses et par les préjugés sociaux qui dénient aux femmes toute capacité créatrice. Elle ne se produira à nouveau en public qu'en 1903, aux Concerts Lamoureux.

En 1906, elle épouse le musicologue Joseph de Marliave à Paris connu notamment pour son œuvre sur les quatuors de Beethoven, il est très lié avec Gabriel Fauré qui introduit Marguerite dans l’univers de la fameuse « musique française du début du siècle  ». En 1914, son mari est tué à la guerre, elle veut arrêter toute carrière musicale mais Claude Debussy la remet au piano en lui proposant de travailler directement avec lui. Elle sera donc une importante dépositaire de l’œuvre de Debussy.

Elle meurt le en son domicile dans le 17e arrondissement de Paris[3] et repose au cimetière Saint-Baudile de Nîmes.

Carrière[modifier | modifier le code]

Marguerite Long se tourne vers l'enseignement ; en 1926, elle est nommée assistante au Conservatoire de Paris, où elle enseignera jusqu'en 1940[4].

Après la mort de Debussy en 1918, elle se met au service de la musique de Maurice Ravel qui est déjà son ami. Celui-ci crée Le Tombeau de Couperin pour rendre hommage à ses amis morts au champ d’honneur. La sixième et dernière pièce, Toccata, est dédiée à son mari, Joseph de Marliave.

Le , elle crée à la Société de musique indépendante. En 1920, après la mort de Louis Diémer, elle reprend sa classe au Conservatoire et fonde sa propre école de musique.

À partir de 1921, elle donne aussi des cours à l'École normale de musique de Paris, fondée en 1919 par Alfred Cortot et Auguste Mangeot. Peu à peu, prend forme une méthode didactique fondée sur le travail des doigtés, sur celui de la pratique des gammes et, surtout, sur la position arrondie de la main sur le clavier, dans le but d'obtenir ce jeu perlé si caractéristique de l'école française de piano.

Pendant trois mois, elle fait le tour de l'Europe en 1932, elle crée (première interprétation) le Concerto pour piano en sol majeur, que Ravel lui a dédié.

À partir de 1940, elle se produit en tant que musicienne de chambre avec le violoniste Jacques Thibaud.

Elle fit appel à son ami Jacques Thibaud pour créer en 1943 le concours qui portera leur nom et auquel elle se consacra jusqu'à sa mort, en 1966. C'est le Concours international Long-Thibaud auquel ils ont voué une partie de leur carrière.

Elle préside la Fondation Maurice Ravel de 1955 à 1966.

Professeur réputée, Marguerite Long compte parmi ses élèves Samson François, Setrak, Lucette Descaves, Annie d'Arco, Pía Sebastiani, Bruno Leonardo Gelber, Harry Datyner, François Cholé, Ventsislav Yankoff, Claude Kahn, Éliane Richepin, Yvonne Lefébure, Jacques Février, Nicole Henriot, Ada Cecchi, mère des pianistes Katia et Marielle Labèque, etc.

Elle fut l'amie notamment de Gabriel Fauré, Claude Debussy, Pierre Vellones ou Maurice Ravel, qui restèrent toute sa vie les grands noms de son répertoire. Ravel, qui la tenait en haute estime, lui dédia son Concerto en sol qu'elle créa en janvier 1932 et qu'elle présenta dans toute l'Europe.

Discographie[modifier | modifier le code]

Marguerite Long a commencé d'enregistrer dès l'époque du 78 tours, mais sa discographie est moins riche que celle de Jacques Thibaud. Chopin, Debussy et Fauré comptent parmi les compositeurs qu'elle a le plus enregistrés.

Il existe un enregistrement du Concerto en sol de Ravel par Marguerite Long, le compositeur lui-même dirigeant l'Orchestre des Concerts Lamoureux en avril 1932. Malheureusement, très peu d'œuvres enregistrées par Marguerite Long sont disponibles aujourd'hui sur disque compact. On peut citer le Premier Concerto pour piano de Darius Milhaud, sous la direction du compositeur.

Les enregistrements de Marguerite Long dont la liste suit, ont été réalisés sur 78 tours par Columbia, sauf indication contraire. Les dates d'enregistrement sont indiquées lorsqu'elles sont connues.[4]

Beethoven[modifier | modifier le code]

  • Concerto n° 3 ; Orchestre de la société des Concerts du Conservatoire, dir. Félix Weingartner (10 juin 1939) - LFX 581-4.
  • Concerto n° 5 "L'Empereur" ; Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire, dir. Charles Munch - LFX 679-83.

Chopin[modifier | modifier le code]

  • Fantaisie en fa mineur - D 13112-13.
  • Valses op. 64 n° 3 et op. 70 n° 3 - LF7.
  • Concerto en fa mineur ; Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire, dir. Philippe Gaubert. Mazurka op.59 n° 3 - D15236-9.
  • Barcarolle - LFX 325.
  • Scherzo n° 2 - LFX 513.
  • Berceuse. Fantaisie-Impromptu
  • Concerto pour piano en fa mineur ; Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire, dir. André Cluytens (1953) - Pathé Marconi FC 25010, FCX 193.

Debussy[modifier | modifier le code]

  • La plus que lente - Jardins sous la pluie (1929) - LFX 24.
  • Arabesques n° 1 et 2 (1930) - LF 55.

Fauré[modifier | modifier le code]

  • Impromptus n° 2 et 5 - LF26.
  • Nocturne n° 6 et Barcarolle n° 2 - LFX 437.
  • Barcarolle n° 6 et Nocturne n° 4 - LFX 567.
  • Ballade pour piano et orchestre op. 19 ; Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire, dir. Philippe Gaubert (1931) - LFX 54-55.
  • Quatuor avec piano n° 1 en ut mineur ; Trio Pasquier : Jean (violon), Pierre (alto) et Etienne (violoncelle). Enregistré par Pathé Marconi sur microsillon en 1956, voir ci-dessous.
  • Quatuor avec piano n° 2 en sol mineur ; Jacques Thibaud (violon), Maurice Vieux (alto) et Pierre Fournier (violoncelle) - La Voix de son maître DB 5103-6.
  • Les Berceaux, op.23 n° 1 ; Ninon Vallin - LF 125.
  • Quatuor avec piano n° 1 en ut mineur, op. 15 - FC 1057.
  • Ballade ; Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire, dir. André Cluytens (1954) - Angel 35 013.

Halffter[modifier | modifier le code]

  • Rhapsodie portugaise ; Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire, dir. Charles Munch - LFX 629-30.

d'Indy[modifier | modifier le code]

  • Symphonie sur un chant montagnard ; Orchestre Colonne, dir. Paul Paray - LFX 352-4.

Milhaud[modifier | modifier le code]

  • Concerto pour piano n° 1 ; Orchestre national, dir. Darius Milhaud. Avec Paysandu (extrait de Saudades) et Alfama (extrait de l'Automne) (1935) - LFX 375-6.

Mozart[modifier | modifier le code]

  • Concerto pour piano en la majeur, K 488 ; Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire, dir. Philippe Gaubert - LFX 408-10

Ravel[modifier | modifier le code]

  • Concerto pour piano en sol majeur ; Orchestre des Concerts Lamoureux, dir. Maurice Ravel (effectivement dirigé par Freitas-Branco, avril 1932) - LFX 257-9 ; LX 194-6.
  • Concerto avec piano en sol majeur ; Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire, dir. Georges Tzipine (1954) - Angel 35 013.

D. Scarlatti[modifier | modifier le code]

  • Une dizaine d'oeuvres, sans doute enregistrées à la fin des années 50 ou au début des années 60 (l'information manque à propos de ces enregistrements).

Distinctions[modifier | modifier le code]

Écrits[modifier | modifier le code]

  • Le Piano, Salabert, 1959 ;
  • Au piano avec Claude Debussy, Julliard, 1960 (traduction anglaise en 1972) ;
  • Au piano avec Gabriel Fauré, Julliard, 1963 ;
  • La petite méthode de piano, Salabert, 1963 ;
  • Au piano avec Maurice Ravel, Julliard, 1971 (traduction anglaise en 1973).

Bibliographie (ordre chronologique)[modifier | modifier le code]

  • « Long (Marguerite) », dans Dictionnaire biographique du Gard, Paris, Flammarion, coll. « Dictionnaires biographiques départementaux » (no 45), (notice BnF no FRBNF35031733), p. 391.
  • Janine Weill, Marguerite Long, une vie fascinante, Paris, Julliard, , 247 p. (notice BnF no FRBNF33221501).
  • Cécilia Dunoyer de Segonzac, Marguerite Long (1874-1966) : Un siècle de vie musicale française, Paris, Ed. Findakly, , V-217 p. (notice BnF no FRBNF35613561).
  • Alain Pâris, Dictionnaire des interprètes : et de l'interprétation musicale au XXe siècle, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », , 1278 p. (ISBN 2-221-08064-5, notice BnF no FRBNF36685957), p. 630-631
  • Hubert Delobette, « Un portrait de Marguerite Long », Femmes d'exception en Languedoc-Roussillon, Villeveyrac, Le Papillon Rouge Éditeur,‎ (ISBN 978-2-917875-13-1, notice BnF no FRBNF42301785).
  • Anne Bongrain, Le Conservatoire national de musique et de déclamation, 1900-1930 : documents historiques et administratifs, Paris, Vrin, , 750 p. (ISBN 978-2-7116-2398-3, notice BnF no FRBNF42627971), p. 265, 318
  • Gabriel Fauré, Correspondance suivie de Lettres à Madame H. : recueillies, présentées et annotées par Jean-Michel Nectoux, Paris, Fayard, , 911 p. (ISBN 978-2-213-68708-7, notice BnF no FRBNF44438560)
    Contient 2 correspondances de Gabriel Fauré à Marguerite Long (1908) n°297 et n°309
  • Maurice Ravel, L'intégrale : Correspondance (1895-1937), écrits et entretiens : édition établie, présentée et annotée par Manuel Cornejo, Paris, Le Passeur Éditeur, , 1769 p. (ISBN 978-2-36890-577-7 et 2-36890-577-4, notice BnF no FRBNF45607052)
    Contient 9 correspondances de Maurice Ravel à Marguerite Long (1910-1923)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Acte de naissance n°1632 de l'année 1874 de l'état civil de la Ville de Nîmes.
  2. Dunoyer de Segonzac 1993, p. 19
  3. Archives de Paris 17e, acte de décès no 255, année 1966
  4. a et b « Biographie », sur www.long-thibaud-crespin.org (consulté le )

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bases de données[modifier | modifier le code]