Santiago Amigorena

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Santiago Amigorena
Portrait De Santiago Amigorena - janvier 2022.jpg
Portrait de Santiago Amigorena - janvier 2022
Biographie
Naissance
Nom de naissance
Santiago Amigorena
Nationalité
Formation
Activités
Fratrie
Conjoint
Julie Gayet (1998-2005)
Juliette Binoche (2006-2009)
Marion Quantin (depuis 2015)
Enfant
3
Autres informations
Films notables

Santiago Amigorena, né à Buenos Aires (Argentine) le , est un réalisateur, scénariste, producteur et écrivain argentin naturalisé français[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et études[modifier | modifier le code]

Né de parents psychanalystes, Santiago Amigorena passe son enfance en Argentine, puis en Uruguay. En 1973, sa famille s'exile à Paris où, après deux années à l'École internationale bilingue, il intègre le lycée Rodin où il rencontre Cédric Klapisch, avec qui il collaborera de nombreuses fois.

Après des études chaotiques de lettres (Paris IV), philosophie (Paris I) et trois années d'histoire de l'art à l'École du Louvre, il commence une thèse à l'EHESS avec Hubert Damisch.

Carrière cinématographique[modifier | modifier le code]

Il commence sa carrière cinématographique par l'écriture du scénario du film Les gens normaux n'ont rien d'exceptionnel de Laurence Ferreira Barbosa et connaît rapidement le succès avec l'écriture du scénario du Péril jeune de Cédric Klapisch.

Il signe une trentaine de scénarios, notamment pour la nouvelle génération de réalisateurs français des années 1990, entre autres : Cédric Klapisch, Laurence Ferreira Barbosa, Brigitte Roüan, Agnès Merlet, Jean-Pierre Limosin.

Puis il réalise en 2006 son premier film, Quelques jours en septembre avec Juliette Binoche, Sara Forestier, Nick Nolte, John Turturro et Tom Riley, présenté en sélection officielle de la Mostra de Venise et du Festival international du film de Toronto (TIFF).

Il réalise ensuite deux autres longs métrages en 2011 et 2014, Another Silence (avec Marie-Josée Croze) et Les Enfants rouges, tout en continuant son métier de scénariste.

Littérature[modifier | modifier le code]

En 1997, Santiago Amigorena rencontre Paul Otchakovsky-Laurens qui décide de publier son premier roman Une enfance laconique aux éditions P.O.L.

Ce livre est le premier de son projet littéraire, débuté il y a vingt-cinq ans, « l’élaboration d’une autobiographie qui se confondrait avec ses œuvres complètes, la création d’un texte monstre qui finirait par recouvrir sa vie. Et qui, en épuisant le matériau autobiographique, tarirait le besoin d’écrire, c’est-à-dire de se mettre à distance, en retrait de l’existence. »[2]

Ce projet comporte six parties qui couvrent chacune six années de la vie du narrateur.

La première partie, Une enfance laconique (publiée en 1998), se compose de deux chapitres : Le premier cauchemar, qui raconte ce que fut la vie du narrateur jusqu’à une certaine nuit de l’été 1963 où l’obscurité commença de lui faire peur, et La Première Lettre, qui s’achève en 1968, lorsque le narrateur apprend enfin à écrire.

Une jeunesse aphone, deuxième partie du projet, comporte également deux chapitres : Le Premier Exil (paru en 2021) ; et Les premiers arrangements (paru en 2000), qui révèle la manière dont le narrateur découvre la politique et sa plus noble possibilité (l’amitié).

Une adolescence taciturne, troisième partie du projet, se compose du Second Exil (publié en 2002), où le narrateur endure l’une des deux douleurs les plus déchirantes de sa vie (celle d’avoir été arraché à sa langue maternelle), et des Premières Fois (publié en 2016), vaste catalogues de l’adolescence qui s’achève par la première fois où le narrateur fait l’amour.

La quatrième partie, Une maturité coite, couvre les six années suivantes et se compose également de deux chapitres publiés séparément : les joies intenses des deux années du Premier Amour (2004) et les intenses souffrances des quatre années de la Première Défaite (2012), dont la parution a été salué par la critique : "La littérature n’a pas besoin d’histoire. On peut résumer La Première Défaite en une poignée de mots malingres : un amour sans retour. C’est banal. Santiago H. Amigorena en fait une épopée humaine."[3] "Santiago H. Amigorena poursuit sa formidable entreprise d'encyclopédie de lui-même, et sonde le deuil de l'amour et le manque de l'être aimé, dont seule l'écriture peut nous libérer."[4]

Le Premier Silence et L’Autre Silence, dont l’écriture n’est pas encore commencée, sont respectivement le premier et le second chapitre d’Une vieillesse discrète, cinquième partie du projet.

Et enfin, la sixième et dernière partie du projet, qui a pour titre La Septième Partie.

Un certain nombre d’annexes complète ce vaste projet : certaines ont déjà été publiées (1978, 2003 parue sous le titre Des jours que je n’ai pas oubliés, 2086 parue sous le titre Mes derniers mots, 1943 parue sous le titre Le Ghetto intérieur), d’autres (1983, 2008, 1780, 2005) sont en cours d’écriture.

Voici une autre définition donnée par un critique littéraire de ce projet : « Comme des milliers d’écrivains, Amigorena est obsédé par son devancier (Proust). Sa solution est d’une folle prétention : "Faire à Proust ce que Joyce a fait à Homère". Mais le parrainage lui permet surtout de donner libre cours à la démesure de son projet et de solder au passage le faux dilemme de l’autofiction[5] ».

Famille et vie personnelle[modifier | modifier le code]

Il est le frère de Sebastian Amigorena, immunologiste, directeur de recherche au CNRS, dirigeant un laboratoire à l'Institut Curie de Paris, un des plus jeunes membres de l'Académie des sciences[6].

Le à Faget-Abbatial, il épouse l'actrice Julie Gayet et a eu deux enfants avec elle avant de divorcer[7]. À partir de 2006, il est en couple avec Juliette Binoche, rencontrée sur le tournage de Quelques jours en septembre[8]. Ils sont séparés depuis 2009[9]. Depuis 2015, il partage sa vie avec la scénariste Marion Quantin qu'il a épousée à Macao, en . Ils accueillent leur premier enfant en [10].

Œuvre littéraire[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Comme réalisateur et scénariste[modifier | modifier le code]

Comme scénariste[modifier | modifier le code]

Comme producteur[modifier | modifier le code]

Santiago Amigorena a fondé en 1996 une société de production, Les Films du Rat, en collaboration avec Christophe Loizillon.

Longs métrages[modifier | modifier le code]

  • 1996 : Le Silence de Rak de Christophe Loizillon
  • 2002 : Ma caméra et moi de Christophe Loizillon
  • 2004 : Orlando Vargas de Juan Pittaluga
  • 2005 : Le Charme des impossibilités (documentaire) de Nicolas Buenaventura
  • 2006 : Quelques jours en septembre de lui-même
  • 2011 : Another Silence de lui-même
  • 2014 : Les Enfants rouges de lui-même
  • 2014 : Résistance naturelle (documentaire) de Jonathan Nossiter
  • 2017 : Éditeur de Paul Otchakovsky-Laurens
  • 2018 : Kairos de Nicolas Buenaventura

Courts métrages[modifier | modifier le code]

  • 1996 : Les Mains de Christophe Loizillon
  • 1999 : Les Pieds de Christophe Loizillon
  • 2002 : Rêver de Juan Pittaluga
  • 2002 : Les Visages de Christophe Loizillon
  • 2003 : Le Garde du corps de Sandrine Dumas
  • 2007 : Corpus Corpus de Christophe Loizillon
  • 2009 : Homo/Animal de Christophe Loizillon
  • 2010 : Homo/Végatal de Christophe Loizillon
  • 2011 : Famille de Christophe Loizillon
  • 2012 : Petit Matin de Christophe Loizillon
  • 2014 : Square de Christophe Loizillon
  • 2015 : 3 Visages de Christophe Loizillon
  • 2016 : Êtres vivants de Christophe Loizillon
  • 2017 : Les Sexes de Christophe Loizillon

Distinctions[modifier | modifier le code]

Info Simple.svg Sauf indication contraire ou complémentaire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par les bases de données Allociné et IMDb.

Récompense[modifier | modifier le code]

Nominations et sélections[modifier | modifier le code]

  • Festival de Varsovie 2011 : en compétition pour le Grand Prix pour Another Silence

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « « Qui fixe des règles administratives comme celle-ci : si un Français est né à l’étranger, traitez-le un peu moins bien qu’un Français né en France ? » », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  2. Raphaëlle Leyris, « chagrin d'amour dure toute une vie », Le Monde,‎
  3. Marie-Laure Delorme, « Le monde des sentiments », Le Journal du Dimanche,‎
  4. Nelly Kaprièlian, « Après l'amour », Les Inrockuptibles,‎
  5. Éric Aeschimann, « Amigorena dans le chagrin », Le Nouvel Observateur,‎
  6. Voir sur infodoc.inserm.fr.
  7. « Julie Gayet : qui est l'actrice dont tout le monde parle ? » sur terrafemina.com, 10 janvier 2014.
  8. « Juliette Binoche : un voyage sans fin » sur Pékin Information (page 2), 27 juillet 2009.
  9. Voir sur puretrend.com.
  10. Paris Match, « L'ex-mari de Julie Gayet va de nouveau être papa à 57 ans », sur parismatch.com (consulté le )
  11. « Prix des libraires de Nancy Le Point », sur Le Livre sur la Place Nancy (consulté le )

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]