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Christophe Loizillon

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Christophe Loizillon
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Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (72 ans)
GorcyVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Université Nanterre Paris X
Activités
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Christophe Loizillon est un réalisateur français né le à Gorcy (Meurthe-et-Moselle).

Entre 1985 et 1997 il réalise cinq films pour approcher le travail de cinq artistes : Georges Rousse, Roman Opałka, François Morellet, Eugène Leroy, Felice Varini. Ces cinq films ont pour particularité d'être une proposition cinématographique présentant le regard d'un artiste-cinéaste sur le travail d'artistes plasticiens.

Depuis le court-métrage Les Mains (1996), il s'intéresse à la relation de l'homme à son corps et à son environnement[1].

Il a étudié à Paris, à la faculté de Nanterre où il obtient un Master d’économie en 1976.

Il travaille ensuite comme monteur sur les films de Christine Pascal, Léos Carax et Alain Corneau. Entre 1985 et 1997 il réalise une série de cinq films, portraits d’artistes et de leur travail : Georges Rousse, Roman Opalka, François Morellet, Eugène Leroy et Felicie Varini.

Il crée en 1995 avec Santiago Amigorena la société de production Les Films du rat au sein de laquelle le réalisateur entame une réflexion sur le rapport de l’homme à son corps (Les Mains, Les Pieds, Les Visages, Corpus/Corpus, Les Sexes), à son environnement, et, plus largement, à l’Autre (Homo/Végétal, Homo/Animal, Êtres vivants). Il réalise deux longs métrages : Le silence de rak (Elina Lowensöhn, François Cluzet) en 1996 et Ma caméra et moi (Julie Gayet, Zinedine Soualhem) en 2002.

Ses films sont régulièrement diffusés sur France 2. Parallèlement à son travail de réalisateur, il préside l’ACID (l’Agence pour le Cinéma Indépendant et sa Diffusion) de 1999 à 2002. Il intervient également dans des écoles de beaux arts, de cinéma et des universités.

Vision cinématographique et artistique

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À partir de 1995, Christophe Loizillon semble avoir trouvé son « économie », il est producteur, c’est une volonté de trouver une forme d’indépendance économique et artistique.

Cette nouvelle manière de faire des films est étroitement liée à une esthétique filmique, déjà présente dans ses premières œuvres, mais qui va s’affirmer alors ; une économie de plans, souvent fixes, entrecoupés par des noirs de quelques secondes, le souci du détail, de ce sur quoi on ne porte que rarement notre regard.

« En marge du système dominant, il réalise des films comme d’autres peignent ou sculptent. Sa démarche s’affirme comme une évidence entre peinture et mouvement, son cinéma nous invite à la contemplation silencieuse des moments de notre quotidien. Comme l’art, le cinéma exigeant et atypique de Christophe Loizillon rend perceptible quelque chose du mystère de notre humanité. Il met en scène des moments de vie simples et souvent inattendus. C’est un peintre-cinéaste du sensible ; il montre, suggère, n’impose rien. Il a un don très rare de savoir parler en images de l’invisible. » (Jean-Michel Cretin)

Comme une grande fresque du vivant, ses films avancent et se répondent ; autant de correspondances possibles que de plans, que de films, que de tableaux, et même si Christophe Loizillon guide le spectateur d’une toile à une autre à travers son œuvre, celui-ci reste libre de s’y promener et d’y tresser sa propre odyssée.

Les films de Christophe Loizillon obligent notre regard à se poser pleinement sur les choses et à essayer de les comprendre. Ce que donne l’image et qui ne peut pas être écrit à l’avance, c’est une expérience du temps, de la durée, qui rejoint en un sens le silence du recueillement. Un temps en jachère, donné au spectateur qui peut, alors que la narration semble minuscule, s’entendre dire beaucoup par l’image.

Filmographie

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  • 1979 : Théo Jansen, le ciel comme une toile (20 min)
  • 1982 : Lieux communs (9 min)
  • 1985 : Georges Rousse (9 min)
  • 1986 : Détail, Roman Opalka (26 min)
  • 1987 : Le Panorama (24 min)
  • 1989 : La Jalousie (15 min)
  • 1990 : François Morellet (26 min)
  • 1995 : Eugène Leroy (27 min)
  • 1996 : Le Silence de Rak (1h14)
  • 1996 : Les Mains (20 min)
  • 1997 : Felice Varini (20 min)
  • 1999 : Les Pieds (37 min)
  • 2002 : Ma caméra et moi[2] (1h25)
  • 2003 : Les Visages (27 min)[3]
  • 2008 : Corpus/corpus (27 min)
  • 2010 : Homo/animal (29 min)
  • 2011 : Famille (46 min)
  • 2012 : Homo/végétal (34 min)
  • 2014 : Square (20 min)
  • 2014 : Petit matin (34 min)
  • 2014 : Êtres vivants (48 min)
  • 2016 : Trois visages (44 min)
  • 2017 : Les sexes (45 min)
  • 2017 : Debout(s) (28 min)
  • 2019 : Homo/minéral (25 min)
  • 2019 : Maman (9 min)
  • 2022 : L'escalier (20 min)
  • 2024 : Moi (15 min)

Distinctions

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  • Moi (2024) - Diffusion France 2 - Kiez film festival Berlin
  • L’escalier (2022) - Diffusion France 2 - Festival Partie de campagne 2022, Côté Court Pantin 2023, Villeurbanne 2023
  • Maman (2020) - Festival Côté Court Pantin compétition Art Vidéo 2020
  • Homo/minéral (2019) - Festival Partie de Campagne 2020 Tenk
  • Debout(s) (2017) - Rencontres Cinéma Montreuil, Lussas, Parties de campagne, Coté Court Pantin 2019
  • Les sexes (2017) - Coté Court Pantin, Rencontres Montreuil
  • 3 visages (2015) - Festival Brive, Coté Court Pantin, Images Bibliothèques
  • Etres vivants (2014) - Festival Amiens 2014
  • Square (2014) - Festival Grenoble, Trouville, Docencourt
  • Petit Matin (2014) - Prix meilleure réalisation La Cabina Valencia Spain, Mention spéciale du jury Vendôme France, Festival belo horizonte Brasil, Villeurbanne, Rotterdam, Brive, Pantin
  • Homo/végétal (2012) - Festival Montreuil, Belfort, Clamecy, Amiens 2013
  • Homo/animal (2010) - Festival Docencourts Lyon, Docmarathon, Copenhagen
  • Corpus/corpus (2009) - Sélection officielle Mostra di Venezia 2008, Clermont Ferrand 2009, Vendome 2009, Festival Docencourts Lyon, Tampere 2009 (Finlande), Documenta Madrid 2009, Paris film festival, Winterthur 2009 (Suisse), Prix de la jeunesse Clermont Ferrand 2009, Grand prix du festival de Villeurbanne 2009
  • Les Visages (2003) - Festival Docencourts Lyon 2005, Prague 2004 (Tchéquie), Caen 2006, Casablanca 2007
  • Les pieds (1999) - Sao Paulo film fest 2000, Clermont Ferrand 2001, Hallifax, Ramallah
  • Les mains (1996) - Prix recherche et mention du jury jeune festival Clermont Ferrand 1997, Prix du jury Lille 1997, Prix du public Argeles 1997, Sao Paulo Inter film festival 1997, Cinéma du réel 1997, New York 2000, Los Angeles 2000, Infinity festival 2003 (Italie), Londres 2007, Ramallah 2008
  • Ma caméra et moi (2002) - Grand prix, Prix du public Saint-Malo 2002, Festival Moncton Canada, London international Film Festival 2003, Mostra di Pesaro 2003 (Italie), Karlovy-Vary International film festival 2003 (Tchéquie),  Bangkok International film festival 2004 (Thaîlande)
  • Le silence de Rak (1997) - Grand prix d'interprétation festival de Paris 1996 (F. Cluzet)
  • Felice Varini (1997) - Montréal 1997, Naples 1998, Biennale Internationale du film d'art Paris
  • Eugène Leroy (1995) - Biennale Internationale du film d'art Paris, Montréal 1995, Tokyo 2002
  • François Morellet (1990) - Biennale film d'art Paris 1990, Montréal, Oberhausen, Clermont Ferrand
  • La jalousie (1989) - Prix canal+, Grenoble, Clermont Ferrand, Villeurbanne
  • Le panorama (1987) - Festival Clermont Ferrand 1987, Villeurbanne, Lille
  • Détail, Roman Opalka (1986) - Prix spécial du jury festival de Grenoble 1988, Grand prix international du film d'art de Paris 1988, Clermont Ferrand 1987, New-York 2002, Infinity festival 2002
  • Georges Rousse (1985) - Festival Clermont Ferrand 85, Biennale internationale Paris

Notes et références

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  1. « passeursdimages.fr/Paroles-de-… »(Archive.orgWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?).
  2. Magdalena Segertová, « L'invisible devant la caméra magique de Christophe Loizillon », sur Radio Prague International, (consulté le )
  3. « Conversation avec Christophe Loizillon », sur abraslecorps.com (consulté le ).

Liens externes

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Articles connexes

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