Hubert Damisch

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Hubert Damisch
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Nationalité
Lieu de travail
Formation
Activités
Autres informations
A travaillé pour

Hubert Damisch, né en 1928, est un philosophe français spécialisé en esthétique et histoire de l'art, professeur à l'École des hautes études en sciences sociales de Paris[1].

La réflexion d'Hubert Damisch prend en compte la sémiologie dans l'esthétique. Il écrit sur la peinture, l'architecture, la photographie, le cinéma, le théâtre. Son œuvre fait référence dans le domaine de la philosophie et de l'histoire de l'art.

En 1974 il publie Huit thèses pour (ou contre) une sémiologie de la peinture.

Philosophe et penseur de l’art, on lui doit de nombreux ouvrages de référence, notamment sur les liens entre l’art et l’architecture : Ruptures/Cultures en 1976 ou L’Art est-il nécessaire ? en 1993.

Sur le théâtre, il publie une étude de l’œuvre de Titina Maselli interrogeant sans cesse l’articulation entre l’art de la scénographie et les résistances du plateau.

En 1993, avec Jean-Louis Cohen, il dirige un ouvrage collectif sur l'architecture américaine où est étudié le modèle américain de la modernité en architecture, qui représente le modèle pour l'Europe et son avenir. En effet, l'Amérique est « la modernité en acte » selon son expression, qui, dans le domaine de l'architecture, ouvre la voie à l'Europe. Celle-ci ne cessera non seulement de s'en inspirer, mais même de l'imiter.

En 1997 il publie Un souvenir d’enfance de Piero della Francesca, ouvrage dans lequel il se demande « d'où vient la force d'attraction qu'exerce la Madonna del Parto peinte par Piero della Francesca ? »

Il s'agit d'un étrange tableau, représentant une Madone enceinte qui désigne le haut de son ventre là où sa robe s'écarte en une longue fente, qui suit le long de son corps. La Madone est elle-même au centre d'une tente ronde faite de tissus dont deux anges tiennent les pans supérieurs pour les écarter. Vierge et mère, ce paradoxe est ici accentué encore car le regard perçoit une vierge mystérieuse, image de la féminité, mais représentée en donnant à voir un phallus barrant son corps sur fond de féminité que tout son corps manifeste, tout à la fois, redoublant une étrangeté de l'impression qui se dégage du tableau, par le fait qu'en même temps, ce corps maternel phallique ou phallophore laisse voir comme un vagin. L'ensemble de l'image tient au centre d'une tente semblable à un utérus qui contient son précieux fœtus.

Damisch montre que les anges lèvent le voile sur le questionnement éternel des enfants analysé par Freud, puisque depuis ses études sur la sexualité infantile, nous savons que les enfants sont habités par cette question métaphysique et toujours sans réponse : d'où viennent les bébés ? Damisch, de manière très savante et très subtile, conduit le lecteur dans une investigation abyssale d'un tableau aux significations labyrinthesques.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • 1966 : Alexandre Iolas (éd.), Hubert Damisch, lettre à Matta. Matta, lettre à Hubert Damisch, New York, Genève, Milan, Paris.
  • 1972 : Théorie du nuage. Pour une histoire de la peinture, Paris, Seuil.
  • 1974 : Huit thèses.
  • 1976 : Ruptures/Cultures.
  • 1984 : Fenêtre jaune cadmium.
  • 1987 : L’origine de la perspective.
  • 1992 : Le jugement de Pâris. Iconologie analytique, I, Paris, Flammarion, 1992.
  • 1993 : L’Art est-il nécessaire ?.
  • 1993 : Américanisme et modernité. L'idéal américain dans l'architecture (codirecteur avec Jean-Louis Cohen), Paris, EHESS-Flammarion, 448 p. Lire le compte-rendu.
  • 1995 : Traité du trait, Paris, Réunion des Musées Nationaux (épuisé).
  • 1997 : Skyline. La ville narcisse, Paris, Seuil.
  • 1997 : Un souvenir d'enfance par Piero della Francesca.
  • 1999 : Hubert Damisch et Jacqueline Salmon, Villa Noailles, Marval.
  • 2000 : L’amour m'expose. Le projet Moves, Bruxelles, Y. Gevaert (épuisé).
  • 2001 : La Dénivelée. À l'épreuve de la photographie, Paris, Seuil.
  • 2001 : La peinture en écharpe: Delacroix, la photographie, Paris, Klincksieck.
  • 2004 : Voyage à Laversine, Paris, Seuil.
  • 2012: Le messager des îles, Paris, Seuil.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]