Travellers

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Travellers

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Travellers irlandais en 1946

Populations significatives par région
Drapeau de l’Irlande Irlande 25 000
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni 15 000
Drapeau des États-Unis États-Unis 10 000
Autres
Langues

shelta

Le mot Travellers ou Lucht Siúil en irlandais (littéralement, « le peuple marchant ») désigne une catégorie nomade de la population irlandaise. Les Travellers sont présents aussi au Royaume-Uni et aux États-Unis mais sont de façon générale considérés comme étant d'origine irlandaise. Certains Travellers se sont illustrés comme musiciens. Ils possèdent leur propre langue, le shelta.

Les Travellers ont tendance à se sédentariser de plus en plus. On estime leur nombre à 25 000 en Irlande, 15 000 au Royaume-Uni[1],[2] et 10 000 aux États-Unis. On les qualifie souvent de peuple cavalier.

Origine, langue, culture[modifier | modifier le code]

Les Travellers se distinguent des autres communautés nomades d'Irlande par leur langage propre, et leurs coutumes. Le shelta est la langue traditionnelle des Travellers, mais ils parlent pour la plupart aussi l'anglais, avec toutefois un accent prononcé.

L'origine historique des Travellers est sujette à discussions et donne lieu à de nombreuses controverses. Certains pensent que les Travellers descendent eux-mêmes d'un autre peuple nomade d'Irlande, les Tarish. On a longtemps pensé que les Travellers étaient les descendants des paysans privés de leur terres et jetés à la rue pendant la campagne militaire de Cromwell en Irlande, mais on a maintenant les preuves que les Travellers habitaient l'Irlande bien avant, au moins depuis le Moyen Âge.

Plusieurs groupes de Travellers sont présents aux États-Unis, dont les principaux sont les Travellers du sud et du nord des États-Unis (chacun de ces deux groupes ayant eux-mêmes leurs sous-catégories), mais la langue shelta se meurt lentement [réf. souhaitée] : seuls les plus vieux la connaissent complètement maintenant.

Certaines coutumes, au moins dans les Travellers du Sud des États-Unis (Memphis, Georgie), autorisent le mariage de jeunes filles de 11 ans à des hommes de 20 ans et plus. Les mariages ont lieu généralement vers l'âge de 12 ou 13 ans, avec un cousin au premier ou second degré le plus souvent. Dans la culture des Travellers, c'est l'homme qui subvient aux besoins de la famille, l'objectif des filles est de se marier. Les parents de la mariée paient une dot au marié, qui peut être parfois assez importante.

Discrimination[modifier | modifier le code]

Le statut des Travellers dépend de leur pays de résidence. Reconnus comme formant une minorité ethnique au Royaume-Uni, ils n'ont pas un tel statut en Irlande où ils ne sont reconnus que comme formant un groupe social.

Les Travellers sont souvent victimes d'ostracisme, en particulier à cause de leur mauvaise réputation et de leur rapport difficile vis-à-vis des autorités. Ils sont souvent accusés de vol, d'agressions.

Bien que communément appelés Travellers, et se nommant eux-mêmes Pavees, les Travellers sont aussi appelés Tinkers (c'est-à-dire « rétameurs », de l'anglais tin, étain, en raison de l'artisanat traditionnel sur étain auquel ils se livraient au Moyen Âge), ou encore Knacker ou Pickey, des termes qui sont, ou à tout le moins sont devenus, péjoratifs, une pratique qui contribue à leur sectarisation.

Le cheval[modifier | modifier le code]

Tinker

Les Travellers sont un peuple cavalier. Le cheval, qu'il soit de selle ou d’attelage pour tirer les roulottes, est très important. Ainsi le mot « Tinker » a donné son nom au tinker, un animal semi-lourd, souvent de robe pie, appelé aussi Gypsy Vanner, largement utilisé par ces nomades. Les chevaux tinkers constituent un point de friction entre les Travellers et les autorités : les chevaux sont en général laissés libres et en troupeau. [réf. souhaitée]

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

On les voit dans Le Cheval venu de la mer, un film irlandais de 1992 où les deux personnages principaux sont des enfants sédentarisés de Travellers. Ce film pose le problème de la pauvreté des Tinkers, et de leur sédentarisation souvent vécue difficilement, dans les banlieues pauvres des agglomérations irlandaises.

Dans le film Snatch : Tu braques ou tu raques, Brad Pitt est un boxeur traveller dont la fierté est un des ressorts du film. De façon moins stéréotypée, la boxe à mains nues pratiquée au sein de la communauté est le thème du film Knuckle (2011) de Ian Palmer[3].

Les Travellers sont aussi mis en avant dans la série télévisée américaine The Riches diffusée depuis 2007.

Un épisode de la série policière New York, section criminelle (saison 2, épisode 21/35, « Au nom de la tradition » (Graansha, en anglais)) situe l'intrigue au sein de la communauté des Travellers, dans le New Jersey, leurs coutumes et traditions y sont particulièrement bien décrites.

Toxic blues (titre original : The killing of the tinkers, 2002), roman policier de Ken Bruen, qui illustre les difficultés d'intégration des Tinkers dans la société irlandaise actuelle.

Deux épisodes de la série policière anglaise Meurtres en sommeil (saison 6, episodes 1 et 2, 2006, "les gitans Irlandais") se déroulent dans la communaute.

Patrick Jane, The Mentalist, fait partie d'une communauté de forains itinérants originaires d'Irlande.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Irish Medical Journal - Traveller Health: A National Strategy 2002-2005
  2. Irish Traveller Movement in Britain » Find out about Irish Travellers
  3. http://www.knucklethemovie.com

Sources[modifier | modifier le code]

  • Aoife Bhreatnach, Becoming Conspicuous: Irish Travellers, Society and the State 1922-70, University College Dublin Press, 2006 (ISBN 1-904558-61-5) (en).
  • Collectif, Portraying Irish Travellers: Histories and Representations Cambridge Scholars Press. (ISBN 9781847180551) (en)
  • Drummond, Cultural Denigration: Media representation of Irish Travellers as Criminal, p. 75-85. Dans Counter-Hegemony and the Postcolonial "Other" (Eds.[Quoi ?] M. Hayes, T. Acton), Cambridge Scholars Press, Cambridge (2006). (en)
  • A. Drummond, The Construction of Irish Travellers (and Gypsies) as a Problem, pp. 2-42, dans Migrants and Memory: The Forgotten “Postcolonials”, (Ed.[Quoi ?] Micheál ỒhAodha), Cambridge Scholars Publishing (2007) (en).
  • George Gmelch, The Irish Tinkers: The Urbanization of an Itinerant People 1997, 2de éd., 1985. (ISBN 0-88133-158-9) (en)
  • Micheal Hayes & Thomas Acton (Sld[Quoi ?]) Travellers, Gypsies, Roma: The Demonisation of Difference, Cambridge Scholars Publishing, Newcastle-Upon-Tyne.
  • Sean Maher, The Road to God Knows Where, Talbot Press, Dublin, 1972, republié par Veritas en 1998. (ISBN 1-85390-314-0) (en)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Guillaume Thouroude, Voyage au pays des Travellers : (Irlande, début du XXIe siècle) , Cartouche, Paris, 2012, (ISBN 978-2915842845).

Articles connexes[modifier | modifier le code]