Sinn Féin (1905-1970)

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Le Sinn Féin (français : « Nous-mêmes ») est un ancien parti politique nationaliste puis républicain irlandais, actif en Irlande du Nord et dans l'État d'Irlande.

Histoire[modifier | modifier le code]

Premiers temps (avant 1916)[modifier | modifier le code]

Arthur Griffith, fondateur (1905) et troisième dirigeant (1908–1917).

Les origines du terme Sinn Féin, selon la publication du parti Sinn Féin: A Century of Struggle, publiée à l'occasion de son centenaire, remontent au Conradh na Gaeilge journal An Claidheamh Soluis. Un article à la une intitulé « Sinn Féin, Sinn Féin » paraît le , et par la suite sous le titre « Sinn Féin agus ár gCairde » (« Nous et nos amis ») en tête de la section publicité pour encourager les lecteurs à acheter des biens fabriqués en Irlande[1].

Le jour de la Saint-Patrick, le , à Oldcastle dans le comté de Meath, les membres du Connradh na Gaeilge (« ligue gaélique ») fondent la revue Sinn Féin : the Oldcastle Monthly Review[2]. Dans un autre numéro de la revue, on trouve l'affirmation suivante : « Tant que le Sinn Féin existera, il soutiendra toujours la cause des opprimés contre les oppresseurs et se battra fermement pour la classe ouvrière. »[1]

À ses débuts, le Sinn Féin était loin d'être le parti politique organisé qu'il deviendra plus tard. C'était une communauté d'individus ayant des idées proches se cristallisant autour de la propagande d'Arthur Griffith, un imprimeur nationaliste, et de William Rooney, un employé de bureau républicain, lesquels étaient très actifs dans les clubs nationalistes de Dublin au début du XXe siècle.

Dans son compte-rendu des premières années du mouvement, le propagandiste Aodh de Blácam affirme que Sinn Féin « n'était pas un parti : c'était la propagande informelle des jeunes gens gaélicisés »[3].

Griffith était avant tout un journaliste disposant d'un très large réseau de contacts dans le milieu de l'imprimerie de Dublin. Ses journaux, l'United Irishman et Sinn Féin, ainsi que son imprimerie (la Sinn Féin Printing & Publishing Company) ont canalisé l'énergie du courant indépendantiste selon un projet politique non orthodoxe s'inspirant de la double-monarchie austro-hongroise de 1867 et selon les théories de l'économiste nationaliste allemand Friedrich List.

S'appuyant sur le développement de l'idée d'une identité irlandaise qui se manifestait au travers de mouvements comme la Gaelic Athletic Association, la Connradh na Gaeilge et la fondation de l'Abbey Theatre, il crée une fédération de clubs nationalistes et d'associations qui rivalise avec le Parti parlementaire irlandais de John Redmond pour incarner les aspirations des nationalistes du XXe siècle.

Le parti Sinn Féin est fondé le , à l'occasion de la première convention du Conseil national qui s'est tenue à Dublin.

C'est une activiste de la Connradh na Gaeilge, Máire de Buitléir, qui a suggéré à Arthur Griffith le nom Sinn Féin pour le nouveau mouvement.

Dans ses écrits, Griffith déclare que l'Acte d'Union entre la Grande-Bretagne et l'Irlande de 1800 est illégal et que, par conséquent, la double-monarchie établie sous le Parlement Grattan et la Constitution de 1782 sont toujours en vigueur.

Bien que le Sinn Féin bénéficie du fort impact de son nom parmi certains votants, il obtint peu de soutien. En août 1909, il n'a que 515 membres cotisants dans toute l'Irlande ; 211 à Dublin, alors que Sligo n'en comptait que deux : un étudiant et un commerçant[4]. Jusqu'en 1915, le parti souffre de sérieuses difficultés financières, au point de ne pas pouvoir payer le loyer de ses locaux à Dublin.

Les Pâques sanglantes et leurs conséquences[modifier | modifier le code]

Le Sinn Féin a été injustement blâmé par les Britanniques pour les « Pâques sanglantes », avec lesquelles il n'avait rien de commun si ce n'est une volonté de séparation plus forte que ce qu'apportait le Home Rule — les chefs de l'insurrection cherchaient certainement plus que le modèle de la double monarchie. Tout groupe en désaccord avec la politique constitutionnelle dominante se voyait stigmatisé comme « Sinn Féin » par les commentateurs britanniques. Le terme « insurrection du Sinn Féin » fut utilisé par les médias irlandais, la police irlandaise royale (RIC), la police métropolitaine de Dublin (DMP) et même par quelques-uns de ceux qui avaient participé à l'émeute.

En réalité, la majorité des insurgés venaient de l'Irish republican brotherhood ou du parti travailliste irlandais, Sinn Féin n'ayant pas participé au soulèvement. L'organisation du parti et sa direction furent donc globalement épargnés par la répression. Rapidement, Griffith accepta l'adhésion des républicains plus radicaux, qui manquaient de canaux légaux pour s'exprimer.

Eamon de Valera remplaça Griffith à la présidence. Le , pour la première fois, le Sinn Féin Ard Fheis donna comme but au parti la création d'une République irlandaise. De Valera conçut la formulation dans la constitution comme une concession à Arthur Griffith, qui faisait valoir que, selon lui, il fallait maintenir les exigences dans les limites de ce qui était réaliste, et qui était donc favorable à une monarchie sur le modèle scandinave.

Le Sinn Féin profita de la vague de colère que déchaîna l'exécution des dirigeants de l'émeute, le journal Irish Independent, avant même leur exécution, avait lancé un appel en leur faveur. La sympathie du public ne donna pas toutefois au Sinn Féin un avantage électoral décisif. Dans son affrontement avec l'Irish Parliamentary Party dirigé par John Redmond, il ne fit que jeu égal dans les élections partielles. Ce n'est qu'en 1918, à la fin de la Première Guerre mondiale, lorsque la Grande-Bretagne eut menacé d'imposer la conscription à l'Irlande pour reconstituer ses divisions décimées par l'offensive allemande du printemps, que la crise de la conscription qui s'était ensuivie fit balancer l'opinion pour un soutien résolu au Sinn Féin. Lors de l'Irish Convention que l'ancien chef de l'IUP Walter Long organisa en 1917, des efforts furent faits pour qu'on s'entendît à l'amiable sur une forme de Home Rule et qu'on négociât un accord entre le Parti unioniste irlandais (IUP) et l'Irish Parliamentary Party. Ils furent sapés par son collègue dans le cabinet, David Lloyd George, et le Sinn Féin n'y assista pas. Le Sinn Féin remporte les élections législatives de 1918 mais refuse siéger à Westminster et proclame l’indépendance de l'Irlande.

Premières élections[modifier | modifier le code]

Le déchirement après le traité anglo-irlandais[modifier | modifier le code]

Éamon de Valera, quatrième dirigeant du Sinn Féin (1917–26).

Des années 1930 à 1968[modifier | modifier le code]

1969-1970[modifier | modifier le code]

Dirigeants[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b MacDonncha (2005), p. 12.
  2. Patrick Pearse assista à la première réunion en tant qu'intervenant invité.
  3. Aodh de Blácam, What Sinn Féin Stands For, Dublin, Mellifont Press, 1921.
  4. Laffan (1999), p. 30.