Basilique Saint-Ambroise de Milan

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Basilique Saint-Ambroise
Image illustrative de l'article Basilique Saint-Ambroise de Milan
Présentation
Nom local Basilica di Sant'Ambrogio
Culte Catholicisme
Type Basilique mineure
Rattachement Archidiocèse de Milan
Début de la construction 379
Style dominant Architecture romane lombarde
Site web http://santambrogio-basilica.it/
Géographie
Pays Italie
Région Lombardie
Ville Milan
Coordonnées 45° 27′ 44,73″ nord, 9° 10′ 32,9″ est

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Basilique Saint-Ambroise

La basilique Saint-Ambroise (en italien : Basilica di Sant'Ambrogio) est une église de Milan, en Italie, dédiée à saint Ambroise de Milan.

Témoignage de seize siècles d'histoire et chef-d'œuvre de l'art roman lombard et milanais, la basilique est construite à partir de 379 par Ambroise afin d'y déposer les corps des martyrs chrétiens. Même si l’édifice a été détruit et reconstruit à maintes reprises, et s’il ne reste que très peu de l'église originelle, la structure actuelle est romane et une partie des pierres provient des murs de l'enceinte romaine et du cirque.

Ambroise aurait eu la révélation, au cours d'un songe, du lieu où saint Nazaire de Milan, qui partit prêcher l'évangile en Gaule, avait été inhumé dans un jardin hors de la ville. Le corps aurait été exhumé et transporté dans la basilique des Saints-Apôtres. La relique de saint Nazaire se trouverait toujours dans la basilique Saint-Ambroise.

Carte interactive de la basilique Saint-Ambroise

Histoire[modifier | modifier le code]

Construite entre 379 et 386 à l’emplacement d’un « Cimetière des martyrs », en dehors des murs de la ville, l’église d’origine est agrandie et transformée aux VIIIe et IXe siècles. Les Bénédictins[1] construisent un couvent à côté de l'église à la fin du VIIIe siècle[2].

La basilique prend son aspect définitif entre 1088 et 1099, quand l’évêque Anselmo III décide de la restaurer en suivant les plans de l’architecture romane originaire.

Entre 1128 et 1144, le deuxième clocher, qui se trouve à la gauche de la façade, est construit.

En 1492, Donato Bramante commence la construction du cloître et d’un portique, mais le travail est interrompu lorsque son patron Ludovico Il Moro est évincé de Milan. Après avoir été endommagée pendant les bombardements de la Seconde Guerre mondiale, en 1943, l'œuvre de Bramante est restaurée en 1955 et finalement achevée par Ferdinando Reggiori.

Extérieur[modifier | modifier le code]

L'église de Saint-Ambroise est construite bien au-dessous du niveau actuel de la rue et semble cachée derrière l’atrium aux chapiteaux romans à colonnades qui précède l'entrée de l'édifice et sert de cour d'entrée de l'église. L'atrium, appelé Atrium Ansperto en raison de l’archevêque Anspert qui l’a commandé, est construit au XIe siècle comme abri pour les pèlerins, remplaçant un atrium plus ancien du IXe siècle. Il est placé autour d’une galerie et dominé par les cinq arcades sur la façade triangulaire de l’église[3].

Il y a deux tours qui sont bien visibles depuis l'atrium. La plus haute, à gauche, est connue comme le Campanile dei Canonici (Clocher des Canons) et est construite au XIe siècle. La plus petite tour, à droite, est le Campanile dei Monaci, « Clocher des Moines », construite plus tard par les bénédictins au IXe siècle.

Les portiques autour de l’atrium ont, en majorité, été reconstruits après la Seconde Guerre mondiale et le portique du narthex est décoré par des motifs d'animaux et surmonté d'une loggia à cinq arches.

Le grand portail est formé de fragments remontant à une période comprise entre les IXe et XIIe siècles. La porte en bois conserve quelques éléments d’origine et deux vantaux de bronze du IXe siècle. Elle est sculptée avec deux têtes de lions pour poignées.

Les chapiteaux de l’atrium, témoignages de l’art sculptural roman milanais des XIe et XIIe siècles, représentent souvent des animaux domestiques, créatures fantastiques et monstrueuses.

Intérieur[modifier | modifier le code]

L’intérieur de l’église est composé par trois nefs et trois absides, éclairées par la lumière du soleil. Le chœur est profond et surmonté d’une coupole[3]. Il y a un ambon du XIIe siècle décoré par des rares sculptures en cuivre doré remontant au XIIe siècle. Dans les nefs de l’église, on trouve plusieurs chapelles. Les plus importantes sont : la chapelle de San Vittore in Ciel d’Oro, la chapelle du Sacre Cœur, la chapelle des saints Bartolomeo et Satiro, la chapelle de la déposition et la chapelle de saint George.

Chœur[modifier | modifier le code]

Le chœur, construit entre 1469 et 1471 par Lorenzo da Origgio, Giacomo da Torre et Giacomo del Manico et composé à l’origine par 26 assises à baldaquin dont une réservée pour l’abbé, 8 assises sans baldaquin et 24 assises mineures, est détruit gravement pendant la Seconde Guerre mondiale. Chef-d’œuvre de l’art carolingien et de la Renaissance lombarde, il est entouré de quatre colonnes de porphyre rouge d’origine antique, elles-mêmes surmontées de stucs du IXe siècle, le tout formant un ciborium à baldaquin. Des épisodes de la vie d’Ambroise sont exhibés à l’extrémité du chœur : sur l’une des faces, saint Ambroise, flanqué de Gervais et Protais, reçoit l’hommage de deux évêques. Au fond de l’abside centrale, il y a une mosaïque datant des VIe et VIIIe siècles mais largement remaniée aux XVIIIe – XIXe siècles, représentant le Christ entouré de saints et de martyrs milanais.

Crypte[modifier | modifier le code]

La crypte, construite pendant la deuxième moitié du Xe siècle, conserve les dépouilles des trois saints Ambroise, Gervais et Protais dans une chasse en argent et cristal du XIXe siècle. L’urne en argent (réalisée par Giovanni Lomazzi) avec les dépouilles sacrées d’Ambroise se trouve exactement en-dessous de l’autel en or. Le corps d’Ambroise, au milieu, est habillé par des vêtements pontificaux ; à son coté, les deux martyrs, Gervais et Protais, ont des couronnes en or avec des branches de palmier, symbole du martyre. Ambroise lui-même décide en 386 de récupérer les dépouilles des deux martyrs et de les déposer au-dessus du autel ; à sa mort en 397, l’évêque y est enterré[4].

Chapelle de San Vittore in Ciel d'Oro[modifier | modifier le code]

La chapelle la plus notable de l'église est la chapelle de San Vittore in Ciel d’Oro. Elle est construite au IVe siècle comme une structure distincte pour contenir les restes de Saint Victor, un martyr local mort en 303. Le plafond de la chapelle est décoré de mosaïques du Ve siècle représentant les saints Ambroise, Gervais et Protais.   

Légendes et traditions[modifier | modifier le code]

En sortant de la basilique, il y la « colonne du diable », reconnaissable par les deux trous qu’elle présente dans sa partie basse. La légende veut que le diable, en tentant de transpercer saint Ambroise, l’ait manqué et ait troué la colonne de marbre en deux endroits correspondant à ses deux cornes. Le diable se serait ensuite transformé en soufre[2].

En face de l’église, depuis 1866, chaque année le 7 décembre (le jour de saint Ambroise) se déroule le marché aux puces (appelé en italien Fiera degli Oh Bej ! Oh bej !  en raison des cris de vendeurs).

La Royce Hall  de l’Université de la Californie à Los Angeles est inspirée par la façade de l’église Saint-Ambroise.

Le premier acte de Les lombards à la première croisade de Giuseppe Verdi se déroule dans la Basilique Saint-Ambroise.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Basilique Saint-Ambroise, Milan », sur A View On Cities (consulté le 5 juin 2017)
  2. a et b (it) « La basilica di Sant'Ambrogio - Italia Medievale », Italia Medievale,‎ (lire en ligne)
  3. a et b « Sant’ Ambrogio, basilique paléochrétienne à Milan », Italie-decouverte,‎ (lire en ligne)
  4. « Sant'Ambrogio a Milano - Interno », sur www.medioevo.org (consulté le 5 juin 2017)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

« Basilique Saint-Ambroise ». In aviewoncities.com. http://www.aviewoncities.com/fr/milan/basiliquesaintambroise (consulté le 14/03/2017)

Cengarle F., Covini M. N. (2015). Il ducato di Filippo Maria Visconti, 1412-1447. In Economia, politica, cultura. Firenze : University Press. 

Ferrario, G. (2012). Monumenti sacri e profani dell’imperiale e reale basilica di Sant’Ambrogio in Milano. Nabu Press.

Frigerio, M. (2016). «La Basilica di Sant’Ambrogio.» In Italia Medioevale. http://www.italiamedievale.org/portale/la-basilica-santambrogio (consulté le 14/03/2017)

Greppi, P. (2009). Cantieri, maestranze e materiali nell’edilizia sacra a Milano dal IV al XII secolo. Analisi di un processo di trasformazione. Firenze: Edizioni all’Insegna del Giglio (Tecnografica Rossi).

Guasco, F. (1930). Tavole genealogiche di famiglie nobili alessandrini e Monferrine dal secolo IX al XX. Volume VI. Alessandria

Reymond, M. (1913). Bramante et l'architecture italienne au XVIe siècle. Paris: Laurens.

«Sant’Ambrogio, Basilique paléochrétienne à Milan». (2014). In Italie-decouverte.com. http://www.italie-decouverte.com/sant-ambrogio-basilique-paleochretienne-a-milan/ (consulté le 14/03/2017)

Galerie[modifier | modifier le code]

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