Quartier Saint-Cyprien

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La mairie de Saint-Cyprien

Saint-Cyprien ou Sant Çubran en occitan et Patte d’Oie est un quartier de la ville de Toulouse. Situé sur la rive gauche de la Garonne, il a connu un fort développement ces toutes dernières années.

Cet ancien faubourg de la ville de Toulouse, souvent inondé dans le passé, est réputé populaire, cosmopolite (en raison des coiffeurs afros et des magasins alimentaires de produits exotiques), vivant et convivial.

Les vieux toulousains appelaient ce quartier populaire, avec une familiarité entendue, « Saint-Cypre », les jeunes se contentant d'un « Saint-Cyp’ » abrégé.

Aujourd'hui, pour la mairie, le quartier s'appelle secteur 2 rive gauche, et couvre des zones comme Saint-Cyprien, Croix de Pierre, Route d'Espagne, notamment.

Situation historique[modifier | modifier le code]

Tableau d'assemblage de la carte générale de la France, 1797: route Toulouse Bayonne, via Auch et Tarbes, d'après Cassini

La Faubourg Saint-Cyprien, en étant sur la rive gauche de Toulouse, marque le début des routes vers la rive gauche:

  • route vers Lugdunum Convenarum, Valentine, Saint-Bertrand de Comminges et l'Espagne, par l'avenue de Muret
  • route vers vers Auch, Tarbes et Bayonne, documentée par Cassini, en 1797[1] dans sa carte naitonale de par l'ex-Avenue de Bayonne (aujourd'hui, avenue de Grande Bretagne) (& barrière de Bayonne)
  • route vers Lombez, par l'avenue de Lombez (& barrière de Lombez)

Histoire[modifier | modifier le code]

Maisons détruites dans le quartier Saint-Cyprien, crue de 1875

En 1177, un acte appelle le faubourg vila sancti Cypriani[2]. L' Église Saint-Nicolas de Toulouse date du siècle. L'Hôtel-Dieu Saint-Jacques est au moins aussi ancien.

Le quartier puise ses racines dans l’antique tradition de la reine Pédauque dont on ne connaît que des légendes et un aqueduc romain qu’on baptisa « aqueduc de la reine pédauque »[3]. Le tracé et le nom de cet aqueduc qui partait de Saint-Simon et traversait la Garonne sur le pont de Pédauque se retrouvent dans la rue des Arcs Saint-Cyprien. Pè d'auca signifie « patte d'oie » en occitan. Mais la place de la Patte d’Oie a peut-être simplement reçu son nom à partir de sa configuration : une large avenue venant du centre ville via le Pont Neuf; cette avenue donne naissance à trois grandes voies en éventail (plus la petite rue de La Gravette).

Avant 1631, le quartier saint-cyprien était limitée par la future rue bonaparte, depuis la garonne jusqu'aux fontaines, puis jusqu'à l'hospital de la peste (la grave)[4].

Par la suite le bâtiment à l'angle de la ville donne la place du ravelin. Ainsi, en 1844 et 1847, la ville s'ouvre: la place saint-cyprien, et la place du fer à cheval. Les fontaines ont alors donné la rue des fontaines, et le canal de fuite des fontaines qui débouche sur une usine[5] , [6]. Ces ouvertures furent réalisées avant 1814 [7].

Polygone, février 1871
Sortie de l'usine de la cartoucherie vers 1900

En 1792, l'Arsenal des Pyrénées est créé sous la Révolution, sur l'avenue de Bayonne (actuelle Avent de Grande Bretagne) . En 1802, sous le Consulat, sont installés une zone d’essais et un champ de manœuvres dans un périmètre situé entre Patte d’Oie et la butte de Purpan: “le Polygone d’Artillerie” (plan polygone).

Paroisse sous l'Ancien Régime et déclarée commune en 1790, Saint Cyprien porta le nom de La Gaîté durant la Révolution puis fut rattachée à Toulouse avant 1794[8].

Avant 1830, il existait une grand rue Saint-Cyprien. Celle du XVème au XVIIIème fut vraisemblablement renommée Grand-rue Saint-Nicolas, celle de 1806 à 1830, rue de la république[9].

En 1814, la faubourg fut attaqué par les anglais et les espagnols. (Concomitament à la Bataille de Toulouse (1814)) Après la bataille de Toulouse, l’École Royale d'Artillerie est transférée de l’Arsenal au Polygone d’Artillerie en 1840.

En 1839, alors que le faubourg était équipé de deux barrières d'octroi, des alignements de rue furent envisagés[10].

Vers 1848 la place extérieur Saint-Cyprien devient la place Roguet[11].

À l'époque de la crue de 1875, il y avait un otroi dans la commune de Toulouse. La frontière de la ville et donc du faubourg Saint-Cyprien passait alors depuis la Garonne, par les limites de l'octroi, lieux qui sont aujourd'hui devenus le rond point Croix-De-Pierre, l'actuel Boulevard Déodat de Séverac, la place Emile Male, boulevard Gabriel Koenigs, place Barrière de Lombez, et boulevard Jean Bruhnes, qui revient sur la Garonne.

Durant les grandes crues de 1875, le quartier fut laissé à la merci de l’eau car elle dépassa 3,50 mètres au-dessus du sol, par endroits. Les habitants du quartier durent être évacués vers le faubourg dont les habitants durent partager leur refuge provisoire avec les fous, les pauvres, les parias et autres personnes exclues de la société. La faubourg Saint-Cyprien, qui incluait alors l'avenue de Muret et la Croix de Pierre a vu 1002 maisons écroulées; le faubourg saint-cyprien, c'est-à-dire la rive gauche de la ville comptait alors 30 000 habitants[12].

Entre le fer à cheval et le château d'eau, la Garonne s'est creusé comme un second lit, sur trois mètres de profondeur, en ligne droite comme la corde d'un arc.

Malgré cela, des édifices imposants restèrent intacts comme l’église du Sacré-Cœur, le Pont-Neuf et le cimetière de Rapas (précédemment appelé Saint-Nicolas mais rebaptisé à la demande de M. Rapas qui céda des terres à la ville de Toulouse pour l'agrandissement du cimetière qui devint ainsi le plus grand cimetière toulousain).

En conséquence des inondations, à Toulouse il a été décidé que les autorisations de construction ou reconstruction ne sont données qu'à condition de suivre les prescriptions suivantes[13]:

  • les murs sont construits en matériaux solides et mortier de chaux, sans brique verte et sans mortier de terre,
  • les murs atteignent 3m50 au dessus du sol,
  • les murs dépassent de deux mètres le plan d'eau du 23 juin 1875.

Au XXème siècle Le nom de l'Avenue de Bayonne (où elle allait) fut remplacé par le nom de l'Avenue de Grande Bretagne[14],[15].

Dans le faubourg Saint-Cyprien fut construite entre 1952 et 1961 la cité Roguet à l'emplacement de l'ancienne gare Roguet, déplacée aujourd'hui à la gare de Toulouse-Saint-Cyprien-Arènes, voir aussi la station de métro Arènes.

Transports[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, le métro donne au quartier une nouvelle fraîcheur, que les bars et autres nombreux restaurants de la place Saint-Cyprien exploitent à volonté. Le marché de la place Jean Diebold, le musée d'art moderne des Abattoirs, la vitalité de la rue de la République lui confèrent aujourd'hui un charme de quartier urbain convivial.

La quartier a donné son nom à une petite gare ferroviaire Saint-Cyprien, puis à la station de métro Saint-Cyprien – République, les deux bien qu'elles aient un nom similaire sont pourtant éloignées l'une de l'autre de deux stations de métro.

De nos jours, la gare Saint-Cyprien se trouve dans le quartier des arènes.

Le marché Saint-Cyprien[modifier | modifier le code]

Le quartier Saint-Cyprien étant éloigné du centre de la ville est mal approvisionné. En 1856, l'idée d'un marché pour desservir ce quartier éloigné et assez peuplé est émise. Mais le marché n'est pas construit. Le projet resurgit en 1859 puis en 1867 et à nouveau en 1884 sans qu'il ne soit apporté de réponse à la construction de cet établissement. En 1886, Camille Ournac propose la création de nouveaux marchés dont un à Saint-Cyprien. Ce n'est que quand Camille Ournac est élu, en 1888, à la tête de la municipalité, que le projet est repris en compte. Joseph Galinier, architecte de la ville, est chargé de réaliser les plans des marchés, Victor-Hugo, celui des Carmes et celui de Saint-Cyprien. Mais en raison de nombreux problèmes, la construction est arrêtée. Galinier étant écarté, la municipalité organise un concours où deux architectes, MM. Laporte et Girard, proposent leur plan. Ce marché fut ouvert au public à partir du 1er juillet 1892 grâce à Charles Cavé, ingénieur constructeur, et Bertrand Galinier, entrepreneur.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marchés dans la ville - Histoire des marchés toulousains depuis le XIXe siècle
  • Jean Rocacher, Toulouse découvrir : Le faubourg Saint-Cyprien, Privat, , 47 p. (ISBN 9782708970199)


Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/c7/0_Cassini_Carte_France_cadr%C3%A9e.jpg
  2. gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5778575j/f21.image
  3. [1]
  4. Titre : Plan de la ville de Tholose Auteur : Tavernier, Melchior (1594-1665). Auteur du texte Auteur : Clouzet (Toulouse). Auteur du texte Éditeur : chez Melchior Tavernier (A Paris) Date d'édition : 1631 gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53076377m/f1.item
  5. Plan de Toulouse, comprenant les changements opérés ou à exécuter et carte de la banlieue / Jourdan direxit Éditeur : librairie centrale du salon littéraire (Toulouse) Date d'édition : 1844 gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8441338z/f1.item
  6. Plan géométrique de la ville de Toulouse, dressé d'après les plans du cadastre / par P. J. Bellot... Auteur : Bellot, Pierre-Joseph (Aîné). Dessinateur Auteur : Raynaud frères (Toulouse). Auteur du texte Éditeur : impr. de Raynaud frères (Toulouse) Date d'édition : 1847 gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53060495j/f1.item
  7. Précis historique de la bataille de Toulouse, livrée le 10 avril 1814, entre l'armée française, commandée par le maréchal Soult, duc de Dalmatie, et l'armée alliée, sous les ordres de lord Wellington, par le chevalier Alex. Du Mège,... Auteur : Du Mège, Alexandre (1780-1862) Éditeur : Delboy (Toulouse) Date d'édition : 1852 gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6498375w/f24.image
  8. Notice communale de Saint Cyprien sur le site « Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui » de l'EHESS.
  9. Mémoires de la Société archéologique du Midi de la France Auteur : Société archéologique du Midi de la France. Auteur du texte Éditeur : [s.n.] (Toulouse) Date d'édition : 1970 gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9600437p/f118.item
  10. Améliorations à faire à la ville de Toulouse / par M. Jh Bousquet Auteur : Bousquet, Joseph (18.. ?-18.. ; de Toulouse) Éditeur : impr. de Vve Dieulafoy (Toulouse) Éditeur : [puis] impr. de J.-E. Lagarrigue (Toulouse) Date d'édition : 1839-1840 gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6572200n/f76.image
  11. Mémoires de la Société archéologique du Midi de la France Auteur : Société archéologique du Midi de la France. Auteur du texte Éditeur : [s.n.] (Toulouse) Date d'édition : 1970 gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9600437p/f118.item
  12. Les drames de l'inondation à Toulouse / Théophile Astrié Auteur : Astrié, Théophile Éditeur : Arnaud et Labat (Paris) Éditeur : Librairie centrale (Toulouse) Date d'édition : 1875 gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5778575j/f114.image
  13. gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5778575j/f331.image
  14. Mémoires de la Société archéologique du Midi de la France Auteur : Société archéologique du Midi de la France. Auteur du texte Éditeur : [s.n.] (Toulouse) Date d'édition : 1970 gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9600437p/f95.item
  15. Rocades et auto-route gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k96068338/f24.item