Hôtel-Dieu Saint-Jacques

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Hôtel-Dieu Saint-Jacques
Vue de l'Hôtel-Dieu en soirée depuis la rive droite de la Garonne.
Présentation
Partie de
Destination initiale
Destination actuelle
Centre administratif du CHU de Toulouse
Style
Construction
XIIe, XVIIe et XVIIIe siècles
Patrimonialité
Logo monument historique Inscrit MH (1986, vestiges, pharmacie)
Logo monument historique Classé MH (1988, Hôtel-Dieu)
Logo du patrimoine mondial Patrimoine mondial
Identifiant
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Commune
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L'Hôtel-Dieu Saint-Jacques est un ancien établissement hospitalier de Toulouse situé 2 rue Charles-Viguerie. Déjà en fonction dès le XIIe siècle sur la rive gauche de la Garonne, il devient le plus grand hôpital toulousain à la suite de ses nombreux agrandissements aux XVIIe et XVIIIe siècles.

L'édifice est inscrit puis classé Monument historique en 1986 et 1988, à l'instar de la basilique Saint-Sernin il est également inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France depuis 1998.

Les derniers malades quittent les bâtiments en 1987. L'Hôtel-Dieu héberge aujourd'hui le centre administratif du CHU de Toulouse, ainsi que l’Institut européen de Télémédecine, le centre européen de recherche sur la peau et les épithéliums de revêtement ainsi qu'un musée d’histoire de la médecine. Il persiste aujourd'hui au sein de ce bâtiment un service de soins dentaires.

Histoire[modifier | modifier le code]

Moyen-Âge[modifier | modifier le code]

L'histoire de l'Hôtel-Dieu Saint-Jacques commence en 1313, par l'unification de l’hôpital Novel et de l’hôpital Sainte Marie de la Daurade, il est à l'époque baptisé Hôpital Saint-Jacques du bout du pont[1].

En effet, en 1130, le prieur de la Daurade avait fait un don qui avait permis d'ériger, dans le faubourg Saint-Cyprien, une fondation hospitalière qui a pris le nom d’hôpital Sainte Marie de la Daurade. En 1180, cet hôpital avait été relié par le pont de la Daurade au chemin de Saint-Jacques de Compostelle et à Saint Sernin, achevé en 1179[2]. Construction autorisée par le comte Alphonse Jourdain dès 1141, il comporte des boutiques à son entrée et à sa sortie, et permet aux voyageurs de traverser le faubourg San Subra (qui deviendra Saint-Cyprien) vers Toulouse intra muros après que l’hôpital se soit assuré qu’ils ne colportaient aucune peste[3], nom donné à toutes les maladies contagieuses et mortelles[4]. Il a aussi été appelé à l'époque Pont-Neuf, puis Pont-Vieux (après l'ouverture du Pont-Neuf actuel) mais encore Pont-Couvert (en raison de la mise en place de cloisons latérales en bois et d'un toit en briques)[5].

L'hôpital Novel fût lui construit en 1225, en face de l'autre bâtiment. Sa gestion fût confiée en 1257 à la Confrérie de Saint Jacques, afin de faciliter l'accueil des pèlerins[6].

L'hôpital est construit dans l'idéal chrétien de la charité, cependant le manque de moyens et de connaissances techniques en font un endroit plus religieux que réellement médical. L'Hôtel-Dieu est encore aujourd'hui décoré de nombreuses coquilles de Saint-Jacques (notamment une sculpture de plus d'un mètre de diamètre dans l'entrée donnant sur le Pont-Neuf), symbole de ce passé religieux. Mais il n'est pas le premier hôpital dont nous avons encore des vestiges, celui-ci étant l'hôpital Saint Raymond, qui a été construit vers 1180 mais qui est aujourd'hui un musée)[7].

Epoque Moderne[modifier | modifier le code]

A partir de 1554, avec les débuts de la construction du Pont-Neuf par François Ier et l'abandon progressif du pont de la Daurade, très endommagé par les crues successives de la Garonne[5], les deux bâtiments sont agrandis, restaurés et reliés. C'est à cet époque que l'hôpital prend enfin son nom actuel[1].

Entre le XVIIe siècle et le XVIIIe siècle, l'hôpital est soumis à de nombreux changements architecturaux et agrandissements. Les nouvelles salles (appelées tinels) lui permettent de devenir le plus important des hôpitaux toulousains. L'aile des incurables (1702), le quartier pour les « vénériennes » ainsi que pour les femmes en couche (1750) et le mur du quai (1777), qui relie la Grave à l'Hôtel-Dieu sont ainsi construits durant cette période[1]. Sur le plan architectural, la démolition du pont de la Daurade est complétée en 1639, et seule la dernière pile est encore visible, accolée à l'hôpital. Le grand escalier d’honneur et la verrière à l’italienne sont aussi construits en 1716. Cet escalier permet de reconnecter les deux bâtiments, et la reconstruction du quartier de Saint-Cyprien suite aux nombreuses inondations permets à l'hôpital de créer sa deuxième cour.

Epoque Contemporaine[modifier | modifier le code]

Après avoir difficilement passé la période révolutionnaire (l'Hôtel-Dieu étant un habitant géré par les religieux, et donc le clergé), l'hôpital s'ouvre à la médecine moderne et prends progressivement son aspect actuel. L'aspect des deux cours est retravaillée : la principale, qui s'ouvre sur le Pont-Neuf, est agrémentée d'une conciergerie et ses bâtiments de la partie aval de l’aile Garonne sont surélevés, lui donnant sa symétrie actuelle entre 1864 et 1866. Du côté de la cour qui donne sur la Grave, de nouveaux bâtiments sont construits : le bâtiment Baric (en 1830) borde la Garonne, le pavillon de la Presse (destiné aux enfants atteints de maladies contagieuses) est achevé en 1884 et une nouvelle morgue est inaugurée en 1890[1].

Au cours du XXe siècle, les fonctions de l'Hôtel-Dieu change : malgré qu'il soit en 1900 l'hôpital le plus moderne de la ville, ses services sont peu à peu transférés vers les hôpitaux de Purpan (inauguré en 1940) et de Rangueil (ouvert en 1975). Menacé de s'effondrer à cause de sa vétusté, il est profondément restauré entre 1950 et 1960, d’énormes travaux pour sauvegarder les bâtiments côté Garonne étant engagés. Les toits sont réisolés, les fondations étanchéifiées, les intérieurs et extérieurs réaménagés (avec un dédoublement des étages et des fenêtres donnant sur la première cour)[1]. Une partie de l'édifice (vestiges du vieux pont, pharmacie, chapelle des Sœurs) est inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du tandis que le bâtiment principal est classé le [8].

Les années d'après-guerre s'accompagnèrent également de grands bouleversements, qui impactèrent aussi l'hôpital. La qualification de Toulouse de métropole d'équilibre (métropole située en régions particulièrement développée dans les années 60 et 70 afin de combattre l'hypercentralisation autour de Paris) en 1963[9] s'accompagne d'un fort développement économique et démographique : sa population passe de près de 300 000 habitants dans les années 50[10] à plus de 370 000 en 1968[11], et en 1958, la création du CHU de Toulouse, qui réunit tous les hôpitaux toulousains[12], puis son rattachement à la commune en 1970 crée le besoin de bureau pour l'administration, qui après avoir été déplacer temporairement à Purpan sont réinstallés à l'Hôtel-Dieu à la fin de la construction de l'hôpital de Rangueil. En 1981, c'est au tour de la Direction générale du CHU de s’installer à l’Hôtel-Dieu, où elle va être rejointe progressivement par toutes les directions centrales. L'activité médicale s'arrête ainsi progressivement, la dernière Sœur des hospices partant en décembre 1983[13], et en 1987 c'est le dernier service d’hospitalisation (de stomatologie) qui quitte l’Hôtel-Dieu.

L'Hôtel-Dieu accueille aujourd'hui deux musées, le Musée d’Histoire de la Médecine créée le 3 mai 1996 par Jean-Charles Auvergnat, et le Musée des instruments de Médecine, ouvert au public le 6 janvier 2005. Le 3 mars 2003, le Centre Européen de Recherche sur la Peau et les Epithéliums de Revêtement des laboratoires Pierre Fabre fut aussi inauguré. Espace de recherche mixte entre le public et le privé, il héberge 50 chercheurs[13].

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e « Evolution architecturale de l'Hôtel-Dieu Saint-Jacques (XIIe-XXIe siècle) - Centre hospitalier universitaire (CHU) de Toulouse », sur www.chu-toulouse.fr (consulté le )
  2. Jules Chalandes, 1924, p.314
  3. « La genèse de l'Hôpital Saint-Jacques « du-bout-du-pont » - Centre hospitalier universitaire (CHU) de Toulouse », sur www.chu-toulouse.fr (consulté le )
  4. Joshua J. Mark, « Les Pestes dans le Monde Antique et Médiéval », sur Encyclopédie de l'Histoire du Monde (consulté le )
  5. a et b Jules Chalande, 1924, p. 317-318
  6. « Hôtel-Dieu, huit siècles d’histoire de la médecine », sur actu.fr, (consulté le )
  7. « Berceau des soins - Centre hospitalier universitaire (CHU) de Toulouse », sur www.chu-toulouse.fr (consulté le )
  8. « Hôtel-Dieu », notice no PA00094545, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture
  9. Guy Jalabert et Jean-Marc Zuliani, « Un demi-siècle de développement industriel à Toulouse (des années 1950 aux années 2000) », dans Toulouse, une métropole méridionale : Vingt siècles de vie urbaine, Presses universitaires du Midi, coll. « Méridiennes », , 553–565 p. (ISBN 978-2-8107-0950-2, lire en ligne)
  10. Jean Coppolani, « Toulouse d'après les premiers résultats du recensement de 1954 », Revue géographique des Pyrénées et du Sud-Ouest. Sud-Ouest Européen, vol. 26, no 2,‎ , p. 75–99 (DOI 10.3406/rgpso.1955.1405, lire en ligne, consulté le )
  11. « Dossier complet − Commune de Toulouse (31555) | Insee », sur www.insee.fr (consulté le )
  12. « Les grandes dates du CHU de Toulouse depuis 1958 - Centre hospitalier universitaire (CHU) de Toulouse », sur www.chu-toulouse.fr (consulté le )
  13. a et b « L'Hôtel-Dieu du XX° siècle - Centre hospitalier universitaire (CHU) de Toulouse », sur www.chu-toulouse.fr (consulté le )

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]