RuSHA

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Le RuSHA, acronyme de Rasse- und Siedlungshauptamt ("Bureau pour la race et le peuplement", à ne pas confondre avec le RSHA de Reinhard Heydrich) était l'organisme nazi chargé de contrôler la pureté idéologique et raciale de tous les membres de la Schutzstaffel (SS). Créé fin décembre 1931 et dirigé initialement par le SS-Obergruppenführer Walther Darré, c'est l'une des trois premières sections de la SS. Principale autorité en matière de généalogie, chargée de délivrer attestations de pureté raciale et permis de mariage aux membres de la SS, le RuSHA fut en outre responsable de l'exécution de la politique de colonisation des territoires annexés à l'est.

de 1933 à 1939[modifier | modifier le code]

Création[modifier | modifier le code]

Le RuSHA est créé à partir de 1931 au sein de la SS, afin de confier à l'ordre noir la tâche de former l'élite du mouvement national-socialiste et de donner à la SS les moyens de la formation des militants du NSDAP[1]. Il est dès le départ placé sous la tutelle du Reichskommissariat für die Festigung deutschen Volkstums, ou RKFdV[2].

Évolution[modifier | modifier le code]

Attributions[modifier | modifier le code]

Dans un premier temps, ce service se trouve chargé de théoriser et de mener la politique eugénique de la SS au sein de l'organisation SS[1].

Contrôle des mariages[modifier | modifier le code]

La pureté raciale constitue Le premier critère pris en compte pour autoriser le mariage d'un SS, et la compatibilité entre les conjoints passe ainsi au second plan. Une demande pour épouser une femme trop âgée, plus grande ou trop petite a alors toutes les chances d'être repoussée. La future épouse et sa famille doivent démontrer leur ascendance aryenne, et prouver l'absence de toute affection mentale ou physique lors d'un examen médical complet par un médecin SS. Le mariage n'a lieu que si ces critères raciaux et médicaux sont respectés.

Rédaction du Sippenbuch[modifier | modifier le code]

La rédaction du Sippenbuch (livret de famille) des membres de la SS, et la tenue d'un registre de ceux susceptibles de coloniser les futurs territoires occupés, constituent deux autres fonctions essentielles ddu RuSHA. De plus, le bureau s'occupe aussi de l'assistance aux familles des membres de la SS et de la police, en particulier aux orphelins et aux veuves de guerre. Il prend en charge les soins aux familles de SS en service dans la Wehrmacht ou les Waffen-SS en cas de maladies, de difficultés financières ou personnelles.

Colonisation[modifier | modifier le code]

Dès sa création, le RuSHA est également chargé de l'élaboration de la politique de colonisation sur les territoires à conquérir ou conquis[3].

Actions[modifier | modifier le code]

À partir de 1933, le RuSHA voit les moyens mis à sa disposition se démultiplier pour la poursuite de sa politique, appuyé par les financements de l'État allemand.

Contrôle racial de la SS[modifier | modifier le code]

Le RuSHA sélectionne soigneusement les postulants à la SS[N 1], [1].

Ainsi, les postulants, puis les membres de la SS, voient leur arbre généalogique soigneusement étudié, dans un premier temps en remontant à 1750, puis, à partir de 1943, l'année 1650 est retenue, à la demande personnelle de Himmler. En effet, en 1943, l'étude de l'arbre généalogique d'un officier SS fait apparaître en 1685 un ancêtre juif, poussant les responsables de la politique de contrôle racial à repousser les limites des leurs inverstigations[4].

Contrôle de la formation[modifier | modifier le code]

Rapidement, le RuSHA se trouve chargé de la coordination de la formation des membres de la SS. Confiée à des civils, des membres de l'allgemeine SS non encasernés, la branche formation de la SS, la Schülungsamt, calque son organisation sur celle de la SS[5].

Au sein de cette branche, se recrutent de nombreux jeunes gens nés après 1900, ayant effectue des études supérieures, mais n'ayant pas connu l'expérience de la Première Guerre mondiale, membres de longue date du parti nazi[6].

Cependant, en 1938, lorsque la direction du RuSHA est retirée à Darré, alors brouillé avec Himmler, et en position instable dans l'appareil nazi, la formation idéologique de la SS est retirée au RuSHA[7].

Pendant la guerre[modifier | modifier le code]

Rôle dans l'élaboration des projets expansionnistes[modifier | modifier le code]

Dès sa création, le RuSHA élabore systématiquement des fiches sur les régions frontalières du Reich comme sur l'ensemble des régions orientales de l'Europe. Cette base de données est utilisée dès 1939 pour la conception des projets d'aménagement des régions occupées par le Reich et la planification de leur réalisation[8].

un rôle quasi-nul à partir de 1943[modifier | modifier le code]

Procès du RuSHA[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Procès du RuSHA.

Le procès du RuSHA est l'un des douze procès militaires pour crimes de guerre tenus par les Alliés à Nuremberg en 1947 et 1948.

Annexes[modifier | modifier le code]

Organisation[modifier | modifier le code]

Organigramme[modifier | modifier le code]

Le RuSHA était organisé en 12 services ou bureaux (Amt en Allemand) :

  • Amt 1 : Organisation und Verwaltungsamt (organisation et administration)
  • Amt 2 : Schulungsamt (formation)
  • Amt 3 : Heiratsamt (mariage)
  • Amt 4 : Amt für Archiv und Zeitungswesen (archives et investigations)
  • Amt 5 : Amt für Volksgesundheit (santé publique)
  • Amt 6 : Rassenamt (race)
  • Amt 7 : Sippenamt (parenté)
  • Amt 8 : Siedlungsamt
  • Amt 9 : Amt für Bevölkerungspolitik (population)
  • Amt 10 : Hauptfürsorge
  • Amt 11 : Versorgungsamt (approvisionnement)
  • Amt 12 : Umsiedlungsamt (transferts)

Liste des dirigeants[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. En Janvier 1933, la SS compte 50 000 membres, en 1934, 200 000 personnes sont affilées à la SS.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Gallo 2015, p. 879.
  2. Ingrao 2016, p. 66.
  3. Ingrao 2016, p. 68.
  4. Chapoutot 2013, p. 46.
  5. Gallo 2015, p. 880.
  6. Gallo 2015, p. 881.
  7. Gallo 2015, p. 884.
  8. Chapoutot 2013, p. 47.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]