Generalplan Ost

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Le Generalplan Ost (terme allemand pour : « schéma directeur pour l'Est ») est un projet nazi de conquête d'un Lebensraum (espace vital) pour l'Allemagne en Europe de l'Est dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale ; dans les faits, ce programme se traduit par un nettoyage ethnique planifié dans les territoires de l'Europe de l'Est occupés par la Wehrmacht. Ces territoires devaient être ouverts à la colonisation pour des Allemands de souche ; mené à son terme, ce projet aurait signifié la déportation, voire l'extermination[Notes 1] des 60 millions de personnes peuplant les territoires conquis par le troisième Reich en Pologne et en URSS.

Le Generalplan Ost fait partie de projets plus larges pour la Neue Europa (terme allemand pour « Nouvelle Europe »), qui sont très largement l'œuvre d'Alfred Rosenberg. Ce projet met en place une administration reposant sur des travaux d'instituts de recherche géographiques, agronomiques, « anthropologiques » et « ethniques » pour identifier les actions à entreprendre. Cette administration est en place en , à la suite d'une commission d'experts invitée en mai par Hermann Göring[réf. souhaitée] afin d'échafauder la future exploitation méthodique de l'URSS. Ce dernier avait alors conclu que « nos projets devraient entraîner la mort d'environ 10 millions de personnes ».

L'expulsion

Panneau de l'exposition Planung und Aufbau im Osten (Projets et reconstruction à l'Est (1941) illustrant l'expulsion « des Juifs et des Polonais » opérée dans les régions du Wartheland et du corridor de Dantzig à la suite de la conquête de la Pologne[Notes 2].

Les grandes lignes du schéma directeur pour l'Est[modifier | modifier le code]

« Sécurisation de l'espace vital allemand à l'Est » ; ce panneau faisant partie de l'exposition de propagande national-socialiste Die grosse Heimkehr, en 1942, vise à verrouiller l'opinion publique concernant les agissements du régime sur les territoires envahis, afin d'éviter la réprobation morale face à la dureté employée. Le Generalplan Ost a également comporté un volet propagandiste.

Le schéma directeur pour l'Est, représentant pour l'essentiel une vaste épuration ethnique planifiée, était séparé en deux parties : la version courte, qui décrivait les actions à mener pendant la guerre, et la version longue, qui déclinait les opérations à entreprendre une fois la victoire acquise. Les directives stipulaient des pourcentages de germanisation variant selon les nations conquises, l'expulsion des populations ostracisées vers les profondeurs de la Russie, et d'autres destins funestes, qui auraient eu comme effet direct d'assurer la domination germanique des territoires conquis, et une situation d'autarcie économique à l'Europe occupée.

Selon une perspective géostratégique, les espaces ainsi repeuplés par des populations favorables au Troisième Reich auraient garanti sa protection comme autant de zones tampon devant l'Asie, tenant le rôle de « mur défensif de la frontière orientale ».

  • La version longue du plan envisageait, quant à elle, dans les cinquante années après l'issue de la guerre, la possibilité d'anéantir ou d'expulser plus de 50 millions de Slaves au-delà des montagnes de l'Oural[Notes 4].

Si les autorités devaient communiquer le projet au peuple allemand, cet aspect n'aurait bien sûr pas été mis en avant ; l'argument agraire d'une mise à disposition des bonnes terres aux colons germaniques, rétribution généreuse de l'État sur les voisins vaincus, a été promu jusqu'en 1942 dans des expositions de propagande.

L'issue de la guerre s'étant inversée, les documents attestant de l'existence du schéma directeur pour l'Est furent versées en tant que pièces à charge à l'accusation pendant les procès de Nuremberg.

Définition du plan[modifier | modifier le code]

Concepts idéologiques et travaux universitaires[modifier | modifier le code]

Richard Walther Darré, ministre de l'agriculture de 1933 à 1942, prononce un discours en 1937 : derrière lui, la devise Blut und Boden (Le sang et le sol).
À l'occasion de l'occupation de la Bessarabie et de la Bucovine du nord par l'Armée rouge, il était prévu l'évacuation vers le Reich allemand des 180 000 Volksdeutche qui y vivaient[2]. Cette opération initia de massifs transferts de population par les nazis et les soviétiques (en). Ces déportations furent côté allemand présentées comme un rapatriement, associé à la devise Heim ins Reich (de), "Foyer dans le Reich".

Depuis les tensions germano-polonaises du XVIIIe siècle, l'étude des pays voisins de l'Allemagne en Europe de l'Est y est considérée comme une discipline universitaire connue sous la désignation de Ostforschung (de). En outre, l'idéologie Völkisch, qui se met en place avant la Grande Guerre, propose un cadre pour l'expansion vers l'Est, à savoir :

  • le retour à la terre dans le cadre de la pensée Blut und Boden, conception « agro-romantique[3] » associant la fertilité de la terre aux paysans qui y vivent.
  • Une expansion à l'Est, aussi bien dans les Balkans, avec la mise en place de la Mitteleuropa que vers l'Est, la Pologne russe et l'Ukraine. Ces espaces seraient vidés de leurs population, repeuplés avec des Allemands, rendus plus germaniques qu'allemands[4].
  • la nécessaire conquête d'un espace vital, développée, entre autres, par Hans Grimm, dans son roman publié en 1926,Volk ohne Raum (en), dans lequel est exposée l'idée que les Allemands manquent de territoires pour se développer.

La notion d'espace vital conquis au détriment des peuples de l'Est faisait partie des grands discours de la dictature hitlérienne depuis ses origines : la priorité de doter le peuple allemand du Lebensraum, d'un nouvel Eden, avait été annoncée lorsque Adolf Hitler dicta Mein Kampf à son compagnon de cellule Rudolf Hess, dans sa cellule bavaroise du Landsberg, dès 1925[5]. Dans le même temps, se développent, dans un certain nombre d'universités allemandes, les recherches de l'Est ; ces études participent au fil de l'évolution du régime nazi à la définition d'objectifs plus ou moins lointains d'expulsion de Polonais et de colonisation allemande sur les territoires ainsi vidés de leur population[6].
Après la prise du pouvoir par les nazis en 1933, un historien de l'université de Leipzig, Albert Brackmann, devient le chef de file des études sur l'Est : il fait le lien avec les travaux d'un anthropologue cautionnant les thèses racialistes nazies, dont l'hygiène raciale, Otto Reche. Croisant les compétences, les instituts pseudo-scientifiques émanant de l'Ahnenerbe[7] ; instigués par Richard Darré à compter de 1935, ont pour tâche de valider par la preuve l'idéologie dominante.
Poursuivant les travaux menés par Albrecht Penck dans le cadre du Volks- und Kulturbodenforschung, plus de 700 universitaires travaillent à la réalisation du Deutsche Volkskunde-Atlas (Atlas du folklore germanique). À priori, ces travaux d'étude universitaire concernent les coutumes socio-culturelles et les origines ethniques des peuples d'Europe de l'Est. Or le dessein des concepteurs de cet atlas se révéla lorsqu'il fut relié à une planification stratégique : il s'agissait d'identifier où, en Europe de l'Est notamment, avaient essaimé des populations d'origine germanique, les Volksdeutsche [8]. À compter de 1940 et la guerre une fois déclarée, Paul Ritterbusch s'attelle, dans le cadre du ministère du Reich à l'Éducation à développer l'Aktion Ritterbusch dont les conclusions seront reprises dans le Generalplan Ost.
Sur les terres conquises, il s'agissait de liquider les peuples d'origine ou de culture non-germanique, et de préserver les autres. Les espaces vidés auraient été livrés à une colonisation de peuplement si le projet avait abouti[Notes 5]. Les principaux cadres du Régime expriment de manière régulière leur préoccupation d'assurer la sécurité alimentaire pour le Reich[Notes 6] ; ce plan entend répondre à ce questionnement.
De plus pour les idéologues nazis, l'Est renvoie à quelque chose d'extrêmement connoté : c'est autant une menace qu'une promesse[9].

  • Une menace : les plaines russes, immenses et en apparence infinies, constituent un espace difficilement contrôlable par une armée d'occupation[10], où vivent, dans la zone de résidence, un grand nombre de Juifs, citoyens soviétiques, habitants de ghettos insalubres et "grouillants", population de plus en plus méprisée par les soldats du fait de la dégradation de vie des habitants de ces ghettos[9] ; mais lorsque cette menace conjugue ses effets avec ceux du bolchevisme, les idéologues nazis, ainsi que la population qui reçoit leurs idées, y voient l'incarnation du mal absolu, le judéo-bolchevisme, d'inspiration asiatique, dissolvant (selon eux) la culture européenne[11].
  • Une promesse : la vision qui inspirait le projet colonial nazi à l'est se référait explicitement à l'idéologie américaine de la frontière comme justification pour évincer la population indigène « inférieure », d'une part, et ouvrir la voie à une nouvelle ère de possibilités économiques en faveur d'une population « supérieure » de colons, d'autre part[12].

La guerre à l'Est vue comme une entreprise de colonisation[modifier | modifier le code]

Durant l'époque wilhelmienne, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, l'(second Empire allemand) est imprégné d'une réflexion stratégique sur son positionnement géographique en Europe : sa position centrale est une force autant qu'une faiblesse, car elle est entourée d'ennemis : la France, qui souhaite récupérer l'Alsace-Lorraine, la Grande-Bretagne, qui s'oppose aux entreprises coloniales allemandes, la Russie, concurrente dans les Balkans et dans l'empire ottoman, alors en pleine décomposition, et placé depuis 1878 sous la tutelle des puissances européennes.
Peut-être reprise de l'exemple historique des Croisades baltes médiévales[Notes 7], cette réflexion mène à l'idée que la frontière orientale du Reich doit être assignée à une colonie de peuplement, afin de remplacer les populations perçues comme hostiles aux Allemands (Polonais et Russes, essentiellement) par des populations germaniques.

Les (en) négociations diplomatiques secrètes entre Molotov et Ribbentrop dans le cours de l'année 1940 laissaient entrevoir un partage concerté des pays d'Europe de l'Est, si ce n'est une association de Moscou à l'Axe.

Cette idée prenait autant d'importance que dans la pensée géopolitique de suprématie qui imprégnait les politiques du XIXe siècle, l'Empire colonial allemand s'était retrouvé le parent pauvre parmi les autres puissances européennes qui s'étaient taillées la part du lion à l'outremer depuis les Grandes découvertes ; et ceci malgré les trésors de diplomatie déployés par Bismarck pour que se déroule la Conférence de Berlin, organisant le partage de l'Afrique, dans ses palais.

Après la campagne de Pologne (Opération Fall Weiss), le Reich allemand a une frontière commune avec l'URSS. Le devenir des relations entre les deux pays fait l'objet d'intenses tractations afin d'envisager le ralliement de l'URSS aux forces de l'Axe Rome-Berlin-Tokyo, d'octobre à novembre 1940[13] L'ultime proposition remise par l'ambassade soviétique de Berlin à Ribbentrop le 25 novembre 1940 resta lettre morte. L'option diplomatique écartée, Hitler signe la directive de guerre no 21 le 18 décembre 1940, signifiant à l'OKH de préparer l'armée pour une invasion alors annoncée au 15 mai 1941. En réalité, Barbarossa brisera le pacte de neutralité le 22 juin 1941.
Si le régime nazi confie à la Wehrmacht au travers de l'opération Barbarossa l'objectif de gagner la guerre, la Schutzstaffel est chargée de préparer l'après-guerre[14].
Organe de la SS, le RuSHA surveille la pureté ethnique dans le Grand Reich allemand. Indépendamment, Goering invite, sous la direction d'Alfred Rosenberg, une cinquantaine de cadres experts et dirigeants influents du régime, parmi lesquels le géographe allemand Walter Christaller, à plancher au sein de l'Ostinstitut à la veille de l'invasion de l'Union soviétique. Leur sujet consiste à planifier la mise à disposition des espaces conquis à l'Est, au profit de leur aryanisation, au prix de l'extermination massive des populations slaves. La contre-offensive de l'Armée rouge mettra fin, de facto, à l'objet même de cette entreprise, conforme aux politiques racistes du Troisième Reich.
Le IIIe Reich a en effet repris le projet de colonisation pour les Volksdeutsche et l'a étendue en des termes guerriers qui expliquent la dureté martiale employée par les dirigeants à l'égard des populations civiles, théoriquement non impliquées dans le conflit une fois leur État d'origine disparu. C'est ce qui explique, à défaut de le justifier, le caractère implacable de dureté appliqué au front de l'Est[15] de la Seconde guerre mondiale, que les populations civiles d'Europe de l'Ouest pendant l'occupation allemande n'auront pas vécu sous cet aspect[Notes 8].

Marche de citoyens polonais expulsés du Reichsgau Wartheland vers le Gouvernement général ; photo prise en octobre ou novembre 1939
Bundesarchiv.
Accueil d'une famille d'allemands de la Baltique en novembre 1939, à laquelle on offre une maison dans le Warthegau, après l'expulsion de ses occupants.

Le comportement violent des troupes lancées à l'assaut de l'URSS pendant Barbarossa n'est pas imputable à un pillage sporadique : il fut l'objet d'une introduction par Hitler lui-même le lors de la planification opérationnelle de Barbarossa, dont la trace écrite figure dans le document du  : Erlaß über die Ausübung der Kriegsgerichtsbarkeit im Gebiet ‚Barbarossa‘ ; l'OKH édita également à destination des officiers de terrain les Richtlinien für das Verhalten der Truppe in Russland, « directives sur la conduite de la troupe en Russie » le 19 mai 1941. Concernant le sort réservé aux cadres du parti communiste faits prisonniers parmi l'Armée rouge, il existe un document nommé Richtlinien für die Behandlung politischer Kommissare, « lignes directrices pour la prise en charge des commissaires politiques », daté du [16].
Dès les prémices de la guerre à l'Est, en 1939, Himmler et la SS développent des projets de colonisation de vastes portions de territoire polonais puis soviétique. Cette tendance est renforcée par l'imminence de l'attaque ; le Reichsführer SS répète plusieurs fois devant des membres de la SS, au cours des mois de juin et de juillet 1941, que la guerre imminente doit être un « combat racial sans pitié » contre les Juifs et les Slaves[17]. Le 24 juin, il confie à l'un de ses subordonnés le soin de lui proposer un projet de colonisation, qu'il juge périmé lors de la remise de l'ébauche[17].
Ces projets de colonisation demeurent indissociables des modalités de préparation de l'ensemble des opérations menées à l'Est entre 1939 et 1941 : la gestion du Gouvernement Général, l'opération Barbarossa et la politique menée dans les commissariats du Reich, en Ukraine et en Biélorussie. En effet, ces utopies donnent les lignes de force de l'intégralité des ordres donnés à l'ensemble des unités engagés sur le front de l'Est, que ce soient les unités combattantes, les unités d'occupation ou les unités chargées de l'extermination proprement dite (tant qu'elles se trouvent sur des territoires polonais ou soviétiques).
Durant toute la phase de préparation, puis durant les premières semaines du conflit, des réalisations de diverses natures sont projetées. Ainsi, Hitler envisage la création d'espaces peuplés exclusivement d'Allemands, dans des villes nouvelles, ceinturées par des couronnes de villages eux aussi peuplés d'Allemands, dans un rayon de 40 km autour de la ville ; ces villes seraient reliées entre elles à la fois par des autoroutes à 6 voies, et un réseau ferroviaire moderne, avec des trains roulant en moyenne à 200 km/h, vitesse faramineuse à l'époque ; à l'écart de ces espaces, dans les interstices, les espaces peuplés de Slaves, livrés à eux-mêmes, soumis à la famine, chassés des terres dévolues aux Germains[18].

Les préparatifs accompagnant Barbarossa[modifier | modifier le code]

Selon toute vraisemblance, les conclusions de l'opération de repeuplement du Wartheland, déroulée de la fin 1939 au printemps 1941, ont été mûrement réfléchies par les principaux cadres du régime, tels Rudolf Hess, Heinrich Himmler et Fritz Todt, que l'on trouve préoccupés en de thèmes tels que « la reconstruction à l'Est ». On voit ces hauts dignitaires conseillés par l'agronome Konrad Meyer (de) de l'université berlinoise Friedrich-Wilhelms-Universität. Tous ces travaux les accaparent alors que l'ennemi soviétique est encore diplomatiquement neutralisé par le pacte de non-agression en vigueur, ce qui montre l'ampleur de la planification stratégique préméditée et anticipée, avant d'être organisée par une bureaucratie propre.

À compter de 1943, le ministère de l'Économie introduisit le Berufsausbildungsprogramm Ost, « programme de service du travail pour les territoires de l'Est » : il étendait, pour les membres de la Ligue des Jeunes Filles allemandes de la section Osteinsatz, les lois en vigueur dans le Reich allemand concernant la protection des mineurs et de l'emploi. Ces jeunes berlinoises, ici employées dans la Marche de Brandebourg pour des travaux agricoles[19], allaient donc pouvoir agir dans les zones de repeuplement à l'Est, comme leur revue Das Deutsche Mädel les y incitait[Notes 9].

La troisième photo, où l'on voit Himmler prenant la parole à côté de Rudolf Hess, figure l'esquisse d'architecte d'un bâtiment central pour une communauté de colons militarisés implantée à l'Est. Himmler voulait gratifier les vétérans de première ligne de la S.S. de la défense armée de ces communautés, sur le modèle des pionniers. Chaque implantation de colonie, répartie tous les 100 km le long d'une « Autobahn », aurait fait l'objet d'une identification planifiée (les villages soviétiques vidés de leurs habitants auraient été détruits [20]), et aurait regroupé entre 30 et 40 fermes de 300 acres ; les bâtiments comprenaient une antenne locale du parti nazi, un manoir pour le chef de parti SS, un centre d'instruction agricole, une maison pour l'infirmerie de la communauté, et un cinéma[21]. Le manoir était dévolu à un membre choisi au mérite parmi les rangs de la SS ou du parti nazi, qui en tant que chef local de la communauté (Leiter) aurait cumulé les fonctions de chef politique (lié au parti) et administratives, en tant que Bürgermeister (lié à l'État)[22]. Si les nécessités l'imposaient, ce chef aurait pris le commandement d'une unité de la taille d'une compagnie, formée des soldats-paysans, de leurs fils et de leurs manœuvres agricoles.

Le printemps 1941 bruisse des préparatifs politiques de la guerre d'anéantissement qui s'annonce : en avril et mai, les Ordres Barbarossa sont examinés par les autorités allemandes. Ils confient à Alfred Rosenberg la responsabilité des territoires qui seront conquis : le partage de ces territoires en commissariats du reich, circonscriptions administratives, l'Ostland et l'Ukraine, présentés comme autant de réservoirs pour l'approvisionnement du Reich[23]. De son côté Himmler ne reste pas inactif : au cours du printemps 1941, à Wewelsburg, où est implantée une école SS, il annonce à des hauts responsables SS les mesures qu'il compte mettre en place dès le début des opérations, mesures qui doivent aboutir à la mort de 30 millions de Slaves à l'Ouest de l'Oural ; dans le même temps, il participe avec ses officiers à la rédaction des méthodes d'extermination (PHRASE COMPLÉTÉE SANS LA RÉFÉRENCE)[réf. souhaitée][24].

Dès le 24 juin 1941, Himmler ordonne à Konrad Meyer-Hetling, responsable du commissariat pour la consolidation de l'ethnie allemande, de préparer une nouvelle mouture du plan général Est, celui de 1939 étant considéré comme obsolète ; ce nouveau plan connaît trois versions successives ; toutes insistent sur la notion de planification de la répartition de la population[25] : le territoire devra être remodelé selon des réseaux de villes et de villages : le village devra compter entre 500 et 600 habitants, à proximité duquel de vastes propriétés sont exploités par une main-d’œuvre constituée d'hilotes slaves[26], répartis autour d'un bourg de 5 000 habitants, environ, ces bourgs devant se répartir autour d'une capitale de Gau, comptant entre 50 000 et 60 000 habitants[27]. Ce plan, présenté à Himmler le 15 juillet 1941, est rendu caduc le lendemain, Hitler ayant souhaité intégrer les pays baltes, la Crimée, l'Ingrie, l'Ukraine et la Biélorussie[27].

Dès le départ, Hitler et ses proches conçoivent la guerre contre l'URSS comme un combat pour l'espace vital, Lebensraum, du peuple allemand : la frontière est ainsi fixée, non à un fleuve, mais à la limite future du peuplement germanique, selon une confidence de septembre 1941[28]. À cette fin, il est prévu, dans le cadre de l'exploitation économique des territoires envahis, une politique d'anéantissement de la population par la famine, en ordonnant l'approvisionnement alimentaire de l'armée sur les territoires conquis[29]. Ainsi, doivent être mise en place la séparation des territoires conquis en deux zones distinctes de production agricole, étanches du point de vue économique : une « zone déficitaire » (Zuchusszone), appelée « zone forestière » (Waldbauzone) ou « aire de famine » (Hungergebiet), centrée autour de Moscou et Léningrad, dont la population est promise à la famine et à la mort, et une « zone de surplus » (Überschusszone), appelée « zone de terres noires » (Schwarzerderzone), comprenant l'Ukraine et le Caucase, dont la population peut espérer survivre, en raison de son utilité dans la production de matières premières agricoles ; l'ensemble des productions de ces zones doit être affecté aux besoins du Reich et de son armée, avant de satisfaire les besoins des populations locales[30].

Réception et chronologie documentaire[modifier | modifier le code]

Deux versions du Generalplan Ost sont présentées, celle rédigée en 1940 lors de la conférence de juillet 1941 à laquelle participe Hitler, et en juillet 1942[31]. En raison de la tournure prise par la guerre à l'Est, seule la phase d'extermination et de déportation est mise en œuvre tandis que la phase réinstallation (Siedlungsphase) est abandonnée dès le printemps 1943[Notes 10].

Le Generalplan Ost, soutenu par Hitler et pris en charge par Himmler, ne faisait pas consensus parmi les hauts dirigeants du Régime[32]. Face à la vision pangermanique du Reich dessinée par ce plan, Joseph Goebbels et Joachim Von Ribbentrop étaient plus enclins au concept géopolitique d'un bloc continental dirigé par l'Allemagne, soudé par le pacte anti-Komintern, qui étendrait la notion antérieure de Mitteleuropa[Notes 11].

Pour Hitler selon ses propos tenus dans la Wolfsschanze du 8 au , l'Europe de l'Est doit être un Kolonialraum sous domination allemande, à l'instar du sous-continent indien dans l'Empire colonial britannique [33]. Concernant la stratégie et les buts de guerre d'Hitler, l'historien allemand Andreas Hillgruber a démontré en 1965 dans son mémoire d'habilitation universitaire[34] que les motivations de l'État national-socialiste pour décimer les populations slaves avaient comme fondation l'« idéologie de la Race des Seigneurs ».

Mise en application[modifier | modifier le code]

Alfred Rosenberg, photo datant de 1939, Bundesarchiv.

Pour se développer, l'État national-socialiste a, depuis son accès au pouvoir, établi une vaste bureaucratie. Les 16 et , le procédé employé pour appliquer le Generalplan Ost ne déroge pas à cette règle : une administration civile, le ministère du Reich aux Territoires occupés de l'Est, est instituée pour organiser la colonisation germanique à l'Est, et mettre en coupe réglée les ressources économiques, à la suite de la conquête militaire. Ce Reichsministerium est dirigé par l'idéologue Alfred Rosenberg, choisi pour ses connaissances sur les pays baltes[35]. Haut dignitaire du régime, doté du titre de Reichsleiter, Alfred Rosenberg est un théoricien du racisme nazi[36] ; avec son adjoint Alfred Meyer, il affecte des cadres du parti nazi aux différentes zones administrées. Dans l'euphorie des premières semaines, les plans les plus utopiques sont proposés[Lesquels ?], mais les dirigeants nazis ne les jugent pas assez ambitieux et les renvoient à leurs concepteurs[37].

Instituts de recherche cartographique[modifier | modifier le code]

Carte administrative du Troisième Reich en 1944, figurant les Reichsgau ; le gouvernement général et l'Ostland y sont représentés.

Les concepts appliqués pour organiser le repeuplement par le Generalplan Ost proviennent des théories de Walter Christaller concernant le modèle de centralité en environnement urbain [Notes 12] ; il s'agit d'utiliser un système à structure hiérarchique pour obtenir le foisonnement du peuplement.

Leur source remonte à la « Communauté du Reich pour la recherche sur l'espace », créée en 1936 dans le cadre du Plan de quatre ans, qui a essentiellement servi à réarmer l'Allemagne.

Des instituts de recherche, assurant des missions de cartographie, sont fondés à Poznań (en Pologne) et à Kiev (en Ukraine) ; ils sont chargés de prévoir la future organisation de l'espace occupé pour leurs Reichkommissariats respectifs.

Démantèlement administratif de l'Union soviétique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Reichskommissariat de l'Est.
Carte détaillant le Reichskommissariat Ukraine.
Carte superposant les frontières antérieures à la Seconde Guerre mondiale et les découpes à la serpe des zones des quatre "Reichskommissariat de l'Est", telles que décidées par l'Ostinstitut[Notes 13].
Alfred Rosenberg, flanqué de son second Alfred Meyer (au 1er plan sans casquette), en inspection auprès d'Erich Koch à Kiev en  ; Erich Koch (en manteau clair, partiellement masqué par Meyer) a la charge du Reichskommissariat Ukraine.

Dès sa nomination comme ministre des Territoires occupés de l’Est, le Reichsleiter Alfred Rosenberg effectue une réflexion basée sur la géographie de la Russie aux fins de colonisation ethnique, puisque nul cadre du régime ne saurait douter de l'issue de la guerre en 1941.

Les terres conquises sont mises en coupe réglée par des liquidateurs agissant pour le compte d'un « commissaire du Reich » ; des cinq zones administratives définies par Alfred Rosenberg pour subdiviser la « Russie d'Europe » :

Les Commissariats d'Ukraine et d'Ostland ont été les seuls mis en place, les autres n'ont jamais dépassé le stade des plans : certains des territoires devant y être inclus, s'ils ont été conquis (seules une partie de la région de Moscou et certaines régions du Nord du Caucase, ont été occupées de manière éphémère).

Ces subdivisions furent discutées avec Hitler en mai 1941 concernant leur nombre et leurs délimitations. Originellement, un Reichskommissariat Don-Wolga, centré sur Rostov, était envisagé. Rosenberg avait même identifié Dietrich Klagges, alors à la tête du Brunswick, pour en être le commissaire du Reich. Finalement, ils revinrent sur cette proposition et répartirent son territoire entre le futur Reichskommissariat Ukraine et le Kaukasus[39].

En fait, parmi les traces écrites placées à la disposition de l'instruction des procès de Nuremberg, le procureur britannique Hartley Shawcross retrouva la désignation d'autres commissariats du Reich correspondant à la partie asiatique de l'URSS, si elle avait été vaincue :

  • le Reichskommissariat Ural (centré sur l'Oural) ;
  • le Reichskommissariat West-Sibirien (Sibérie occidentale et Novosibirsk) ;
  • le Reichskommissariat West-Nordland (les côtes arctiques occidentales de Russie) ;
  • le Reichskommissariat Ost-Nordland (les côtes arctiques du nord-est).

Le discours prononcé par Alfred Rosenberg le devant les décideurs du schéma directeur pour l'Est laisse entendre l'usage qu'il aurait dévolu à ces régions sibériennes [Notes 14]:

« L’approvisionnement en vivres du peuple allemand, disait Rosenberg, est sans aucun doute en tête des exigences allemandes dans l’Est, et il faudra que les régions du sud de la Russie et du nord du Caucase s’en accommodent pour approvisionner en nourriture le peuple allemand. Nous n’apercevons absolument pas d’obligation de nourrir le peuple russe avec les produits de ces régions excédentaires. Nous savons qu’il s’agit là d’une dure nécessité à accepter sans aucune question de sentiment. Sans doute une très importante évacuation (de la population russe) sera-t-elle nécessaire et les Russes connaîtront certainement des années très difficiles… Pour le Reich allemand et son avenir, l’application de cette politique (d’évacuation) à l’intérieur de l’espace proprement russe est une tâche prodigieuse et pas du tout négative, contrairement à ce qu’elle pourrait peut-être paraître lorsque l’on considère seulement la dure nécessité de l’évacuation. » [40]

Alfred Rosenberg était un des plus haut placés parmi les sphères du pouvoir ; deux jours après ce discours, l'opération Barbarossa était amorcée.

Sur le papier la capitale administrative du Reichskommissariat Moskowien devait être Moscou, puisque le développement de la Russie médiévale l'avait érigée en cité politique et historique. Paradoxalement, six mois après avoir avisé cette décision et au moment où le groupe d'armées Centre de la Wehrmacht approchait des faubourgs de la capitale de Staline, Hitler déclara que Moscou devait être rasée et ses 4 millions d'habitants anéantis pour empêcher qu'elle ne devienne un foyer de résistance bolchevique. À cette fin, il proposa de remplacer le lieu d'implantation de la ville par un vaste lac artificiel [41].

Pour le même motif, il réservait un sort similaire à Léningrad et Kiev.

Projets de nouvelles Reichsgaue en Europe de l'Est[modifier | modifier le code]

Motivations[modifier | modifier le code]

Carte indiquant les « marches », territoires spéciaux à orienter pour la reconstruction planifiée : le territoire occupé de Memel-Narew, l’Ingermanland, et le Gotengau. Ces découpes sont indépendantes des Reichskommissariats de l'Est.
Carte établie par l’Institut pour l'agronomie et la politique agricole de la Friedrich-Wilhelms-Universität en mai 1942.

La politique de racisme biologique des nazis planifia la colonisation germanique des territoires militairement conquis en Europe de l'Est[Notes 15]. Les terres arables les plus fertiles, contenant la fameuse terre noire augmentant les rendements agricoles, furent identifiées par des travaux universitaires. Le ministère de l'agriculture, dirigé par Richard Darré[42], s'implique dans cette démarche en fondant la Ostdeutsche Landbewirtschaftung-gesellschaft.

Ces territoires devaient être administrées directement par l'organisation de la SS, échappant ainsi au contrôle de l'Ostministerium (agissant en temps qu'administration civile). Himmler les avaient introduites sur le modèle historique des marches militaires que l'Empire des Habsbourg avait bâties pour se protéger des incursions des turcs ottomans ; il eut l'intention d'y implanter des soldats-paysans, dits Wehrbauer, qui auraient colonisé des zones de limes fortifiées séparant le Reich des menaces qui auraient subsisté plus à l'Est[43].

Le schéma directeur pour l'Est introduisait, dans le cadre de la Siedlungsphase, 3 types de zone selon leur étendue, allant des Siedlungsmarken, « marches de colonisation », équivalentes en taille aux Reichsgau dans les frontières historiques de l'Allemagne, en passant par les Siedlungsstützpunkt, "points focaux de colonisation", jusqu'aux Siedlungsperlen, sortes de "carrefour de colonisation", situés aux principales connexions routières de l'URSS[44].

Identification des Marches[modifier | modifier le code]

Visite d'Alfred Rosenberg durant un événement organisé dans les ruines du château de Dobele, en Lettonie, en 1942. De gauche à droite : Dr Otto-Heinrich Drechsler, Hinrich Lohse, Alfred Rosenberg, Eberhard von Medem.
  • Devaient devenir des Siedlungsmarken les terres de l’Ingermanland (Ingrie), le Territoire de Memel en Lituanie, mais aussi, à l’opposé au Sud, la Crimée[45].
  • La Crimée devait ainsi être considérée et réorganisée comme la Gotengau (la Gau des Goths), en l’honneur des anciens peuples Goths qui s’y étaient installés. Lors d’une conférence tenue le , les Nazis discutèrent de la future organisation des territoires soviétiques conquis. Hitler y déclara son intention de non seulement germaniser les régions mentionnées ci-dessus, mais aussi de compter toute la région des États baltes (Reichskommissariat Ostland, voir paragraphe précédent), la région de la Volga et le District de Bakou (dans l’actuelle Azerbaïdjan) dans les futures Reichsgebieten (territoires du Reich)[46].
  • La région centrale et supérieure de la vallée de la Vistule (placée sous l’autorité du Gouvernement Général) fut discutée abondamment pour devenir la Vandalengau (Gau des Vandales) ou jusqu’à 5 nouvelles Reichsgaue seraient créées[47].
  • Une proposition faite dès 1939 défendit la création d’une Reichsgau Beskidenland, qui se serait étendue de l’Ouest de Cracovie jusqu’à la rivière San dans l’Est[48].
  • En Yougoslavie occupée, le représentant nazi Sepp Janko insista pour la création d’une Reichsgau Banat (ou Gau du prince Eugène). Cette gau aurait englobé les territoires yougoslaves de Banat, une partie de la Transylvanie (Siebenbürgen) et de la Baranya[49].

La Pologne occupée, un champ d'application[modifier | modifier le code]

Prisonniers polonais regroupés par la police secrète nazie dans la forêt de Palmiry, près de Varsovie, en 1940, dans le cadre de l’AB-Aktion ; cette photo fut prise par des agents de (en)Polskie Państwo Podziemne, l'État clandestin de Pologne.
Ruines de Varsovie photographiées en  ; le quartier de la photo correspond à la place du marché de la Vieille ville.

Dès le 25 octobre 1939, la Wehrmacht cesse d'administrer la Pologne occupée. Cependant, dès le 17 octobre, Hitler précise ses vues sur l'avenir de la Pologne : le combat racial serait sans merci, débarrassé de toute norme juridique, donc le meurtre de masse en serait l'un des instruments, ce dernier concernant, dans un premier temps, les élites polonaises et les Juifs[50]. Une administration civile, composée en partie de fonctionnaires du Reich, prend donc la relève de la Wehrmacht pour gérer les territoires occupés par le Reich. Appuyée sur ces personnels, cette administration civile préside aussi à l'expertise des biens à piller en Pologne, des Ghettos à « évacuer »[51], à la définition, en liens avec la SS, des territoires réservés à la colonisation par des Volksdeutsche qui affluent de l'Est[52]

Partition de la Pologne occupée par le Reich[modifier | modifier le code]

L'Ostinstitut édite un Atlas du gouvernement général, dont la fonction consiste, après la victoire sur la Pologne et son démembrement[Notes 16], à nier l'existence même de celle-ci, y compris par un biais administratif. Ainsi, peu de temps après la partition de la Pologne, les responsables nazis divisent le territoire polonais conquis par la Wehrmacht en deux entités : les zones annexées, essentiellement en Posnanie et en Silésie, et le gouvernement général, État croupion (Reststaat) polonais, confié à Hans Frank, destiné à servir de dépotoir racial[non neutre] du Reich et des territoires à germaniser[réf. nécessaire].
Cette partition a pour but de nier l'existence d'un État polonais, si celui-ci n'est pas un État-croupion (Reststaat), selon le mot de Goebbels[53]. Elle constitue le pendant territorial de la politique systématique d’annihilation de la Pologne pensée et exécutée par le Troisième Reich : pour supprimer les Polonais, il faut dans un premier temps aussi nier leur État.

L'expérimentation du Warthegau[modifier | modifier le code]

Dès les lendemains de la défaite de la Pologne, et avant la mise en place du Generalplan Ost, le IIIe Reich invite à la fin de l'année 1939 les populations allemandes installées dans des colonies médiévales de peuplement, situées en dehors de ses frontières, à revenir dans la patrie (Heimat) [54] pour recoloniser une terre précédemment occupée par des slaves ou des communautés juives. Le corridor de Dantzig ainsi que la région du Wartheland sont vidées sans ménagement de leurs populations d'origine, qui sont déportées vers les zones du gouvernement général.
En effet, confiées à Himmler, les opérations de colonisation, expulsion des populations slaves et installation de colons allemands, prennent une nouvelle dimension à partir du 28 septembre 1939, date de la signature de l'accord avec l'URSS sur le transfert des populations Volksdeutsche d'URSS[55]. Un mois plus tard, le 30 octobre, les plans en matière d'expulsion sont arrêtés et doivent être exécutés avec la plus grande célérité : au plus tard en février 1940, le Warthegau devra être Judenfrei et ne plus compter d'habitants polonais[56]. Durant l'hiver 1939-1940, 88 000 Polonais sont expulsés sans ménagements, ni indemnités vers le Gouvernement Général : disposant de 20 minutes pour quitter leur logement, les Polonais sont acheminés dans le Gouvernement Général par trains de marchandises, dans des conditions épouvantables, brutalisés par les surveillants allemands ; en tout, Himmler a fait expulser du Wartheland, malgré certaines réserves de représentants de l'industrie, 260 000 Polonais[57].
Cette opération nommée « Umsiedlungsaktion », qui vise à repeupler une région donnée, préalablement vidée de l'ensemble de la population, par des Volksdeutsche, n'a finalement été concrétisée que dans le Reichsgau Wartheland, par suite de la déportation de la population polonaise qui l'habitait ; le relogement y fut supervisé par Arthur Greiser.
Cet effet de repoussoir, consistant à se débarrasser des habitants traditionnels d'une zone (le Warthegau, destiné à la recolonisation) en les déplaçant dans une zone de contention où rien n'est rebâti (le territoire du Gouvernement général), peut être considéré, pour les nazis, comme une expérimentation en échelle réduite de ce qu'allait être le Generalplan Ost pour bâtir l'Ordre nouveau (en) en Europe de l'Est, concrétisation dans les années ultérieures à la guerre du « (en) grand Reich germanique de la nation allemande », vision dont le régime se prévalait sur ses drapeaux.
Au fil des conquêtes territoriales toujours plus éloignées vers l'Est, le schéma directeur allait systématiser cette démarche en projetant à terme d'évacuer les populations placées dans le gouvernement général pour les éloigner graduellement dans des terres de transit derrière la ligne de front.

La Pologne allemande, une colonie de peuplement[modifier | modifier le code]

Rapidement, conformément aux projets élaborés dans la période précédente, la Pologne est gérée comme une colonie de peuplement : tout d'abord, les territoires immédiatement annexés, puis le Gouvernement Général dans sa totalité. Elle est donc soumise à une sévère politique de germanisation, dont certaines visent la jeunesse polonaise.
En effet, dès les premiers jours d'application des mesures de germanisation, un certain nombre d'orphelins, non seulement polonais, mais aussi de l'ensemble des pays occupés par le Reich, sont transférés dans l'Altreich. De plus, le Gauleiter du Wartheland, Greiser, élabore dans son Gau une série de critères destinés à germaniser de force une partie importante de la jeunesse polonaise. Ainsi, les orphelinats polonais sont passés au peigne fin, à la recherche d'enfants jugés aptes à la germanisation : envoyés dans le Reich, ils apprennent l'Allemand, puis sont adoptés par des familles agréées par le NSDAP[57].
En outre, conformément aux disposition du pacte Germano-soviétique, un certain nombre de Volksdeutsche sont rapatriés dans les zones contrôlées par le Reich[58]. ces populations, soumises à des batteries de tests médicaux, intellectuels, politiques et ethniques, sont ensuite classées en catégories, de « adéquat » à « ethniquement ou biologiquement inadéquat »[59], ce qui ralentit les procédures : en décembre 1942, seuls 500 000 rapatriés, sur 1 250 000, sont installés dans des habitations à titre définitif[58]. Cette politique de colonisation est aussi utilisée pour accélérer la germanisation des Slovènes, notamment dans la région de Lublin en 1943, qui accueille, dans des villages préalablement vidés de leurs habitants, des colons allemands[60].
Mais les populations rapatriées d'URSS ne sont pas les seules à peupler le Wartheland, un certain nombre de militants du NSDAP s'y installent aussi, considérant cette région comme un nouvel Eden germanique[60]. Pour ces acteurs de cette politique d'épuration ethnique, souvent des femmes, une mission civilisatrice se déroule en Pologne, car ces mesures doivent permettre de créer l'espace vital allemand[61].

Le gouvernement général, réserve raciale du Reich[modifier | modifier le code]

Au cours des semaines qui suivent la prise de contrôle de la Pologne, Hitler hésite sur ce que doivent devenir les territoires polonais sous contrôle allemand ; entre le 20 septembre (il évoque alors une réserve juive[62]) et le 17 octobre 1939 (dans une entrevue avec Keitel, Frank et Himmler, il définit les pouvoirs du gouverneur général[62]), il propose deux projets et opte finalement pour une politique de désorganisation de la Pologne, à la discrétion du gouverneur général[62].
Lieu de déportation des Juifs des territoires annexés par le Reich, la Pologne constitue le premier véritable champ d'expérimentation à grande échelle des projets nazis de recomposition ethnique de l'Est de l'Europe. Les promoteurs du plan Est, à la suite de Himmler, divisent les Polonais non Juifs en deux catégories : les Polonais à expulser, irrécupérables du point de vue des projets allemands, la grosse majorité, et une petite minorité de Polonais « racialement aptes » à la germanisation, qui, au bout d'un processus qui doit prendre une ou deux générations, trouveront leur place dans l'« ethnie » allemande[56] : ainsi, 30 000 enfants sont arrachés à leur famille pour être germanisés au sein de familles allemandes [63].

Le sort des Polonais[modifier | modifier le code]

Expulsion de villageois polonais dans la région de Zamość par la S.S. en . Dans cette région se manifeste une résistance de Armia Krajowa à l'occupant.

Dès la conquête de la Pologne, une série d'opérations spéciales (Sonderaktion) sont ordonnées sur les territoires contrôlés par le Reich. Elles se développent selon deux axes principaux : culturel et démographique.
Souhaitant transformer la Pologne en « désert culturel »[64], Hans Franck, avec le soutien de Hitler, met en place une politique culturelle qui vise à supprimer toute trace d'une culture polonaise.
Cette politique se concentre contre les écoles : dans de nombreuses villes, les établissements scolaires sont fermés par les autorités d'occupation, d'abord les lycées, puis les écoles primaires, dans lesquels les manuels scolaires sont rassemblés et brûlés[65].
Mais les élites intellectuelles polonaises, acteurs de la résistance à la politique culturelle nazie en Pologne, sont aussi visées : c'est la mission du RSHA au travers de l'opération Tannenberg (en), visant 61 000 personnes identifiées au travers d'une liste dès [Notes 17] : parmi eux des activistes politiques, des membres de l'intelligentsia, des universitaires, des acteurs de théâtre, comme des officiers retraités des forces armées polonaises. Cette opération fut aussi désignée Intelligenzaktion. À l’Intelligenzaktion succéda une opération plus vaste encore, dirigée à l'encontre de tout polonais titulaire d'un brevet d'études secondaires : l'AB-Aktion (Außerordentliche Befriedungsaktion) (en), opération extraordinaire de pacification ; le but était cette fois d'empêcher l'organisation d'une résistance polonaise. L'AB-Aktion fut organisée par Hans Frank, et coordonnée avec le NKVD soviétique, pour garantir son efficacité au-delà de ligne de démarcation décidée par Molotov et Ribbentrop. Quatre rencontres entre services secrets nazis et soviétiques, déroulées sous le sceau du secret, eurent lieu entre le 27 septembre 1939 et mars 1940 ; ces mesures concernaient 30 000 personnes. Dans le même temps, l'université de Cracovie est fermée et ses enseignants déportés à Sachsenhausen[64]. De manière plus symbolique, la musique de compositeurs polonais est interdite dans le Gouvernement Général[64]. Convaincre les Polonais que « leur destin ethnique est sans espoir »[66] constitue la pierre angulaire de l'action de Hans Frank, gouverneur général de Pologne, qui songe aussi sérieusement à une recomposition démographique complète de la nouvelle Pologne.

Dans le Reststaat polonais, des responsables nazis, Wetzel et Hecht, se proposent ainsi de mener une guerre démographique de grande ampleur, en menant une politique autant que possible antinataliste, qui inclut un strict contrôle des naissances, l'absence de répression de l'homosexualité ; ils suivent en cela les prescriptions de Hitler sur les Polonais, perçus comme "stupides et amorphes" (Goebbels)[67].
En outre, la population polonaise fait déjà l'objet de décrets spécifiques depuis le 8 mars 1940, qui l'assujettissent à l'économie du Troisième Reich[Notes 18]. À partir de juillet 1941, les habitants de la Pologne sous occupation nazie dépendent du schéma directeur pour l'Est.

De plus, Friedrich Pabst, nommé « architecte en chef pour Varsovie », propose, en 1942, une extension des plans proposée en 1940 par Hubert Groß et Otto Nurnberger. Dans ses grandes lignes, le Plan Pabst aurait mis fin à cette capitale peuplée de 1,5 million d'habitants en 1939, la remplaçant par une cité prévue pour 130 000 habitants, hébergeant la classe dirigeante de l'occupation de la Pologne (en). Rasé, le palais royal de Varsovie aurait laissé la place à une « résidence du parti et du peuple » faisant office de lieu de transit principal.

L'ensemble des mesures mise en place à l'encontre des Polonais sont sous-tendues par une volonté d'annihilation de la Pologne, non seulement en tant qu’État, mais aussi en tant que peuple et en tant que nation, privée de capitale et de groupes sociaux ayant suivi des études secondaires et supérieures. Au bout d'une douzaine d'années de cette politique, au début des années 1950, il était prévu que, seulement 3 à 4 millions de Polonais, employés comme serfs pour les colons allemands et promis à une lente extermination par le travail et l'absence de soins médicaux, étaient supposés résider encore dans les frontières d'avant-guerre du pays. L'avènement de ces dispositions a permis d'instruire le concept juridique de génocide culturel.

L'ensemble de ces plans grandioses n'a jamais été appliqué : en effet, à partir de juin 1944, le territoire polonais devient champ de bataille ; les forces allemandes se retirent devant le rouleau compresseur soviétique en janvier 1945 et laissent des régions en ruine. Le 1er Front ukrainien atteint le camp de concentration d'Auschwitz le 27 janvier. En outre, après l'insurrection de Varsovie, les troupes allemandes procèdent à une destruction systématique de la ville.

Le traitement de l'Ukraine et des pays baltes[modifier | modifier le code]

Exécutions de Juifs de Kiev par les unités d’extermination mobiles allemandes (Einsatzgruppen) près d’Ivangorod (Ukraine). La photo fut envoyée en Allemagne depuis le front de l'Est et interceptée à un bureau de poste de Varsovie par un membre de la Résistance polonaise. L’inscription originale — en allemand — au dos de la photographie est : « Ukraine 1942, Action juive [opération], Ivangorod. »
La structure administrative du Reichskommissariat Ostland, centrée sur Riga où se trouvent les autorités allemandes.

Peu de temps après le déclenchement de l'offensive contre l'Union Soviétique, de vastes portions du territoire soviétiques sont conquis. Sur ces territoires, ce qui a été expérimenté en Pologne est appliqué à plus grande échelle, plus durement et sur des territoires plus vastes. Conformément aux dispositions prises au printemps, ils sont partagés, le 16 juillet, lors d'une conférence à Rastenburg, en plusieurs entités : le district de Bialystok, et des territoires en Galicie sont annexés au Reich ; en outre, sont créés deux Reichskommissariat, l'un comprenant les pays baltes et une partie de Biélorussie, l'autre l'Ukraine.
Le 16 juillet, soit 4 semaines après le déclenchement de la guerre à l'Est, Hitler définit ainsi la politique allemande vis à vis de cet « énorme gâteau » constitué par les territoires conquis ou à conquérir : tout d'abord « le dominer », puis « l'administrer », et enfin, « l'exploiter »[68].

Recomposition administrative des territoires soviétiques occupés[modifier | modifier le code]

Les discussions du printemps ont défini les modalités du partage de ces territoires en Reichskommisqariat, sous la tutelle de Ostministérium, confié à Rosenberg et en territoires annexés, l'un au Reich, le district de Bialystock, l'autre au gouvernement général, le district de Galicie. Le 16 juillet, deux premiers Reichskommisariat sont ainsi créés, lors d'une conférence réunissant Hitler, Göring, Bormann, Lammers, Keitel et Rosenberg : l'Ostland et l'Ukraine[68]. Lors de cette conférence sont définies les compétences, ainsi que les territoires sur lesquels ces compétences doivent s'exercer, de l'Ostministerium. Alfred Rosenberg, ministre pour les territoires de l'Est délègue sur place ses représentants, les commissaires du Reich[68] : aux commissaires les pouvoirs civils, à Himmler et à la SS, responsables devant les administrateurs des commissariats, les fonctions de maintien de l'ordre : dans les faits, les responsables SS prennent leurs consignes auprès du Reichsführer SS[69].
L'Ostministerium, en temps qu'administration civile, n'avait d'autorité que sur l'Ukraine et les pays baltes. Les terres occupées en Russie derrière la ligne de front étaient gérées directement par l'Ostheer, notamment la lutte contre les partisans : d'où le nom de Heeresgebiet pour désigner ces terres occupées sous administration militaire.

La présence de collaborateurs…[modifier | modifier le code]

Dès le 22 juin 1941, des opposants au régime communiste tentent de s'appuyer sur le Reich. Ces opposants sont, pour la plupart, d'anciens membres des gouvernement, ou de leurs services policiers, de ces États, des opposants baltes ou ukrainiens au régime en place en URSS. L'action de ces collaborateurs prend plusieurs dimensions : politique, par un activisme germanophile et antibolchevique au sein de la population, militaire, en anticipant l'"heure de la Libération" , en faisant du renseignement à la frontière, en organisant des actions après le 22 juin[70]… Rapidement, cependant, ces collaborateurs voient leurs efforts indépendantistes brisés : dès la fin juin, les commandants allemands reçoivent l'ordre de ne pas tenir compte de possibles gouvernements provisoires. Les unités constituées par des officiers des armées des états baltes occupés en 1939-1940 par l'Union soviétique, se trouvent cantonnées, quand leur existence est maintenue, au maintien de l'ordre[71].

…n'empêche pas une épuration ethnique sévère[modifier | modifier le code]

Dès les débuts de l'occupation de ces territoires, une sévère politique d'épuration ethnique est mise en place, sous la direction de Rosenberg et de Himmler ; cette épuration touche les Juifs et les Slaves. doté des pleins pouvoirs sur les territoires sur les arrières de la ligne de front, Himmler dispose de détachements spéciaux de la Wehrmacht que Wilhelm Keitel avaient autorisés et ponctionnés sur l'armée d'invasion Barbarossa.
Les Juifs sont soumis à l'action d'extermination systématique menée par les Einsatzgruppen, qui fusillent Juifs et Tsiganes dans les zones qui leur sont affectées. Ces fusillades sont facilitées par la cartographie précise des lieux de peuplement et des Shtetl (voir plus haut), qui fournit aux unités exterminatrices leur feuilles de routes.
Les moyens déployés pour éliminer la population autochtone ne se limitaient pas aux Einsatzgruppen effectuant la Shoah par balles sur les juifs et tziganes : pour affecter les ressources de blé ukrainiennes à l'Ostheer[Notes 19], Alfred Rosenberg demande à Herbert Backe de déployer une politique de famine sur les populations slaves d'Ukraine, au travers du Hunger Plan [72]. ainsi, à Minsk, par exemple, les populations ostracisées par le régime n'obtiennent plus que des rations amoindries représentant 420 calories par jour. Ces conditions oscillant de la sous-nutrition à l'inanition, amènent les rescapés à grossir les rangs des Partisans dans les forêts de Biélorussie.
Cependant, les Ukrainiens, les habitants de Biélorussie, tous identifiés comme Untermensch, sont intégrés dans les projets de reconditionnement d'une Europe nazie dans le cadre d'un asservissement et d'une extermination programmés. Cependant, les populations baltes et ukrainiennes, non seulement accueillent favorablement les troupes de la Wehrmacht, mais aussi, pour une partie d'entre elles, sont des acteurs actifs de la politique d'extermination : ainsi, dans la ville de Kaunas, en lituanie, des pogroms sont perpétués, à la faveur du déclenchement de l'offensive, avant l'arrivée des Allemands, en Ukraine occidentale, 24000 juifs sont assassinés par la population[73] ; un certain nombre de ces pogroms se déroulent dans un contexte de fête populaire[74], et sont perçus par la population comme des violences nécessaires à la sortie du communisme[75]. Mais la visite de Hermann Goering dans le Reichskommissariat Ukrain, nouvellement créé, ferme rapidement la porte de la collaboration entre populations orientales et troupes allemandes. Arrivé en Ukraine, il déclare en septembre 1941 :
« Pas de bouche inutile à nourrir ; ceux qui peuvent travailler, travailleront pour le Reich, les autres mourront. Ceux qui travaillent, donneront tout ce qu'ils ont, jusqu'à leur mort. » [36]
Cette politique aliène rapidement les sympathies du départ ; ainsi, par exemple, le , la résistante soviétique Elena Mazanik[76] assassine le gauleiter Wilhelm Kube, commissaire du Reich à Minsk. Elle facilite ainsi la reconquête des territoires soviétiques perdus par l'Armée Rouge : à la fin du mois d'août 1944, l'Armée rouge à la suite de l'opération Bagration a libéré la Biélorussie et l'Ukraine.

Postérité[modifier | modifier le code]

Hormis le sort de la Pologne, dans les deux Reichskommissariat RKO et RKU activés dès les premiers succès de l'invasion allemande contre l'URSS, le régime nazi n'aura pu dérouler qu'un plan de destruction systématique. Aucune reconstruction ne s'est opérée[Notes 20] : Himmler ne tenta qu'une seule fois, et ce en pure perte, d'implanter ses pionniers, nommés Wehrbauern (en), dans une colonie de peuplement, après avoir échoué à recruter des colons hollandais et scandinaves : les personnes peuplant les 27 villages envisagés de cette colonie nommée Hegewald (en) sur la route d'Ukraine entre Berdytchiv et Jytomyr furent l'objet des premières évacuations massives de civils allemands (en) en novembre 1943, face à l'avancée de l'Armée rouge.

Si la reddition finale de la sixième armée allemande lors de la bataille de Stalingrad en 1942 fut occultée à l'opinion publique allemande par les autorités du Reich, le cumul des évènements au mois de juillet 1943 de la défaite de Koursk et de l'ouverture du second front amorcée par la tête de pont alliée en Sicile achève ainsi le déroulement pratique du schéma directeur pour l'Est.

Bilan[modifier | modifier le code]

Les réfugiés allemands du fait des conséquences de l'après-guerre furent très nombreux, et leur situation dura pour certains jusqu'en 1949 ; le terme de (en) Heimatvertriebene leur correspond.

En définitive, interrompu de fait durant l'automne 1943, le plan tel que déroulé par les autorités des Reichskommissariat de l'Est n'a fait que contribuer, en l'accentuant, à la déstructuration des territoires placés sous sa coupe.

D'une manière générale, le Schéma directeur, relevant d'un interventionnisme d'État poussé à l'extrême, n'aurait pas permis de relever les régions qu'il projetait de repeupler vu le profil des dirigeants locaux placés à la tête de chaque Reichskommissariat de l'Est : une population déplacée dans un nouveau territoire n'est pas aussi schématiquement productive comme les termes (artificiels) du plan le stipulaient.

Du reste, les bénéficiaires initiaux du plan de redistribution agraire ne furent pas associés à la décision de leur lieu de réimplantation : pour le cas de la famille d'Allemands de la Baltique illustrée plus haut, c'est sous la contrainte liée aux accords diplomatiques secrets entre Molotov et Ribbentrop qu'ils doivent quitter leur lieu de naissance pour rejoindre le Warthegau. Lors de la conquête des pays baltes par les nazis, en juin et juillet 1941, certains réoccupent les espaces qu'ils occupaient, mais ceux-ci furent les premiers à connaître l'exode devant l'avance de l'Armée Rouge à partir de l'automne 1943. Ceux installés plus à l'Ouest furent expulsés par les Soviétiques lors de la normalisation des pays baltes en 1946. Ceux qui restent en Pologne tombèrent sous le coup des évacuations liées au rétablissement de frontières restituant une intégrité territoriale à la Pologne et à sa population.

Globalement, des projets grandioses des années 1940-1942 ne subsistèrent lors de la chute du IIIe Reich que des ébauches destinées à rester lettre morte.

Estimations de bilan humain[modifier | modifier le code]

  • L'historien américain Timothy Snyder évalue à 4,2 millions le nombre de Russes, Biélorusses et Ukrainiens morts de famine entre 1941 et 1944 sur les territoires occupés par les nazis.
  • L’Académie des sciences de Russie a publié en 1995[77] une comptabilité complémentaire à celle de Snyder : les victimes civiles sur le sol de l'URSS imputables aux nazis, en dehors des zones de combat, totalisèrent 13,7 millions de morts, ce chiffre incluant les juifs. Ceci représente 20 % des 68 millions d'habitants de Russie d'Europe occupée. Ce nombre total de morts se décompose en 7,4 millions tués par génocide ou du fait de représailles ; 2,2 millions de personnes perdues du fait des déportations vers le Reich pour le travail forcé ; et 4,1 millions morts d'inanition et de maladie dans les territoires occupés.
Unter den Linden, 62 : cette adresse de Berlin, qui devint celle de l'ambassade d'Union soviétique en RDA après-guerre, hébergea à compter de le siège de l’Ostministerium. En , le bâtiment principal subit un bombardement stratégique allié.
Une autre estimation fournie séparément par l'Académie indiquait 3 millions de morts par famine dans des zones de l'URSS non soumises à l'occupation nazie (par exemple lors du siège de Léningrad).
Ces pertes s'entendent pour l'ensemble du territoire de l'URSS dans ses frontières de 1946 à 1991, incluant également les territoires annexés en 1939-40[77].
  • Un chiffre, antérieur à cette estimation, de 8,2 millions de civils soviétiques décédés, incluant les juifs, fut indiqué par la (en) commission d'enquête extraordinaire instaurée par décret du Soviet suprême le 2 novembre 1942 pour investiguer sur les agissements des nazis[78].

Instruction des procès de Nuremberg[modifier | modifier le code]

Rosenberg, premier à droite, pendant les procès de Nuremberg. Au centre se trouve Frank, le bourreau de la Pologne, et Jodl est à gauche ; les trois furent condamnés à mort, mais Jodl a été réhabilité par un tribunal allemand.
Soldats polonais établissant un poste-frontière le long de l'Oder en 1945 : l'intégrité territoriale de l'État polonais ressuscite alors.

À la Libération, les Alliés s'aperçoivent à quel point les nazis avaient organisé la concrétisation de leur idéologie, l'Ostinstitut étant sur ce point emblématique d'une guerre totale à l'Est. L'un des intervenants interviewé par Studs Terkel dans son recueil de témoignages La Bonne Guerre - Histoires orales de la Seconde Guerre mondiale fait mention de sa stupéfaction en considérant ce que la pensée des 50 cadres de l’Ostinstitut a pu engendrer.

Le règlement juridique du conflit européen est décidé par les Alliés : vont se dérouler plusieurs procès à Nuremberg, dans les lieux mêmes si symboliques de la montée du régime nazi.

À Berlin, les fonctionnaires « zélés » du ministère du Reich aux Territoires occupés de l'Est, « Reichsministeriums für die besetzten Ostgebiete » (RMfdbO), détruisirent au lendemain de la défaite allemande, en mai 1945, la totalité de la documentation produite par cette administration[80]. Ainsi, les écrits constituant le Generalplan Ost, émanant de l’Ostministerium ne purent être versés en tant que pièces à charge lors des différents procès de Nuremberg [81] ; uniquement des documents faisant référence au Schéma directeur pour l'Est étaient disponibles pour le procès[Notes 21]. Parmi ceux-ci, le mémo daté du 27 avril 1942 fut fondamental pour reconstituer le contenu du schéma directeur vers l'Est, ainsi que le relier à Himmler ; titré Stellungnahme und Gedanken zum Generalplan Ost des Reichsführers SS ("Opinions et réflexions relatives au Schéma directeur pour l'Est du Reichsführer de la S.S."), il fut rédigé par le docteur Erich Wetzel, directeur du « Bureau central de conseil sur les questions de politique raciale » au Parti national-socialiste des travailleurs allemands.

Également, le témoignage du colonel de la SS Hans Ehlich permit de retracer les liens entre les travaux multi-disciplinaires d'avant-guerre, liant anthropologie, histoire et géographie, désignés sous le terme de Ostforschung (Albert Brackmann) et une première version du Generalplan Ost élaborée à la mi-1940 par la SS à partir de l'expérimentation du Warthegau, cadrage qui fut transféré à Alfred Rosenberg.

Les quarante carnets formant le journal intime de Hans Frank, qui avait été capturé par les Américains, confondirent les principaux accusés lors du procès de Nuremberg ; ils contenaient la preuve écrite des agissements menés par les nazis en Pologne occupée pendant les six années de guerre[82]. Condamné à la peine de mort, Hans Frank fut exécuté le 16 octobre 1946.

Reconnu coupable des charges de plan concerté ou complot, crimes contre la paix, crimes de guerre et crimes contre l'humanité lors de son procès à Nuremberg, Alfred Rosenberg est exécuté le .

Enfin, concernant l'emploi de la machinerie exterminatrice des S.S., Himmler s'étant suicidé, le témoignage d’Erich von dem Bach-Zelewski aux procès de Nuremberg fut significatif concernant le sort dévolu à 30 millions de slaves de l'URSS si elle s'était effondrée [83]. L'influence de Himmler sur les actions nazies à l'Est est de toute manière indubitable.

Les tribunaux du gouvernement provisoire de Pologne prononcèrent un jugement de condamnation à mort en 1946 à l'encontre d'Arthur Greiser, reconnu comme criminel de guerre pour avoir perpêtré des meurtres de masse.

Au-delà du procès d'Alfred Rosenberg, le jugement des crimes nazis découlant du Generalplan Ost se poursuivit jusqu'à l'inculpation de Karl Gebhardt[Notes 3] lors du procès des médecins : condamné le 21 août 1947, il fut exécuté le 2 juin 1948.

Les autorités d'occupation inter-alliées veillèrent à faire passer le mot d'ordre que, désormais, dans les nouveaux gouvernements démocratiques des deux Allemagne d'après-guerre, la frontière orientale à ne plus dépasser serait la ligne Oder-Neisse [Notes 22].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La préméditation d'un tel génocide dans le dessein d'origine de Himmler fait l'objet d'un débat historiographique auquel participe l'historien belge Jean Stengers ; lire cet article.
  2. La légende en bas du panneau précise que « entre et , 408 525 Polonais et Juifs furent évacués ».
  3. a et b Des centaines de milliers d'enfants européens « germanisables » sont arrachés à leur famille et transférés dans les Lebensborn ouverts par Martin Bormann. Dans ces foyers, véritables « haras pour SS », il s'agit aussi d'étudier l'amélioration de la « race aryenne ». Parallèlement, le Reich nazi fait étudier sur des cobayes humains, à Ravensbrück et Auschwitz, un programme de stérilisation massive des femmes slaves.
  4. Les montagnes de l'Oural sont identifiées comme limite de la future sphère d'influence germanique dans les discours de propagande nazie, amalgamant les hordes asiatiques de Huns et Mongols comme une menace pour la culture européenne
  5. Conjecturer sur les desseins des concepteurs du Generalplan Ost afin de déterminer si les populations victimes du plan allaient être anéanties ou déportées vers les Reichskommissariat identifiés en Sibérie n'est pas l'objet de cet article de Wikipédia.
  6. Depuis fin 1939 et l'entrée en guerre de la France et du Royaume Uni, le Reich est soumis à un blocus (en) pour ses approvisionnements maritimes. Il dépend donc des livraisons soviétiques effectuées dans le cadre des échanges économiques pour répondre à ses besoins en matières premières.
  7. Pendant la période du putsch raté à la brasserie de Munich, Hitler fait référence aux Corps francs de la Baltique, qui s'illustrèrent avec violence dans ces régions après l'armistice de 1918.
  8. Le décret Nacht und Nebel s'appliquait pour les pays occupés en Europe de l'Ouest.
  9. La couverture de l'édition de mai 1942 de Das Deutsche Mädel entre indubitablement dans le style « agro-romantique » ; sa légende indique : "apportant tout leur enthousiasme et la force vive de leur jeunesse, nos jeunes filles du « Service de travail » sont mises à contribution dans les territoires allemands regagnés à l'Est.
  10. Déroulée dans le Warthegau, la phase de recolonisation n'a nulle part ailleurs abouti à son terme.
  11. Mitteleuropa, selon les écrits de Friedrich Naumann en 1915.
  12. Les théories de Walter Christaller basées sur ses observations en Allemagne du Sud (Modèle christallérien) furent réfutées après-guerre.
  13. Le Reichskommissariat Turkestan ne figure pas sur cette carte
  14. On notera l'emploi à trois reprises du terme choisi d’évacuation nécessaire, là ou le sens de ses phrases évoquerait plutôt une déportation.
  15. Cette politique raciale fut synthétisée par la devise nazie Blut und Boden.
  16. le Warthegau et le corridor de Dantzig annexés, et le reste du territoire (hors domination soviétique) appelé gouvernement général.
  17. Cette liste fut établie par des agents du Sicherheitspolizei entrés au contact de sympathisants nazis parmi les Allemands de Pologne.
  18. Concernant la politique allemande vis-à-vis des Polonais, se référer à cet article.
  19. Ostheer : désignation de l'armée de terre allemande engagée sur le front de l'Est.
  20. Dans le Warthegau à compter de novembre 1939, les maisons réaffectées avaient fait l'objet de spoliations auprès de la population polonaise autochtone.
  21. Depuis, des travaux historiographiques de recherche documentaire basés sur divers mémoires, résumés et autres documents annexes ont permis de reconstituer le texte d'origine du Schéma directeur pour l'Est tel que figurant dans les liens externes.
  22. Lire les articles Conférence de Potsdam et Discussions des Alliés sur la question polonaise.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Lire l'article Enlèvement d'enfants par les nazis en Europe de l'Est (en).
  2. Nekrich, Aleksandr Moiseevich ; Ulam, Adam Bruno ; Freeze, Gregory L. (1997), Pariahs, Partners, Predators : German–Soviet Relations, 1922–1941, Columbia University Press, (ISBN 0231106769) ; citation : p. 181.
  3. idéologie agro-romantique : source.
  4. Fritz Stern, Politique et désespoir, p. 91.
  5. Raoul Girardet, le 22 juin 1941, In Alfred Grosser, p. 186.
  6. Saul Friedländer, Les Années d'extermination, p. 67-68.
  7. voir liste des instituts de l'Ahnenerbe (en).
  8. Énumération des peuples de souche germanique en Europe de l'Est
  9. a et b C. R. Browning, Les Origines de la solution finale, p. 267.
  10. C.R.Browning, Les Origines de la solution finale, p. 268.
  11. C.R.Browning, Les Origines de la solution finale, p. 269.
  12. Adam Tooze, Le salaire de la destruction : Formation et ruine de l'économie nazie, Les Belles Lettres,‎ 2012 (pour la traduction française), 802 p. (ISBN 978-2-251-38116-9), p. 458, dernier §
  13. lire à ce sujet l'article Négociations sur un axe Berlin-Moscou (en).
  14. formulation tirée du film Amen. de Costa-Gavras.
  15. Une expression plus ample de ce caractère de dureté est donnée dans cet article.
  16. Rolf-Dieter Müller, Gerd R. Ueberschär : Hitlers Krieg im Osten 1941–1945. Ein Forschungsbericht. Wissenschaftliche Buchgesellschaft, Darmstadt 2000, S. 226 f.
  17. a et b Browning, les Origines… p. 261.
  18. R. J. Evans, Le Troisième Reich, 1939-1945, p. 210-212
  19. Lynn H. Nicholas, Cruel World : The Children of Europe in the Nazi Web p. 219 (ISBN 0-679-77663-X)
  20. Hitler, Adolf (2000). Bormann, Martin. ed. (en) Hitler's Table Talk 1941-1944. trans. Cameron, Norman ; Stevens, R.H. (3e éd.). Enigma Books. p. 68–69. (ISBN 1929631057)
  21. (en) Walter Alfred Peter Phillips, The tragedy of Nazi Germany, Londres, Taylor & Francis,‎ 1969 (ISBN 978-0-7100-6496-7), p. 133
  22. Felix Kersten, The Kersten Memoirs, 1940-1945, Hutchinson,‎ 1957, p. 134-135
  23. C.R. Browning, Les Origines de la Solution finale, p. 257.
  24. R. Breitman, Himmler et la solution finale, p. 181.
  25. C.Baechler, Guerre et exterminations à l'Est, p. 318.
  26. selon le terme rapporté par C.Baechler, Guerre et exterminations à l'Est, p. 319.
  27. a et b C.Baechler, Guerre et exterminations à l'Est, p. 319.
  28. R. Breitman, Himmler et la solution finale, p. 180.
  29. C. R. Browning, Les Origines de la Solution finale, p. 255.
  30. C. R. Browning, Les Origines de la Solution finale, p. 259.
  31. note à propos des différentes versions écrites du Generalplan Ost.
  32. Lipgens, Walter (1985), page 41. Documents on the History of European Integration : Continental Plans for European Union 1939-1945. Walter de Gruyter.(ISBN 3110097249).
  33. Kolonialraum : source.
  34. Andreas Hillgruber : Hitlers Strategie. Politik und Kriegführung 1940–1941. Frankfurt a.M., 2. Auflage 1982, S. 519 f.
  35. Lettré, Alfred Rosenberg est également rédacteur en chef de la revue Völkischer Beobachter.
  36. a et b Apocalypse, la Seconde Guerre mondiale par Isabelle Clarke et Daniel Costelle ; 3e partie, Le choc (1940-1941) .
  37. C.R.Browning, Les Origines de la Solution finale, p. 261.
  38. C.R.Browning, Les origines de la solution finale, p. 306
  39. Kay, Alex J. (2006). Exploitation, Resettlement, Mass Murder : Political and Economic Planning for German Occupation Policy in the Soviet Union, 1940-1941, p. 185. Berghahn Books.
  40. source ref 31.
  41. Oscar Pinkus (2005). The war aims and strategies of Adolf Hitler, p. 228. MacFarland & Company Inc. Publishers.
  42. Darré, Rosenberg et Himmler étaient en désaccord sur la mise en oeuvre de la colonisation proprement dire. Lire ce passage de la biographie de Himmler.
  43. Robert Cecil, The Myth of the Master Race : Alfred Rosenberg and Nazi Ideology, p. 190 (ISBN 0-396-06577-5).
  44. Classification des Reichsmarken : source.
  45. (en) Wasser, Bruno (1993). Himmler's Raumplanung im Osten : Der Generalplan Ost im Polen. Birkhäuser.
  46. (en) Martin Bormann’s Minutes of a Meeting at Hitler’s Headquarters, 16 juillet 1941.
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  48. (en) Burleigh, Michael (1988). Germany Turns Eastwards : A Study of Ostforschung in the Third Reich. Cambridge University Press, p. 142.
  49. (de) Manoschek, Walter (1995). "Serbien ist judenfrei" : militärische Besatzungspolitik und Judenvernichtung in Serbien 1941/42. Oldenbourg Wissenschaftsverlag, p. 27.
  50. Saul Friedländer, Les Années d'extermination, p. 44.
  51. Pierre Ayçoberry, la Société allemande sous le Troisième Reich, p. 275-276.
  52. Saul Friedländer, Les Années d'extremination, p. 67.
  53. Rapporté par C. R.Browning, Les Origines…, p. 63.
  54. lire l'article Heim ins Reich (en) à ce sujet.
  55. C. R. Browning, Les Origines de la Solution finale, p. 60.
  56. a et b C.R.Browning, Les Origines de la Solution finale, p. 61.
  57. a et b R.J.Evans, Le Troisième Reich, 1939-1945, p.49.
  58. a et b R.J.Evans, le Troisième Reich 1939-1945, p.54.
  59. R. J. Evans, Le Troisième Reich 1939-1945, p. 55.
  60. a et b R.J.Evans, le Troisième Reich 1939-1945, p.56.
  61. R. J. Evans, Le Troisième Reich 1939-1945, p. 59.
  62. a, b et c Christian Baechler, Guerre et exterminations à l'Est, p. 127
  63. Source.
  64. a, b et c R.J.Evans, le Troisième Reich 1939-1945, p.52.
  65. R. J. Evans, Le Troisième Reich 1939-1945, p. 53.
  66. , selon le mot de Franck, rapporté par R. J. Evans, Le Troisième Reich 1939-1945, p. 52.
  67. rapporté par C.R.Browning, Les Origines de la Solution Finale, p. 61.
  68. a, b et c Saul Friedlander, Les Années d'extermination, p. 264.
  69. Saul Friedlander, Les années d'extermination, p. 264-265.
  70. C.R. Browning, Les Origines de la Solution Finale, p. 292-293.
  71. C.R. Browning, Les Origines de la Solution finale, p. 294.
  72. Note sur la conférence des secrétaires d’État du 2 mai 1941 au sujet de l’opération Barbarossa, à laquelle participa le secrétaire d’État au ministère du Ravitaillement, Herbert Backe - Source ref28.
  73. C.R.Browning, Les Origines de la Solution finale, p. 290-291.
  74. C.Ingroa, in Audouin-Rouzeau, p. 233.
  75. C. Ingroa, in Audouin-Rouzeau, p. 234.
  76. Elena Mazanik (ru) sera honorée du titre de héros de l'Union soviétique.
  77. a et b The Russian Academy of Science Rossiiskaia Akademiia nauk. Liudskie poteri SSSR v period vtoroi mirovoi voiny:sbornik statei. Saint-Pétersbourg 1995 (ISBN 5-86789-023-6), ouvrage également cité en bibliographie.
  78. A Mosaic of Victims- Non Jews Persecuted and Murdered by the Nazis. Ed. by Michael Berenbaum New York University Press 1990 ISBN 1-85043-251-1)
  79. institut fondé en 1949 en Bavière à l'instigation des Alliés pour compiler les faits historiques sur l'époque nationale-socialiste de l'histoire allemande.
  80. Joseph Poprzeczny, Odilo Globocnik, Hitler's Man in the East, McFarland, 2004, ISBN 0-7864-1625-4, Google Print, p. 186.
  81. Hans-Walter Schmuhl. The Kaiser Wilhelm Institute for Anthropology, Human Heredity, and Eugenics, 1927-1945 : crossing boundaries. Volume 259 of Boston studies in the philosophy of science. Coutts MyiLibrary. SpringerLink Humanities, Social Science & LawAuthor. Springer, 2008. ISBN 140206599X, (ISBN 9781402065996), p. 348-349.
  82. Carnets de Hans Frank : Source.
  83. source ref14 : Jean Stengers.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]