Erich von dem Bach-Zelewski

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Erich von dem Bach-Zelewski
Portait de Zelewski (daté de 1944).
Portait de Zelewski (daté de 1944).

Nom de naissance Erich Julius Eberhard von Zelewski
Naissance
Lauenburg, Poméranie

Allemagne

Décès (à 73 ans)
Munich
Origine Allemand
Allégeance Flag of the German Empire.svg Empire allemand
Flag of Germany.svg République de Weimar
Flag of German Reich (1935–1945).svg Troisième Reich
Arme Schutzstaffel SS.svg Schutzstaffel
Grade SS-Obergruppenführer[a]
Années de service 19161945
Conflits Première Guerre mondiale,
Seconde Guerre mondiale
Faits d'armes Répression de l'insurrection de Varsovie
Distinctions Croix de fer
Autres fonctions Höhere SS- und Polizeiführer (HSSPf)
En 1943, probablement dans les pays baltes ou dans l'Est de la Pologne.

Erich von dem Bach-Zelewski[b], né Erich von Zelewski le à Lauenburg en Poméranie et mort le à Munich, est un criminel de guerre de la Seconde Guerre mondiale, membre du parti nazi et de la SS, ayant atteint le grade de SS-Obergruppenführer[a] und General der Waffen-SS und der Polizei.

Sa jeunesse et ses débuts dans le parti nazi[modifier | modifier le code]

Erich von Zelewski est le fils d’Otto von Zelewski, un aristocrate peu fortuné. En 1916, âgé d'à peine 17 ans, Erich rejoint l'armée prussienne en tant que volontaire, et y reste jusqu'à la fin de la guerre en 1918 : il obtient deux fois la croix de fer.

Après la guerre, il rejoint la Reichswehr, dans lequel il sert jusqu'en 1924. Il rejoint ensuite une compagnie de gardes-frontières (les Grenzschutz), où il restera jusqu'en 1930, date de son entrée au parti nazi. Il rejoint par la suite les SS en 1931. Il gravit rapidement les échelons de l'organisation et atteint en 1933 le grade de SS-Brigadeführer[c]. Il adopte peu à peu le nom « von dem Bach », à la place de « von Zelewski », pour obtenir une consonance plus allemande. Dans cet objectif de prouver qu'il était « un bon Allemand » et « un bon nazi », et de faire oublier le fait que trois de ses sœurs étaient mariées à des Juifs, ainsi que ses origines slaves, il se livra par la suite à des excès toujours plus sanglants.

Député au Reichstag de 1932 à 1944, il participa à la nuit des Longs Couteaux en 1934. Avec Theodor Eicke, c'est l'un des meurtriers d'Ernst Roehm. Il assassine Anton von Hohberg und Buchwald, SS-Reiterführer, qui avait rapporté au ministère de la Défense des propos hostiles à la Reichswehr tenus par un SS-Gruppenführer. Il occupa des postes variés dans le parti nazi, d'abord en Prusse-Orientale, puis en Silésie après 1936, où il devient en 1937 Höhere SS- und Polizeiführer (HSSPf), c’est-à-dire « chef supérieur de la SS et de la Police » dans une grande région.

Son rôle durant la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Au début de la Seconde Guerre mondiale, il dirige des unités qui participent aux représailles et aux exécutions de prisonniers de guerre polonais pendant la campagne de Pologne en . Le , Himmler le nomme au poste de commissaire pour le renforcement du germanisme en Silésie. Il organise des déplacements de populations et la confiscation de propriétés privées. En , soit à peine un an après le début de la guerre, ses unités avaient confisqué les maisons de plus de 20 000 familles de la région de Żywiec, les obligeant à partir.

Chef de la police et de la SS dans le Gau de Silésie, il propose de déporter l'ensemble des Juifs du Reich dans le district de Lublin ; devant l'opposition de Frank, il décide, avec Himmler, de créer un camp de travail en Silésie, près de la ville d'Auschwitz[1] ; le camp est ouvert en .

Par la suite, le , von dem Bach change officiellement de nom, et abandonne son nom de famille paternel : Zelewski.

Responsable SS dans le Reichskommissariat Ostland[modifier | modifier le code]

Associé de près aux projets orientaux de Himmler, préparés à partir de l'automne 1940, Erich von dem Bach est nommé Höhere SS- und Polizeiführer (HSSPf) de Russie Centre, dépendant du Reichskommissariat Ostland.

Au cours de l'été 1941, il assiste avec Himmler, au cours de l'une des multiples tournées d'inspection de ce dernier, à de nombreuses actions des Einsatazgruppen opérant dans le circonscription dont il est responsable : le lors du voyage de ce dernier à Bialystok[2], les 14, 15 et lors de sa tournée à Minsk[3] : lors de cette dernière tournée, il confie à Himmler ses appréhensions sur le devenir des membres des Einsatzgruppen, dont certains commencent à connaître des troubles psychologiques[4].

Lui-même eut également à souffrir de tels troubles selon le témoignage du médecin Ernst-Robert Grawitz. Pour les surmonter il était fait appel à un travail subconscient de refoulement. Le mécanisme en apparaît clairement dans le choix du vocabulaire et des euphémismes pour éviter l'utilisation de termes trop crus tels que « tuer », « mort »[5]. Lors d'une visite à Minsk, Himmler avait voulu voir à quoi ressemblait une « liquidation ». Il avait demandé à Nebe de fusiller devant lui une centaine de jeunes gens. Von dem Bach s'adressa à Himmler qui était très ému à la suite de la fusillade : « Reichsführer, ici il n'y en a que cent… Voyez dans les yeux des hommes du Kommando comme ils sont profondément atteints. Ces hommes sont finis pour toute leur vie. Quel genre de disciples formons-nous donc ici ? Ou bien des névrosés ou bien des bêtes brutes ». Himmler parla aux hommes en faisant remarquer que le devoir qu'ils avaient accompli était repoussant et qu'il lui aurait été pénible de voir des Allemands exécuter une telle tâche avec gaieté. Mais comme soldat disait-il, ils devaient obéir et lui seul avait à répondre de leurs actes devant Dieu et Hitler. Après ce discours, toujours avec von dem Bach, Karl Wolff, et Nebe, ils visitèrent un asile d'aliénés. Nebe demanda l'autorisation d'essayer la dynamite pour « liquider » les « fous ». Bien que von dem Bach ait objecté (avec Karl Wolff) que les malades n'étaient pas des cobayes, Himmler donna son accord pour ces essais à la dynamite. Les résultats s'avérèrent déplorables et la solution suivante fut plus tard celle des camions à gaz[6]. Le but poursuivi étant toujours, au premier niveau, d'éviter des troubles psychologiques aux exécutants qui devaient tirer pour tuer.

Alors qu’il était appelé à devenir le HSSPf de Moscou, la Wehrmacht échoue à quelques dizaines de kilomètres de la ville, et il reste donc à son poste, commandant entre autres des unités anti-partisans sur le front de l’Est jusqu’en 1943.

En , il est hospitalisé pour, a-t-il affirmé par la suite, des troubles psychologiques consécutifs au nettoyage ethnique et aux exécutions répétées de Juifs en Biélorussie, auxquelles il a assisté. Cependant, certaines sources tendent à affirmer que son incapacité était purement physique. Il reprend son poste en , sans manifester aucun changement dans sa cruauté quotidienne. Von dem Bach-Zelewski était le lieutenant favori de Himmler. Comme après son passage en hôpital, il se rétablissait très lentement, le docteur Ernst-Robert Grawitz, sommité médicale des SS fut envoyé à son chevet par Himmler. Selon le diagnostic de ce médecin, le malade revivait des tueries de Juifs organisées sous sa direction personnelle, ainsi que d'autres pénibles expériences à l'Est[7].

En , il devient commandant du « Bandenkampfverbände », responsable, entre autres crimes, du massacre de 35 000 civils à Riga et de la mort de plus de 200 000 personnes en Biélorussie et dans l’Est de la Pologne.

En 1944, il rejoint le front dans la région de Kovel, et rentre en en Allemagne pour suivre une fois de plus un traitement médical. Himmler s’occupa de toutes ses responsabilités pendant son absence.

Commandant des troupes allemandes à Varsovie durant l'insurrection de 1944[modifier | modifier le code]

Le , il prend le commandement général de toutes les troupes qui se battent contre les partisans lors du soulèvement de Varsovie. Parmi celles-ci on peut citer les brigades Kaminski et Dirlewanger. Après plus de deux mois de combats acharnés, il réussit finalement à reprendre la ville. Le bilan est terrible : ses unités ont abattu plus de 200 000 civils, dont environ 65 000 dans des « exécutions de masse », et un nombre inconnu de prisonniers de guerre.

La fin de la guerre et le procès de Nuremberg[modifier | modifier le code]

Entre le et le , von dem Bach dirige un des « paper-corps » de la SS-Armeekorps en Allemagne. Cependant, après deux semaines seulement, son unité souffrit de lourdes pertes. Voyant que la défaite était proche, il se cacha et essaya de quitter le pays. Il fut arrêté le par la police militaire américaine. En échange de son témoignage contre ses anciens supérieurs au procès de Nuremberg (où, pour paraître moins allemand cette fois-ci, il a réutilisé le nom von dem Bach-Zelewski, de façon à souligner ses origines slaves), von dem Bach n’a jamais été jugé ni même inquiété pour ses crimes de guerre, et ne fut même pas extradé vers la Pologne ou l’Union soviétique. Il quitta sa prison en 1949.

En 1951, il a affirmé avoir aidé Hermann Göring à se suicider, en lui procurant les capsules de cyanure qu’il a utilisées pour se donner la mort. Cependant, beaucoup d’historiens actuels sont sceptiques quant aux affirmations de von dem Bach, et considèrent que la mort de Göring a surtout été facilitée par le fait du contact de l’armée américaine avec la prison de Nuremberg où était emprisonné l’ancien chef de la Luftwaffe[pas clair].

Il dit lors du procès de Nuremberg : « Si vous prêchez pendant dix longues années que les peuples slaves constituent une race inférieure et que les Juifs sont des sous-hommes, il s'ensuivra logiquement qu'on acceptera comme un phénomène naturel le fait de tuer des millions de ces êtres humains ».

La fin de sa vie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

En 1951 également, von dem Bach-Zelewski a été condamné à une peine de prison de dix ans dans un camp de travail, pour le meurtre d’opposants politiques au début des années 1930. Il purgea sa peine jusqu’en 1958, où il fut à nouveau condamné à purger une peine de deux années et demie de prison pour le meurtre d’un officier SA durant nuit des Longs Couteaux. Puis en 1961, il est à nouveau condamné à une sentence de dix années supplémentaires pour le meurtre de dix communistes allemands dans les années 1930. Aucune des condamnations prononcées envers lui ne prit en compte son rôle dans l’Est et sa participation à de nombreux massacres (à Minsk, à Moguilev, en Biélorussie[8] bien qu’il admît publiquement avoir tué des Juifs, tout en insistant sur ses regrets et sa pénitence.

Il meurt à la prison de Munich en 1972. Son épouse Ruth est morte avant lui en 1967, âgée de 66 ans.

Décorations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b Équivalent en France de général de corps d'armée ; néanmoins Zelewski a principalement occupé des postes dans la police SS, il s'agit donc d’un grade de police.
  2. Son nom de naissance est Erich Julius Eberhard von Zelewski ; il change de nom pour von dem Bach-Zelewski en 1925 et pour von dem Bach de 1940 à 1945. Après la défaite allemande, il reprend son nom à consonance polonaise, von Zelewski.
  3. Équivalent en France de général de brigade.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Breitman 2009, p. 169.
  2. Breitman 2009, p. 212.
  3. L'Œil du IIIe Reich, p. 181-182.
  4. Breitman 2009, p. 239-240.
  5. Hilberg 2006, p. 588.
  6. Hilberg 2006, p. 598.
  7. Hilberg 2006, p. 587.
  8. Arendt 1991, p. 63.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Hannah Arendt (trad. Anne Guérin), Eichmann à Jérusalem : Rapport sur la banalité du mal, Paris, Gallimard, coll. « Folio Histoire », , 519 p. (ISBN 978-2-070-32621-1, OCLC 59168047).
  • Richard Breitman (trad. Claire Darmon), Himmler et la Solution finale : l'architecte du génocide [« Himmler and the Final solution »], Paris, le Grand livre du mois Mémorial de la Shoah, , 410 p. (ISBN 978-2-286-05762-6). 
  • Christopher R. Browning, Les origines de la Solution finale : l'évolution de la politique antijuive des nazis, septembre 1939-mars 1942, Paris, Les Belles Lettres, coll. « Histoire », (ISBN 978-2-251-38086-5).
  • Saul Friedländer, L'Allemagne nazie et les Juifs 1939-1945, Paris, Seuil, (ISBN 978-2-020-20282-4).
  • Raul Hilberg, La Destruction des Juifs d'Europe, Paris, Gallimard, (ISBN 978-2-070-30983-2). 
  • Hans Georg Hiller von Gaertringen (dir.), Bernd Boll et al. (trad. Qualis Artifex, préf. Fabrice d'Almeida), L'Œil du IIIe Reich : Walter Frentz, le photographe de Hitler [« Das Auge des Dritten Reichs »], Paris, Perrin, (ISBN 978-2-262-02742-1).

Liens externes[modifier | modifier le code]