ProtonMail

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

ProtonMail
Logo de ProtonMail

Adresse protonmail.com
Par réseau Tor : protonirockerxow.onion
Commercial Oui
Type de site Messagerie web sécurisée
Langue Français
Anglais
Allemand
Turc
Russe
Ukrainien
Espagnol
Italien
Polonais
Inscription Requise
Nombre d'inscrits > 20 000 000
Siège social Genève
Drapeau de la Suisse Suisse
Propriétaire Proton Technologies AG
Créé par Andy Yen
Jason Stockman
Wei Sun
Lancement
Classement Alexa en augmentation 1 597[1]. (monde, ).
État actuel 3.16 ()[2]

ProtonMail est une messagerie web chiffrée créée en par Jason Stockman, Andy Yen et Wei Sun. Jason et Andy se sont rencontrés au CERN.

Ce service de messagerie se distingue par un chiffrement de bout en bout automatique, sans que l'utilisateur ait besoin de quelque connaissance que ce soit des techniques de cryptographie. Le service s'utilise donc tout aussi simplement, en garantissant un très haut niveau de confidentialité.

ProtonMail est géré par Proton Technologies AG, société domiciliée dans le canton de Genève en Suisse. Ses serveurs sont situés à deux endroits en Suisse, hors de la juridiction des États-Unis et de l'Union européenne.

Le service est ouvert à tous depuis . En , il comptait plus de deux millions d'inscrits et plus de dix millions d'utilisateurs en .

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

ProtonMail se distingue des autres messageries grand public par son chiffrement de bout en bout[3], reposant sur des standards de cryptographie éprouvés et open source, empêchant le service d'accéder aux données de ses utilisateurs.

Ainsi, lors des échanges de messages avec un destinataire également utilisateur du service, le chiffrement des courriels se fait de bout en bout, c'est-à-dire depuis le terminal de l'expéditeur jusqu'à celui du destinataire. Les messages reçus en clair par le serveur, qu'il s'agisse de messages à destination de l'utilisateur depuis l'extérieur ou envoyés par celui-ci vers un destinataire extérieur, sont chiffrés avant leur enregistrement sur disque[4][source insuffisante].

Le service est accessible depuis tout navigateur web respectueux des normes établies, ou par une application mobile pour ce qui concerne les ordiphones fonctionnant sous Android ou iOS. Depuis , ProtonMail propose ProtonMail Bridge, une application permettant de conserver la sécurité du service en le rendant compatible avec des logiciels de messagerie tels que Mozilla Thunderbird, Microsoft Outlook et Apple Mail[5].

En outre, ProtonMail propose un gestionnaire de contacts associé à la messagerie qui, depuis , lui interdit tout accès aux détails des contacts, qui sont chiffrés[6]. Le service propose une fonctionnalité de signature électronique, permettant d'assurer que les données n'ont pas été modifiées sans que l'utilisateur n'en ait conscience. Des clés de chiffrement différentes des clés d'accès à la messagerie sont mises en place. Ce service peut également accueillir les clés publiques des contacts n'utilisant pas ProtonMail, afin de chiffrer automatiquement les communications qui leur sont envoyées.

Types de comptes[modifier | modifier le code]

Le service se décline en une version gratuite et en différentes versions payantes (proposant différentes configurations d'espace mémoire et de fonctionnalités)[7]:

Types de comptes Utilisateurs Domaines Adresses alias Stockage Messages / jour Dossiers / Étiquettes Prix Notes
Gratuit 1 0 0 500 Mo 150 3 Gratuit
Plus 1 1 5 Go 1 000 200 4 €/mois
Professionnel 1-5 000 2 5 par utilisateur Go par utilisateur Illimité Illimité 6,25 €/mois par utilisateur
Visionnaire 6 10 50 20 Go Illimité Illimité 24 €/mois ProtonVPN inclus

Sécurité[modifier | modifier le code]

Authentification[modifier | modifier le code]

Comme dans tout service de messagerie, l'utilisateur doit, lors de la création de son compte, choisir un identifiant (son adresse électronique dans le domaine protonmail.com) et fournir un mot de passe. À partir de là, il dispose d'un service sécurisé qui lui garantit un haut niveau de confidentialité grâce à l'utilisation de Secure Remote Password, lequel permet l'authentification de l'utilisateur sans transmission de son mot de passe au serveur[8].

Jusqu'en , la création du compte nécessitait la fourniture de deux mots de passe, le premier pour l'authentification de l'utilisateur était transmis au serveur, le second pour le chiffrement de sa messagerie restait confidentiel, comme l'unique mot de passe de la version actuelle. La version 3.6, publiée en , introduit une refonte de l'authentification. Pour des raisons de facilité d'utilisation et pour simplifier la compatibilité du service avec les gestionnaires de mots de passe, ProtonMail a fait le choix de permettre l'utilisation d'un seul mot de passe[9].

Cette version introduit également l'authentification à deux facteurs (authentification forte)[9]. Cette mesure de sécurité, gratuite sur la plupart des messageries web, est accessible à tous les types de comptes.

Dans de rares cas, pour prévenir la création automatique de comptes à des fins de spam, l'utilisateur doit choisir un type de test de Turing pour prouver qu'il n'est pas un robot. Ces méthodes (envoi de SMS ou e-mail, ou reCAPTCHA) ont fait l'objet d'inquiétudes quant à l'anonymat et la sécurité du système[10], auxquelles ProtonMail a répondu que seule l'empreinte numérique du numéro de téléphone ou de l'adresse courriel est temporairement conservée sur le serveur, que le résultat des reCAPTCHA n'est lui pas conservé, et qu'un don via Bitcoin peut également suffire[11]

Lors d'une connexion, l'utilisateur fournit son ou ses deux mots de passe pour accéder à son compte ainsi qu'à sa messagerie, par construction chiffrée. Le déchiffrement a lieu côté client, soit par le navigateur web, soit par l'application mobile.

Les éléments nécessaires au déchiffrement de la messagerie, c'est-à-dire à la lecture des messages reçus, ou précédemment envoyés, à celle des pièces éventuellement jointes aux messages, en émission comme en réception, et à l'accès au répertoire des contacts, ne sont pas connus du serveur. ProtonMail n'a aucun moyen pour passer outre, même en cas de réception d'un hypothétique ordre d'un tribunal[12],[13], ou pour venir en aide à un utilisateur qui aurait oublié son mot de passe. Pour augmenter la confidentialité des informations, ces éléments sont même détruits lors de la déconnexion du service, puis recalculés à la connexion suivante. Ainsi le vol d'un PC portable éteint, ou hors session de messagerie, ne compromet en rien la confidentialité des informations mémorisées par le service.

Les courriels envoyés à des destinataires extérieurs à ProtonMail peuvent être chiffrés avec un mot de passe fourni en temps réel par l'expéditeur, que celui-ci doit partager avec le destinataire. Le message est alors mémorisé par le service, et un courriel non chiffré est envoyé au destinataire pour l'informer de la présence d'un message de l'expéditeur à son attention. Lui est fournie l'adresse de la page à laquelle il doit se rendre pour en prendre connaissance. La durée de vie des ces pages est limitée à quelques semaines[13].

L'utilisateur peut exporter sa clé publique afin que ses correspondants extérieurs au domaine protonmail.com puissent lui transmettre des informations de manière aussi confidentielle que depuis l'intérieur du domaine.

ProtonMail supporte exclusivement des communications HTTPS et utilise TLS avec l'échange de clés Diffie-Hellman pour chiffrer tout le trafic Internet entre les utilisateurs et ses serveurs. Depuis le , le certificat électronique de 4 096 bits de ProtonMail n'est plus signé par QuoVadis Trustlink Schweiz AG mais par SwissSign AG et est compatible avec Extended Validation (en), Certificate Transparency (en)[14] et Strict Transport Security. ProtonMail.com obtient une note de sécurité de A+ de Qualys (en)[15].

Chiffrement des courriels[modifier | modifier le code]

ProtonMail utilise une combinaison de cryptographie asymétrique (clé privée et clé publique) et de chiffrement symétrique pour offrir un chiffrement de bout en bout. Lorsqu'un utilisateur crée un compte ProtonMail, son navigateur web génère une paire de clés RSA (une publique et une privée). La clé publique est utilisée pour chiffrer les messages destinés à l'utilisateur. La clé privée, qui sert à déchiffrer les messages chiffrés reçus par l'utilisateur, est chiffrée dans le navigateur au moyen du mot de passe de messagerie en utilisant l’algorithme AES-256. Cette clé privée chiffrée et la clé publique sont stockées sur les serveurs de ProtonMail. Ainsi, la clé de déchiffrement (la clé privée) étant stockée sur les serveurs de ProtonMail en format chiffré, les développeurs de ProtonMail ne peuvent décoder les messages chiffrés ni la révéler à un utilisateur qui l'aurait oubliée[16],[17]. La clé publique peut être téléchargée par l'utilisateur pour être publiée sur le réseau des serveurs de clés publics, permettant à tout un chacun de lui envoyer des messages chiffrés de bout en bout.

Un message d'un utilisateur de ProtonMail à un autre utilisateur du même service est automatiquement chiffré avec la clé publique du destinataire. Une fois le message chiffré, seule la clé privée du destinataire peut le déchiffrer. Lorsque le destinataire se connecte, son mot de passe de messagerie déchiffre sa clé privée et déverrouille son environnement de messagerie (ses dossiers de messages reçus et envoyés, son carnet d'adresses, ses paramètres et son profil). Le destinataire peut alors lire le message et, s'il le désire, l'enregistrer dans un de ses dossiers de messages où il sera chiffré avec son mot de passe de messagerie.

Les courriels envoyés de ProtonMail à des adresses de messagerie non ProtonMail peuvent être envoyés avec ou sans chiffrement. Avec chiffrement, le courriel ne peut pas encore être chiffré avec la clé publique du destinataire, mais il l'est avec AES au moyen d'un mot de passe fourni par l'expéditeur et est ensuite stocké sur les serveurs de ProtonMail. Le destinataire reçoit un lien vers le site web de ProtonMail sur lequel il doit entrer le mot de passe pour déchiffrer et lire le message. ProtonMail présume que l'expéditeur et le destinataire ont échangé le mot de passe via un canal sécurisé[16],[13]. Lorsqu'un message chiffré est reçu et déchiffré par un utilisateur non ProtonMail, cet utilisateur peut répondre au message en format chiffré à travers le serveur de ProtonMail auquel il s'est connecté pour accéder et décoder le message.

Un message envoyé par une adresse non ProtonMail vers une adresse ProtonMail est envoyé en texte clair, sauf à ce que l'utilisateur ait préalablement publié sa clé publique sur le réseau des serveurs publics et que l'expéditeur sache utiliser les outils de chiffrement.

En , ProtonMail a ajouté un support natif à son interface web et à ses applications mobiles pour Pretty Good Privacy (PGP). Cela permet à un utilisateur d'envoyer sa clé publique à des personnes en dehors de ProtonMail pour leur permettre de chiffrer leurs messages. Il est maintenant possible d'utiliser le chiffrement PGP vers des utilisateurs externes[18],[19].

Depuis le printemps , ProtonMail prend en charge la cryptographie à courbe elliptique, qui est, selon l’équipe, à la fois plus sûre et moins gourmande en ressources[20].

Serveurs[modifier | modifier le code]

ProtonMail possède et opère ses propres serveurs et son réseau afin d'éviter d'avoir à faire confiance à un tiers. La compagnie possède deux centres de données redondants, à Lausanne et Attinghausen (dans l'ancien bunker militaire K7)[7] en Suisse.

Chaque centre de données utilise l'équilibrage de charge sur ses serveurs web, ses serveurs de messagerie et ses serveurs SQL ainsi qu'une alimentation électrique redondante, des disques durs avec chiffrement de disque complet et utilise exclusivement Linux et d'autres logiciels libres[21].

Le centre de données principal de ProtonMail est situé sous 1 000 m de granite[22]. En , ProtonMail a rejoint le RIPE Network Coordination Centre dans le but de s'assurer un contrôle plus direct de l'infrastructure Internet environnante[23].

Réseau Tor[modifier | modifier le code]

Depuis , le service est accessible par le réseau Tor, donnant ainsi aux utilisateurs de la messagerie la possibilité de contourner la censure, d’ajouter une couche de chiffrement et de masquer leur adresse IP[8].

Aspects juridiques[modifier | modifier le code]

Les centres de données étant situés en Suisse, ils sont légalement hors d'atteinte des autorités américaines et européennes[12]. Conformément à la législation suisse, toutes les demandes de surveillance de pays étrangers doivent être présentées à un tribunal suisse, sont soumises à des traités internationaux, tandis que les personnes surveillées sont informées et peuvent faire appel de la demande de surveillance devant un tribunal.

Dans un billet de blogue parue en 2014 (mis à jour en 2019), ProtonMail soutient que leur service est en dehors du champ d'application de la loi fédérale sur la surveillance du trafic des postes et télécommunications, loi qui régit l'interception légale des communications électroniques par la Suisse[24]. Selon François Charlet, juriste suisse spécialisé en criminalité et sécurité des technologies, même si, techniquement, ProtonMail ne peut pas intercepter les données de ses membres, « en tant que service de télécommunication, [il pourrait] être contraint par les autorités de collaborer à une surveillance et à communiquer des données aux autorités sur mandat d'un tribunal »[25].

ProtonMail publie également un rapport de transparence, détaillant sa politique de réponse aux requêtes provenant d'autorités gouvernementales[26].

Vulnérabilités[modifier | modifier le code]

Attaque cross-site scripting en 2014[modifier | modifier le code]

Une vidéo a été diffusée en pour démontrer la possibilité d'une attaque cross-site scripting (XSS)[27],[28]. Les développeurs de ProtonMail ont indiqué que le problème ne concernait qu’une version antérieure de leur service. La version vulnérable datait de , mais, dès , la version disponible aux utilisateurs n’était plus attaquable[27].

Attaques DDoS en 2015[modifier | modifier le code]

Du 3 au , les serveurs de l'entreprise ont fait l'objet de plusieurs attaques par déni de service (DDoS) d'une ampleur sans précédent, rendant le service inaccessible. Cette attaque a été si importante qu'elle a affecté non seulement ProtonMail, mais également son hébergeur, son fournisseur d'accès Internet ainsi que de nombreux clients de ces derniers[29].

ProtonMail a estimé qu'il avait subi deux attaques distinctes, la première menée par un groupe de pirates informatiques connus sous le nom d'Armada Collective et la seconde par un groupe inconnu, plus techniquement avancé et possédant des capacités similaires à celles d'un groupe parrainé par un État. La première attaque était liée à une rançon de 15 bitcoins (soit, à ce moment, 5 636 francs suisses ou plus de 5 000 euros) que ProtonMail a payée en raison de la pression des fournisseurs d'accès Internet et des banques touchés par l'attaque[29],[30].

Après le paiement de la rançon, les attaques ne se sont pas arrêtées, mais sont au contraire devenues plus sophistiquées et ont dépassé des taux de 100 Gbit/s. ProtonMail a reçu un courriel d'Armada Collective dans lequel le groupe rejetait la responsabilité de cette seconde attaque[30],[29].

Au cours de l'attaque, ProtonMail a déclaré sur Twitter qu'elle était à la recherche d'un nouveau centre de données en Suisse, précisant que « plusieurs utilisateurs ont peur en raison de l'ampleur de l'attaque »[31]. La compagnie a depuis mentionné qu'elle « a développé une solution mondiale à long terme qui est déjà en cours d'implantation »[32].

ProtonMail a eu recours au financement participatif pour renforcer son système contre de telles attaques. En seulement trois jours, la compagnie a recueilli 50 000 $[33],[34]. La campagne réalisée sur GoFundMe pourrait être le premier exemple de lutte contre la cybercriminalité réalisé grâce au financement participatif.

Maîtrise des serveurs[modifier | modifier le code]

En novembre 2018, le chercheur en cryptographie Nadim Kobeissi (en) publie un article non évalué par les pairs, intitulé An Analysis of the ProtonMail Cryptographic Architecture. L’auteur indique que la principale vulnérabilité réside dans le fait que l’utilisateur de ProtonMail n’a pas le contrôle du serveur qui fournit l’application web. ProtonMail peut ainsi, à tout moment, modifier l’application pour y introduire des vulnérabilités qui compromettent le chiffrement[35].

Les développeurs répondent que cela est connu depuis longtemps et que c’est vrai pour toutes les applications web[36]. Cependant, pour contre-balancer cette vulnérabilité, les développeurs de ProtonMail indiquent qu’ils fournissent une application native pour chaque plate-forme, qu’ils suivent de près les travaux de la communauté des standards du web qui visent à introduire des formes de code signant les applications web, et qu’ils implémenteront ces technologies une fois qu’elles seront matures. Au sujet des applications natives, Kobeissi indique dans son article que même si on utilise uniquement l’application native, une seule connexion à l’application web peut compromettre l’ensemble des communications passées et que par conséquent l’application web ne devrait pas exister.

Nadim Kobeissi souligne également que ProtonMail ne force pas ses utilisateurs à utiliser des mots de passe forts, ce qui pourrait permettre aux administrateurs du serveur de lancer des attaques par force brute pour obtenir les mots de passe[35]. Sur ce point, les développeurs indiquent qu’ils souhaitent juste inciter les utilisateurs mais pas les forcer, car les utilisateurs préfèrent prendre leur propre décision de sécurité. Par ailleurs, l’utilisation de la fonction de hachage bcrypt ralentit énormément une attaque par force brute[36].

Interface web[modifier | modifier le code]

ProtonMail fournit une interface web semblable à celle de Gmail pour permettre à l'utilisateur d'accéder à ses courriels, son carnet d'adresses et ses paramètres. La disposition par défaut de l'interface place les dossiers de messages à gauche de l'écran, une barre de recherche et des contrôles dans le haut de l'écran, et affiche les messages dans l'espace restant. L'utilisateur peut fournir un thème tiers et choisir entre deux styles différents pour la zone de composition de messages et deux mises en page différentes pour la boîte de réception[7].

Le code source de l'interface web, y compris toutes les méthodes de chiffrement côté client, est disponible sur GitHub sous licence MIT[37],[38].

Jusqu'en , l'interface est disponible uniquement en anglais et partiellement en français, italien et polonais mais, au printemps, un appel est lancé à la communauté afin de la traduire dans d'autres langues[39]. Dès , le français est la première langue à obtenir le statut de « traduction complète », suivi de l’allemand, du polonais, du russe, de l'espagnol et du turc[40]. Selon ProtonMail, « le service a régulièrement gagné en popularité en France. Aujourd’hui, ProtonMail a des millions d’utilisateurs à travers le monde, et la France compte pour 10 % de l’ensemble des utilisateurs de ProtonMail, en deuxième place après les États-Unis »[41]. De nombreuses langues seront ajoutées ou complétées par la suite : chinois, italien, néerlandais, polonais, portugais, roumain, tchèque, etc[42].

Avec la version 4.0, dont la version bêta publique a été déployée en , l'interface évolue pour se rapprocher des canons esthétiques et ergonomiques du moment. Selon Vincent Hermann pour le magazine en ligne NextInpact, cette interface se rapprocherait désormais davantage de celle d'Outlook.com que de celle de Gmail[43].

Censure[modifier | modifier le code]

Entre et , ProtonMail disparaît des résultats de recherche sur Google, même sur des mots-clés comme « secure email (« messagerie sécurisée ») » ou « courriel chiffré ». Les démarches de ProtonMail auprès du moteur de recherche restant lettre morte, c'est l'intervention de Matt Cutts, ex-ingénieur chez Google, qui débloque la situation en faisant jouer ses relations[44]. Dans un article publié sur le blogue de ProtonMail, Andy Yen affirme que Google n'a jamais donné d'explication concernant cette disparition de son index ; alors que durant ce laps de temps, la croissance de la messagerie chiffrée aurait été affaiblie de 25 %, avec des pertes estimées à plusieurs centaines de milliers de francs suisses[44].

En , la Turquie bloque l'accès à la messagerie chiffrée au motif que des rebelles kurdes l'utiliseraient[45]. L’année suivante, plusieurs services de messagerie, dont ProtonMail, sont bloqués en Russie par le service fédéral de sécurité, qui les accuse de faciliter la diffusion d’appels à la bombe[46].

Histoire[modifier | modifier le code]

Origine du projet[modifier | modifier le code]

Les trois fondateurs, Jason Stockman, Andy Yen et Wei Sun, se sont rencontrés au CERN, tous les trois étant des scientifiques[12],[47]. ProtonMail a été créé à la suite de la découverte de la surveillance globale et des interceptions des courriels par la NSA, aux États-Unis). Les fondateurs étaient animés par une vision partagée d'un internet plus sécurisé et plus respectueux de la vie privée[12].

ProtonMail est inspiré de Gmail et de Lavabit. Ces services ont inspiré la conception de ProtonMail sur plusieurs points : simplicité d'utilisation, sécurisation des échanges et vie privée assurée, expiration des messages avec suppression.

Développement[modifier | modifier le code]

Le , ProtonMail livre une première version bêta[48]. En trois jours, ProtonMail reçoit un accueil beaucoup plus important qu'anticipé et est contraint de suspendre temporairement les inscriptions pendant que la compagnie augmente la capacité de ses serveurs[48].

ProtonMail a commencé une campagne de financement participatif via Indiegogo le avec l'objectif de recueillir 100 000 $. Achevée le , cette campagne dépasse largement ses objectifs, atteignant 550 492 $ (494 297 euros) pour 10 576 donneurs[49],[50]. Le , pendant la campagne de financement, PayPal gèle brièvement le compte de ProtonMail, affichant des doutes sur la légalité du chiffrement[51].

Le , ProtonMail reçoit 2 000 000 $ de Charles River Ventures (en) et de la Fondation genevoise pour l'innovation technologique (Fongit)[49].

Le , ProtonMail publie la version 2.0, mise à jour la plus importante de son histoire. Cette version inclut une nouvelle interface web et des améliorations de performance significatives. L'équipe de ProtonMail publie simultanément le code source de l'interface web sous une licence open-source[52],[53].

Le , les premières versions bêta des applications iOS et Android sont lancées. Elles sont dans un premier temps réservées aux contributeurs de la campagne de financement participatif ou contre la somme de 29 dollars[52].

Toujours en bêta, la version 3.0, dotée d'une nouvelle interface web en trois colonnes, est présentée au début de l'année [54]. Le en sortant officiellement de la version bêta, ProtonMail est dorénavant ouvert à tout le monde sans restrictions, incluant le lancement des applications du service sur iOS et Android[55].

Les applications mobiles rencontrent un grand succès. Après avoir enregistré des centaines de milliers de téléchargements au cours de la première semaine et avoir reçu des milliers de revues positives, les applications mobiles ProtonMail obtiennent les plus hauts résultats dans les classements de l'Apple Store et du Play Store[56].

Lancée le , la beta de la version 4 apporte de grands changements dans l'interface, ainsi que des évolutions logicielles côté serveurs. Les développeurs visent à terme à promouvoir le "continuum" des produits de l'entreprise en complément de ProtonMail, tels que ProtonVPN, ProtonContacts, ProtonCalendar, et ProtonDrive[57]. Il s'agit en outre de moderniser le code en adoptant de nouvelles bibliothèques plus modernes, comme React qui vient remplacer AngularJS[43].

Réception[modifier | modifier le code]

Initialement disponible uniquement sur invitation, le service est ouvert à tous depuis . En , il comptait plus de deux millions d'inscrits et plus de dix millions d'utilisateurs en [47].

Versions[modifier | modifier le code]

Version 1.11[modifier | modifier le code]

Une version bêta 1.11 entre en production le [58]. Les principales évolutions sont les suivantes :

  • ajout d'une redondance pour éviter la perte de courriels lors d'une panne de serveur ;
  • importation des contacts ;
  • sauvegarde automatique des brouillons ;
  • ajout d'un compteur à rebours mis à jour en temps réel pour les messages à expiration.

De façon générale, l'affichage des courriels est revu pour en améliorer la compatibilité.

La sécurité n'est pas en reste avec l'ajout de nouvelles sécurités dans le cœur du système et les interfaces de programmation applicatives.

Version 1.12[modifier | modifier le code]

Une version bêta 1.12 entre en production le [59].

Les nouvelles fonctionnalités ajoutées sont les suivantes :

  • nouvelle fonction de recherche avancée ;
  • ajout du support pour les courriels iCal et ICS (calendrier) ;
  • possibilité d'arrêter le système de notification quotidien ;
  • ajout de l'exportation des contacts ;
  • notification avertissant de l'envoi réussi des courriels ;
  • ajout d'un bouton pour voir l'en-tête des courriels ;
  • possibilité de sélectionner plusieurs courriels via le raccourci clavier Maj+clic gauche.

Il y a également eu plusieurs corrections de bogues dont quelques améliorations dans la gestion des pièces jointes, bogue d'interface et d'impression.

De façon générale, la réactivité du site est améliorée grâce à cette version 1.12.

Version 1.16[modifier | modifier le code]

La version bêta 1.16 sort le [60].

Les nouvelles fonctionnalités ajoutées sont les suivantes :

  • nouvelle interface de la page d'accueil ;
  • nouvelle fonctionnalité de chiffrement des pièces jointes entre utilisateurs ;
  • ajout d'un dossier Archives pour archiver les anciens courriels ;
  • gestion des étiquettes pour classer les messages ;
  • personnalisation de l'interface utilisateur.

Le site est également mis à jour pour mieux présenter le service et plusieurs bogues sont corrigés pour améliorer la fluidité de la boîte et corriger une faille de sécurité.

Version 2.0[modifier | modifier le code]

La nouvelle version bêta 2.0 sort le [61].

Les nouvelles fonctionnalités ajoutées sont les suivantes :

  • composition d'un courriel réalisable sur l'ensemble de la page ou via un encart qui permet de naviguer dans la boîte pendant la rédaction ;
  • support du glisser/déposer pour les courriels ;
  • possibilité de réarranger le placement de certaines icônes ;
  • possibilité d'ajouter un journal de logs pour détecter les connexions suspectes au compte ;
  • gestion des signatures au format HTML ;
  • téléchargement disponible de la clé publique avec compatibilité PGP.

L'article précise l'annonce des applications Android et iOS en bêta pour le .

Version 3.0[modifier | modifier le code]

La version bêta 3.0 sort le [2].

Les nouvelles fonctionnalités ajoutées sont les suivantes :

  • nouvelle interface de messagerie web avec un affichage en colonne possible ;
  • groupement des messages en conversation (threading) ;
  • mise à jour du certificat SSL[62] ;
  • migration vers un nouveau sous-domaine, mail.protonmail.com.

Version 3.1.5[modifier | modifier le code]

Sortie le , elle est ouverte au grand public. Il n'y a donc plus besoin d'une invitation pour s'inscrire.

La version gratuite est limitée à 500 Mo et à une seule adresse, permettant 150 messages par jour. L'offre payante ProtonMail Plus propose 5 Go, une adresse pouvant être sur son nom de domaine, cinq alias et jusqu'à 1 000 messages par jour, au prix de 4 € par mois (48 € par an). Une version Visionary est destinée aux utilisateurs professionnels.

Version 4.0 beta[modifier | modifier le code]

Lancée le , la beta de la version 4 apporte de grands changements dans l'interface, ainsi que des évolutions logicielles côté serveurs[57],[43].

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

ProtonMail est mentionné dans le roman Ghost Flight de Bear Grylls sorti en 2015[63].

Dans la série Mr. Robot, ProtonMail est utilisé par le héros, Elliot[64].

ProtonMail est utilisé dans le film À couteaux tirés sorti en 2019. L’équipe de ProtonMail indique qu’ils ont uniquement été contacté pour donner l’autorisation d’utiliser la marque[65].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « protonmail.com Competitive Analysis, Marketing Mix and Traffic », sur Alexa.
  2. a et b (en) « ProtonMail v3.16 Release Notes » (consulté le 7 juin 2019).
  3. Marie de Fréminville, La cybersécurité et les décideurs, , 202 p. (présentation en ligne), p. 147.
  4. (en) Nihad Ahmad Hassan et Rami Hijazi, Data Hiding Techniques in Windows OS, (ISBN 978-0-12-804449-0, présentation en ligne), p. 193
  5. « Avec son Bridge, ProtonMail peut être utilisé depuis Apple Mail, Outlook ou Thunderbird », sur Next INpact,
  6. Léo Toussaint, « Proton Mail : Un gestionnaire de contact chiffré pour protéger ses données », sur Siècle digital, (consulté le 13 décembre 2019).
  7. a b et c Vincent Hermann, « ProtonMail : prise en main et ergonomie d'un webmail chiffré « accessible » », sur Next INpact, (consulté le 13 décembre 2019).
  8. a et b Renald Boulestin, « ProtonMail se rapproche de Tor : de la confidentialité à l’anonymat », sur ITespresso, (consulté le 14 décembre 2019).
  9. a et b Sébastien Gavois, « ProtonMail : sécurité renforcée avec la double authentification, mode « One Password » », sur Next INpact, (consulté le 14 décembre 2019).
  10. (en-US) mysterixx, « r/ProtonMail - Phone number for registration? Is this a joke? », sur Reddit, (consulté le 29 mars 2020).
  11. (en-US) « ProtonMail Registration Human Verification », sur ProtonMail Support (consulté le 29 mars 2020).
  12. a b c et d Nora Poggi, « ProtonMail, un nouveau service de messagerie électronique pour contrer Prism », sur L'Usine digitale, (consulté le 14 décembre 2019).
  13. a b et c Nicolas Furno, « ProtonMail : un service de mail totalement sécurisé », sur MacGeneration, (consulté le 14 décembre 2019).
  14. (en) « SSL certificate update », sur protonmail.com, (consulté le 14 décembre 2019).
  15. (en) « SSL Report: protonmail.com », sur Qualys SSL Labs, (consulté le 14 décembre 2019).
  16. a et b (en) « How are ProtonMail keys distributed? », sur Stack Exchange Network, (consulté le 19 octobre 2015).
  17. Guénaël Pépin, « Emails chiffrés : ProtonMail défend son modèle face à une analyse de sa sécurité », sur Next INpact, (consulté le 14 décembre 2019).
  18. (en) Romain Dillet, « ProtonMail now supports PGP encryption with other clients », sur TechCrunch (consulté le 14 décembre 2019).
  19. « ProtonMail renforce sa sécurité et passe au Web Key Directory », sur Next INpact, (consulté le 14 décembre 2019).
  20. Stan Adkens, « ProtonMail offre maintenant la cryptographie à courbe elliptique, pour une sécurité et une rapidité accrues », sur Developpez.com, (consulté le 15 décembre 2019).
  21. (en) Andy Yen, « Infrastructure Upgrades », sur ProtonMail, (consulté le 19 octobre 2015).
  22. (en) Tanay Pant, « Sending Secure, Encrypted Email with ProtonMail », sur SitePoint (en), (consulté le 15 décembre 2019).
  23. (en) Andy Yen, « ProtonMail joins Réseaux IP Européens (RIPE NCC) », sur ProtonMail, (consulté le 19 octobre 2015).
  24. (en) « Why Switzerland? », (consulté le 15 décembre 2019).
  25. François Charlet, « Laissez tomber Gmail, Yahoo Mail & Cie., et utilisez ProtonMail à la place ! », sur francoischarlet.ch, (consulté le 15 décembre 2019).
  26. (en) « "Transparency Report" », sur ProtonMail, (consulté le 2 février 2018).
  27. a et b Clément Bohic, « ProtonMail : alerte aux failles dans la messagerie « anti-NSA » », sur ITespresso, (consulté le 15 décembre 2019).
  28. (en) « Hacking protonmail - with a browser. » (vidéo), sur Vimeo, (consulté le 15 décembre 2019).
  29. a b et c Mehdi Atmani, « De puissantes attaques informatiques mettent à genoux la société genevoise ProtonMail », Le Temps, (consulté le 15 décembre 2019).
  30. a et b Guillaume Champeau, « La messagerie chiffrée ProtonMail paie 5 000 euros de rançon pour rien », sur Numerama, (consulté le 15 décembre 2019).
  31. Sébastien Gavois, « ProtonMail de retour après une attaque DDoS « extrêmement puissante » », sur Next INpact, (consulté le 15 décembre 2019).
  32. (en) « ProtonMail Chooses Radware Attack Mitigation System to Successfully Mitigate Multiple Advanced Persistent DDoS Attacks », sur MarketWatch, (consulté le 15 décembre 2019).
  33. (en) « Message Regarding the ProtonMail DDoS Attacks - ProtonMail Blog », sur ProtonMail Blog (consulté le 13 novembre 2015).
  34. Sébastien Gavois, « Attaque DDoS contre ProtonMail : entre chantage, excuses et campagne de dons », sur Next INpact, (consulté le 15 décembre 2019).
  35. a et b (en) Nadim Kobeissi, « An Analysis of the ProtonMail Cryptographic Architecture », Cryptology ePrint Archive,‎ (lire en ligne).
  36. a et b (en) « Response to analysis of ProtonMail’s cryptographic architecture », .
  37. (en) « Official AngularJS Web Client for ProtonMail », sur Github, (consulté le 31 janvier 2016)
  38. Stéphane Moussie, « La messagerie sécurisée ProtonMail devient open source », sur MacGeneration, (consulté le 15 décembre 2019).
  39. Julien Lausson, « Mails chiffrés : ProtonMail fait appel aux internautes pour gagner plus d’utilisateurs dans le monde », sur Numerama, (consulté le 15 décembre 2019).
  40. Mickaël Bazoge, « Le service d'e-mail protégé ProtonMail parle en français », sur MacGeneration, (consulté le 15 décembre 2019).
  41. Julien Lausson, « Le webmail sécurisé ProtonMail est enfin traduit en français », sur Numerama, (consulté le 15 décembre 2019).
  42. (en) Paul Sawers, « Encrypted email service ProtonMail expands beyond English into 7 new languages », sur VentureBeat, (consulté le 15 décembre 2019).
  43. a b et c Vincent Hermann, « ProtonMail 4.0 bêta : code et interface modernisés, les mêmes carences ergonomiques », sur Next INpact, (consulté le 28 octobre 2019).
  44. a et b Julien Lausson, « L’incident entre ProtonMail et Google ou l’enjeu de la neutralité des moteurs de recherche », sur Numerama, (consulté le 18 décembre 2019).
  45. Richard Etienne, « Protonmail est bloqué en Turquie », Tribune de Genève, (consulté le 17 décembre 2019).
  46. Stéphane le calme, « Après Telegram, la Russie bloque le fournisseur de messagerie chiffrée, évoquant une mesure de sécurité nationale », sur Developpez.com, (consulté le 18 décembre 2019).
  47. a et b (en) Andy Yen, « A look back at 2018 and our vision for the future of ProtonMail », sur https://protonmail.com/blog/, (consulté le 11 mars 2020).
  48. a et b Gilbert Kallenborn, « ProtonMail, le webmail anti-NSA, déjà victime de son succès », sur 01.net, (consulté le 16 décembre 2019).
  49. a et b Guillaume Belfiore, « ProtonMail, le webmail anti-NSA, lève 2 millions de dollars », sur clubic, (consulté le 16 décembre 2019).
  50. (en) « ProtonMail », sur Indiegogo, (consulté le 19 octobre 2014).
  51. Ariane Beky, « [MàJ] La messagerie ultra-sécurisée ProtonMail privée de compte Paypal », sur Silicon.fr, (consulté le 16 décembre 2019).
  52. a et b Sébastien Gavois, « Emails chiffrés : ProtonMail passe en 2.0, devient open source et lance ses applications mobiles », sur Next INpact, (consulté le 16 décembre 2019).
  53. Alexandre Laurent, « ProtonMail 2.0 : la messagerie sécurisée évolue et passe à l'open source », sur Clubic, (consulté le 16 décembre 2019).
  54. Sébastien Gavois, « ProtonMail lance sa version 3.0 en bêta et dévoile sa feuille de route pour 2016 », sur Next INpact, (consulté le 16 décembre 2019).
  55. Sébastien Gavois, « Emails chiffrés : ProtonMail sort de bêta, les applications mobiles sont disponibles », sur Next INpact, (consulté le 16 décembre 2017).
  56. (en-US) « The ProtonMail mobile apps are about to get even better! - ProtonMail Blog », (consulté le 21 juillet 2016)
  57. a et b Mathieu Grumiaux, « ProtonMail montre sa prochaine version 4.0 et sa refonte en beta », sur Clubic, (consulté le 17 décembre 2019).
  58. (en) « ProtonMail BETA v1.11 Release Notes », (consulté le 28 octobre 2014)
  59. (en) « ProtonMail BETA v1.12 Release notes », (consulté le 16 janvier 2014)
  60. « ProtonMail BETA v1.16 Release Notes - ProtonMail Blog » (consulté le 17 juin 2015)
  61. « ProtonMail BETA v2.0 Release Notes - ProtonMail Blog » (consulté le 21 août 2015)
  62. (en) « SSL Certificate Update », sur protonmail.com, (consulté le 4 mars 2016)
  63. Bear Grylls: Ghost Flight sur Google Livres
  64. (en) Yael Grauer, « A Peek Inside Mr. Robot’s Toolbox », .
  65. (en) « twitter.com », .

Annexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]