Philippe Gerbet

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Philippe Gerbet
Image illustrative de l’article Philippe Gerbet
Portrait de Mgr Gerbet
par Achille Billot
(musée municipal de Poligny).
Biographie
Naissance
Poligny (Jura)
Ordination sacerdotale
Décès (à 66 ans)
Perpignan
(Pyrénées-Orientales)
Évêque de l'Église catholique
Évêque de Perpignan

Blason
Filii sanctorum suum[1].
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Philippe Gerbet, aussi connu sous les noms de Philippe-Olympe ou Olympe-Philippe Gerbet, né le à Poligny (Jura) et mort le à Perpignan (Pyrénées-Orientales), est un prêtre catholique, écrivain, philosophe et journaliste français, évêque de Perpignan de 1854 à 1864.

Biographie[modifier | modifier le code]

Prêtre, aumônier, professeur[modifier | modifier le code]

Originaire de Poligny, il entre au séminaire de Besançon en 1814, puis se rend à Paris en 1818 afin de préparer le sacerdoce au séminaire Saint-Sulpice, tout en suivant des études à la Sorbonne. C'est lors de son passage d'étude à Saint-Sulpice qu'il fait la connaissance d'amis qui accompagneront sa vie : Antoine de Salinis et Casimir de Scorbiac.

En 1822, il est finalement ordonné prêtre en tant qu'élève du séminaire des Missions étrangères et, repéré pour ses talents oratoires et d'écriture peu après son ordination, il devient professeur suppléant de théologie morale à la Sorbonne[CDL 1].

Mgr Frayssinous, qui préside alors à l'instruction publique en tant que grand maitre de l'université, lui confie le rôle de second aumônier du lycée Henri-IV, il reçoit cette fonction en même temps que son ami Antoine de Salinis qui est alors premier aumônier[CDL 2].

Il meurt à Perpignan le [2].

L'école mennaisienne et la catholicisme social[modifier | modifier le code]

Couverture du journal Le Mémorial catholique
La Chênaie (Ille et Vilaine) en 1834

Il crée en 1824 avec l'abbé de Salinis une revue, le Mémorial catholique à laquelle il participe activement en tant que rédacteur. Le journal avait le patronage de Félicité de La Mennais, qu'il avait rencontré par le biais d'Antoine de Salinis lors de salons hebdomadaire qu'il organisait[CDL 2].

Admirateur et ami de Félicité de La Mennais, l'auteur célèbre de l'Essai sur l'indifférence, l'abbé Gerbet l'accompagne en Bretagne en 1825, afin de mettre en œuvre la congrégation de Saint-Pierre. Ils travaillent ensemble, depuis à La Chênaie, propriété de La Mennais, en Ille-et-Vilaine afin de mettre en place une société d'ecclésiastiques dont le travail consiste à produire des écrits pour diffuser les idées nouvelles en sciences, en histoire, etc. en travaillant sur une définition théologique du sens commun.

Une amitié les unit au point que Félicité de La Mennais écrit :

« L'abbé Gerbet et moi nous ne nous parlons pas et nous nous comprenons »[CDL 3]

C'est également durant cette période qu'il publie son premier ouvrage intitulé Des Doctrines philosophiques sur la certitude, dans leurs rapports avec les fondements de la théologie, qui est une critique du cartésianisme dans son usage pour les explications philosophiques de la notion de croyance.

Création du journal l'Avenir[modifier | modifier le code]

À la suite de la révolution de juillet 1830, il fonde aux côtés de La Mennais et Lacordaire, le quotidien L'Avenir. C'est lui qui, au début, porte une grande charge du travail. Il contribue aussi alors à la fondation de l'Agence générale pour la défense de la liberté religieuse.

Il publie en 1832, Introduction à la philosophie de l'histoire dans lequel il aborde les questions sociales et notamment une réflexion sur la situation des ouvriers.

Directeur des études à l'annexe du collège de Juilly[modifier | modifier le code]

Il fait partie de l'équipe dirigeant le collège Juilly de 1833 à 1837. L'abbé de Salinis, alors aumônier du collège, le nomme directeur de l'établissement de Thieux, qui est une annexe du collège. L'utilité de cet établissement est d'assurer la transition entre les études ecclésiastiques classiques réalisées à Juilly et les études préparatoires à l'entrée dans les fonctions et diverses carrières au sein de l’Église. L'abbé Gerbet y dirige l'étude des questions du temps présent et des conférences de philosophie religieuse, abordant aussi la science, la littérature et la politique[CDL 4].

En 1836, il fonde avec l'abbé de Salinis et l'abbé de Scorbiac une nouvelle revue, L'Université catholique. Il est l'auteur du discours préliminaire du premier volume de la revue dans lequel il fait une synthèse de philosophie des sciences[3].

Les encycliques Mirari Vos et Singulari Nos[modifier | modifier le code]

Tout comme La Mennais, Lacordaire et Montalembert, il se soumet à la condamnation des idées de l'Avenir par le pape Grégoire XVI (encyclique Mirari vos, ). Resté très proche de La Mennais jusqu'en 1834, il s'en sépare finalement en acceptant l'encyclique Singulari Nos[4] qui condamne l'auteur des Paroles d'un croyant.

Esquisse de Rome chrétienne[modifier | modifier le code]

L’évêque de Meaux, Mgr Gallard[5], le nomme chanoine de sa cathédrale et vicaire général honoraire en 1838[6]. Il part pour Rome où il reste pendant dix ans. Il y fait des recherches, sur la foi, la piété et la science. Il rédige un ouvrage important dans l'évolution spirituelle, philosophique et esthétique du catholicisme français : Esquisse de Rome chrétienne (1844-1850).

De retour à Paris, il est accueilli par Mgr Sibour, archevêque, qui lui confie la chaire d'éloquence sacrée à la Sorbonne et qui compte sur lui pour fonder un journal quotidien destiné à être comme le Moniteur de l'Église de France. Philippe Gerbet devient parrain du Moniteur Catholique. Il assiste au concile de Paris en qualité de théologien de Mgr l'archevêque.

Vicaire général à Amiens[modifier | modifier le code]

Il accompagne Antoine de Salinis au concile de Soissons, en tant que président de la congrégation des décrets[CDL 5]. En 1849, Mgr de Salinis, évêque d'Amiens, fait appel à lui en tant que vicaire général. Il prend la direction spirituelle, en tant qu'aumônier, des dames du Sacré-Cœur. En , sous le Second Empire, il est élu évêque de Perpignan et est consacré le en la cathédrale d'Amiens[7].

Épiscopat de Perpignan[modifier | modifier le code]

Il arrive à Perpignan en pleine épidémie de choléra, ce qui le conduit à devoir s'occuper en priorité des malades[CDL 6].

Philippe Gerbet est l'auteur d'ouvrages de théologie et de textes de défense du christianisme, notamment, le , d'une instruction pastorale, Sur diverses erreurs du temps présent. Cette instruction liste 85 propositions condamnées, réaffirmant les positions de son auteur, ultramontain, favorable au pouvoir temporel du pape, ainsi qu'aux congrégations religieuses. Par la suite, cette instruction sert de base aux travaux de la commission de théologiens rédigeant le Syllabus[8] (encyclique Quanta Cura, 1864) du pape Pie IX. Ses ouvrages sont reconnus par les membres du clergé et font autorité.

Participation à des sociétés savantes[modifier | modifier le code]

  • Société d'émulation du Jura : membre correspondant (1834-1863) ;
  • Académie des sciences, belles-lettres et arts de Besançon et de Franche-Comté (1844-1864) ;
  • Société d'agriculture, sciences et arts de Poligny : membre honoraire (1862)[9].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

Philosophie religieuse (1820-1832)[modifier | modifier le code]

  • Des doctrines philosophiques sur la certitude, dans leurs rapports avec les fondements de la théologie, Paris, librairie classique, , 206 p. (BNF 30499125, lire en ligne)
  • Considérations sur le dogme générateur de la piété catholique, Paris, Bureau du Mémorial catholique, , 301 p. (BNF 30499116, lire en ligne)
  • Coup d'œil sur la controverse chrétienne, depuis les premiers siècles jusqu'à nos jours, Paris, bureau de l'Agence générale pour la défense de la liberté religieuse, (BNF 30499122, lire en ligne)
  • Introduction à la philosophie de l'histoire : conférences de philosophie catholique, Paris, Bureau de l'agence générale pour la défense de la liberté religieuse, , 286 p. (BNF 30499113, lire en ligne)

Écrits publiés suite aux encycliques Mirari Vos et Singulari Nos[modifier | modifier le code]

  • Réflexions sur la chute de M. de La Mennais, au bureau de L'Université catholique, Paris, 1838.
  • Des doctrines nouvelles de M. de La Mennais, Société nationale pour la propagation des bons livres, Bruxelles, 1838.

Travaux de synthèse (1840-1864)[modifier | modifier le code]

  • Esquisse de Rome chrétienne, bureau de l'Université catholique, Paris, 1844-1850.
  • Sainte Theudosie, Amiens, Lenoël-Hérouart, , 46 p. (BNF 30499144, lire en ligne)
  • De la Papauté, en réponse à l'écrit intitulé Le Pape et le Congrès, Gaume fr. et J. Duprey, Paris, 1860.
  • Mémorandum des catholiques français sur les menaces du Piémont contre Rome, Tolra et Haton, Paris, 1862.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  • Autres références :
  1. Comte de Saint Saud, Armorial des prélats français du XIXe siècle, Paris, 1906, H. Daragon, 415p., p.138. Consultable sur Gallica.
  2. « Gerbet, Philippe », sur catalogue.bnf.fr (consulté le )
  3. Philippe Gerbet, « Discours préliminaire », L'Université catholique : recueil religieux, philosophique, scientifique et littéraire, Paris, E.J. Bailly et Cie,‎ , p. 9 à 53 (BNF 32885656, lire en ligne)
  4. (en) « Singulari Nos », sur wikipedia
  5. BNF, « notice Romain Frédéric Gallard », sur data.bnf.fr
  6. Archives Nationales, « Inventaire - dossiers individuels des chanoines (1830-1905) », sur siv.archives-nationales.culture.gouv.fr
  7. BNF, « Philippe Gerbet (1798-1864) », sur data.bnf.fr
  8. Pierre Hourat 1904.
  9. Rémy Gaudillier, « Gerbet Philippe Olympe », sur cths.fr, (consulté le )
  10. Archives Nationales, « Olympe Philippe Gerbet », sur culture.gouv.fr

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Ouvrages de synthèse et biographies[modifier | modifier le code]

  • Jean-Luc Antoniazzi, « Mgr Olympe Philippe Gerbet, évêque "progressiste" de Perpignan (1854-1864) », Société agricole, scientifique et littéraire des Pyrénées-Orientales, vol. 124,‎ , p. 233-249 (ISSN 0767-368X)
  • Henri Bremond, Gerbet, Paris, Librairie Bloud, coll. « Pensée chrétienne : Textes et études », , 371 p. (BNF 41628223). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Jean-René Derré, Littérature et politique dans l’Europe du XIXe siècle, Lyon, Presses universitaires de Lyon, (BNF 34974617, lire en ligne), chap. XI (« La théologie sociale de Gerbet »), p. 213 à 226
  • Louis Foucher, La Philosophie catholique en France au XIXe siècle avant la renaissance thomiste et dans son rapport avec elle, Paris, J. Vrin, , 280 p. (BNF 32119620).
  • Pierre Hourat, Le "Syllabus" : étude documentaire, Paris, Bloud, coll. « Science et religion : études pour le temps présent », (BNF 30620059)
  • Casimir de Ladoue, « Monseigneur Gerbet », Revue de Gascogne : bulletin mensuel du Comité d'histoire et d'archéologie de la province ecclésiastique d'Auch, Auch, Société historique de Gascogne, vol. 5,‎ , p. 377 à 396 (BNF 32857084, lire en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Antoine Ricard, L'École menaisienne. Gerbet, Salinis et Rohrbacher, Paris, E. Plon, Nourrit et Cie, , 373 p. (BNF 31208349, lire en ligne), « Gerbet - biographie », p. 1 à 144. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • « nouvelles ecclésiastiques : Paris », L'ami de la religion : journal ecclésiastique, politique et littéraire, Librairie ecclésiastique d'Ad. Le Cerf et Cie, vol. 91,‎ , p. 389 et 390 : allusion à l'abandon de ses théories par Gerbet (lire en ligne)

Dictionnaires[modifier | modifier le code]

  • Jean Capeille, Dictionnaire de biographies roussillonnaises, Perpignan, Imprimerie catalane, (BNF 34215934), « Gerbet (Olympe-Philippe) ». Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Laurent Ducerf (dir.), Vincent Petit et Manuel Tramaux, Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine : notice Olympe Philippe Gerbet, vol. 12 - Franche-Comté, Paris, Beauchesne, , 800 p. (BNF 45052482), p. 345-346
  • Max Roche et Michel Vernus, Dictionnaire biographique du département du Jura : notice Philippe Gerbet, Lons-le-Saunier, Arts et littérature, , 522 p. (ISBN 978-2-90820-820-7, BNF 36162090)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]