PEN club

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Le PEN club international est une association d'écrivains internationale, fondée en 1921 par Catherine Amy Dawson Scott (en) avec l’appui de John Galsworthy. Elle a pour but de « rassembler des écrivains de tous pays attachés aux valeurs de paix, de tolérance et de liberté sans lesquelles la création devient impossible ». Depuis octobre 2015, elle est présidée par Jennifer Clement.

Historique et objectifs[modifier | modifier le code]

Le sigle « PEN » est dû à Catherine Amy Dawson Scott. Cet acronyme du mot anglais « pen » («  stylo ») résume les différents métiers de l'écriture ; P = Poets, Playwrights ; E = Essayists, Editors ; N = Novelists, Non-fiction authors.

La section française du PEN Club est fondée en 1921. Elle est dirigée successivement par Anatole France (1921), Paul Valéry (1924 et 1944), Jules Romains (1934), Jean Schlumberger (1946), André Chamson (1951), Yves Gandon (1959), Pierre Emmanuel (1973), Georges-Emmanuel Clancier (1976), René Tavernier (1979). Depuis sa création, le PEN Club s'est attaché à défendre la libre circulation des hommes et des idées, en organisant notamment des congrès et des échanges culturels internationaux.[réf. nécessaire]

Aujourd'hui agréée par l'UNESCO et le Conseil économique et social des Nations unies l'association travaille en étroite collaboration avec de nombreuses organisations internationales : Amnesty International, Human Rights Watch, Article 19 (en), Comité pour la protection des journalistes, Fédération internationale des journalistes, Reporters sans frontières, Index on Censorship, ou encore, le Tibetan Writers Abroad PEN Centre.

Le PEN club international est membre de l’International Freedom of Expression Exchange (IFEX), un réseau virtuel mondial d’ONG qui surveillent les violations à la liberté d’expression et qui organise, fédère ou relaie les campagnes conjointes ou organisées par ses membres, pour la défense des journalistes, des écrivains et de toute personne persécutée alors qu'elle exerce son droit à la liberté d'expression.[réf. nécessaire]

En octobre 2015, Pen International émet une résolution appelant à libérer les écrivains tibétains et autres personnalités emprisonnés en violation du droit à la liberté d’expression, dont Kunchok Tsephel[1].

Charte du PEN club[modifier | modifier le code]

La littérature, nationale à l'origine, ne connaît pas de frontières, et doit rester un lien commun entre les nations, en dépit des bouleversements politiques ou internationaux. Dans tous les cas, et en particulier en temps de guerre, les passions nationales ou politiques devraient laisser intacts les œuvres d'art, les bibliothèques, et de façon générale, le patrimoine de l'humanité.

Les membres du PEN doivent à tout moment utiliser l'influence qu'ils ont en faveur de la bonne compréhension et du respect mutuel entre les nations. Ils s'engagent à faire tout leur possible pour dissiper les conflits raciaux et de classe ainsi que les haines nationales. Ils défendent l'idéal d'une humanité vivant en paix dans le monde.

PEN défend le principe de la transmission et de la libre circulation des idées au sein de chaque nation et entre toutes les nations. Les membres s'engagent à s'opposer à toute forme de répression de la liberté d'expression dans leur pays ou leur communauté.

Il se déclare pour une presse libre et s'oppose à la censure arbitraire en temps de paix. Il croit que le progrès nécessaire du monde vers un ordre politique et économique mieux organisé permet la critique des gouvernements, des administrations et des institutions. Comme la liberté implique une auto-limitation, les membres s'engagent à combattre ces maux de la liberté de la presse que sont la publication mensongère, le mensonge délibéré et la déformation des faits à des fins politiques et personnelles.

Comité de PEN International pour les écrivains en prison[modifier | modifier le code]

Fondé en 1960[2] en réponse aux tentatives de réduire au silence les voix dissidentes en emprisonnant de plus en plus d'écrivains, le Comité de PEN International pour les écrivains en prison[3] travaille au nom des écrivains persécutés dans le monde entier. Les Comités des écrivains en prison surveillent chaque année les cas d'environ 900 écrivains qui ont été emprisonnés, torturés, menacés ou attaqués et que l'on a fait parfois disparaître ou tuer en raison de la pratique pacifique de leur profession. Il publie une liste bi-annuelle de cas concernant les violations de la liberté d'expression contre des écrivains du monde entier[4].

Le Comité coordonne aussi les campagnes d'adhésion au PEN International, qui tendent à mettre fin à ces attaques et à la suppression de la liberté d'expression dans le monde entier[5].

La Comité des écrivains en prison de PEN International est un membre fondateur de l'International Freedom of Expression Exchange (IFEX), un réseau mondial de 90 organisations non gouvernementales qui surveille la censure dans le monde entier et défend les journalistes, les écrivains, les utilisateurs d'Internet ainsi que toute personne persécutée pour avoir exercé son droit à la liberté d'expression[6].

Il est également membre du Groupe de suivi de l'IFEX en Tunisie (TMG), le groupe de veille sur la Tunisie (Tunisia Monitoring Group ou TMG), une coalition de vingt-et-un organismes de la libre expression qui a exercé un lobbying auprès du gouvernement tunisien afin qu'il améliore son bilan en matière de droits en 2005[7]. Depuis les événements du printemps arabe qui ont conduit à l'effondrement du gouvernement tunisien, TMG a travaillé pour assurer les garanties constitutionnelles de la liberté d'expression et les droits humains dans le pays[7].

Centre PEN espérantiste[modifier | modifier le code]

L’Esperanta PEN-Centro (en espéranto) est la branche espérantophone du PEN club international.

Créée en 1991 par Perla Martinelli (eo), István Nemere (eo) et Giorgio Silfer (eo), elle a été admise en 1993 au cours du congrès Mondial du PEN club comme section : la langue internationale espéranto est donc reconnu de ce fait comme langue littéraire à part entière.

La revue Literatura Foiro (eo) créée en 1970 est devenue l’organe de communication de l’Esperanta PEN-centro à sa création en 1991.

Mémoriaux[modifier | modifier le code]

Bosquet Mémorial, Canberra.
Témoin d'Antony Gormley, sur la place de la British Library, Londres.
  • Un bosquet d'arbres situé à Canberra, la capitale fédérale australienne, sur les rives du Lac Burley Griffin, inauguré le 17 novembre 1997, est considéré comme le mémorial du PEN International. La dédicace dit : « L'esprit meurt en chacun de nous qui garde le silence face à la tyrannie ».
  • Une sculpture en fonte intitulée Témoin, commandée par le PEN d'Angleterre pour marquer leur 90e anniversaire et réalisée par Antony Gormley, reste en dehors de la British Library de Londres. Elle représente une chaise vide, et est inspirée par le symbole utilisé depuis trente ans par le PEN d'Angleterre pour représenter les écrivains emprisonnés dans le monde entier. Elle a été dévoilée le 13 décembre 2011[8].

Membres notables de PEN[modifier | modifier le code]

Présidents de PEN International[modifier | modifier le code]

Présidents de PEN International
John Galsworthy 1921 – 1932
H.G. Wells 1932 – 1935
Jules Romains 1936 – 1939
Comité présidentiel durant la guerre : Denis Saurat, François Mauriac, Thornton Wilder, Hu Shih 1941 – 1946
Maurice Maeterlinck 1947 – 1949
Benedetto Croce 1949 – 1953
Charles Langbridge Morgan 1954 – 1956
Andre Chamson 1957 – 1959
Alberto Moravia 1960 – 1962
Victor E. Van Vriesland 1963 – 1965
Arthur Miller 1966 – 1969
Pierre Emmanuel 1970 – 1971
Heinrich Böll 1972 – 1973
V.S. Pritchett 1974 – 1976
Mario Vargas Llosa 1977 – 1979
Per Wästberg 1979 – 1986
Francis King 1986 – 1989
René Tavernier Mai – novembre 1989
Per Wästberg (Interim) novembre 1989 – mai 90
György Konrád 1990 – 1993
Ronald Harwood 1993 – 1997
Homero Aridjis 1997 – 2003
Jiří Gruša 2003 - 2009
John Ralston Saul 2009 - 2015
Jennifer Clement Depuis 2015

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Dans le film Stefan Zweig, adieu l'Europe (Vor der Morgenröte) de Maria Schrader (2016), une longue scène montre une session du PEN club à Buenos Aires en septembre 1936.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]