PEN club

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Le PEN club international est une association d'écrivains internationale, fondée en 1921 par Catherine Amy Dawson Scott (en) avec l’appui de John Galsworthy. Elle a pour but de « rassembler des écrivains de tous pays attachés aux valeurs de paix, de tolérance et de liberté sans lesquelles la création devient impossible ». Depuis octobre 2015, elle est présidée par Jennifer Clement.

Historique et objectifs[modifier | modifier le code]

Le sigle « P.E.N » est dû à Catherine Amy Dawson Scott. Cet acronyme du mot anglais « pen » (« stylo ») résume les différents métiers de l'écriture ; P = Poets, Playwrights ; E = Essayists, Editors ; N = Novelists, Non-fiction authors.

Depuis sa création, le PEN Club International dit PEN International s'est attaché à défendre la libre circulation des hommes et des idées, en organisant notamment des congrès et des échanges culturels internationaux[1].

Aujourd'hui agréée par l'UNESCO et le Conseil économique et social des Nations unies l'association travaille en étroite collaboration avec de nombreuses organisations internationales : Amnesty International, Human Rights Watch, Article 19 (en), Comité pour la protection des journalistes, Fédération internationale des journalistes, Reporters sans frontières, Index on Censorship, ou encore, le Tibetan Writers Abroad PEN Centre.

Le PEN International est membre de l’International Freedom of Expression Exchange (IFEX), un réseau virtuel mondial d’ONG qui surveillent les violations à la liberté d’expression et qui organise, fédère ou relaie les campagnes conjointes ou organisées par ses membres, pour la défense des journalistes, des écrivains et de toute personne persécutée alors qu'elle exerce son droit à la liberté d'expression.[réf. nécessaire]

En octobre 2015, le Pen International émet une résolution appelant à libérer les écrivains tibétains et autres personnalités emprisonnés en violation du droit à la liberté d’expression, dont Kunchok Tsephel[2].

Charte du PEN International[3][modifier | modifier le code]

La littérature, nationale à l'origine, ne connaît pas de frontières, et doit rester un lien commun entre les nations, en dépit des bouleversements politiques ou internationaux. Dans tous les cas, et en particulier en temps de guerre, les passions nationales ou politiques devraient laisser intacts les œuvres d'art, les bibliothèques, et de façon générale, le patrimoine de l'humanité.

Les membres du PEN doivent à tout moment utiliser l'influence qu'ils ont en faveur de la bonne compréhension et du respect mutuel entre les nations. Ils s'engagent à faire tout leur possible pour dissiper les conflits raciaux et de classe ainsi que les haines nationales. Ils défendent l'idéal d'une humanité vivant en paix dans le monde.

Le PEN International défend le principe de la transmission et de la libre circulation des idées au sein de chaque nation et entre toutes les nations. Les membres s'engagent à s'opposer à toute forme de répression de la liberté d'expression dans leur pays ou leur communauté.

Il se déclare pour une presse libre et s'oppose à la censure arbitraire en temps de paix. Il croit que le progrès nécessaire du monde vers un ordre politique et économique mieux organisé permet la critique des gouvernements, des administrations et des institutions. Comme la liberté implique une auto-limitation, les membres s'engagent à combattre ces maux de la liberté de la presse que sont la publication mensongère, le mensonge délibéré et la déformation des faits à des fins politiques et personnelles.

Comité du PEN International pour les écrivains en prison[modifier | modifier le code]

Fondé en 1960[4] en réponse aux tentatives de réduire au silence les voix dissidentes en emprisonnant de plus en plus d'écrivains, le Comité du PEN International pour les écrivains en prison[5] travaille au nom des écrivains persécutés dans le monde entier. Les Comités des écrivains en prison surveillent chaque année les cas d'environ 900 écrivains qui ont été emprisonnés, torturés, menacés ou attaqués et que l'on a fait parfois disparaître ou tuer en raison de la pratique pacifique de leur profession. Il publie une liste bi-annuelle de cas concernant les violations de la liberté d'expression contre des écrivains du monde entier[6].

Le Comité coordonne aussi les campagnes d'adhésion au PEN International, qui tendent à mettre fin à ces attaques et à la suppression de la liberté d'expression dans le monde entier[7].

La Comité des écrivains en prison du PEN International est un membre fondateur de l'International Freedom of Expression Exchange (IFEX), un réseau mondial de 90 organisations non gouvernementales qui surveille la censure dans le monde entier et défend les journalistes, les écrivains, les utilisateurs d'Internet ainsi que toute personne persécutée pour avoir exercé son droit à la liberté d'expression[8].

Il est également membre du Groupe de suivi de l'IFEX en Tunisie (TMG), le groupe de veille sur la Tunisie (Tunisia Monitoring Group ou TMG), une coalition de vingt-et-un organismes de la libre expression qui a exercé un lobbying auprès du gouvernement tunisien afin qu'il améliore son bilan en matière de droits en 2005[9]. Depuis les événements du printemps arabe qui ont conduit à l'effondrement du gouvernement tunisien, TMG a travaillé pour assurer les garanties constitutionnelles de la liberté d'expression et les droits humains dans le pays[9].

Centre PEN espérantiste[modifier | modifier le code]

L’Esperanta PEN-Centro (en espéranto) est la branche espérantophone du PEN club international.

Créée en 1991 par Perla Martinelli (eo), István Nemere (eo) et Giorgio Silfer (eo), elle a été admise en 1993 au cours du congrès Mondial du PEN club comme section : la langue internationale espéranto est donc reconnue de ce fait comme langue littéraire à part entière.

La revue Literatura Foiro créée en 1970 est devenue l’organe de communication de l’Esperanta PEN-centro à sa création en 1991.

Mémoriaux[modifier | modifier le code]

Bosquet Mémorial, Canberra.
Témoin d'Antony Gormley, sur la place de la British Library, Londres.
  • Un bosquet d'arbres situé à Canberra, la capitale fédérale australienne, sur les rives du Lac Burley Griffin, inauguré le 17 novembre 1997, est considéré comme le mémorial du PEN International. La dédicace dit : « L'esprit meurt en chacun de nous qui garde le silence face à la tyrannie ».
  • Une sculpture en fonte intitulée Témoin, commandée par le PEN d'Angleterre pour marquer leur 90e anniversaire et réalisée par Antony Gormley, reste en dehors de la British Library de Londres. Elle représente une chaise vide, et est inspirée par le symbole utilisé depuis trente ans par le PEN d'Angleterre pour représenter les écrivains emprisonnés dans le monde entier. Elle a été dévoilée le 13 décembre 2011[10].

Présidents du PEN International[modifier | modifier le code]

Présidents de PEN International
John Galsworthy 1921 – 1932
H.G. Wells 1932 – 1935
Jules Romains 1936 – 1939
Comité présidentiel durant la guerre : Denis Saurat, François Mauriac, Thornton Wilder, Hu Shih 1941 – 1946
Maurice Maeterlinck 1947 – 1949
Benedetto Croce 1949 – 1953
Charles Langbridge Morgan 1954 – 1956
Andre Chamson 1957 – 1959
Alberto Moravia 1960 – 1962
Victor E. Van Vriesland 1963 – 1965
Arthur Miller 1966 – 1969
Pierre Emmanuel 1970 – 1971
Heinrich Böll 1972 – 1973
V.S. Pritchett 1974 – 1976
Mario Vargas Llosa 1977 – 1979
Per Wästberg 1979 – 1986
Francis King 1986 – 1989
René Tavernier Mai – novembre 1989
Per Wästberg (Interim) novembre 1989 – mai 90
György Konrád 1990 – 1993
Ronald Harwood 1993 – 1997
Homero Aridjis 1997 – 2003
Jiří Gruša 2003 - 2009
John Ralston Saul 2009 - 2015
Jennifer Clement Depuis 2015

Conditions d'admission à un PEN Club[modifier | modifier le code]

Pour être admis comme membre du PEN, il faut être un écrivain édité, un éditeur et/ou un traducteur et souscrire aux principes de la charte du PEN International, quelles que soient sa nationalité, son origine ethnique, sa langue, sa couleur ou sa religion[11].

PEN Club français[modifier | modifier le code]

Des centres PEN qui prolongent les ambitions du PEN International ont peu à peu vu le jour sur les cinq continents. Il en existe actuellement plus de cent dans le monde[12].

Le PEN Club français a été fondé en 1921. Il est dirigé successivement par Anatole France (1921-1924), Paul Valéry (1924- 1934), Jules Romains (1934-1939), Jean Schlumberger (1946-1951), André Chamson (1951-1959), Yves Gandon (1959-1971), Pierre Emmanuel (1973-1976), Georges-Emmanuel Clancier (1976-1979), René Tavernier (1979-1989), Solange Fasquelle (1990-1993), Jean Orizet (1993-1999), Jean Blot (1999-2005), Sylvestre Clancier (2005-2012), Jean-Luc Despax (2012-2016), Sylvestre Clancier (2016-2017) et Emmanuel Pierrat (2018-...)[13],[14].

Le PEN Club français est toujours très actif [15],[16] :

  • Actions en faveur des écrivains persécutés du fait de l'expression de leurs idées

Depuis sa création, le PEN Club français se tient aux côtés de celles et de ceux qui défendent pacifiquement la liberté d'expression et de création. Depuis 2016, il milite pour soutenir les nombreux écrivains menacés par la dérive autoritaire du pouvoir en Turquie[17]. En 2017, grâce à son intervention, le PEN Club français a pu obtenir la libération du jeune écrivain algérien Anouar Rahmani. Aujourd'hui, le PEN Club français s'investit particulièrement pour la défense de l'écrivain Patrice Nganang au Cameroun[18],[13] et celle du journaliste et écrivain, originaire de Guinée, Adama Diané[19].

  • Colloques et autres rencontres

Comme en témoignent le site internet[15], la page Facebook, les lettres d'informations numériques du PEN Club français[20], ce dernier organise ou co-organise chaque année de nombreuses rencontres littéraires, colloques[21], hommages à son siège à Paris, mais aussi dans d'autres espaces comme l'hommage rendu à Jean Lescure à l'IMEC le 5 avril 2018, le colloque "La liberté d'expression à l'épreuve de ses langues : regards croisés franco-italiens" qui s'est tenu à l'Institut culturel italien de Paris le 5 juin 2018[22].

  • Edition de Cahiers consacrés à la liberté d'expression

Depuis 2010, avec le soutien de la SOFIA, le PEN Club français publie des cahiers consacrés à la liberté d'expression[23]. Trois cahiers ont déjà vu le jour : - un plaidoyer contre la censure : « Liberté de création en Europe et en Méditerranée, censures visibles et invisibles ». Une trentaine de contributions émanant d’écrivains et d’associations d’auteurs de nombreux pays font le point sur les différentes formes de censures, les unes visibles, les autres moins visibles qui affectent aujourd’hui la liberté d’expression dans de nombreux pays d’Europe et du bassin méditerranéen. - un plaidoyer pour la liberté d’expression : « Liberté d’expression en Europe et en Méditerranée ». - une anthologie poétique en faveur de la liberté de création. Ces cahiers ont été précédés d’un premier ouvrage réalisé avec le concours de la Fondation La Poste, « Que peut la littérature en situation de détresse ? ». Ce premier titre, paru comme les suivants aux Editions Callioppées, regroupait des correspondances d’écrivains de trois continents (Europe, Afriques, Amériques) sur les routes de l’aéropostale[24].

  • Edition d'une lettre d'information numérique

Cette lettre informe des nombreuses activités du PEN Club français, offre l’occasion de découvrir des œuvres des membres du PEN Club, rappelle la Charte du PEN International, indique qui sont les membres du Comité exécutif et comment adhérer au PEN Club français[20].

  • Remise de prix littéraires
    • Le Grand Prix du PEN Club français qui couronne un auteur ayant reçu préalablement d’autres distinctions, dont la réputation n’est plus à faire et dont les services tant dans le domaine culturel que dans celui des droits de l’homme sont notoires. Ce prix n’est pas toujours décerné chaque année. En 2000, ce prix a été décerné à Michel Butor et en 2002, à Vaclav Havel pour l’ensemble de son œuvre littéraire, théâtrale et poétique[25].
    • Le Grand Prix de la critique littéraire décerné par un jury composé de critiques littéraires faisant partie du P.E.N. Club français. Ce prix est attribué chaque année à un écrivain de langue française pour l’ensemble d’une œuvre qui témoigne en faveur de la francophonie, d’une meilleure connaissance de la culture française et des cultures étrangères[26],[25].
    • Les Prix Roger Caillois (prix de littérature latino-américaine, prix de littérature française, prix de l’essai) prix littéraires annuels créés en 1991 par la Société des lecteurs et Amis de Roger Caillois et la Maison de l’Amérique, en partenariat avec le PEN Club Français. Sont récompensés chaque année un auteur latino-américain et un auteur francophone. Depuis 2007 un prix de l’essai est également décerné[27],[25].

Membres notables de PEN Clubs dans le monde[modifier | modifier le code]

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Dans le film Stefan Zweig, adieu l'Europe (Vor der Morgenröte) de Maria Schrader (2016), une longue scène montre une session du PEN club à Buenos Aires en septembre 1936.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Our history (histoire du PEN International) »
  2. Résolution no 14 : la liberté d’expression et la situation des écrivains dans la Région autonome du Tibet. Présentée par le centre PEN Tibetan Writers Abroad, appuyée par PEN Angleterre, le centre PEN indépendant Chine et PEN Sydney. Assemblée des Délégués de Pen International réunie au 81e congrès mondial à Québec, Canada, du 13 au 16 octobre 2015.
  3. (en-US) « PEN International — The PEN Charter », PEN International,‎ (lire en ligne)
  4. PEN condemns persecution of writers in Vietnam
  5. « PEN International – Writers in Prison Committee », Pen-international.org (consulté le 10 juillet 2013)
  6. « PEN International – Case List », Pen-international.org (consulté le 10 juillet 2013)
  7. « PEN International – Campaigns », Pen-international.org, (consulté en juillet 2013)
  8. http://www.ifex.org/fr/
  9. a et b « Tunisia », IFEX (consulté le 10 juillet 2013)
  10. « The British Library unveils new Antony Gormley sculpture to commemorate English PEN’s 90th anniversary », Pressandpolicy.bl.uk, (consulté le 31 mars 2012).
  11. (en-US) « PEN International — The PEN Charter », PEN International,‎ (lire en ligne)
  12. « Les centres PEN dans le monde »
  13. a et b « Emmanuel Pierrat élu Président du PEN Club France », ActuaLitté,‎ (lire en ligne)
  14. « Page 27 de la Lettre d'information du P.E.N Club français n°1 : Présidents du P.E.N Club français depuis sa création », janvier-février 2017
  15. a et b http://www.penclub.fr
  16. http://www.pen-international.org/centres/french-centre/
  17. « Ahmet Altan : le PEN Club français enjoint la Turquie à protéger la liberté d'expression »,
  18. « Communiqué de presse - Les engagements du PEN Club français et de son nouveau président Emmanuel Pierrat »,
  19. « La France renverra Adama Diané ce 19 juin : appel à mobilisation »,
  20. a et b « LA LETTRE NUMERIQUE - P.E.N Club Français », sur www.penclub.fr (consulté le 13 juin 2018)
  21. « Eugènia Broggi et Jordi Nopca participent au colloque sur la nouvelle du PEN Club »,
  22. « Colloque : La liberté d'expression à l'épreuve de ses langues - regards croisés franco-italiens »,
  23. « Le programme des Cahiers - P.E.N Club Français », sur www.penclub.fr (consulté le 13 juin 2018)
  24. « Cahier du P.E.N. club - e-librairie Calliopées », sur www.calliopees.fr (consulté le 13 juin 2018)
  25. a, b et c « Prix du P.E.N Club Français - P.E.N Club Français », sur www.penclub.fr (consulté le 13 juin 2018)
  26. « PRIX & CONCOURS - P.E.N Club Français », sur www.penclub.fr (consulté le 13 juin 2018)
  27. Maison de l'Amérique Latine, « Prix Roger Caillois 2015 - Agenda - Maison de l'Amérique Latine », sur Maison de l'Amérique Latine (consulté le 13 juin 2018)
  28. « Margaret Atwood at Western », Usc.uwo.ca, (consulté le 15 novembre 2011)
  29. « JK Rowling writes prequel for PEN », BBC News, (consulté le 10 juillet 2013)

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]