Jean Coutrot

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Jean Coutrot
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Jean Coutrot () est un ingénieur français, pionnier de l'organisation du travail.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean Coutrot entre à l'École polytechnique en 1913. Il est grièvement blessé devant Craonne en septembre 1915 (amputation de la jambe droite). Au sortir de la Première Guerre mondiale, marié avec Annette Gaut, il entre dans la papeterie Gaut et Blancan. Chantre de la rationalisation de l'économie, il participe aux activités du Comité national de l'organisation française et de la Commission générale d'organisation scientifique du travail.

Il est l'un des pionniers du groupe X-Crise né à l'automne 1931 et transformé en 1933 en Centre polytechnicien d'études économiques. Il travaille à l'Ordre nouveau de Georges Valois, et milite pour le « service civil ». Il publie en 1935 De quoi vivre, dirige les Entretiens de Pontigny et crée avec Aldous Huxley et Alexis Carrel le Centre d'études des problèmes humains.

Coutrot entre ensuite au cabinet de Charles Spinasse, ministre de l'économie nationale du Front populaire et se voit confier la vice-présidence du Centre national d'organisation scientifique du travail appelé communément le COST. En 1937, il est l'un des cofondateurs de la revue les Nouveaux cahiers qui envisageait une collaboration économique franco-allemande.

Ses offres de service sont refusées à l'automne 1940 par le régime de Vichy, et il s'enfonce dans une dépression qui le conduit au suicide par défenestration le matin du 19 mai 1941[1].

En juin 1941, son nom est mentionné dans un rapport remis par Henri Chavin, directeur de la Sûreté nationale, au ministre de l'Intérieur. Dans ce document, Chavin dénonce Coutrot pour avoir fondé plusieurs groupements, comme le Centre d'études des problèmes humains[2], prétendument dans le but de « recruter [...] des membres du MSE [Mouvement synarchique d'empire] »[3]. Le « rapport Chavin » constitue ainsi le point de départ des dénonciations visant le complot mythique de « la Synarchie[4]. »

Les tenants d'un complot synarchique ont parfois tenté d'accréditer l'idée que Coutrot, polytechnicien, homme de relations et de réseaux était une sorte de marionnettiste occulte d'un mouvement visant à mettre en place un gouvernement mondial, informel et secret de technocrates. Le livre consacré à la Synarchie par Olivier Dard dépeint cependant une réalité différente: Grand blessé de la 1° Guerre Mondiale et souffrant un martyre quotidien par suite des effets secondaires d'une amputation, Coutrot était un homme diminué portant une fêlure psychique secrète, soutenu à bout de bras par son épouse Annette et qui se réfugiait dans des visions chimériques de l'avenir.

Evincé de la direction des papeteries Gault et Blancan, l'affaire de famille de son épouse, son activité principale dans les années précédant son suicide consistait principalement à rédiger des notes pour le COST[5].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • De quoi vivre, Paris, Bernard Grasset, 1935, 291 p.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dard 2012, p. 107.
  2. Alain Drouard, « Les trois âges de la Fondation française pour l'étude des problèmes humains », Population. Revue bimestrielle de l'Institut national d'études démographiques, Paris, Éditions de l'INED, no 6, 38e année,‎ , p. 1035, n. 9 (lire en ligne).
  3. Jean Saunier, La Synarchie, Paris, Culture, art, loisirs, coll. « Histoire des personnages mystérieux et des sociétés secrètes », , 287 p., p. 277-278.
  4. Olivier Dard, La synarchie ou le mythe du complot permanent, Paris, Perrin, coll. « Tempus » (no 469), , 384 p. (ISBN 978-2-262-04101-4, présentation en ligne).
  5. Olivier Dard, La synarchie ou le mythe du complot permanent, Paris, Perrin, (ISBN 2262010994)
  6. Archives nationales