Palais du parlement du Dauphiné

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Palais du parlement du Dauphiné
Palais du parlement du Dauphiné - 2012.jpg
Présentation
Type
Bâtiment administratif (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Construction
1500-1897
Statut patrimonial
Géographie
Pays
Région
Rhône-Alpes
Commune
Grenoble
Adresse
4 place Saint-AndréVoir et modifier les données sur Wikidata
Localisation
Coordonnées
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Le Palais du Parlement du Dauphiné est un bâtiment historique datant, pour sa partie la plus ancienne, de la fin du XVe siècle. Siège du Parlement du Dauphiné jusqu'à la Révolution, puis palais de justice jusqu'en 2002, il est situé place Saint-André à Grenoble.

Avec son architecture mélant le gothique flamboyant de style Louis XII, le style de la seconde Renaissance et le style néorenaissance, le palais présente des décors rémarquables dans ses anciennes salles d'audience ; sur sa façade bicolore on retrouve divers blasons et des animaux sculptés en façon élégante[1],[2].

Ce palais a fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis 1889[3].

Historique[modifier | modifier le code]

Entrée du Palais

En 1453, le roi Louis XI transforma le Conseil delphinal créé en 1337 par Humbert II, en cour souveraine de justice appelée Parlement du Dauphiné. Il a été le troisième Parlement établi en France, après ceux de Paris et Toulouse[4].

Il donnait à Grenoble un atout de valeur et lui permettait d'asseoir le rôle de la ville comme capitale de province. En effet, dans la France d'avant 1789, la présence d'un parlement assurait à une ville une dignité particulière et des profits évidents.

En 1478, il décidait de le loger dignement place Saint-André à proximité immédiate du palais delphinal qui abritait jusqu'alors le Conseil delphinal. Mais les travaux des parties les plus anciennes (au centre en regardant la façade) ne commencèrent que vers 1500, sous Louis XII. Construite en pierre blanc crème provenant de la carrière de l'Échaillon, cette partie, typique du gothique flamboyant de style Louis XII, comprend l'absidiole en saillie d'une chapelle. C'est à cette époque que furent notamment sculptées les boiseries de Paul Jude dès 1521 dans la salle du parlement. Le palais s'arrêtait alors à la porte de gauche après la chapelle gothique et jouxtait une prison d'où l'on extrayait les prévenus pour les juger. Ces derniers pouvaient apitoyer les passants par des soupiraux et leur demander l'aumône.

Le palais est agrandi une première fois en 1539 sous le règne de François Ier, puis une seconde fois en 1562 sous le règne de Charles IX. Cette partie à droite en regardant la façade est construite en calcaire gris bleuté[5] du Fontanil. L'architecte et magistrat Pierre Bucher y contribue notamment.

La décoration intérieure du palais se poursuivit durant le XVIe siècle et même le XVIIe siècle, notamment par de somptueuses armoires en bois sculpté. Le décor intérieur est à la mesure du style flamboyant des façades. Sous Louis XIV, deux ou trois beaux plafonds viendront s'ajouter à la décoration.

Autre joyau, le salon bleu, nommé ainsi en raison de ses tapisseries. C’est ici que fut déclenchée la Journée des Tuiles, le 7 juin 1788, premier événement de la révolution dauphinoise, en réaction à la décision du roi de réformer le Parlement afin d'en diminuer son pouvoir. Sous la pression d'une foule considérable criant « Vive le parlement », les magistrats dauphinois sont ramenés de l'Hôtel de la Première présidence au Palais du parlement afin d'en rouvrir les portes condamnées quelques heures auparavant par les soldats du Roi et contraints de reprendre leurs activités.

En 1890, on décida de tripler la surface du palais, les architectes Daumas et Riondel construisirent alors à la place de la prison et sur le quai de l'Isère, un édifice bien raccordé à l'ancien et qui ne choque pas. La pierre est un calcaire de l'Échaillon, de couleur ocre clair. Cette extension sera inaugurée le 4 août 1897 par le président Félix Faure, en même temps que la Fontaine des trois ordres de la place Notre-Dame.

La vie judiciaire[modifier | modifier le code]

Armoiries sur la façade

Gens de lois et officiers se multipliaient, les plaideurs affluaient. Par leur richesse, leur culture, leur activité, les parlementaires animaient la vie de la société. Composé de magistrats grenoblois, ou du moins dauphinois, le parlement de Grenoble allait se faire remarquer par son souci de défendre ce qui restait de libertés et par sa résistance à la fiscalité royale et contribuer, sans être révolutionnaire, à l'agitation d'où devait sortir la Révolution française. Au total, le ressort du parlement comptait 608 189 justiciables en 1763 et 766 702 en 1790[6].

Devenu organe d'opposition aussi bien que cour de justice, il se heurta sans cesse à ceux qui représentaient le roi à Grenoble : le gouverneur et surtout, à partir du milieu du XVIIe siècle, l'intendant. Dans le conflit permanent qui, au XVIIIe siècle opposait les parlements au gouvernement, celui de Grenoble se distingua souvent par une défense acharnée des droits des contribuables et une hostilité virulente aux représentants de l'autorité.

À la révolution, Les provinces sont divisées en 83 départements, le Parlement du Dauphiné, comme tous les autres, est dissous et devient palais de justice. Il restera en activité jusqu'en 2002.

Un procès remarquable[modifier | modifier le code]

Parlement du Dauphiné vers 1840

L’affaire Nobilibus fut remarquable par sa durée. Un moine franciscain d’origine italienne, Francesco Nobilibus, fut accusé de sorcellerie en mars 1604 pour avoir recouru à l’occultisme et à l’astrologie.

Soumis à 230 séances d’interrogatoire, détenu pendant plus de deux ans dans la conciergerie du palais, le malheureux fut convaincu d’avoir voulu envoûter le Lieutenant général du Dauphiné, François de Bonne à qui il s’était présenté comme guérisseur. La cour rendit sa sentence le 14 août 1606. Le présumé sorcier fut condamné à la pendaison place du Breuil (actuelle place Grenette) et son corps livré aux flammes[7].

Actuellement[modifier | modifier le code]

L'activité du palais de justice a été définitivement transférée en septembre 2002 dans le quartier Europole.

Actuellement propriété du Conseil général de l'Isère, cet édifice de 7 923 m2 fait l'objet d'un projet de rénovation prévoyant des activités commerciales, patrimoniales, universitaires et touristiques.

Encore appelé à tort palais delphinal, le palais du parlement du Dauphiné est visitable lors des journées du patrimoine et sert de lieu d'exposition pour à d'autres institutions. Il a été pour la première fois en 2008 l'un des lieux du Festival justice et cinéma qui se déroule en novembre.

Galerie de photographies[modifier | modifier le code]

Films[modifier | modifier le code]

En 2000, une scène du film Un crime au Paradis a été tournée à l'intérieur du palais.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Guide de l'été 2014 - Grenoble, p. 6
  2. Guide hiver-printemps 2014 - Grenoble, p. 4
  3. Notice no PA00117198, base Mérimée, ministère français de la Culture
  4. Le Parlement de Grenoble dans l'Encyclopédie, ou, Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers (1778), page 744.
  5. Cette coloration est due à une certaine teneur en sulfure de fer.
  6. René Favier, Les Villes du Dauphiné aux XVIIe et XVIIIe siècles, Grenoble, 1993, p. 41
  7. Frédéric Meyer et Ludovic Viallet, Identités franciscaines à l'âge des réformes, page 489.

Annexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Grenoble le patrimoine au cœur, Ville de Grenoble, p. 49
  • Grenoble aux trois roses, éditions Didier Richard, Gabrielle Sentis, p. 36
  • Grenoble capitale alpine, éditions Arthaud, p. 75 et 78
  • Isère magazine, janvier 2007

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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